Anacharsis Julien

On recherche la loge des Rigides Observateurs

Par Géplu dans Divers

Un lecteur m’a envoyé la copie de la fiche de l’un de ses ancêtres, qu’il a trouvé dans le fichier Bossu. Si le nom de l’aïeul est assez courant et si Stanislas est un prénom encore utilisé de nos jours, j’avoue que personnellement je n’avais jamais entendu le prénom d’Anacharsis !

Mais le problème n’est pas là. Mon lecteur voudrait savoir si quelqu’un sait ce qu’est devenue cette loge des « Rigides Observateurs », créée le 30 avril 1819 par « sept bons maçons officiers du Grand Orient ».

lundi 13 novembre 2017 8 commentaires
  • 8
    Union et Solidarité 14 novembre 2017 à 08:59 / Répondre

    Quelques témoignages d’époque :
    Couthon Pierre : Le 29 octobre 1842, il signe une protestation contre la décision prise par la loge d’ajourner ses élections et de proroger de six mois ses travaux maçonniques à la suite à la suite d’un différent sérieux. Il signe également la lettre du 23/01/1843 accusant la majorité d’avoir prêté à la minorité des sentiments anti maçonniques sans preuve.
    Dulot Martin Joseph : Il écrit au vénérable une planche transcrite littéralement au livre d’architecture du 18/09/1842 où il déplore la voie où la loge s’est engagée par la faute de quelques frères qui ne peuvent plus ou ne savent plus s’arrêter… Le mal est fait. L’on a coupé les liens formés par la communauté des mêmes principes et qui nous unissaient au nom de la fraternité maçonnique et l’on veut maintenant nous attacher par des liens d’une autre communauté de je ne sais quels principes forgés au feu des passions politiques. Pour ma part, j’aime trop la maçonnerie pour souffrir qu’on en dénature ainsi l’esprit. Puis je vous dirai franchement, Très Cher Frère, quand j’arrive dans le Temple des Rigides Observateurs, où je ne devrais trouver qu’affection, je trouve, je ne dirai pas de la haine, le mot dirait trop, je trouve une prédisposition à la méfiance, une certaine irritation qui détruisent tout le charme de nos entretiens et qui arrêtent ma main lorsque je la sens s’avancer pour serrer celle d’un frère.
    Il propose quant à lui de proroger pendant 6 mois les travaux maçonniques pour prendre du repos et entrer en convalescence.
    Le 26/2/1843 il est des anciens membres qui demandent une décision favorable à la reprise des travaux, étant dépositaires religieux des bonnes traditions qui, pendant 20 ans ont fait circuler, sans mélange hétérogène, la vraie sève de la pensée de la Veuve, acceptant au besoin la création d’une nouvelle loge au profit de la minorité.
    Mouchot Louis Nicolas : Il proteste avec la minorité contre la décision de la majorité de se mettre se mettre provisoirement en sommeil.
    Trencart Vincent : le 15/11/1843 il signe les conclusions de la minorité accusant la majorité d’avoir outrepassé ses pouvoirs.

  • 7
    THIERRY Jean-Claude 13 novembre 2017 à 20:53 / Répondre

    Dans le ML, on trouve ces informations : La loge est fondée en 1819 par des dissidents de la loge le Temple des Vertus et des Arts, elle vit jusqu’en 1843, ou elle éclate à la suite d’un conflit entre royalistes et républicains.

  • 6
    lazare-lag 13 novembre 2017 à 20:19 / Répondre

    Je ne sais pas quelle popularité avait à l’époque (fin 18ème, début 19ème) ce prénom Anacharsis.
    Toujours est-il qu’il existe à Marseille une « Rue du jeune Anacharsis »,.
    Cela viendrait du titre d’un bouquin d’un certain Abbé Barthélémy. Pour avoir son nom de rue, on peut supposer que ce livre a du avoir un certain succès.

