Le Rite « égyptien » de Memphis Misraïm

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Le Rite « égyptien » de Memphis Misraïm

Publié par Jiri Pragman dans Non classé

Les guillemets sont de Didier Michaud, auteur du livre Le Rite « égyptien » de Memphis-Misraïm paru dans la collection Les Symboles Maçonniques de MdV Editeur. C’est le 41e numéro de la série.

Vouloir résumer le Rite de Memphis Misraïm en moins de 120 pages est un fameux pari. Michaud l’a tenté en commençant par rappeler l’égyptomanie qui est déjà apparue dans la Grèce antique. Et après la campagne d’Egypte de Bonaparte, l’égyptomanie allait laisser une place de plus en plus importante à l’égyptologie.

Comme l’observe Michaud, en France tout particulièrement, la Franc-Maçonnerie avait du mal à trouver son chemin entre le fait de se cantgonner à n’être qu’un simple cercle de convivialité « à l’anglaise » pour personnes « de qualité » et une véritable société à vocation ésotérique et buts spiritualistes. Et dans cette dernière perspective, il fallait des Rites et on devait puiser dans le réservoir qu’offrait l’Egypte ancienne. Réservoir d’autant plus facilement exploitable que, toujours dans l’impossibilité de lire ses textes avant Champollion, il était d’autant plus loisible de leur faire dire ce que l’on voulait. Allaient donc naître des rites d’une incroyable richesse symbolique mais dont un de leurs grands-maîtres disait que, de tous les rites maçonniques, ils étaient ceux qui avaient attiré « certainement le plsu grand nombre d’escrocs, et le plus grand nombre de véritables saints.

Didier Michaud rappellera le rôle joué par Joseph Balsamo dit Cagliostro, le fondateur du Rite de la Haute Maçonnerie Egyptienne,, un magicien, un mage (vrai ou faux), un alchimiste, un hérétique condamné par l’Eglise, et avant tout un aventurier qui n’en était pas à une escroquerie près. Les origines du Rite de Misraïm (nom de l’Egypte dans la bible) ou du Rite de Memphis (du nom de la ville) ne sont pas certaines, même si on peut situer en 1814 l’implantation du rite de Mysphraïm à Paris par Joseph, Marc et Michel Bédarride, 3 Frères juifs qui auraient reçu ce Rite en Italie. Comme dit Michaud, il ne semble pas contestable qu’ils en aient tiré profit, en vendant des degrés à des « Frères » aant tout soucieux d’honneurs de façade et de reconnaissance de parade. Comme le note Michaud, cela c’était fait avant eux; cela se fera après. Il n’existerait pas de filiation entre ce Rite et Cagliostro. Quant au Rite de Memphis attribué à Etienne Marconis de Nègre, il aurait été copié du Misraïm.

Michaud en viendra plus loin à consacrer un chapitre au Rite ancien et primitif de Memphis et Misraïm et au rôle de John Yarker, celui qui allait réunir les 2 Rites. Quant à son successeur Theodore Reuss, il est qualifié de personnage complexe et à la limite, dangereux. Si Michaud évoque Papus, Téder, Bricaud, Chevillon et surtout Robert Ambelain qui a assuré la refondation du rite avant que la charge ne soit transmise à Gérard Kloppel et, ensuite à Cheikna Sylla et qu’une crise n’éclate.

On regrettera sans doute que Michaud n’aille pas plus loin dans cette pratique de transmission de charge et dans l’étude des prétentions des uns et des autres. Par ailleurs, il n’aborde pas la question de la grande hiérophanie qui a déjà donné lieu à un déferlement de commentaires dans le présent blog.

