Philippe Foussier, Grand Maître du Grand Orient de France

Première interview de Philippe Foussier, nouveau GM du GODF

Par Géplu dans Interviews

Philippe Foussier, élu jeudi soir Président du Conseil de l’ordre du GODF et ayant prêté serment devant le Convent vendredi matin est le nouveau Grand Maître du Grand Orient de France pour cette année maçonnique 2017/2018. Il a bien voulu nous confier ses premières impressions, et répondre à quelques questions du Blog Maçonnique sur ce qu’il compte faire cette année.

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Géplu : Philippe, tu viens d’être élu Grand Maître du Grand Orient de France. Quelles sont tes premières pensées, comment abordes-tu cette fonction ?

Philippe Foussier : Honneur et humilité sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit. C’est un honneur de bénéficier de la confiance des membres du Conseil de l’Ordre et d’être reconnu par le Convent pour présider cette Obédience dont l’histoire, le rayonnement, l’implantation, la puissance sont si considérables. J’aborde aussi ce mandat avec humilité. Quelles que soient les fonctions que nous pouvons être amenés à exercer, il me semble utile de les assumer avec sérieux, avec grande rigueur même, sans jamais trop se prendre au sérieux soi-même.

Je pense aussi à mon père, disparu aujourd’hui, qui fut initié à la Grande Loge de France, et qui, sans doute sans le vouloir, a éveillé ma curiosité vis-à-vis de la franc-maçonnerie. J’ai une pensée toute particulière pour Patrick Kessel, mon parrain en maçonnerie, qui fut aussi le Vénérable présidant à mon initiation il y a un quart de siècle. Et à mes Surveillants, dont l’un nous a quittés, et à qui je dois en partie d’être le maçon que je suis.

Enfin, j’ai eu la chance de côtoyer souvent Henri Caillavet, qui fut affilié au sein de mon Atelier, République, jusqu’à sa mort en 2013 à 99 ans. Il représente pour moi le franc-maçon exemplaire. Toute sa vie, dans ses différentes et éminentes responsabilités, il a fait rayonner nos valeurs avec un courage, une opiniâtreté et une compétence qui forcent l’admiration. Songeons que dès 1947, comme parlementaire, il déposait une première proposition de loi pour permettre l’interruption volontaire de grossesse. 30 ans avant son adoption, il traçait les voies du combat ! Il nous faudrait retrouver cette extraordinaire capacité d’anticipation. Quand je dis « nous », je m’inclus, naturellement.

Qu’est-ce qui te différencie de tes prédécesseurs ? 

Je ne cherche pas à me différencier d’eux et je préfère qu’on puisse identifier nos innombrables ressemblances aux uns et aux autres plutôt que d’inventorier nos différences. Je les connais tous bien, et pour la plupart très bien, et j’ai des liens anciens et forts avec beaucoup d’entre eux. Je m’inscris dans la continuité, dans leur continuité au-delà des styles et des nuances. Les grands maitres passent, le Grand Orient demeure, et c’est là l’essentiel. Il en est aussi deux dont j’ai beaucoup appris et retenu à travers les écrits mais que je n’ai hélas pas connus, Jacques Mitterrand et Fred Zeller.

La République, à laquelle notre Obédience s’identifie si amplement, n’a jamais été autant attaquée ni suscité autant de haine et de défiance depuis l’Occupation.

Ayant dit cela, ce qui différencie surtout la période actuelle de celle qui nous précède, c’est le contexte général dans lequel nous sommes plongés depuis quelques années. La République, à laquelle notre Obédience s’identifie si amplement, n’a jamais été autant attaquée ni suscité autant de haine et de défiance depuis l’Occupation. Si vous en doutez, fréquentez les réseaux sociaux, entre autres. Nous sommes bien placés en France pour savoir que cette République est plus fragile qu’on ne le pense. Trois des précédentes Républiques ont péri au profit de pouvoirs absolutistes et/ou attentatoires aux libertés. Les ennemis de la République relèvent la tête, les extrémismes, les obscurantismes, les intégrismes, y compris par le terrorisme, se développent et s’additionnent dans une même haine de la République. Notre vigilance doit donc être forte.

Un an c’est court. Quelles seront tes priorités ? Que comptes-tu « mettre en œuvre » durant cette année ?

Je compte d’abord poursuivre les chantiers engagés. En maçonnerie moins qu’ailleurs, il n’y a de « table rase ». Nous sommes d’abord là pour transmettre et il y a autour de moi un collectif, je tiens beaucoup à cette dimension : des conseillers de l’ordre déjà expérimentés, d’autres plus récents, des nouveaux qui prennent le relais et qui assureront la suite. Mais, bien sûr, il n’est pas interdit de lancer de nouveaux chantiers ou d’amplifier certains existants.

Je l’ai annoncé au Convent, les Utopiales 2018, qui auront lieu les 17 et 18 mars prochains, seront une opération qui associera l’ensemble des Loges et des Orients qui le souhaitent. Elles auront pour thème la fraternité et partout nos Loges sont invitées à fêter, à célébrer, à illustrer cette fraternité qui est au cœur de notre engagement. A travers des réunions publiques et des colloques bien-sûr mais aussi pourquoi pas des banquets, des concerts ou des bals. Alors que notre pays, comme d’autres mais peut être plus que d’autres, semble ne pas se sortir d’une sorte de dépression collective, c’est notre devoir de francs-maçons de relever le défi et de mettre en exergue ce qui nous relie, ce qui nous donne envie de vivre les uns avec les autres, de faire corps au sein de notre communauté nationale, citoyens français et étrangers, francs-maçons et profanes. Assez des idéologies de la peur, du repli, assez de la tenaille identitaire qui n’a pour résultat sinon comme objectif de vouloir toujours nous séparer les uns des autres alors que nous avons au contraire à souligner ce qui nous lie, ce qui nous relie, notre appartenance une même communauté, nationale, continentale, universelle. Voilà pour les Utopiales.

Amplifier la réflexion sur les questions relatives aux sciences et aux enjeux éthiques qui y sont liés

Nous lancerons aussi un cycle de conférences publiques autour de la problématique « connaissance et croyance ». Il s’agira d’amplifier la réflexion sur les questions relatives aux sciences et aux enjeux éthiques qui y sont liés. Cette année, beaucoup a été fait pour éclairer les débats sur le transhumanisme et je veux rendre un hommage tout particulier à notre Grand Maître sortant Christophe Habas pour avoir, en cette matière comme en d’autres, apporté à l’Obédience ses éminentes compétences. Il aura illustré avec brio ce que constitue l’engagement maçonnique dans des domaines où règnent parfois les raccourcis faciles ou les pensées préfabriquées. De même, la confusion croissante entre croyance et connaissance, la contestation du progrès favorisée par le retour des idéologies obscurantistes et millénaristes qui suscitent ou instrumentalisent les peurs et l’ignorance, l’amplification de l’offensive créationniste menaçant des siècles d’avancées scientifiques, la propension de la foi à venir concurrencer le savoir, la remise en cause du primat de la raison sont autant d’exemples qui démontrent l’utilité du combat maçonnique pour endiguer des phénomènes croissants comme le complotisme, la « post-vérité » et autres manipulations dont font les frais des esprits crédules baignés par un air du temps anti-scientifique, hostile à la rationalité et dénigrant les connaissances pour y préférer les dogmes et les idéologies fondées sur l’irrationnel.

