Valentinus

L’origine de l’ordre de la Rose-Croix du début du XVIIe siècle.

Par Pierre Noël dans Divers

Controverses sur l’existence et l’origine de l’ordre de la Rose-Croix des Manifestes
(Fama, Confessio) du début du XVIIe siècle.

Depuis leur parution anonyme, de nombreuses hypothèses ont été faites sur l’identité du ou des auteurs des manifestes (la Fama Fraternitatis et la Confessio Fraternitatis, auxquels on joint habituellement les Chymische Hochzeit Christiani Rosencreutz anno 1459 dont l’auteur est, lui, connu) parus en Allemagne entre 1614 et 1616, ainsi que sur leurs motivations et leurs desseins.

Johann Valentin Andreae (15861654) déclarera dans son Autobiographie, avoir écrit les Noces Chymiques dans sa jeunesse (entre 1602 et 1604). Il s’agissait, dit-il, d’« une plaisanterie (ludibrium) pleine de scènes d’aventures. À (ma) surprise ce livre fut apprécié par certains et expliqué par des interprétations subtiles, quoique ce ne soit qu’une petite œuvre insignifiante et qu’il représente les vains efforts de la curiosité ».

L’homme était pourtant bien sérieux, inspecteur ecclésiastique, chargé de fonctions diplomatiques puis prédicateur à la cour de Stuttgart ! Cela n’empêcha pas qu’il fut aussi connu pour ses écrits satiriques qu’il justifiera ainsi : « C’est l’affaire du Christianisme qui me tenait à cœur et je voulais le faire progresser par tous les moyens ; et comme je ne pouvais le faire par des chemins rectilignes, je tentai de la faire par des détours et des pitreries, non point, comme il a semblé à certains, avec un esprit de raillerie mais en recourant à la manière dont usent beaucoup de gens pieux, en ce sens que par le truchement d’une plaisanterie et par une charmante malice, je poursuivais un but sérieux et j’insufflais l’amour du christianisme ».

Par contre, depuis leur parution anonyme, l’identité du ou des auteurs des manifestes (la Fama Fraternitatis et la Confessio Fraternitatis, parus en Allemagne entre 1614 et 1616) est inconnue comme le sont leurs motivations et leurs desseins. On pense qu’il devait s’agir d’un groupe de jeunes intellectuels protestants (le cénacle de Tübingen), réunis dans une association éphémère d’étudiants comme il en existe partout.

Les mouvements qui se sont par la suite baptisés « Rose-Croix » n’ont pas le moindre lien de filiation directe avec le groupe des auteurs des manifestes parus en 1614 et 1616. En particulier le grade maçonnique de Chevalier ou Souverain-Prince Rose-Croix (du REAA ou du Rite français) n’a aucun lien avec lui. On peut en dire autant des Rose Croix d’or qui eurent leur heure de gloire dans la deuxième moitié du XVIII° siècle. La société rosicrucienne AMORC (fondée en 1915) est la seule à avoir revendiqué le titre d’ordre « authentique » de la Rose-Croix. Les fondateurs (modernes) de la Golden Dawn élaborèrent, au début du XX° siècle, une cérémonie basée sur la renaissance de Christian Rosenkreutz, mais ce n’était que reconstruction inspirée, usant de ressources théâtrales.

1 – Pour les universitaires Frances Yates, Paul Arnold, Roland Edighoffer, Antoine Faivre et Christopher Mc Intosch, Christian Rosenkreutz (CRC) et l’ordre de la Rose-Croix sont des fictions inventées par les auteurs des manifestes, et ces textes relevaient à l’origine du « ludibrium» (c’est-à-dire du « jeu », de la « plaisanterie ») ésotérique d’un jeune luthérien malicieux et cultivé, Johann Valentin Andreae. Les manifestes de la Rose-Croix ne seraient pas une preuve de l’existence de CRC mais seulement la narration de son mythe.

2 – Les idées développées dans les manifestes n’ayant rien de particulièrement original ni de spécifique (le christianisme millénariste, l’antipapisme, les connaissances réservées, la société secrète) leur succès non démenti tient à leur qualité littéraire, à leur parfum de secret et de mystère, et à l’association, puissamment évocatrice dans la culture occidentale, des noms et symboles de la rose et de la croix. Elles sont néanmoins devenues une âpre source de polémique dans les années de la guerre de trente ans. Des auteurs du temps, nombreux, crurent que la société secrète existait et tentèrent, sans succès, de la rejoindre (ce fut le cas de René Descartes, de Robert Fludd, d’Elias Ashmole). Par contre, les affiches parues à Paris en 1623 ne seraient quant à elles qu’un canular.

3 – Ceux qui croient fermement à l’existence d’une fraternité de la « Rose-Croix » au-travers des âges, estiment que les détails historiques fournis dans les manifestes sont à prendre au moins en partie dans un sens symbolique. L’ordre aurait été constitué du regroupement d’esprits brillants qui auraient compris les aspirations spirituelles et profondes qui imprègnent encore aujourd’hui l’imaginaire de l’Occident.

