Daniel Keller

La tribune de Daniel Keller à « Marianne » du 23 janvier

Par Géplu dans Dans la presse

du 23Hier je citais Samy Debah, le président du CCIF qui accusait Daniel Keller et le GODF d’une vision « absolutiste, étriquée et dévoyée de la laïcité ».

Quelle meilleure réponse apporter à cette accusation que la tribune que Daniel Keller a donné à l’hebdomadaire Marianne du 23 janvier et titrée Rappeler ce qu’est la laïcité. On y lit notamment :

(…) La laïcité n’a pas pour vocation d’apporter une meilleure connaissance du fait religieux, que ce soit dans le cadre des « livrets de la laïcité », des programmes scolaires ou à travers la création d’établissements privés de théologie musulmane.
Le moment est venu de rappeler ce qu’est la laïcité à savoir un principe d’organisation de la société fondé sur la séparation des églises et de l’État, de telle sorte que dans l’espace public les confessions restent silencieuses. S’il en est ainsi, ce n’est pas parce que la laïcité serait une antireligion, c’est simplement parce que l’espace public est le terrain à l’intérieur duquel les individus doivent faire l’expérience de leur qualité de citoyen. Et cet exercice exige que l’on se départe des assignations de toute nature qui pèsent sur nous.
La laïcité est donc avant tout le creuset de l’éducation à la citoyenneté. Elle est un contenant plus qu’un contenu et elle crée les conditions grâce auxquelles tout individu devrait être en mesure de participer à la communauté des citoyens qui incarne la République. (…)

A votre avis, lequel est le plus « étriqué » ? Samy Debah ou Daniel Keller ?…

mercredi 28 janvier 2015 4 commentaires
  • 4
    jean Rosen 1 février 2015 à 16:00 / Répondre

    Laïcité, mais encore

    Laique, Laïcité
    L’adjectif laïque désigne une société, ou une partie de la société, qui n’est pas sous la
    domination ou l’influence d’un clergé, quel qu’il soit.
    Il peut aussi désigner un partisan ou un militant de la laïcité,c’est-à-dire de
    l’indépendance de la société civile à l’égard des institutions religieuses . Le terme laïciste
    peut également être employé dans ce sens. L’apparition du mot «laïcard» est attaché lui,
    à une forme d’extrèmisme laïque.
    Laïc vient du latin laicus qui signifie « commun, ordinaire, qui est du peuple » lui-même
    issu du grec laikos signifiant « du peuple ».
    Mais encore…
    Laos, le peuple. Ecclesia, l’assemblée sont deux mots grecs qui nous occupent. Mais il
    faut être plus précis. Laos, c’est le peuple en tant que foule, masse non organisée,
    Le laos s’oppose donc au demos, qui est le peuple pris dans sa dimension politique.
    L’ecclesia, elle, c’est l’assemblée ou la convocation du demos, L’église c’est donc l’appel
    au peuple, au laos qui, convoqué, devient demos
    Quand l’église a le pouvoir, cela a un nom : démocratie!!
    Puis vinrent les Septante (traduction grècque de la Bible) et ils choisirent laos pour dire le
    peuple de Dieu.
    C’est ainsi que laïque finit par désigner jadis le peuple chrétien, c’est-à-dire l’Église,
    l’assemblement des hommes à l’appel du Fils. C’est le premier sens du mot laïque dans
    nos langues, il convient de ne pas l’oublier…
    Séparation du politique et du religieux.
    Ce n’est pas la Troisième République, ni même Condorcet, qui ont inventé la chose. Elle
    remonte à 586 avant Jésus-Christ : première destruction du Temple. Exil du peuple juif ,qui
    se voit privé de tout pouvoir politique,sans Juges sans Rois, avec pour seul appui, la
    promesse du Livre.
    Aujourd’hui, sans Roi, le Laos est de facto le peuple et le ROI , le peuple-Roi, Sans «Roi
    de droit divin», sans Dieu.
    La Laïcité représente l’homme qui, au sein de Marianne, peut envisager de faire
    l’Homme, sans Dieu…
    Laïcité et Islam
    Islam adversaire principal de la laïcité aujourd’hui? n’assistons-nous pas plutôt à
    l’apparition d’un symptôme, un peu plus voyant que les autres. Symptôme d’une
    incapacité actuelle de notre Etat laïque à intégrer l’islam en l’état, dans la cité.
    Le pire ennemi du peuple, n’est-il pas le peuple lui-même, le laos en train de défaire le
    demos au sein même des démocraties contemporaines?
    Questions
    Lorsque, au nom de la Laïcité, la Loi de notre Etat Laïque ordonne que l’on enlève du hall
    d’entrée d’une maison de retraite, une œuvre offerte par un artiste mosaïste, parce qu ‘elle
    représente une Vierge à l’enfant, sommes-nous plus dignes, plus sages que les Talibans
    qui démolissaient des statues il y a peu?
    Brûlé un billet de banque est un délit, l’argent serait-il le Sacré nouveau?
    Fondamentalement, vouloir exporter notre démocratie, démocratiser le monde est-il
    plus louable plus sage comme dessein que vouloir évangéliser ou islamiser le monde ?
    Ma Liberté si infinie soit-elle, ne doit-elle pas tenir compte de la liberté de l’autre? ne dois-je pas avoir la responsabilité et la sagesse d’en fixer moi même les limites sur des bases
    légales mais aussi morales
    Méditons ensemble pour vivre et grandir la Laïcité ensemble, longtemps.