Je souhaite aussi que nous rassemblions les réflexions et que nous inventorions les actions menées par et au nom de l’Obédience sur la question des réfugiés et sur la problématique des migrations. Comme francs-maçons, nous avons me semble-t-il beaucoup à dire sur ce sujet. Y compris aux pouvoirs publics. Nous verrons dans les prochaines semaines comment nous organiser en conséquence.

Les francs-maçons du Grand Orient de France ont plus que jamais le devoir de mener le combat pour l’universalisme

Mais au-delà de ces chantiers, et d’autres permanents comme la laïcité, il y a un message que je n’aurai de cesse de marteler et qui relie finalement nos réflexions et nos actions. Je considère que les francs-maçons du Grand Orient de France ont plus que jamais le devoir de mener le combat pour l’universalisme. Dans un contexte de contestation des Lumières, nous sommes encerclés par des idéologies politiques ou religieuses qui veulent différencier, séparer, catégoriser, essentialiser, racialiser, ethniciser. Depuis le XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie a toujours souhaité à l’inverse rassembler les hommes puis les femmes qui pouvaient être distingués dans la vie civile ou sociale à raison de leurs origines. Elle a fait corps avec ce siècle des Lumières qui a précisément porté haut la notion d’universalisme, dont la traduction juridique s’exprime à travers la Déclaration universelle des Droits de l‘Homme de 1948. Cette conception universaliste de l’homme, elle est aujourd’hui menacée par toutes ces idéologies du repli, du relativisme et de la surenchère identitaire et essentialiste. Il nous appartient, à nous en priorité, de faire vivre et revivre l’universalisme. Pour édifier cette République universelle qui constitue notre utopie, il faut des républicains universalistes ardents. Nous le démontrerons.

Y a-t-il quelque chose que tu souhaites changer en prenant tes fonctions ?

En redoutant la constitution future d’un millefeuille administratif, je voudrais réussir à convaincre davantage que ce n’est pas par l’empilement sans fin de structures et de strates obédientielles internes que nous serons plus efficaces et encore moins par l’augmentation continue de la taille de notre règlement général, devenu obèse, contradictoire, tatillon à l’excès et qui deviendra à terme un carcan, y compris pour les Loges. J’observe des formes de bureaucratisation depuis une vingtaine d’années dont je crains qu’elles ne nous apportent plus de lourdeur et de pesanteur que de capacité à agir. Globalement, je pense que nous consacrons trop de temps à nous observer le nombril réglementaire. J’ai la faiblesse de penser que les très longues heures que nous consacrons à chaque convent à étoffer notre règlement général pourraient être mieux employées, par exemple en valorisant plus efficacement la réflexion issue de nos Loges.

Tu succèdes pour un an à Christophe Habas qui n’a lui aussi été Grand Maître qu’un an. N’est-ce pas un temps un peu trop court pour influer sur la vie de l’Obédience ? Que penses-tu de la proposition souvent présentée au Convent d’élire un Grand Maître pour 3 ans ?

Il y a dans notre Obédience une forte résistance à une vision « présidentialiste » de la fonction de Grand Maitre

Influer sur la vie de l’Obédience n’est pas pour moi un but, nonobstant la réponse précédente, que j’exprime d’ailleurs sans trop d’illusions. Ce qui doit primer, ce n’est pas le Grand Maitre, mais les principes et les idées de l’Obédience. Il n’en est que le porte-voix temporaire et il me semble plus important de faire rayonner des idées plutôt que des personnes. J’ai longtemps soutenu le principe d’un mandat de trois ans sans vraiment prendre la peine d’analyser, je l’avoue, les raisons pour lesquelles le Convent s’y est constamment opposé. En fait, je pense qu’il y a dans notre Obédience une forte résistance à une vision « présidentialiste » de la fonction de Grand Maitre qu’engendrerait potentiellement un mandat de trois ans accordé d’emblée. Il ne faut pas sous-estimer la culture libertaire, hostile à une conception d’homme providentiel, qui irrigue assez profondément le Grand Orient de France. Enfin, je reprends les éléments de la réponse précédente, je considère que ce débat est assez secondaire et que nous avons mieux à faire que de nous occuper à l’excès de notre fonctionnement interne. Le Grand Maître n’est pas « toute » l’Obédience, loin s’en faut, et il ne faudrait pas que nous versions dans une forme de bonapartisme qui en ferait le Deus ex machina ou l’alpha et l’omega sans qui rien n’est possible. Comme disait Clemenceau, les cimetières sont plein de gens irremplaçables… qui ont tous été remplacés. Dans un an, je retournerai sur les colonnes de mon Atelier polir la pierre et c’est bien ainsi.

Le Grand Orient de France réunit 55 000 Frères et Sœurs, ce qui en fait quantitativement la plus importante obédience en France. Quel est selon toi ce qui les unit et les distingue ou, autrement dit, quelle est l’identité du Grand Orient ?

L’identité du Grand Orient de France, c’est d’avoir toujours été une Obédience inscrite dans le combat

L’identité du Grand Orient de France, c’est d’avoir toujours été une Obédience inscrite dans le combat. Le combat pour la République, pour la justice et la dignité, pour le progrès social et scientifique, pour l’émancipation et la laïcité, pour la conquête de droits nouveaux. Ayant dit cela, il ne faut surtout pas oublier que le Grand Orient de France est d’abord une obédience maçonnique avec sa dimension initiatique. Sans volonté hégémonique aucune, entretenant avec toutes les obédiences maçonniques des relations fraternelles et très souvent fécondes, le Grand Orient de France peut se flatter de ne pas connaitre le poison des divisions internes, des postures à court terme et des positionnements tactiques. Il peut s’enorgueillir de la pertinence de son modèle. D’abord, comme Grand Orient : ce qui nous constitue c’est notre capacité à fédérer harmonieusement de nombreux rites et des sensibilités très diverses, à laisser aux loges une liberté et une souveraineté incomparables, à se garder du risque de la division interne qu’entraine l’organisation « provinciale ». C’est un modèle qui interdit aussi à l’exécutif de disposer d’un pouvoir intrusif dans le fonctionnement des loges, qui préserve également la séparation entre les loges bleues et leur administration obédientielle d’un côté et les juridictions des « hauts grades » de l’autre. Ces caractéristiques, elles sont pour le franc-maçon du Grand Orient de France analogues à l’air qu’il respire, mais il doit avoir toujours conscience qu’elles ne sont pas partagées par une majorité d’obédiences. Et donc, à lui d’en mesurer, voire d’en savourer, toute la portée. Nous avons une responsabilité collective de la préservation de ce modèle auquel nous sommes, légitimement, si attachés.

