Franco contre les Francs-Maçons

Publié par Jiri Pragman
Dans Edition

Si l’opposition à la Franc-Maçonnerie, son interdiction en Allemagne nazie, dans les pays communistes ou en France occupée sont connues, la situation espagnole sous Franco (qui a dirigé l’Espagne de 1939 à 1975) ne nous est guère familière. Pourtant, la Franc-Maçonnerie y a été interdite dès 1940 et l’adhésion était un crime punissable d’une peine pouvant aller jusqu’à 6 ans de prison.

Un ouvrage de 350 pages a comblé cette carence. Il a pour titre Franco contra los Masones et est signé par Xavi Casinos et Josep Brunet. A la lecture du titre, on comprendra que cet ouvrage paru en 2007 aux Editiones Martinez Roca de Madrid a seulement été édité en langue espagnole et ne bénéficie pas aujourd’hui d’une traduction en français.

Xavi Casinos est journaliste et auteur. Il a notamment travaillé au journal El Periodico de Catalunya. Il a publié les ouvrages La maçonneria a Barcelona et Quien es quien masonico aux Editions MR. Josep Brunet dirige la Bibliothèque publique Arus de Barcelone. Spécialiste de la Franc-Maçonnerie, il a collaboré à différentes études et à la rédaction de thèses doctorales et autres travaux universitaies, et a donné de nombreuses conférences sur le sujet. Il a également été responsable des relations intérieures de la Grande Loge d’Espagne (Gran Logia de Espana et Député Grand Maître de la Grande Loge Provinciale de Catalogne (Gran Logia Provincial de Catalunya.

Selon les auteurs, la Franc-Maçonnerie a obsédé le Generalísimo jusqu’à sa mort. Il aurait ainsi déclaré : Il existe en Europe un comité suprême, appelé Association Maçonnique Internationale, qui conspire de manière ininterrompue, jour après jour, contre tout ce que l’Espagne représente (traduction libre par JP). Le dictateur se faisait envoyer les rapports d’Anita de S basée au Portugal et qui y espionnait les Francs-Maçons en exil.

L’ouvrage qu’il ne nous a été possible que de feuilleter vu notre faible connaissance de la langue espagnole semble très documenté et s’appuyer sur des faits, des dates, des documents puisque les auteurs ont pu mettre la main sur des archives secrètes.

jeudi 10 avril 2008
  • 10
    MARAVILLAS
    18 avril 2008 à 23:57 / Répondre

    Je reviens d’Espagne, et trouve avec satisfaction de nombreux commentaires dans votre blog, sur le livre de mes deux compatriotes Xavi et Josep concernant la répression à l’endroit des maçons Espagnols, j’en ait personnellement connu un en France dans ma jeunesse. Je serait ravi que l’on puisse faire une contribution sur ce thème dans mon blog ( http://hijosdelaretirada.blogspot.com) puisqu’il est ouvert aussi à leurs descendants car malheureusement il n’y a plus de survivants à ma connaissance.

  • 9
    lmv
    12 avril 2008 à 10:26 / Répondre

    La haine, car il s’agit bien de haine, de Franco à l’égard de la Maçonnerie peut sans doute s’expliquer pour deux raisons :
    -Franco tenta à 2 reprises d’entrer en maçonnerie mais sans succès. Certains auteurs prétendent même que son frère Ramon FRANCO, lui-même maçon, s’y opposa.
    -ensuite et surtout, sa haine anti-maçonnique est à la mesure de la haine qu’il éprouvait pour son père. Ce dernier, maçon et militaire, envoyé à Madrid par ses supérieurs, tomba amoureux d’une femme et quitta son épouse. La mère du dictateur imputa cette séparation à la Maçonnerie et FRANCO ne pardonna jamais à son père. (La loi contre le communisme et la Maçonnerie fut promulgée en 1940).