4 – Pour certains, le voile symbolique qui recouvre les Manifestes dissimule une existence plus ancienne, voire antique, de l’ordre. C’était notamment l’opinion d’Harvey Spencer Lewis, le fondateur de l’AMORC, se réclamant d’« archives secrètes », consultables au moyen de différentes techniques de méditation. Il affirmait que l’ordre de la Rose-Croix avait une origine égyptienne, voire atlante.

5 – Pour d’autres, dont Serge Hutin, il s’agirait surtout d’un courant de pensée, fondée sur la reconnaissance tacite entre ses contributeurs de leurs autorités morales respectives, plutôt qu’une organisation secrète hiérarchisée de manière formelle.

Le mouvement Rose-Croix serait finalement plutôt un mouvement littéraire, comparable aux mouvements romantiques ou symbolistes par exemple, qu’une société secrète détenant une connaissance.

samedi 28 octobre 2017 33 commentaires
  • 33
    pierre noel 5 novembre 2017 à 17:25 / Répondre

    Quel rapport existe-t-il entre les manifestes rosicruciens du XVII° siècle et ce qu’on appelé plus tard Rose-Croix » ? Aucun semble t-il sinon l’attachement à une même dénomination.
    En 1710, treize ans avant la publication des Constitutions d’Anderson, Sincerus Renatus (Samuel Richter), disciple de Paracelse et de Boehme, pasteur luthérien à Breslau, publia La vraie et parfaite préparation de la Pierre Philosophale par la Fraternité de l’Ordre de la Rose-Croix d’Or (Breslau, 1710). Il s’agit d’un traité d’alchimie qui donne en appendice cinquante deux règles de l’Ordre de la Rose-Croix d’Or, lequel compterait 63 membres et serait dirigé par un Imperator élu à vie. Les liens avec le Piétisme, la recherche d’un christianisme plus pur et le gnosticisme sont évidents à la lecture du livre. Il s’inspire de l’Échos de la Fraternité, par Dieu hautement illuminée, de l’illustre Ordre R.C. (1615) de Julius Sperber, ainsi que du Témis d’or, ou des lois et ordonnances de l’illustre fraternité R.C. (1618) de Michael Maier. En fait, l’Ordre décrit par Sincerus Renatus ne semble pas avoir existé. Cependant, le terme de « Rose-Croix d’Or » devait connaître une fortune certaine. S’il était à l’origine indépendant de la maçonnerie, il lui sera intimement associé plus tard.

    Vers 1756 apparaît un Orden der Gold- und Rosenkreuzer (approximativement « ordre de la Rose-Croix d’or »). Il visait une forme de piétisme orthodoxe avec prières quotidiennes, jeûne, respect des fêtes du Jeudi-Saint, de Saint-Jean l’Evangéliste et du Baptiste … avec une insistance sur la kabbale, la magie et l’alchimie. Cet ordre, né dans le sud de l’espace germanophone, avec Vienne pour centre, se développa en Pologne et même en Russie. Très vite il prit une forme maçonnique et en vint à concurrencer la Stricte Observance (Wilhelmsbad fut le lieu clos de leur rivalité, pour paraphraser Le Forestier). la décennie suivante vit le déclin de l’un et l’autre des protagonistes.

    Une fraternité de ce nom, à forme maçonnique, se trouve déjà mentionnée dans un document de 1761, découvert en Hongrie, dans des archives privées, par Ludwig Abafi. Œuvre d’un adepte de Prague, il contient des rituels et une liste de membres. La relation de l’origine de l’ordre est reprise d’un certain Hermann Fictfuld, « Aureum Vellus seu Junioratus Fratrum Rosae Crucis » de 1749, qui mêle alchimie, magie, kabbale et nostalgie de la chevalerie. Il la présente comme l’héritier de l’Ordre de la Toison d’Or fondé par Philippe le Bon en 1492. Les statuts correspondent presque exactement à ceux des Philosophes Inconnus du baron Henry-Théodore de Tschoudy (L’Etoile Flamboyante, t.II, 1766, pp 195-233). Ils contiennent XXX articles, très précis, relatant notamment comment devaient être reçus les membres de l’ordre. Ils pouvaient être de toute condition ou religion (art 4 chez Tschoudy) pourvu qu’ils habitent par toute la terre habitable qu’une religion Sainte éclaire. (Tschoudy art. I). L’Ordre, d’après le document de Prague, était très hiérarchisé, avec sept grades (Neophytes, Juniores, Adepti exempli, Philosophi Minores, Philosophi majores, Philosophi majores primarii et Magi), organisés en cercles. Il était lié à la franc-maçonnerie et le cercle de Prague portait le nom de la loge Zur schwarzen Rose et plusieurs de ses membres étaient aussi de la loge Zu den drei gekrönten Sternen.

    Ce fut le début d’une longue aventure dont le souvenir est entretenu par la SRIA (Societas Rosicruciana in Anglia) établie à la fin du XIX siècle.

  • 32
    LINEA RECTA 5 novembre 2017 à 16:46 / Répondre

    … et qui se retrouve sous la forme du triple chandelier du VM au Rite Français sous le forme de « pensée-volonté-action ».