On dit souvent que le Grand Orient de France n’est plus le laboratoire d’idées qu’il fut sous la 3ème République. Es-tu d’accord avec cette affirmation et si oui que comptes-tu faire pour y remédier ?

Le contexte d’aujourd’hui est très différent. Sous la 3e République, le Grand Orient faisait corps avec les institutions car il existait une forte consanguinité entre le Parti radical et notre Obédience, notamment dans les années 1880 et 90. Il s’agissait alors d’installer la République après des décennies de régimes impériaux ou monarchiques, de la consolider, de l’incarner, par exemple à travers l’école publique, de contrer les visées cléricales de l’Eglise catholique. Beaucoup de maçons étaient des responsables politiques locaux ou nationaux, ils revendiquaient leur appartenance. Autres temps, autres mœurs…

La pression religieuse est rarement porteuse d’émancipation pour les femmes et il est aussi de notre devoir de le rappeler

Nous avons changé d’époque et depuis la République s’est durablement installée après la Libération. Des droits sociaux ont été ajoutés aux droits civils et politiques, je pense en particulier aux conquêtes du Front populaire et du Conseil national de la Résistance. Depuis, il n’aura échappé à la vigilance de personne que ces droits sont détricotés, que plus le temps passe et plus ces acquis sont remis en question. Notre devoir consiste d’abord à rappeler des principes. La justice sociale, la lutte contre les inégalités, le combat pour la dignité humaine constituent des balises intemporelles. Pensons aussi aux terribles régressions enregistrées concernant les droits des femmes après des années de conquêtes majeures. Dans ce domaine, la pression religieuse est rarement porteuse d’émancipation pour les femmes et il est aussi de notre devoir de le rappeler.

Nous sommes confrontés à d’autres enjeux aujourd’hui car ce qui est remis en cause par de nombreux courants, politiques et religieux, c’est l’héritage humaniste et universaliste hérité des Lumières. Selon moi, la priorité consiste à le préserver et à convaincre de sa pertinence. Sans ce socle, tout notre édifice institutionnel et conceptuel s’écroulerait.

On dit aussi souvent le Grand Orient de France trop politisé, trop près entre autres du PS. Qu’en penses-tu ? 

Nous sommes en amont du politique et pas à sa remorque

Marianne dans nos temples, la devise commune, de multiples combats menés en parallèle : à maints égards, le Grand Orient de France fait corps avec la République. Il en va tout autrement vis-à-vis des partis politiques. La bonne connaissance que j’ai de notre Obédience en ayant visité des dizaines de Loges, en échangeant avec des centaines de leurs membres me conduit à penser que ceux qui voudraient réduire le Grand Orient de France à une telle approche commettraient une grave erreur. Nous sommes en amont du politique et pas à sa remorque, nous comptons dans nos rangs des francs-maçons aux sensibilités très diverses, plus qu’on ne le croit souvent, et je préconise que nous conservions une distance polie mais ferme avec les partis politiques, quels qu’ils soient. Beaucoup de francs-maçons du Grand Orient sont en effet politisés, certains sont des militants : lorsqu’ils franchissent la porte du temple, ils se délestent de leurs métaux, ils ne sont plus des militants qui viennent réciter un discours préparé à l’extérieur. Ils ne viennent pas rechercher ce qu’ils trouvent ailleurs ou alors c’est qu’ils se sont trompés d’adresse. Ils viennent chercher les voies et moyens d’être libres, de se défaire de leurs réflexes et leurs habitudes de pensée. Ce qui, chacun en conviendra, n’est pas précisément ce qu’on attend d’un militant politique…

J’ajoute que le monde politique souffre d’un discrédit que l’abstention aux différentes élections vient corroborer sans relâche. Il nous revient bien plutôt de réfléchir aux moyens d’y remédier dans l’intérêt de la République plutôt que de se confondre avec lui ; dans bien des cas, il en est fortement responsable. Son impuissance à agir sur le réel, les faits de corruption qui s’enchainent, son abdication devant le pouvoir économique ou celui des experts et de la technostructure, ses accommodements déraisonnables en matière de laïcité et de communautarisation de la société : de tout cela, il est comptable et cet état de fait porte un préjudice avéré à notre harmonie sociale avec comme résultat, notamment, la progression constante de l’extrême droite depuis trente ans. Comment en outre s’accommoder de la complaisance voire de la connivence que certains courants de droite entretiennent, nationalement ou localement, avec l’intégrisme catholique comme de certains courants de gauche avec l’intégrisme islamiste ? Les exemples abondent, y compris en terme de financement public. Même si le clientélisme électoraliste a toujours existé, il se développe avec des franges clairement en rupture avec nos idéaux de fraternité : on ne joue pas impunément avec la République et la démocratie.

Les francs-maçons sont assez sévères sur les carences du monde politique même s’il est plus aisé de commenter que d’agir et qu’il faut bien sûr se garder de toute généralisation : d’innombrables élus s’illustrent heureusement par leur courage et leur dévouement, par leur volonté d’affronter les problèmes et non de les esquiver. Pour conclure sur ce point, entre le monde politique et le Grand Orient, il ne saurait donc y avoir de confusion des genres.

Maintenant que la grande crise de 2010/2015 avec l’explosion de la GLNF et la création puis l’échec de la CMF semble terminée et le PMF apaisé, comment vois-tu les relations interobédientielles ? Quelle sera ta politique en ce domaine ?

Chaque obédience a sa culture, sa légitimité, sa place, nous sommes complémentaires

Le Grand Orient de France, au milieu d’un paysage maçonnique parfois mouvant, agité, émietté, constitue un pôle de stabilité et de sérénité. Il le demeurera. Si le slogan n’avait pas déjà servi, le qualificatif de « force tranquille » lui irait comme un gant. Blanc bien sûr ! J’attache une grande importance aux relations interobédientielles et à chaque fois que nous pourrons réaliser des actions communes, comme nous l’avons fait à la veille de l’élection présidentielle, engager des réflexions collectives, le Grand Orient de France répondra présent ou sera à l’initiative. Je compte bien que nous puissions ainsi envisager une manifestation commune pour célébrer ensemble le tricentenaire de la franc-maçonnerie avant la fin 2017. Chaque obédience a sa culture, sa légitimité, sa place, nous sommes complémentaires. Comme mes prédécesseurs, mon approche sera constructive, je chercherai toujours à privilégier ce qui nous rassemble au-delà de nos différences respectives… et respectables !

