Le Frère de Sang

Par Jiri Pragman dans Edition

Le succès du Rituel de l’Ombre en 2005 a lancé un nouveau genre : le roman policier maçonnique, un genre qu’on peut classer comme proche du thriller biblique ou, plus largement, ésotérique.

Fort du succès de cette enquête du commissaire Marcas, Eric Giacometti (profane) et Jacques Ravenne (Franc-Maçon) ont récidivé en 2006 avec Conjuration Casanova. Le public est resté fidèle et un 3e titre, Le Frère de Sang sortira le 14 juin 2007.

Avec une sortie à cette date (et non en septembre comme les ouvrages qui feront la rentrée littéraire), on devine que les auteurs et certainement l’éditeur, Fleuve Noir, lorgnent du côté des best sellers de vacances, du livre que l’on emportera dans sa valise pour s’évader au bord de la piscine ou de la plage.

A ce titre, Le Frère de Sang reste un ouvrage très agréable à lire, même si l’effet de surprise de l’arrivée de ce personnage de commissaire franc-maçon s’est estompé. Même aussi si l’aspect vulgarisation de la Franc-Maçonnerie est peut-être ici moins prégnant.

Reste une enquête à 3 entrées qui nous amène à nous intéresser aux hauts grades, à l’alchimie au XIVe siècle à Paris, au marché actuel de l’or et nous transporte d’un monument « maçonnique » à l’autre (n’en disons pas plus !). Comme d’habitude, on s’amusera à noter les références contenues dans les noms des personnages comme une certaine Annie Besant (du nom d’une célèbre théosophe et Franc-Maçonne), princesse vaudou, un Edmond Canseliet (descendant d’Eugène), un Grand Secrétaire appelé Guy Andrivaux (du nom d’une commanderie de Templiers),… Les plus avertis détecteront d’autres clins d’oeil : ainsi, dans le prologue, 2 jeunes femmes portent des T-shirts avec les mentions Aloha et Raven, or il s’agit des pseudonymes des webmaîtres du site web consacré à Jacques Ravenne et Eric Giacometti.

Les bouts de phrase à décrypter exciteront les amateurs d’énigmes. Quant aux passages secrets et autres chausse-trappes, ils replongeront certains lecteurs à cette période bénie où ils dévoraient les Marabout Junior ! A remarquer : les auteurs proposent de découvrir une fin alternative… pour autant que vous trouviez d’abord la solution à une énigme !

On ne sait si les deux premiers meurtres commis dans les locaux du Grand Orient de France à la rue Cadet vont amener la mise sur pied de circuits « Frère de Sang » comme il existe des circuits « Code Da Vinci ».

On attend avec intérêt l’adaptation en images du 1er opus dont les droits ont été vendus.

Cherchez l’erreur

Grand classique du lecteur amateur d’histoire et, particulièrement, du lecteur Franc-Maçon : la recherche de l’erreur (historique, maçonnique, rituelle,…). Je me suis livré aussi à cet exercice et je remarque qu’à la page 349, un personnage (vivant au XIVe siècle) se rendant à Saint-Jacques de Compostelle porte à la main « un bâton recourbé » « où bat la coquille blanchie de saint Jacques ». A ma connaissance, un pélerin ne portait la coquille qu’à son retour de Compostelle et non à l’aller. Qui peut confirmer ou infirmer ?

Pour l’anecdote

Pour la petite histoire, sachez qu’à la page 117, le commissaire Marcas prit son portable et appela l’homme qui allait le sortir de ce pétrin. Pragman, le frère belge qui tenait le « blog maçonnique », le site Internet incontournable sur tout ce qui touchait au réseau. Une mine d’infos tenue par un puits de science… maçonnique. Le frère de Bruxelles décrocha, la voix nappée d’un subtil accent. Le policier respira.

2 remarques : le subtil accent de Jiri S. Pragman n’est pas un accent « belge » ou bruxellois comme pourrait le croire le lecteur mais bien un accent picard puisqu’il a passé sa jeunesse dans le Hainaut occidental (voici un élément de plus pour ceux qui ne l’ont pas encore identifié !). Par ailleurs, il se considère comme un « laborieux de la maçonnologie » et non comme un puits de science.

  • Prologue de Le Frère de Sang

    Les précédents romans :

  • Conjuration Casanova (édition de poche) chez Amazon
jeudi 31 mai 2007 5 commentaires
  • 5
    Jakin 24 février 2013 à 19:42 / Répondre

    Je viens de me delecter de la lecture du frère de sang (en édition de poche) et il m’a semblé y détecter une autre anomalie: en effet, à la fin du chapitre 121, Marcas découvre l’identité du tueur dans les archives de l’obédience (« Alexandre Hautefort, marié, deux enfants »). Un peu plus loin (ch.41, 110 et.123) il est question d’un seul fils (mort tragiquement).

  • 4
    Jean-Georges D'Ancoisne 27 juin 2007 à 16:24 / Répondre

    Concernant la coquille de saint Jacques sur le bâton de marche, il est exat que le pélerin ne pouvait la porter qu’au retour. Toutefois rien n’indique que ce soit son premier voyage… Certains pélerins se contentaient d’une coquille sur le bâton, d’autres en ajoutaient à chacun de leurs voyages.

  • 3
    Phileas.Frog 16 juin 2007 à 15:49 / Répondre

    J’habite un village des Landes et je vois souvent passer des pèlerins qui se rendent à Santiago. Il n’est en effet pas rare d’en voir qui portent sur leur bagage une coquille de St Jacques.
    Salut et Fraternité
    Phileas

  • 2
    jacques ravenne 8 juin 2007 à 10:12 / Répondre

    Il est exact que seuls les pélerins qui avait atteint Saint Jacques avait le droit – moral – de porter la fameuse coquille, symbole du pélerinage réussi. Toutefois, cette règle a conu des exceptions justement pendant la guerre de Cent ans. Pour traverser les troubles et les combats sans trop d’entraves, les pélerins se munissaient préalablement d’une coquille ce qui leur assurait une certaine impunité… Souvent la coquille était offerte par un ancien pélerin

  • 1
    Stéphane 31 mai 2007 à 17:56 / Répondre

    Incidemment, Jiri, tu n’es donc plus médecin-légiste, comme dans l’une des précédentes aventures du Commissaire Marcas 😉

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