  • 31
    NEGRIER 5 novembre 2017 à 15:05 / Répondre

    A Hep.
    La Trinité se trouvait déjà mentionnée en Matthieu 28,19, et elle était déjà préfigurée par les « trois hommes » de Gen. 18,2. Au reste elle était déjà connue des Egyptiens de l’Ancien Empire qui furent apparemment les premiers à penser les trois vertus théologales (foi en l’Esprit, espérance en l’Etre, et charité du Fils de l’Esprit et de l’Etre), théologales qu’ils signifièrent d’une part sous la forme de l’architecture symbolique des pyramides, et d’autre part dans les Textes des pyramides sous la forme du ternaire « ankh, oudja, seneb » (« vie, force, santé »).

  • 26
    pierre noel 3 novembre 2017 à 16:56 / Répondre

    Robert Fludd parle (Summum Bonum, vol IV, 1629) d’une maison de la Sagesse bâtie sur la montagne de la Raison. Cette montagne de roches cristallines n’est autre que « le roc de notre foi », donc le Christ lui-même selon une phraséologie plutôt protestante. Les pierres vivantes en sont extraites qui servent à construire le palais dont la pierre d’angle (ou de fondation) est précisément le Christ.
    Des parois de cette montagne jaillissent les sources d’eau de la vie qui revigore ceux qui la boivent .
    Les habitants de cette maison sont les Elus de Dieu, les Juifs non de chair mais d’esprit. D’après Fludd, ce sont « les authentiques frères de la Rose-Croix », illuminés par l’Esprit-Saint, inconnus et secrets, qui furent de tous temps, sous d’autres noms, proches de Dieu, illuminés de son esprit, versés dans la magie, la kabbale et l’alchimie. Par l’enseignement du salut, chacun est confronté à la croix faite de deux parties, l’une horizontale, maléfique, diabolique, mauvaise, l’autre verticale, divine et bénie. Cette dualité rappelle le double sens de l’écriture, l’un superficiel et négligeable, l’autre intérieur et profond, l’exotérique et l’ésotérique en quelque sorte. Toutes ces affirmations de l’auteur Anglais (que je paraphrase sans plus) s’appuient sur des citations bibliques, surtout (mais pas uniquement) pauliniennes :
    « Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors; mais vous êtes des concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. En lui, tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit ». (Eph. 2:19-22)

    « Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse pour Dieu; et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint Sacerdoce … » (1 Pierre 2:4-5)

    Les Rose-Croix, pour imaginaires qu’ils fussent, devaient être vilipendés à la même époque par les jésuites qui ne voyaient en eux qu’hérétiques et suppôts de Satan.
    En Allemagne en tout cas, les polémiques s’éteignirent peu à peu devant le silence des Rose-Croix et face aux désastres de la guerre de Trente Ans (1618-1648).

    Tout cela, malgré l’homonymie apparente, est bien différent du mouvement allemand des Rose-Croix d’Or (qui deviendra acteur politique sous Frédéric-Guillaume II) et le grade maçonnique de Chevalier, ou Souverain Prince, Rose-Croix (celui du marquis de Gages, de Willermoz aîné, de Roettiers de Montaleau et des autres).

  • 20
    pierre noel 2 novembre 2017 à 08:53 / Répondre

    Que disent finalement les pamphlets rose-croix ? Ils annoncent la fin de l’ordre ancien dominé par la papauté et une ère nouvelle où règneront la raison, la connaissance et la paix.
    Leurs buts étaient prophétiques et assez proches du millénarisme d’autrefois.
    – Anticiper ou annoncer l’âge d’or, basé sur la connaissance hermétiste et un nouveau savoir, annoncé par les progrès et les Grandes Découvertes du siècle précédent.
    – Fonder un nouveau protestantisme sur sol allemand, riche d’un symbolisme retrouvé mais dénué de toute référence papiste (ils sont radicalement antipapistes, surtout la Confessio).

    Messianiques, exaltant un christianisme renouvelé, fondamentalement antipapistes, ils annoncent la devise « Novus Ordo Seclorum » (celle qui est inscrite sur sur le sceau des Etats-Unis et le billet d’un dollar!) signifie « un nouvel ordre des Ages ». Elle est empruntée à la 4° églogue de Virgile, qui annonce une ère nouvelle et le retour de l’âge d’or (règne de Saturne, roi légendaire du Latium, assimilée à l’âge d’or, et retour de la déesse Astrea-Justice qui avait quitté la terre lors de l’âge de fer pour devenir la constellation de la Vierge.)

    A défaut d’âge d’or, ils furent suivis par la guerre de trente ans, la pire qu’ait connue l’Europe centrale avant longtemps.

  • 15
    pierre noel 1 novembre 2017 à 17:53 / Répondre

    Que les manifestes Rose-Croix aient eu un retentissement considérable dans toute l’Europe est un fait bien connu. Ils eurent plusieurs rééditions et leur appel fut reçu par nombre de « chymistes » d’Allemagne et d’ailleurs. La Bibliotheca Hermetica Philosophica d’Amsterdam a recensé 400 réponses imprimées dans les dix années qui suivirent leur parution et environ 1 700 entre les XVIIe et XVIIIe siècles. Des polémiques ne tardèrent pas à naître mais elles montrent seulement l’intérêt suscité par le sujet, sans rien prouver d’autre.