La laïcité est indissociable du Grand Orient de France. Tu étais l’an dernier 1er Grand Maitre adjoint en charge, entre autres, de la laïcité. Qu’as-tu fait l’an dernier pour la défendre et la promouvoir et que feras-tu cette année ?

L’an dernier j’ai enchainé à un rythme soutenu les réunions publiques, les tenues ouvertes ou fermées, la participation à des colloques organisés ailleurs, bref, j’ai beaucoup circulé pour parler de laïcité et pour en débattre. Je n’ai pas été le seul au sein du Conseil de l’Ordre, loin s’en faut, et notre Grand Maitre a très largement contribué à cette animation. Le Grand Orient de France a aussi poursuivi son travail au sein du Collectif laïque, qui existe depuis 12 ans maintenant et qui s’est imposé comme un acteur majeur dans ce domaine. Je rappelle qu’il rassemble une dizaine d’obédiences maçonniques et une vingtaine d’associations de promotion de la laïcité, de défense des droits des femmes ou de lutte contre les discriminations. Le Collectif laïque a publié l’an dernier son rapport annuel et il poursuivra cette année. Il permet des échanges très utiles entre ses membres et démultiplie dans la réflexion et sur le terrain les capacités de chacun de ses membres. J’entends bien sûr que le Grand Orient poursuive son action dans ce cadre, même s’il doit aussi exprimer lui-même ses propres positions lorsqu’il l’estime utile. Le rôle de la Commission nationale permanente de la laïcité, celui des correspondants laïcité des Loges est essentiel aussi pour assurer une veille et alimenter la réflexion.

Nous avons laissé prospérer les revendications religieuses dans notre société à un point que nous n’avions peut-être pas connu depuis un siècle

Sur le fond, j’estime que notre rôle majeur dans la période est d’aider à sortir de la confusion. Pendant des décennies, nous avons été avec quelques autres d’inlassables militants du combat laïque. Nos dirigeants, nos élites, médiatiques et intellectuelles, ne voulaient pas en entendre parler. Le résultat est là. Nous avons laissé prospérer les revendications religieuses dans notre société à un point que nous n’avions peut-être pas connu depuis un siècle. Les questions religieuses envahissent tout, polluent les débats, et nous montrent à quel point le rappel de cette règle d’organisation politique et juridique qu’est la laïcité est plus que jamais indispensable pour contenir ces prétentions cléricales sans limites. Et le pire, c’est que la plupart du temps, ce qui s’exprime, ce n’est pas une lecture et une pratique tranquilles, apaisées, des religions, c’est leur versant intégriste, fondamentaliste qui prévaut, c’est le retour des obscurantismes les plus moyenâgeux, qui visent toujours et d’abord les femmes dont il faut dissimuler et maitriser les corps et asservir les âmes. Mais nous sommes mieux placés que quiconque pour le savoir, cette laïcité que nous avons défendus seuls pendant des décennies, elle a été récupérée, dévoyée, instrumentalisée, contournée, interprétée, piétinée. Si nous ne devions avoir qu’une action en la matière, elle est d’aider nos compatriotes à sortir des confusions qui l’entourent. Elles sont de deux ordres.

Il y a d’une part l’extrême droite. Nous sommes pour notre part avertis que ce courant a réalisé un véritable hold-up sur la laïcité alors que ce qu’il défend en réalité c’est une conception qui vise à dénigrer une religion et des croyants et à promouvoir une France chrétienne, blanche et en vérité à l’opposé de toute conception laïque. Il n’est qu’à comptabiliser ses responsables qui installent dans leurs mairies des crèches de la Nativité pour exalter les seules racines chrétiennes de notre pays. Continuons inlassablement à dénoncer ces usurpateurs. Nous le savons, ils détestent la laïcité et ce qu’elle représente en termes d’égalité des droits, de liberté de conscience et de promesse d’émancipation et de fraternité.

Il y a d’autre part tous ces courants qui ne rêvent que d’accoler un adjectif à la laïcité : à droite, on la veut positive, à gauche, on la veut plurielle ou apaisée mais en réalité ce que tous ceux-là cherchent à nous vendre, c’est un modèle qui organise la coexistence des religions, « l’interconvictionnel », un modèle qui permet la juxtaposition des croyances dans une plus ou moins bonne harmonie tandis que les non croyants sont ravalés au rang de citoyens de seconde zone. Etre croyant selon ces conceptions, qui sont en fait de nature et d’esprit concordataires, c’est finalement être privilégié. En effet, selon celles-ci, il faut toujours écouter les croyants plus que les autres, il faut toujours inviter leurs représentants plus ou moins représentatifs d’ailleurs, il faut déléguer la gestion des groupes humains à des « communautés » religieuses. Et d’ailleurs, ces faux amis de la laïcité utilisent le terme de « communauté » sans cesse, trahissant leur volonté de toujours assigner les hommes et les femmes à résidence identitaire, religieuse ou ethnique. En réalité, cette conception qui constitue une autre forme de dévoiement de la laïcité, plus pernicieuse. Dénonçons ces vrais ennemis et ces faux amis de la laïcité, redisons simplement ce qu’elle est, qui n’est pas réductible loin s’en faut à la question religieuse comme beaucoup veulent nous le faire croire en utilisant même parfois le terme de « laïcard » pour nous désigner, un terme inventé et popularisé par Maurras, faut-il le rappeler, et que même certains courants de gauche ont incorporé à leur vocabulaire.

L’anti-maçonnisme se répand avec virulence sur le net, quelles initiatives faudrait-il prendre pour lutter contre lui ?

Daniel Keller, alors Grand Maître, avait opportunément organisé un cycle de conférences publiques sur ce thème et la réflexion n’est donc pas absente de nos préoccupations. Lorsque j’étais Grand Orateur, en 2012 et 2013, j’ai vécu de très près les manifestations quasi hebdomadaires des groupuscules qui venaient déverser leur haine antimaçonnique devant notre siège, en marge des rassemblements contre le Mariage pour tous. Nous savons aussi ce qui est véhiculé via les réseaux sociaux par les groupes intégristes et par l’extrême droite. Depuis que la franc-maçonnerie existe, l’anti maçonnisme aussi. C’est vrai néanmoins qu’il s’exprime avec une virulence que nous n’avions pas connue en France depuis l’Occupation. Avec le développement du complotisme, ils s’alimentent l’un l’autre. Il n’y a pas de recette miracle : il faut aller au-devant des préjugés, pour ceux qui en sont victimes ; et dialoguer, expliquer ce qu’est la franc-maçonnerie. Vous aurez aussi remarqué que des attaques informatiques  ont visé toutes les Obédiences ou quasiment. Il faut se protéger, prendre ces menaces au sérieux, les endiguer, en sachant que nous ne pourrons jamais totalement les anéantir.