    Jean et d’autres…

  • 3
    guillaume plas 30 janvier 2015 à 10:08 / Répondre

    Définition de la laïcité – le mondepoltique.fr: « La laïcité est le principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat ». Il est l’un des grands principes reconnus par la République française. Grande liberté publique, la laïcité garantit les droits de l’homme et les protège, notamment au travers de l’implication de cette notion dans le système éducatif. L’Etat est alors neutre à l’égard des institutions religieuses, et n’y contribue pas de manière matérielle ou d’une toute autre manière. http://www.lemondepolitique.fr/culture/laicite-en-France. –
    Wikipedia: La laïcité ou le sécularisme est le principe de séparation de l’État et de la religion et donc l’impartialité ou la neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses1. Par extension, laïcité et sécularisme désignent également le caractère des institutions, publiques ou privées, qui sont indépendantes du clergé. La laïcité s’oppose à la reconnaissance d’une religion d’État. (Wikipedia)
    Oui, la laïcité est remise en cause par les « 3 religions monothéistes », qui veulent supprimer la séparation de « la religion et de l’Etat » en Europe. Les ennemis de la laïcité exigent une « laïcité, ouverte (demande de Sarkozy, cela permet de communautariser la société et de faire des dérogations aux lois pour les religions) parce qu’elle serait fermée, les ennemis de la laïcité veulent la détricoter sous le prétexte de « laïcité plurielle, laïcité rénovée, apaisée, toilettée », etc. Benoît XVI exige une laïcité saine, parce qu’elle serait don malade. La meilleure façon de la guérir, c’est la supprimer tout simplement. A force d’ajouter des qualificatifs, les ennemis de la laïcité n’ont d’autre but que de vouloir la supprimer. La laïcité n’a besoin d’aucun qualificatif.
    L’ex-GM de la GLNF,François Stifany, écrivait sous le titre « Laïcité et spiritualité au XXIe siècle »:
    Pourquoi un chef d’Etat n’aurait-il pas le droit de s’exprimer sur la foi et les croyances etc., puis: Les réactions que ces discours ont provoquées manifestent une forme d’intolérance et de sectarisme, elles donnent l’image d’une laïcité désuète, militante, partisane, nostalgique.(2008). Voilà un ex-GM, qui semble prêt à balayer la laïcité sous prétexte qu’elle est désuète, militante, partisane, nostalgique, ce que les religions évidemment ne son pas évidemment. Les 16 siècles de persécution chrétiennes d’innocents, les siècles d’inquisition chrétienne, le bûcher pour les hérétiques, les sorciers et les sorcières, cela ne semble pas avoir été une « leçon suffisante » pour séparer définitivement « la « religion et l’Etat ». Les pays islamiques rejettent la laïcité de l’Etat, mais les musulmans sont privés de leurs droits fondamentaux élémentaires. Les sunnites et shiites s’entre-tuent en Iraq pour prendre le pouvoir, alors que l’Iraq ne pourrait vivre en paix que dans un Etat laïque. Seul un Etat laïque assure la liberté, l’égalité et la fraternité, à tous, croyants et incroyants. L’Etat n’a pas à entretenir les religions, autrement dit les superstitions religieuses. Les « croyants » ont le devoir d’entretenir leur religion. L’argent du contribuable doit servir à l’utilité publique, l’enseignement public, la recherche scientifique, la création d’emplois, le bon fonctionnement de l’Etat, mais rien n’empêche que ceux qui veulent des églises, des mosquées, des synagogues veillent à l’entretien de leur religion respective et exercent leur culte en toute liberté.