    Michael Maier, médecin de l’empereur (du Saint-Empire) Rodolphe II, croyait déjà deviner sous ces écrits une antique tradition philosophique (il a surtout laissé les magnifiques gravures de l’ « Atalanta Fugiens », 1617) . L’Anglais Robert Fludd, autre médecin et auteur d’un certain nombre de traités « rosicruciens », se voulut, principalement dans Apollonia Compendiera (1616), Analysis confessionis Fraternitatis de Rosea Cruce (1615). et Summum Bonum (1629), un porte-parole de cette fraternité, laissant d’ailleurs entendre qu’il en était membre. Fludd et Maier furent les principaux défenseurs et promoteurs des rose-croix, accréditant l’existence d’une fraternité de sages possédant connaissances et vertus « pérennes ».

    En juin ou juillet 1623, des affiches reprenant l’appel des manifestes furent placardées dans tout Paris. Les auteurs de ces affiches sont restés inconnus, mais il semble bien qu’il s’agissait d’un canular d’étudiants.

    « Nous, Députés du Collège principal des Frères de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible en cette ville, par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tourne le cœur des Justes. Nous montrons et à parler sans livres ni marques, à parler toutes sortes de langues des pays où nous voulons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d’erreur et de mort. » (dans Gabriel Naudé, Instruction à la France sur la Vérité de l’Histoire des Frères de la Rose-Croix, 1623, Gutenberg reprints, Paris, 1979)

    L’Ecossais Henry Adamson (1581–1639) fit allusion aux Rose-Croix, associés au mot de Maçon et à la clairvoyance, dans le poème Muses Threnodie or Mirthful Mournings on the death of Mr Gall, (Lamentations des Muses ou deuil enjoué de la mort de M. Gall, Edimbourg, 1638). Parlant d’un pont sur la Tay, emporté en 1621, il assurait sa reconstruction :

    Thus Mr Gall assured it would be so
    And my good genius doth surely know:
    For what we do presage is not in grosse
    For we be brethren of the Rosie Crosse;
    We have the Mason word, and second sight,
    Things for to come we can foretell aright.

    (Donc M. Gall assura qu’il en serait ainsi et mon bon génie doit sûrement le savoir : car tout ce que nous prévoyons ne l’est pas en vain puisque nous sommes frères de la Rose-Croix ; nous avons le mot de Maçon et le don de clairvoyance, nous prédisons justement les choses à venir).
    Ce fut le début d’une association imaginaire de deux mouvements de pensée (et peut-être de pratique) qui n’avaient rien de commun.

    • 17
      NEGRIER 1 novembre 2017 à 19:59 / Répondre

      Le rite écossais du Mason word (Mot de maçon), qui était d’origine calviniste presbytérienne, avait un point commun avec la littérature allemande Rose-croix, qui était d’origine luthérienne : c’était deux expressions du christianisme réformé.

    • 18
      Désap. 1 novembre 2017 à 21:00 / Répondre

      Sauf une convergeance d’esprit, de vue, d’opinon, d’objectifs, vous nommerez le phénomène comme vous le souhaiterez, que l’on pourrait résumer ainsi : lutter pour finalement abattre l’obscurantisme religieux de quelque obédience soit-il (dernière expression en date : Constitutions Anderson 1723, art.1) et retrouver les chemins de la connaissance abandonnés depuis 325.
      Et comme, de plus, toutes choses s’exerçant sur une même zone d’influence, autrement appelée « civilisation », ne sauraient être étrangères les unes par rapport aux autres, autrement dit : tout est lié, ceci est en rapport direct avec cela.
      Je me permets d’affirmer tout ceci sans aucune preuve.
      Il se trouve néanmoins que le seul territoire où se sont exercés ces délires magico-lyriques sans aucun fondement, ou considerés comme tels, sont ceux qui ont évolué vers la liberté et la démocratie politique, où l’influence religieuse est réduite à pratiquement néant, savoir l’Occident.
      Etonnant d’ailleurs, parti d’Orient, le phénomène religieux est venu mourir à l’Occident … non, parfaitement logique, tout ce qui n’est pas fondé sur la Vérité n’a aucune pérénité.

      • 19
        NEGRIER 1 novembre 2017 à 23:04 / Répondre

        Il est vrai que le Concile de Nicée (325 de notre ère) fut une regrettable expression :
        1. du triomphe de la croyance sur le « voir » (I Samuel 9,9), c’est-à-dire du triomphe de la raison hypothético-déductive sur la raison phénoménologique que Pascal appelait « l’esprit de finesse » et que René Guénon appelait « l’intuition intellectuelle ;
        2. du triomphe de l’exégèse littérale sur l’exégèse symbolique de l’Ecriture ;
        3. du triomphe de la théologie sur la philosophie de la religion biblique ;
        4. du triomphe de l’exotérisme sur l’ésotérisme biblique.
        Mais cette quadruple dégénérescence tient au fait que les protagonistes de ce Concile étaient des clercs qui, en leur temps, avaient perdu de vue le code sémiotique qui avait été utilisé par les rédacteurs de l’Ecriture jusqu’à l’époque du dernier auteur scripturaire : Jean. Ce code sémiotique reprenait la symbolique élaborée par les cultures plurimillénaires qui avaient précédé la culture d’Israël (Egypte, Mésopotamie et Elam). Rien n’est perdu car nous travaillons aujourd’hui à une époque où le travail des archéologues, les musées d’Antiquités proche-orientales et le travail des traducteurs de textes anciens mettent à notre disposition une érudition, celle même que les rédacteurs de l’Ecriture possédaient en leur temps. Il appartient aux francs-maçons instruits et intelligents de se réapproprier l’épistémologie traditionnelle et cette érudition en vue de retrouver le code sémiotique de la Bible et de restaurer par là l’exégèse symbolique de l’Ecriture et par suite la philosophie biblique en leur ésotérisme. Par rapport à cette tâche de retour aux sources il serait intéressant de discerner en quoi la littérature Rose-croix marqua un progrès herméneutique et par suite un progrès moral par rapport à l’état du christianisme clérical de son temps.