L’un de tes prédécesseurs a voulu, en créant les Utopiales maçonniques, remettre la pensée prospective au cœur de la démarche maçonnique. Quelles initiatives comptes-tu prendre pour approfondir ce mouvement ?

Il faut remettre la pensée prospective au cœur de la démarche maçonnique

Je me suis déjà exprimé sur l’édition 2018 des Utopiales, qui auront cette année pour thème la fraternité. Oui, il faut en effet remettre la pensée prospective au cœur de la démarche maçonnique comme le fit admirablement Henri Caillavet. Il faudrait que nous soyons aujourd’hui en capacité de poser les enjeux qui seront ceux de notre société et de notre monde dans 30 ans ! Le « court termisme » ne convient pas à notre champ méthodologique et qui plus est, lorsque nous nous y enfermons, notre message a du mal à se distinguer de celui des organisations profanes, c’est le moins qu’on puisse dire. La franc-maçonnerie est faite pour se projeter, pas pour courir après les modes et les pensées dominantes, quelles qu’elles soient. Cela demande un effort que nous avons parfois du mal à consentir, c’est vrai, et nous avons trop souvent reflété l’air du temps et plagié le monde profane alors que nous prétendons – tout au contraire !- l’éclairer.

Notre utopie de francs-maçons du Grand Orient de France, c’est la République universelle

Notre utopie de francs-maçons du Grand Orient de France, c’est la République universelle, que nous recréons en réduction à chaque tenue dans nos Loges. Nous y travaillons sans relâche. Cela ne nous dispense en rien de nous engager au jour le jour, mais nous savons quel est le cap, quel est l’objectif. Je poursuivrai, là aussi, le chantier avec l’ensemble du conseil de l’ordre.

2017 est le tricentenaire de la FM spéculative, mouvement qui a accompagné la modernité. Comment définir ce que devrait être la FM du 21ième siècle ?

Pour moi, le célèbre Discours du Chevalier de Ramsay, prononcé en 1738, n’a pas pris une ride, excepté le style bien sûr : « Les Hommes ne sont pas distingués essentiellement par la différence des langues qu’ils parlent, des habits qu’ils portent, des pays qu’ils occupent et des dignités dont ils sont revêtus. Le monde entier n’est qu’une grande République dont chaque nation est une famille et chaque particulier un enfant. C’est pour faire revivre et répandre ces essentielles maximes prises dans la nature de l’Homme que notre Société fut d’abord établie. Nous voulons réunir tous les Hommes d’un esprit éclairé, de moeurs douces et d’une humeur agréable, non seulement par l’amour des Beaux-Arts, mais encore plus par les grands principes de vertu, de science ou de religion où l’intérêt de la Confraternité devient celle du genre humain tout entier, où toutes les Nations peuvent puiser des connaissances solides, où les sujets de tous les royaumes peuvent apprendre à se chérir mutuellement sans renoncer à leur patrie (…) ». Nous avons là l’essentiel : l’humanisme et l’universalisme. Soyons déjà capables de consolider cet acquis, soumis à un réel effritement et à une forte contestation et démontrons parallèlement combien ces principes sont adaptés à notre monde actuel ! Je n’aurai de cesse d’y travailler.

Au plan international, à l’exception de la France, la franc-maçonnerie semble être en recul. Pourquoi ? Que faut-il faire pour faire avancer notre idéal ?

L’humanisme et l’universalisme sont des repères conceptuels qui peuvent rassembler les francs-maçons de bonne volonté du monde entier

Ce recul, il existe surtout au sein de la franc-maçonnerie anglo-saxonne, dont le modèle est très éloigné du notre, chacun en conviendra. Je suis, comme représentant du Grand Orient de France, assez mal placé pour le défendre. Je suis en effet de ceux qui estiment que 1877 constitue une date majeure pour notre Obédience, lorsque le convent décida à l’initiative du pasteur Frédéric Desmons que nous ne devions plus avoir de référence obligatoire en une vérité révélée. C’est ce qui déclencha notre « excommunication » de la part des maçons anglo-saxons et dont j’invite chacun à constater la rudesse de l’expression en allant visiter l’exposition temporaire consacrée aux 300 ans de la franc-maçonnerie au Musée de la rue Cadet. Nous n’avons pour notre part jamais contesté à nos Frères qui imposent la croyance en Dieu leur qualité de francs-maçons. Ils se prétendent « réguliers » et nous qualifient d’ « irréguliers ». Disons que nous sommes plus modestes et moins péremptoires, ce qui explique peut-être une part de notre attractivité. Nous nous gardons pour notre part de donner de leçons à qui que ce soit ; le Grand Orient de France n’est ni une église ni un parti politique et c’est heureux.

Au-delà, pour faire avancer notre idéal, je ne vois rien de plus fédérateur que les principes hérités des Lumières. L’humanisme et l’universalisme sont des repères conceptuels qui peuvent rassembler les francs-maçons de bonne volonté du monde entier.

Et enfin, c’est quoi pour toi un mauvais Grand Maître ?

Celui qui aurait oublié que cette fonction lui impose plus de devoirs qu’elle ne lui donne de droits. Quant à moi, je me soumettrai volontiers à la critique – constructive ! – au cours de mon mandat et à son terme.

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Philippe Foussier a été initié au Grand Orient de France il y a bientôt 25 ans. Il est membre de la Loge République, à Paris. Administrateur de l’Institut d’études et de recherches maçonniques (IDERM), membre du comité de rédaction du trimestriel Humanisme, revue des francs-maçons du Grand Orient de France, il est également membre de la Fraternelle parlementaire, au titre de ses activités de journaliste parlementaire. Sur le plan associatif, il fut notamment président du Comité Laïcité République de 2005 à 2009.
1er Grand Maître adjoint du Grand Orient de France l’an dernier, il entame sa 6e et dernière année de mandat au Conseil de l’Ordre. Dans cette instance, il aura travaillé avec quatre Grands Maîtres depuis 2011 : Christophe Habas, Daniel Keller, José Gulino et Guy Arcizet.
Agé de 52 ans, il est journaliste indépendant depuis quelques mois. De 1995 à 2017, il a été rédacteur en chef de Communes de France, mensuel puis hebdomadaire et trimestriel destiné aux élus locaux.
Formation : Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Paris, Titulaire d’un 3e cycle en études stratégiques et politiques de défense, Ancien auditeur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques

dimanche 27 août 2017 19 commentaires

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  • 19
    réboussiéi 31 août 2017 à 22:06 / Répondre