  • 5
    LINEA RECTA 13 novembre 2017 à 11:01 / Répondre

    On trouve ceci sur Internet :

    Le baron Jean-Baptiste de Cloots, dit Anacharsis Cloots, né le 24 juin 1755 au château de Gnadenthal (Val-de-Grâce), près de Clèves en Allemagne et guillotiné le 24 mars 1794 à Paris, est un penseur et militant politique prussien, fait citoyen d’honneur de la France le 26 juin 1792, très favorable à la Révolution française et tenant fervent de l’athéisme.
    Il s’était fait une réputation de rigide observateur…

  • 3
    Géplu 13 novembre 2017 à 07:58 / Répondre

    Merci Pierre et Lionnel.
    Tous ces éléments de la vie des Rigides Observateurs sont effectivement bien connus et présents sur le net, mais la question est : Qu’est devenue cette loge ?…

    • 4
      Union et Solidarité 13 novembre 2017 à 10:49 / Répondre

      Bonjour,
      Le fichier Bossu donne au moins 132 références pour les frères de cette loge. La plus ancienne cite un Frère Dubosc, négociant, en 1817.
      La loge a été démolie en 1843, suite à un conflit entre Frères.

  • 2
    Pierre Mollier 13 novembre 2017 à 07:19 / Répondre

    Une Loge bien connue des historiens de la franc-maçonnerie. André Combes la présente p. 148 de son « Histoire de la franc-maçonnerie au XIXe siècle » T. 1. Issue d’une société secrète bonapartiste, elle devient libérale puis républicaine sous la Restauration et la monarchie de Juillet. Elle est animée par un Maçon remarquable : le Frère Joseph Quantin, par ailleurs créateur et rédacteur en chef du journal « L’Abeille Maçonnique » et auteur d’un « Dictionnaire maçonnique ». Notre Frère peut venir voir tout cela à la Bibliothèque du Grand Orient de France.

  • 1
    yonnel ghernaouti, YG 13 novembre 2017 à 05:27 / Répondre

    Pour en savoir plus sur la Loge « Les Rigides Observeurs », je vous invite à aller sur l’excellent site du « Musée virtuel de la musique maçonnique » http://mvmm.org/c/docs/loges/rigobs.html dont Jean-Pierre Bouyer est le webmestre. Un site remarquable.
    Nous y apprenons aussi que le n° 32 des « Chroniques d’Histoire maçonnique » de 1984 a consacré un article à cette Loge, http://conform-edit.com/revues-maconniques/chroniques
    Quant à savoir ce qu’elle est devenue…
    Voici ce que nous dit le « Musée virtuel de la musique maçonnique » :
    « Les Rigides Observateurs
    La Loge parisienne des Rigides Observateurs a été fondée en 1819 (voir ici un chant pour son installation). Selon l’article Louis Lafontaine dans Images du Patrimoine Maçonnique (Edimaf 2002), T. 2, p. 158, elle était formée d’anciens de pontons et de demi-soldes bonapartistes ou républicains.
    Joseph Quantin, auteur de plusieurs cantiques figurant au Dictionnaire maçonnique et à la Lyre des francs-maçons de 1830, et qui fut ensuite fondateur de la revue l’Abeille maçonnique et en 1844 le premier Vénérable de L’Etoile de Bethléem, en fut Vénérable. Il n’est pas à confondre avec Charles Quentin.
    A signaler l’article Joseph Quantin et les Rigides Observateurs paru en 1984 dans le n° 32 des Chroniques d’Histoire maçonnique. »
    Nous y trouvons aussi la représentation recto-verso du jeton de présence
    Loge des Rigides Observateurs – Orient de Paris – Ils ne battront que pour la Gloire de l’Ordre (cette dernière phrase semble concerner les trois maillets représentés à l’intérieur de l’ouroboros)
    Puis,
    « Marc Labouret, l’auteur du bel ouvrage de référence Les Métaux et la Mémoire – La Franc-maçonnerie française racontée par ses jetons et médailles (prix littéraire 2008 de L’Institut Maçonnique de France), commente comme suit cette médaille, qu’il reproduit à la très intéressante page Images du Temple de son riche site :
    Pourtant, dès 1816, une autre image du temple va prendre la place dominante, et devenir absolument caractéristique de la Restauration et de la Monarchie de juillet, puisqu’elle disparaît dans les années 1840. Le Temple est représenté en façade, entre les deux colonnes salomoniennes. C’est toujours l’espace sacré, mais ici clos sur lui-même et ses secrets … Le temple, en général, flotte dans l’espace ou repose sur une espèce d’île. Les colonnes, souvent disproportionnées, ont toujours aussi la fonction de marqueur du rite, mais se montrent comme d’énormes tours de garde isolant le temple du monde extérieur. »
    Pour info, au sujet de notre F Marc Labouret, vous pouvez consulter son blog fort documenté : http://www.marc-labouret.fr/

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