        • 21
          Hep 2 novembre 2017 à 14:26 / Répondre

          @Negrier.
          Je pense que vous donnez trop d’importance à ce Concile. Finalement il a eu une grande influence sur l’exotérisme chrétien, mais bien peu sur son ésotérisme ou sur le symbolisme. C’était surtout une formalisation de la doctrine qui devait devenir la doctrine orthodoxe, le reste devenant hétérodoxe. Mais l’ésotérisme des pères de l’église a continué.

          • 22
            NEGRIER 2 novembre 2017 à 15:52 / Répondre

            J’ai lu les Pères de l’Eglise. Certains mentionnent le thème de l’ésotérisme mais je n’ai trouvé le véritable ésotérisme traditionnel de l’Ecriture dans aucun de leurs écrits.

            • 23
              Hep 3 novembre 2017 à 12:40 /

              @négrier

              Clément d’Alexandrie :
              * Ainsi, à Jacques le Juste, à Jean et à Pierre, le Seigneur après sa résurrection donna la gnose ; ceux-ci la donnèrent aux
              autres apôtres ; les autres apôtres la donnèrent aux soixante dix.
              * en montrant sous le voile,
              en signifiant sans mot dire ou en évitant d’être clair et en mêlant les arbres fruitiers et les arbres improductifs car
              seuls les cultivateurs de la foi sont fondés à garder en dépôt les semences de la vérité
              * si quelqu’un nous dit qu’il est écrit : « il n’est rien de caché qui ne doive être mis au grand jour, rien de secret qui ne doive être dévoilé », nous lui apprendrons à notre tour ceci : Dieu a annoncé par cette parole que les secrets seront révélés à quiconque les écoute en secret, et
              que les choses cachées seront dévoilées, comme la vérité, à quiconque est capable de recevoir la tradition sous un voile ; et ce qui est secret pour la foule sera manifesté au petit nombre

              Origène parle des gens dignes et capables de recevoir la gnose. Il dit que Paul connaissait parfaitement la différence entre le baptême d’eau et de feu que la majorité des gens ne connaissent le Christ que selon la chair.

              Après Nicée, Saint Basile le Grand parle de la kerugma qui est un savoir secret issu des apôtres qui complète le dogma.

              Après Nicée aussi Cyril de Jérusalem parle de ceux à qui il est permis d’entendre l’Evangile qui sont tous les croyants et de ceux à qui il est permis de contempler la Gloire de l’Evangile qui sont les authentiques et fidèles disciples, etc…
              L’existence d’une « vraie gnose » à opposer à la « fausse gnose » que Irénée condamne comme hérétique ne fait pas de doute à la vue des écrits des pères de l’eglise. Il y a un bon livre la dessus, je peux retrouver si vous voulez.
              Par la suite cette gnose s’est transformée en mystique et est transmise depuis les pères du désert par les communautés monacales. Mais en effet, l’église n’en fait pas grande publicité. En même temps si ce n’est pas secret, il est logique que cela reste discret 🙂

          • 24
            NEGRIER 3 novembre 2017 à 14:03 / Répondre

            A Hep.
            C’est exactement ce que je disais. Tout ce que vous évoquez ne fait qu’affirmer l’EXISTENCE d’un ésotérisme sans en dévoiler l’ESSENCE (c’est-à-dire le contenu exact et précis). De même lorsque le cardinal Jean Daniélou publia en 1962 son article sur « Les traditions secrètes des apôtres », il révèla l’existence d’un ésotérisme dans l’Eglise ancienne mais à aucun moment de son article on ne relève la moindre trace du contenu traditionnel de l’ésotérisme biblique. Quant aux Eglises actuelles, elles ignorent absolument tout de cet ésotérisme traditionnel de l’Ecriture.

            • 25
              Désap. 3 novembre 2017 à 16:28 /

              Mais là, Hep et Négrier, vous n’êtes plus du tout dans l’initiation, plus du tout dans l’initiatique, vous êtes dans la religion, exclusivement dans la religion, ses principes et ses dogmes, le premier jour, le deuxième jour etc, etc, dans une conception créatrice.
              Or, du point de vue initiatique l’univers n’est pas une création mais une manifestation, ce qui est fondamentalement différent pour la compréhension de sa nature mais SURTOUT de la réalité de cette manifestation.
              Du point de vue initiatique, par exemple, le Bien et le Mal n’existent pas, seul existent le Vrai et le Faux.
              Ainsi c’est une vision radicalement différente, religion et initiation n’ont pas de point commun.