    signe de ton nom , le vrai et donne ton adresse aussi ? mais l »anonymat  » est une forme chiante , difficile d’excommunier pour machisme, nazisme, islamophobie .. voir Onfray pour la suite et l’ordre logique ..
    il me semble que le GM est le « maitre  » par délégation de la partie administrative donc profane , en conséquence , j’ai bien rigolé quand j’ai entendu « faire barrage  » donc votez Macron , on a au moins évité « votez Hollande au premier tour … ».
    car le barrage ? c’est pas un pont , mais bof , si on sait pas ou on va ? un pont ? on en connait sans route d’accès ….ni sortie et il y a bien longtemps que je vote suivant ma liberté de conscience personnelle
    Ex apparatchik le GM ? déjà répondu …bon , au PS ? c’est pas ce qui se fait de mieux Mais qu’y a t il fait ? promu sans succès les valeurs maçonniques ? donc les accusations ab hom….dans tous les cas à coté de la plaque …
    On s’amuse sur les idées émises ?
    prendre langue aves les votants FN ? comment ? une pub dans Midi Libre , journal local périphérique ? Frères détraqués du FN , veuillez consulter la cellule de déradicalisation du GODF ?
    Car le FN st une conséquence , pas une cause ???et sur les causes ?
    On cause , on cause , on tourne en rond autour du pot , mais le subconscient pressentant …on reste assis sur le couvercle .. mais la périphérie ? les illettrées de Bretagne et des Cévennes ? non seulement ils ne savent pas lire , mais le peu qu’il lisent ? des pseudo intellos , type A Finkielkraut ou M Onfray , et le pire du pire , les facho-e-s type Malika Sorel Sutter , B maris ,A de Benoist , C Delsol , JP Mattéi , Mathieu Bock Côté , Del Valle , T Anatrella sur le narcissisme de la saison , j’ignorerai volontairement Zemmour , De Villiers ….et quelques autres , tous facho-e-s connu-e-s , comme le nouveau ministre de l’Educ Nat ……
    Ces gens là posent des questions , c’est à ces questions qu’il faudra un jour répondre , qui les pose ? déjà poser cette question est un signe favorable qui permet de catégoriser le charlot qui la pose ..Qui ? on s’en tape ..mais la réponse ? on attend encore
    Nous faire croire que le FN est un parti d’extrême droite ? vous nous prenez pour quoi ? un facho , un vrai , votant pour une Marine avec sa prestation au second tour et Philipot derrière ? que le FN soit un parti d’illettré-e-s et crétins ? affirmation gratuite , mais le parti ou ceux jugeant ainsi ? QI de moule , pardon les moules , mais vous au moins servez à quelque chose avec des frites
    Il y a une valeur qui a disparu ,comme beaucoup d’autres ,et des principes aussi , en particulier celles liées à l’intime , la part secrète , voire d’ombre de chacun , ce qui nous différenciera toujours de la machine ou du surhomme augmenté des fadas de l’homme nouveau , ce monstre qu’ils ont dans leurs cartons , un débile avec des puces partout devient un débile encore plus dangereux …voyez un simple képi …..je plaisante …bien sur

    Devant la folie du monde actuel ? le seul sauveur ? la Parole , libre et non faussée ??? fossé ? ou ornière ? on fait quoi ? on continue à s’empailler sur le profane ? la durée du mandat ? la seule chose à mettre en place ? la liberté absolue de conscience chez nous …et là ? c’est pas gagné ???? on était Charlie , moi pas , car je suis contre toute censure et contre l’assassinat des opposants ,même politiques ; si vous pigez pas,,je
    peux vous faire un dessin ..accessoire/principal ? cause/conséquence ? réel/symbolique /imaginaire ? trop de post NVB dans nos loges ? progressistes ? après avoir lu l’interviewe Michel Onfray dans l’avant dernier  » Le Point  » ….ce ne sont pas les sujets de réflexions qui manquent ? Tenez , Némo , le nouveau chien du président ? si la cote baisse ? un chat ? une chèvre ? un mouton ,? corse ? la chèvre ….on a un GM , un président …à juger sur pièces ….pour le président faudra attendre 5 ans … le GM ? pas de censure en principe sur ce blog , mais en 30 ans de maçonnerie , je n’ai connu qu’un cas de censure ….mais il était très tard , minuit passé …

  • 9
    Hure 30 août 2017 à 07:29 / Répondre

    Merci pour ta reponse. Si la critique est une agression merci le debat peux etre fais tu partie de ces quelques apparakitch, pourquoi ne signe tu pas de ton nom? Tu peux m’appeler pour en disciter? Comment respecter les hautes valeurs morales avec tes propos Si tu trouve que l’election est democratique cela est ton droit bonne journee

  • 6
    hure 29 août 2017 à 15:59 / Répondre

    Pourquoi faire une élection alors que les jeux sont faits. un seul candidat élu a 95%, seules les pays autoritaires y arrivent.

    En fait rien qu’un petit arrangement entre amis sans E car pas de conseiller de l’ordre féminin.
    La démocratie n’est pas le point fort de l’obédience, pas de programme, pas de transparence, un mode de scrutin dépassé, pas d’enquête d’intégrité sur les candidats etc.
    Pas de conflits d’intérêts, pas de cumul de mandat, pas de jeu de chaises musicales, tout cela n’existe pas au GO qui peut croire cela, assurément les naïfs et ceux qui ont intérêt a ce que cela continue.
    je n’es rien contre ce Philippe FOUSSIER, apparatchik du parti socialiste, mais comment pouvons nous cautionner les modalités de cette élection ? vieilles pratiques des partis politiques.
    a l’heure de la moralisation de la vie politique,le GO ne prend toujours pas l’initiative de reformer son système de fonctionnement d’un autre temps.
    Il est temps de redonner du souffle a la démocratie
    d’offrir une information transparence sur le rôle du grand maitre ou d’une grande maitresse,son champ de compétence.
    Donner un mandat de 3 a 5 ans afin de mettre en place son programme ( un an mandat complètement inutile ).
    Qu’il choisisse son équipe
    supprimer les conseillers de l’ordre
    organiser une élection a deux tours a partir de candidatures de frères et sœurs respectant les conditions d,éligibilité au suffrage direct des membres de l’obédience en demandant aux candidats une totale transparence sur leur situation financière,professionnel et judiciaire

    brisons la loi du silence

    comment se satisfaire de telles médiocrités qui ne sont pas dans les gènes du GO
    Espérons que le dégagisme arrive au GO.