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  • Le Rite Ecossais Ancien et Accepté (Maison de Vie Editeur, Les Symboles Maçonniques, 126 pp., 2010) disponible chez Amazon ou à La Cale Sèche
  • Le pavé mosaïque. La conciliation des contraires (Maison de Vie Editeur, Les Symboles Maçonniques, 2001) disponible chez Amazon ou à La Cale Sèche
  • L’équerre et le chemin de rectitude (Maison de Vie Editeur, Les Symboles Maçonniques) disponible à La Cale Sèche
  • Les trois fenêtres du Tableau de Loge. Transmission des paroles des initiés passés à l’Orient éternel (Maison de Vie Editeur) disponible chez Amazon ou à La Cale Sèche
10 mar 2011 23 Comments
  • Louxor 22 mars 2011 at 20 h 16 min / Répondre

    A tout ce qui vient d’être dit, je voudrais évoquer la place et la fonction d’un egregore.

    Changer, modifier un rituel n’a pas forcément pour conséquence l’altération du Rite.
    En revanche, modifier un egregore, peut totalement bouleverser ce même Rite alors que l’on se sera contenté de lègères « retouches ». En apparence tout au moins…

    Il me semble que cette dimension – celle d’un egregore- doit être prise en compte, à mon sens, pour entrevoir sa fonction éminente dans la conduite des travaux et que dès lors, une autre chaîne, invisible celle-ci, se double en des plans plus subtils…
    Une patente n’a aucune valeur si elle ne nous relie pas à ces Maîtres du Passé, ou Veilleurs, qui surent capter et retransmettre l’Esprit dont ce Rite est vecteur et auxquels nous nous associons régulièrement…

    La connaissance de l’Histoire du Rite, de ses méandres et de ses résurgences, me semblent tout aussi déterminante dans l’accomplissement de soi, que l’étude du rituel.
    Il est à redouter grandement que la chaîne soit rompue et, au demeurant, cela nous est dit.

    Est-ce sur quoi, à notre tour, nous devons Veiller pour que jamais cela ne soit ?

  • Ignaz Von Born 17 mars 2011 at 19 h 26 min / Répondre

    Sages paroles apprenti !

  • apprenti 17 mars 2011 at 10 h 26 min / Répondre

    De toutes façons, il n’y a pas un rite qui n’est pas été remanié et réécrit de nombreuses fois. Le frère qui cherche à comprendre comment s’élabora le rite qu’il pratique à de quoi être perplexe. Car nous sommes obligés de constater que tous nos rites (quels qu’ils soient) se sont formés en recueillant des débris d’autres rites. Aujourd’hui ils relèvent tous du patchwork auquel le maçon en mal de filiation antique attribue une cohérence a posteriori. Parce qu’il veut avoir l’impression d’appartenir à une grande lignée ancestrale.

    Vouloir prouver qu’un rite est saugrenu ou fantasque, en démontant mécaniquement tous les errements de son histoire n’avance à rien (Je ne dit pas que c’est ce que cherche à faire ce livre, mais c’est souvent ce que l’on cherche à reprocher aux rites égyptiens). C’est là encore confondre le contenant et le contenu. Là n’est pas l’essentiel. A contrario un rite dont la filiation historique est impeccable (y en a t-il ?) peut être devenue une coque vide si il n’est pas pratiqué, vitalisé, par des maçons réceptifs (et travailleurs).

    Les rites égyptiens n’échappent pas à cette règle, ils ont étés l’objet de multiples réécritures, et le sont encore aujourd’hui. Régulièrement nous recevons des addendum des petits rectificatifs (anodins, mais quand même présents) sur nos rituels. Un mot par ici, une virgule par là. Il se bonifie. Un vin vieilli en fût de chêne qui aurait libéré ses arômes et ses vertus au fil de ses transformations serait-il moins intéressant qu’au moment où il y a été placé fraîchement pressé ?

    Pouvez-vous travailler avec un rite réécrit et remanié ?
    Perd t-il de son impact sur le « moi » pour autant ?
    Votre rite agit-il sur vous ?
    C’est à mon sens, la seule question légitime au regard de son efficacité ou de sa pertinence.

    Mais j’ai peut-être une vision trop simpliste (naïve) des choses.

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