            • 29
              Hep 4 novembre 2017 à 22:27 /

              @négrier
              Normal, il était secret, donc on ne l’écrivait pas 🙂 On le transmettait à qui pouvait le recevoir. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a eu une coupure à Nicée.

          • 28
            Chicon 4 novembre 2017 à 12:25 / Répondre

            @hep
            Le Concile de Nicée a eu une grande influence dans le monde chrétien en faisant table rase de toutes les gnoses antérieures dont l’Arianisme.
            Cela a été la reprise en main par l’Empire romain de Constantin et le debut de la puissance de l’Eglise de Rome aux dépends de celle de Constantinople.
            Un grand mystere chrétien à ete invente « engendre non pas créé, de même nature que le Pere ». Jésus était homme et dieu. Comprenne qui pourra dirait un franc-maçon.

            • 30
              Hep 4 novembre 2017 à 22:31 /

              @chicon.
              L »arianisme n’était pas une gnose. Ils pensaient que Jésus était le premier né de la création, le plus grand des anges, mais pas Dieu. Apparemment au niveau du nombre d’évêques ils n’étaient pas nombreux car ils ont perdu au vote. L’empereur était plutôt arien que trinitaire donc s’il n’a pas pu changer le cours du vote c’est bien que le résultat était clair.
              La trinité était connue en gros 1 siècle avant Nicée.

        • 27
          Chicon 4 novembre 2017 à 11:22 / Répondre

          @negrier
          Et peut être que les rédacteurs du Credo du Concile de Nicée etaient soucieux de ménager les contraires pour pacifier l’Empire romain dont l’Empereur fut à l’initiative du Concile.

  • 13
    Hep 31 octobre 2017 à 13:24 / Répondre

    C’est marrant, je pensais qu’en 1676 « l’Ancienne Fraternité de la Rose-Croix, les Adeptes de l’Hermétisme et de la Compagnie des Maçons Acceptés, ont décidé de dîner ensemble » …
    Après que le degré de chevalier soit pas directement issu des rose-croix certes, qu’il ne soit pas un minimum inspiré …. je doute.

    • 14
      NEGRIER 31 octobre 2017 à 19:26 / Répondre

      Le texte en question du Poor Robin’s intelligence de 1676 était une blague car ce texte londonien évoquait le dîner de « maçons acceptés » avec l’ancienne fraternité de la Rose-croix un 31 novembre (ce qui est impossible) à la taverne du Taureau volant (ce qui est une chimère comme telle imaginaire et partant inexistante). Certes en 1676 il existait à Londres des rosicruciens depuis que la Fama et la Confessio de J.V. Andreae avaient été traduits en anglais par Thomas Vaughan en 1652. Mais si les rosicruciens anglais ont bien existé en chair et en os, ce ne put être qu’au titre de simples lecteurs des écrits de J.V. Andreae, lesquels lecteurs demeurèrent des individus isolés les uns des autres car ils ne pouvaient se rattacher à une « fraternité » rosicrucienne qui eût été une société organisée, laquelle n’existait pas. S’ils ont existé, ces rosicruciens anglais n’étaient que des lecteurs pieux illustrant comme tels le phénomène sociologique de ce que le philosophe polonais Leszek Kolakowski appela les « Chrétiens sans Eglise », c’est-à-dire pratiquant une forme de christianisme en dehors des Eglises instituées. Le texte ironique de 1676 était d’ailleurs d’autant plus une farce que les rosicruciens qui pouvaient exister à Londres à cette époque étaient censés s’intéresser aux textes d’origine luthérienne qu’étaient les classiques Rose-croix de J.V. Andreae et qu’en qualité de sympathisants implicites du luthéranisme ils n’auraient jamais accepté de dîner avec les « maçons acceptés » de Londres, lesquels en 1676 ne pouvaient désigner que les maçons londoniens qui pratiquaient le rite anglican des Anciens devoirs ; d’où la fixation de ce dîner improbable à une date qui l’était tout autant. Il ressort de tout ce qui précède que le texte de 1676 ne peut absolument pas être invoqué relativement à l’idée d’une relation entre la maçonnerie moderne (qui pratique des rites tardifs souvent souchés sur le rite originel du Mot de maçon) et la culture Rose-croix.

      • 16
        Hep 1 novembre 2017 à 18:17 / Répondre

        Ok, intéressant merci.
        Cela dit il y avait des franc maçons rosicruciens.
        Et puis les anglicans et les luthériens avaient l’antipapisme en commun donc les voir s’entendre ne me choquerait pas.
        Vu le parallèle entre les deux ça me parait difficile de dire qu’il n’y a pas de lien. Certes leur Rozenkreuz est un mythe … mais un certain Hiram aussi.