    Formons un groupe de travail

    • 7
      WXYZ 29 août 2017 à 23:18 / Répondre

      Frère (?) Hure, tu me sembles un peu trop agressif, et tout à fait à côté de la plaque.
      .
      Il n’y a que toi pour ne pas comprendre que les Conseillers de l’Ordre, pour les 2/3 déjà élus depuis un an ou deux et donc se connaissant et le dernier tiers élu en juin n’occupent pas une partie de leur été pour discuter entre eux et chercher un consensus pour former l’équipe à élire au Convent. Parfois ils arrivent à faire consensus autour d’un seul projet, parfois il y en a deux qui s’affrontent fraternellement, comme pour l’élection d’un VM et de son collège dans une loge. Il n’y a rien d’antidémocratique là-dedans, et ce scrutin indirect est celui du GODF qui donne toute satisfaction et assure sa stabilité depuis près de deux siècles. Pourquoi veux-tu en changer pour une nouvelle méthode dont rien ne dit qu’elle assurera plus de transparence et démocratie ?
      .
      Ce que tu appelles de façon si élégante des « médiocrités » sont justement les gènes du GO.
      Il me semble que tu ne connais pas bien ce que tu critiques, de façon si excessive. Qu’exprime cette colère un peu infantile ?…

      • 8
        Dėsap. 30 août 2017 à 00:21 / Répondre

        Quand on veut tuer son chien :-)) on utilise des méthodes qui n’ont vraiment rien à envier à celles des réguliers :-)))
        Chez nous, les apparatchiks compensent souvent une médiocre carrière professionnelle,
        chez vous il semble que soit la compensation d’une carrière politique en demi-teinte…
        Dans tous les cas, la critique est vue comme une agression et bien entendu l’émetteur est immanquablement un ignorant de mauvaise foi,
        c’est assez rigolo tout ça :-)))

        • 10
          Hure 30 août 2017 à 08:05 / Répondre

          Tout est beau tout va bien surtout continuons ne bougeons rien continuons a etre hors du monde

        • 12
          Huré 30 août 2017 à 10:31 / Répondre

          Merci cher ami.surtout ne rien dire.pas de reformes pas de critiques tout est parfait chez nous.Ou sont les hautes valeurs morales de notre ordre ?
          Je suis complétement stupide je ne comprends rien
          je suis toujours étonné des critiques de certains n’ayant pas le courage de signer de leur propres noms ?
          amities

      • 11
        Huré 30 août 2017 à 10:28 / Répondre

        Tu peux me joindre pour en discuter si tu le souhaite, aie un peu de courage et signe de ton nom
        a ta dispo

      • 13
        yasfaloth 30 août 2017 à 21:41 / Répondre

        MDR ! la dialectique Mélenchonienne qui fait son entrée au GO, avec, en plus le classique contre-sens sur le terme « dégagisme » (qui n’est pas un « remplacisme ») 🙂

        • 15
          hure 31 août 2017 à 10:23 / Répondre

          Que puis faire pour toi,un doliprane ou un suppo ? peut être un tranxene ? Dis moi je suis inquiet pour toi

          • 17
            yasfaloth 31 août 2017 à 13:48 / Répondre

            Non continue s’il te plait, j’ai toujours adoré les clowneries ! 🙂

    • 14
      lazare-lag 30 août 2017 à 22:06 / Répondre

      Cher Hure, ou Huré, ton intervention soulève beaucoup de questions parce qu’elle aborde beaucoup d’aspects. A la limite plus profanes que réellement maçonniques.
      Pourquoi faire une élection avec un seul candidat? Poser la question ainsi laisse supposer qu’il n’y a qu’un poste à pourvoir, celui de GM. Or, il y en a d’autres en jeu, et pas que les vice-GM, il y en a jusqu’à 35.Et c’est toujours un peu curieux de voir que tout ce monde n’est pas élu avec le même nombre de voix…
      Conseillère de l’ordre non présente, non élue actuellement? Indépendamment du système d’élection des conseillers de l’ordre (dont tu ne dis rien, le connais-tu?) il faut également tenir compte du ratio frangin/frangine au GODF. Je crois que ça nous fait quelques 1.500 SS sur un total de 53 à 55.000. C’est un détail qui compte autant pour être élue que pour élire. Et rien ne dit qu’une électrice optera pour une candidate. Et vice-versa, et j’y tiens, rien ne dit qu’ayant le choix entre candidate et candidat le frangin opte ipso facto pour le même sexe que lui…
      A te lire, j’ai même l’impression que tu n’as pas connu l’époque où nos ateliers ont débattu âprement sur féminité et mixité à venir. Parfois de vraies batailles d’Hernani…
      Ensuite tu ramènes Foussier à un « apparatchik » du PS. Excuse-moi du peu, mais nous sommes 55.000 au GODF, je ne pense pas qu’on passe son temps à évaluer les FF et les SS à l’aune de leur éventuelle et seule appartenance partisane, car je crois que la majorité d’entre-nous n’est pas forcément carté quelque-part, et qu’ensuite que maçonniquement on s’intéresse à autre-chose en interne, sur les colonnes comme sur nos parvis.
      Ensuite, tout en fustigeant de « vieilles pratiques des partis politiques » (sic) tu viens cependant proposer des recettes on ne peut plus piquées sur le modèle électoral (profane) existant dans la Vème République (mandat de 3 à 5 ans, système à deux tours, suffrage direct du GM (et des autres aussi j’imagine), programme de candidature, transparence financière des candidats et je suppose des frais de campagne), etc.
      Libre à toi de proposer des suggestions (un toilettage mériterait certainement d’être fait, mais pas forcément ainsi, d’autres pistes plus « maçonniques » peuvent être envisagées), mais ton modèle électoral est beaucoup trop extérieur, beaucoup trop profane.
      Et beaucoup plus autoritaire qu’il n’y paraît lorsque tu invites à ce que le GM, seul, choisisse son équipe (qui ne serait donc plus élue?).
      Je me pose donc des questions te concernant. Tes propositions, et donc tes influences, me paraissent tellement « politiques », au sens de droit électoral, tellement profanes, que je me demande combien de maçonnerie tu as derrière toi?
      Je peux me tromper, c’est même possible, mais tu me fais l’effet d’un jeune, peut-être très jeune, maçon, avec plus d’expérience politique extérieure qu’intérieure. Car, je ne sens pas dans tes propos, en tout cas sur ce sujet une grande expérience vécue de l’intérieur.
      Je le dis d’autant plus que si elles étaient adoptées à 100% et stricto sensu de telles propositions révolutionneraient de fond en comble la structure de l’obédience.
      Certes, elles peuvent être adoptées dans toutes autres associations, mais dans une association comme la notre, tu fais fi de pleins de petits détails très maçons.
      Je n’en citerai qu’un: une loge: une voix.
      C’est cela actuellement l’ossature du G.O.D.F. et finalement peu ou prou des autres obédiences aussi.
      Une loge, une voix avec donc répercussion sur la façon (certes pyramidale) de choisir ensuite les conseillers de l’ordre qui eux mêmes choisiront (entre autres), le GM).
      Un système électoral, c’est aussi le choix d’une unité de mesure. Pour une élection républicaine et démocratique, l’unité c’est l’homme, c’est le citoyen, et sa liberté de choix est préservée par la discrétion de l’isoloir, celui étant le premier des cabinets de réflexion.
      En maçonnerie, l’unité de mesure étant celle de la loge, le système (qui mériterait je le répète un dépoussiérage)ne peut donc qu’être différent.
      Mais si en maçonnerie, nous devions changer l’unité de mesure, que ferions-nous sinon changer (peut-être ébranler, peut-être détruire)la structure, voire l’édifice?
      Je m’interroge….
      Enfin, tu finis en proposant de « former un groupe de travail ».
      Mais sur quelle base? Adossé sur quels principes? Sur quelle unité de mesure? L’homme, la Loge? Autre chose?
      Qui plus est, un groupe de travail, de manière profane, c’est quelques personnes seulement, au plus plusieurs dizaines.
      Ton groupe de travail s’affranchit de consulter les ateliers? Les 1.200 ou 1.300 de l’obédience? Ton groupe de travail ne concerne « que » des parisiens plus faciles à réunir que des provinciaux?
      Et tu les choisis sur quels critères les membres d fameux groupe de travail? En fonction de leurs grades et qualités? (maçonniques j’entends).
      Tout cela me paraît bien nébuleux, bien confus et, mais peut-être suis-je un peu pessimiste de nature,peut-être assez peu démocratique aussi….
      Mais j’espère mon frère (si tu es vraiment un frère)qu’à vouloir révolutionner l’existant ce n’est pas pour détruire le Temple.
      Car tu sais qu’il nous faudrait le reconstruire…inlassablement.