    « Wikipedia » donne lé définition suivante de la laïcité: La laïcité ou le sécularisme est le principe de séparation de l’État et de la religion et donc l’impartialité ou la neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses1. Par extension, laïcité et sécularisme désignent également le caractère des institutions, publiques ou privées, qui sont indépendantes du clergé. La laïcité s’oppose à la reconnaissance d’une religion d’État. Toutefois, le principe de séparation entre l’État et les religions peut trouver des applications différentes selon les pays.
    Henri Pena-Ruiz, conçoit la laïcité ainsi: « La laïcité est un principe de droit politique. Elle met en jeu un idéal universaliste d’organisation de la cité et le dispositif juridique qui en rend possible la réalisation concrète. Ce dispositif est celui de la séparation, qui émancipe l’ensemble des institutions publiques, et tout d’abord l’État, des Églises, tout en libérant celles-ci de toute ingérence politique. Le mot qui désigne le principe, laïcité, fait référence à l’unité du peuple, en grec le laos, telle qu’elle se comprend dès lors qu’elle se fonde sur trois exigences indissociables : la liberté de conscience, irréductible à la seule « liberté religieuse », qui n’en est qu’une version particulière, l’égalité de traitement de tous les citoyens quelles que soient leurs convictions ou leurs options spirituelles, et la visée de l’intérêt général, du bien commun à tous, comme seule raison d’être de l’Etat. Pour donner à ces trois valeurs une garantie institutionnelle forte, la laïcité affranchit la sphère publique de toute emprise exercée au nom d’une religion ou d’une idéologie particulière. Elle la préserve ainsi de tout morcellement pluriconfessionnel ou communautariste, afin que tous les hommes puissent s’y retrouver. Mais la laïcité doit aussi inclure les articles 1 et 2 de la loi du 9.12.1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat: L’article premier La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. Article 2: La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. eux qui défendent la laïcité sont de plus en plus traités de laïcards par des croyants opposés à la laïcité, mais ils oublient que la fin de la laïcité, c’est aussi la fin de leur liberté. C’est pourquoi croyants et incroyants devraient s’unir pour défendre la laïcité, sinon croyants et incroyants risquent de connaître l’inquisition islamique, après avoir connu pendant des siècles l’inquisition chrétienne. Les théocraties et les semi-théocraties rejettent toute liberté des croyants et des incroyants, il suffit de voir les pays musulmans où la charia (loi islamique, loi religieuse) est la loi.

  • 2
    danielDH 28 janvier 2015 à 19:06 / Répondre

    C’est une définition très pondérée et consensuelle.
    Il est difficile de faire plus soft.

  • 1
    Marih 28 janvier 2015 à 10:58 / Répondre

    Il existe des milliers de définitions de la « laïcité », mais je trouve celle de Daniel Keller particulièrement intelligente, pertinente, respectueuse, humaniste … et donc éminemment maçonnique.

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