  • 12
    Désap. 30 octobre 2017 à 22:05 / Répondre

    Qui entend les trois manifestes Rose Croix du début du XVIIè sc. autrement que de manière symbolique ?
    Qui imagine qu’il s’agissait d’une mystérieuse confrérie détenant une puissance susceptible de renverser le monde du XVIIè sc. ?
    Qui imagine, autre exemple, que l’Alchimie permet de transmuter le métal plomb en métal or ?
    Au XXIé sc., à part les allumés, je ne vois pas.
    En revanche,
    ces manifestes ont-ils une signification du point de vue symbolique ou sont-ils, de ce même point de vue, aberrant ?
    Il me semble qu’ils en ont une, comme l’Alchimie en a une, ils seraient d’ailleurs assez similaires à celle-ci, un peu comme un résumé de sa philosophie, de sorte à bien faire comprendre que la magie n’a sa place dans nulle réflexion censée et, dans tous les cas, elle ne peut être d’aucune utilité dans la lutte contre l’obscurantisme papiste.
    D’après Pierre Noël, ce « mouvement littéraire, comparable aux mouvements romantiques ou symbolistes par exemple » n’est pas une société secrète détenant une connaissance.
    Ce « mouvement  » a-t-il prétendu détenir une connaissance ?
    Sa vocation n’était-elle pas simplement d’ouvrir les esprits ?
    Même s’il n’est effectivement pas lié à la Franc-maçonnerie, n’en est-il pas néanmoins une préfiguration et peut-on prétendre que les maçons anglais de 1717 l’ignoraient ?
    Ceci me fait penser à ce « combat » mené contre la théorie de la filiation entre Maçonnerie opérative et spéculative.
    Oui, bien entendu, nous ne sommes pas la branche ainée de la Maçonnerie opérative, nous ne sommes pas héritiers en ligne directe, certes, mais n’en sommes-nous pas les héritiers intellectuels et n’est-ce pas ceci et uniquement ceci qui compte ?
    Dans cet héritage il y a une discipline exemplaire, non par dévotion ou soumission, mais par nécessité absolue lorsque l’on opère sur le chantier.
    N’est-ce pas cela qui est à retenir et surtout à appliquer, n’est-ce pas cela qui est important, n’est-ce pas ce qu’exprime nos rituels ?
    Évidemment, nous ne risquons pas, comme nos « ainés », de voir l’édifice s’écrouler dans un temps similaire à l’immédiateté.

  • 11
    In Materia Prima, SRIA 30 octobre 2017 à 19:47 / Répondre

    Très intéressant, merci cher Pierre.
    Ce que cet article omet de mentionner, à mon humble avis, c’est que plus que l’origine, c’est le contenu qui importe tel qu’il est arrivé jusqu’à nous et ce qu’on en fait à ce jour (ou pas); le concept », le cadre, les Rituels de la RC se révélant être pour l’essentiel & à l’usage un creuset, un catalysateur qui permet de s’interroger sur des questions éternelles et universelles au moyen de traditions et d’outils ad hoc issus notamment de la Cabale, de l’hermétisme, de l’ésotérisme chrétien ea, etc. Faisant ainsi de la RC depuis au moins trois siècles un véritable courant de pensée « originale » (spécifique) et articulée, capable de résonner avec grande acuité en 2017. Très « similaire » donc et ceteris paribus au développement d’une certaine FM spéculative…

  • 10
    pierre noel 30 octobre 2017 à 18:38 / Répondre

    Les « Noces Chymiques … », c’est d’abord un merveilleux roman d’aventure et de découverte, une vision infinie et un rêve dont on voudrait qu’il ne se termine jamais. Comme il est Imaginaire et onirique, on y trouve des chemins inconnus, des oubliettes redoutables et des châteaux ensorcelés, des belles dames, des rois et des empereurs, un maure démoniaque, un roi et une reine unis dans la mort mais renouvelés par leur union, une mer océane et une tour de l’Olympe sur une île isolée, avec à chaque étage une allégorie chymique. Tout cela est découvert par un vieillard chenu, vêtu de blanc et coiffé de roses, pendant la semaine sainte de l’année 1589, si je ne me trompe. Il n’en retire ni honneur ni contentement mais une sain(t)e indifférence qui lui permet de devenir le gardien de ces mystères.
    Ce roman est dans la veine des voyages au pays de nulle part, nombreux dans la littérature occidentale, depuis « L’Histoire Véritable d’un voyage à la lune » de Lucien de Samosate, « La Navigation de saint Brendan », « l’Utopie » de Tomas More, « La Cité du Soleil » de Campanella, « Les Etats de l’empire et de la lune » de Cyrano de Bergerac, le « Pilgrim’s progress » de John Bunyan et bien d ‘autres. Il n’est pas sans écho dans les films de Bunuel et l’œuvre de Magritte.
    Ecrit en allemand du XVII° siècle, donc difficile d’accès, il fut traduit en anglais dès la fin du siècle. Bernard Gorceix, outre un commentaire remarquable, l’a superbement traduit et publié aux PUF (en 1970). Il vaut bien plus que les considérations d’usage sur la déchéance de la maçonnerie moderne et l’incompréhension de ses adhérents.

  • 9
    NEGRIER 30 octobre 2017 à 00:24 / Répondre

    Sur les Rose-croix on peut aussi lire l’étude du germaniste Bernard Gorceix.