      • 16
        huré 31 août 2017 à 10:24 / Répondre

        Merci Lazare pour ton retour très intéressant et constructif.En effet je n’ai pas connu l’époque ou les ateliers ont débattu âprement sur la mixité.( ce qui est toujours le cas pour certaines loges )oui je suis Frère et reconnu comme tel depuis plus de 25 ans avec une particularité,j’ai l’expérience de deux obédiences(GLNF REAA ou j’ai été 2 fois vénérable maitre et a l’arche royale et vice président de l’aide fraternelle )scission importante par manque de démocratie 15 000 frères environ quittent pour former une autre structure ou rejoignent d’autres etc (GO une fois vénérable et membre actif d’un chapitre )si cela peut te rassurer.Le soucis de démocratie et reforme n’es pas nouveau, tu peux relire Alain BAUER ou d’autres que tu dois connaitre.Je n’es pas la prétention de dire que mes propositions sont les bonnes c’est pour cela je te propose de nous rencontrer autour d’un verre ou d’un repas pour en discuter.Mais il y a de nombreuses choses a mettre en place afin que le GO ne devienne pas une association profane ce qui est déjà peut être le cas.a ta disposition si tu le souhaite,tu peux avoir mes document par HIRAM BE.Excellente journée.

        • 18
          lazare-lag 31 août 2017 à 20:34 / Répondre

          Que penser de ce complément d’information?
          Je suis pour le moins dubitatif, perplexe, intrigué.
          Je croyais avoir à faire à un jeune maçon qui veut tout révolutionner au GODF mais avec, les idées exposées en témoignent, une méconnaissance réelle du mode de fonctionnement du GODF, et des textes qui le régissent. Une méconnaissance autant de l’esprit que de la lettre de nos bases juridiques (règlement et constitution en particulier).
          Et je tombe sur un (vieux)frangin qui maçonne depuis 25 ans, a usé ses culottes sur les bancs de deux ou trois obédiences, vénérable trois fois, et bien d’autres choses encore.
          Mais pour reprendre tes propos, je ne suis pas « rassuré » pour autant.
          Car le vieux maçon reconnu comme tel certes, semble demeurer quand même sans idée précise sur le fonctionnement du GODF.
          Je veux dire par là que s’il y a, je te cite, « de nombreuses choses à mettre en place », cela suppose de ne pas partir comme un feu follet, sans savoir comment faire, pourquoi le faire, avec qui le faire, et finalement quoi faire.
          Le B.A. BA quand on veut faire bouger les lignes c’est déjà de bien les connaître et de maîtriser l’existant.
          Commence par les fondamentaux, lire, relire, assimiler, comprendre le règlement et la constitution. Car on ne réforme pas l’appareil contre l’appareil.
          Tu sembles habité par un enthousiasme, c’est intéressant, mais est-ce suffisant?
          Vouloir quasiment faire table rase de tout sans s’appuyer sur la structure, sans comprendre l’ossature, est-ce vraiment raisonnable? Le G.O.D.F. est une vieille maison qu’on ne bouscule pas comme une vieille dame dans un recoin sombre.
          Et à toutes tes questions sur le comment, le pourquoi, et quoi faire, tu trouveras une réponse autant dans le règlement que dans la constitution du G.O.D.F.
          Je m’étonne qu’avec 25 ans de boutique (même si elles ne sont pas toutes au G.O.D.F.), et après avoir été VM par trois fois, cela ne semble pas (en tout cas pas à te lire)t’avoir effleuré.
          Quant à prendre un pot ensemble, why not, mais mon camp de base est au fond d’une vieille province périphérique, à un bon sept ou huit cent bornes de Paris. Il est très vraisemblable que tes colonnes ne soient pas dans le même secteur.
          Mais les routes des frangins peuvent parfois se croiser quand même…

  • 5
    hure 29 août 2017 à 15:15 / Répondre

    Merci JJJ

  • 3
    hure 28 août 2017 à 14:11 / Répondre

    C’est magnifique,il est vraiment très fort notre grand MAITRE

  • 1
    Désap. 27 août 2017 à 17:54 / Répondre

    @ Geplu,
    Mon TCF, une publicité pop up impossible à interdire renvoie à une page et rend le blog impraticable pour les utilisateurs de produits Apple (tablettes, téléphones)
    Adresse de cette daube :
    http://www.google.com-win-iphone.manmangood.com/home/valid?jkhjkhetjkewhkjth=1_1436a687f000564c4c198e42eaba1f36_MzI1_Mzcz_MTI1_OA==_MA==_NDcxMDUzNl8yMzE1_aHR0cDovL3d3dy5nb29nbGUuY29tLXdpbi1pcGhvbmUubWFubWFuZ29vZC5jb20=

    • 2
      Géplu 27 août 2017 à 19:06 / Répondre

      Le problème vient de m’être signalé aussi par d’autres. On va essayer de corriger ça…

    • 4
      jjj 28 août 2017 à 22:31 / Répondre

      je plussois

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