  • 5
    Chicon 29 octobre 2017 à 16:54 / Répondre

    Merci à Pierre Noël qui à levé le voile sur les mystérieux R+ qu’on retrouve même en Ecosse comme un side-degree.

    • 7
      Brumaire 29 octobre 2017 à 19:33 / Répondre

      C’est vrai, il faut remercier Pierre Noël qui fait, depuis longtemps, un vrai travail sérieux d’historien, et pas simplement sur les mouvements R+, qui n’ont rien à voir avec le 18° degré du REAA.

  • 4
    Brumaire 29 octobre 2017 à 14:27 / Répondre

    Desap, qui connaît surtout les réguliers et aspirants-réguliers, que sait-il des Hts grades aux GODF, DROIT HUMAIN (et pas DH, merci, DH étant tout autre chose qu’un Ordre maçonnique), GLFF, des FF et SS qui les fréquentent,et des buts poursuivis par ces mêmes FF et SS, ainsi que des rituels avec lesquels ils travaillent?
    Avant de donner des avis-qui n’engagent que lui-, il serait bien avisé de se renseigner plus avant.
    C’est quoi, et en langage clair, la « belle morale » dont nous serions, selon lui, les « conservateurs »?

    • 6
      Désap. 29 octobre 2017 à 19:29 / Répondre

      Brumaire, faut arrêter la polémique de bazar et relire précisément ce que j’ai écrit, et d’une
      de deux, la trés grande majorité des maçons et maçonnes en France, comme dans le monde d’ailleurs, n’est pas CSP+ peut-être ? A qui penses-tu faire croire ça ?

      • 8
        Brumaire 29 octobre 2017 à 20:54 / Répondre

        Il n’est pas question de polémique pour moi, mais de demander, si c’est possible:
        1°qu’on arrête d’écrire sur ceux, celles et ce qu’on ignore;
        2°que soit répondu, enfin, aux questions légitimes de ceux qui ne comprennent pas ce que recouvrent des expressions telles que « la belle morale ». Quand on écrit, on assure et assume au moins une explication de texte.

  • 3
    NEGRIER 28 octobre 2017 à 18:01 / Répondre

    Qualifier Paul Arnold d’universitaire dans le contexte de l’ésotérisme Rose-croix ou rosicrucien est vague voire discutable. Paul Arnold, que j’ai bien connu, était un juriste, un magistrat Premier président de la cour d’Appel de Paris. Ses études de droit ne présentaient donc aucun rapport direct avec l’ésotérisme. C’est peut-être son origine alsacienne (il était natif de Soultz) qui poussa Arnold à s’intéresser aux Rose-croix et de là à la maçonnerie alors que lui-même n’était pas maçon et n’hésitait pas à faire part de son franc dédain pour ce qu’il appelait la « mentalité maçonnique ». Quant aux différents écrits de J.V. Andreae, ils relèvent directement de la simple littérature religieuse ésotérique sans qu’il soit possible d’attribuer aux Rose-croix la moindre existence sociale, extérieure, même si les lecteurs du luthérien Andreae ont très bien pu incarner la spiritualité signifiée dans ces écrits.

  • 2
    Mannekenpis 28 octobre 2017 à 16:10 / Répondre

    12 interventions pour Melanchon, 1 pour les Rose Croix. Révélateur…. des priorités intellectuelles !
    Enutrit esurientes.

  • 1
    Désap. 28 octobre 2017 à 11:00 / Répondre

    Circulez, il n’y a rien à voir !
    .
    Il n’y a d’ailleurs pas plus à voir dans le rituel maçonnique, qui n’est qu’un décorum permettant la réunion de gens « libres et de bonnes mœurs », on dira aujourd’hui « de bonne compagnie », de préférence aisés que pauvres (oui, oui, même aux GO, DH et GLFF) dont l’objet est d’assurer la conservation d’une belle morale et de mener une réflexion visant à établir les moyens de son application, conscients qu’ils sont (c’est la marque de l’érudition) qu’à l’état de théorie symbolique elle, LA morale, reste inapplicable sauf à devoir verser dans un ascétisme incompatible avec ………………. la modernité ! ………… en réalité avec le statut social de chacun, mais oh oh oh ! chut !!
    .
    Que tout ceci est bien chrétien, de nature à ne pas effrayer le bourgeois et ayant la vertu de satisfaire du croyant royaliste au républicain athée, chacun trouvant dans cette déclinaison symbolique de la Morale une justification de sa bien-pensance ; et peu importe si les oiseaux meurent parce qu’il n’y a plus d’insecte à manger ; car tous ensembles et indépendamment de nos opinions personnelles, nous menons de multiples actions caritatives.
    .
    Voici à quoi en sont rendue la Franc-maçonnerie et les franc-maçons, devenus incapables d’assumer les particularités de l’initiation par crainte de passer pour des charlatans.
    .
    Bon … et bien je suis un charlatan, qui pense que les méthodes universitaires ne sont pas adaptées pour établir la réalité de la pensée humaine,
    et ce n’est pas parce que Johann Valentin Andreae se qualifie de plaisantin pour éviter le bûcher que je vais le croire, voyez à quel point je suis un charlatan doublé d’un plaisantin.

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