    Par ailleurs, en ce qui concerne Pinochet, j’ai déjà eu l’occasion d’écrire ici, que Pinochet fut initié le 28 mai 1941 à la Loge Victoria n°15 et exclu de l’Ordre le 24 octobre 1942 pour inassiduité et non paiement de sa capitation. Il est donc difficile de présenter Pinochet comme franc-maçon. Je pense que nombreux sont ceux qui ne le reconnaissent pas comme tel.

  • 8
    Liberty
    12 avril 2008 à 09:42 / Répondre

    Précisions:
    Le1er Mars 1940 a été edictée la principale loi antimaçonnique, du régîme ( franquiste) :La Loi pour la répression de la Franc- Maçonnerie et du communisme.
    Les peines allaient de la confiscation des biens jusqu’à la réclusion la plus sévère.
    Les Francs-Maçons étaient automatiquement écartés de tout emplois ou charges relevant du secteur public.
    Furent décrétés des peines de vingt à trente ans de prison pour les grades  » supérieurs » et de douze à vingt ans pour les  » coopérateurs » (soit les autres maçons )
    L’épuration atteint une telle extrémité, qu’il fut créé un  » Tribunal d’ Honneur » où comparurent des parents de maçons, jusqu’au second degré de consanguinité.
    A cette même date, restait en fonction,le  » Tribunal Spécial pour la répression de la Maçonnerie et du communisme » tribunal qui sévit jusqu’à la création du  » Tribunal pour l’Ordre public  » en 1963.
    Le précédent ( tribunal spécial ) fut supprimé le 8 Février 1964

  • 7
    gabriel
    11 avril 2008 à 16:47 / Répondre

    il y a10 ans j’avais lu les fausses memoires de franco « moi franco » ddont j’ai oublie l’auteur
    il faisait passer franco pour un obsede anti maçon
    il y avaoit un monologue savoureux quand il parlait à son acacia , il voulait l’abattre mais comme l’arbre n’y pouvait rien il le laissait debout
    et ausi les peines pour les francs maçons : 20 ans pour les princes roses croix
    et enfin il maudissait les americains à cause des pressions qu’il firent pour laisser les fm en paix
    ce livre est extraordianaire pour montrer la betise du regime
    trisoux
    gabriel

  • 6
    Jacques Cécius
    11 avril 2008 à 11:59 / Répondre

    Durant la répression, immédiatement après la chute de la République espagnole, 38 francs-maçons furent fusillés, dont un pasteur protestant évangélique.

  • 5
    D'Epée
    10 avril 2008 à 15:32 / Répondre

    Dans les années soixante, le général Franco a aboli la législation antimaçonnique en Espagne. Il ne s’agissait pas là du sursaut démocratique d’un dictateur pris de remord. Aux dires même de Franco, il abrogea cette loi “ car il ne restait plus aucun maçon à juger ”. Cette loi prévoyait jusqu’à 30 ans de prison au seul motif de l’appartenance à la Franc-maçonnerie. Tous les maçons espagnols sans exception furent jugés et le tribunal spécial de répression de la maçonnerie alla même jusqu’à condamner des frères déjà décédés. Mis à part ça…

  • 4
    Enzo
    10 avril 2008 à 12:46 / Répondre

    1 – Franco n’étaoit pas fasciste, loin de là. Il a d’ailleurs liquidé le fascisme espagnol incarné par Primo La Ribiera.

    2 – Sangunaire et corrompu, c’était aussi le cas d’El Porco aka Salvador Allende, autrement plus corrompu que Pinochet…

    3 – Les maçons espagnols, responsables des tueries de 1934 et 1936-39, ont eu le sort qu’ils méritaient, bien clément par rapport à l’horreur de leurs crimes.

    4 – Llano et Cabanellas étaient maçons déclarés, Mola et Sanjujo étaient maçons suspectés, seul Franco ne l’était pas, étant membre de l’Opus Dei, cette « maçonnerie vaticane » qui infecta le virus clérical et libéral dans le régime.

  • 3
    Alain
    10 avril 2008 à 10:54 / Répondre

    Il me semble que l’on oublie de citer Franco en général, parmi les fascites européens de l’époque. Comme si le cancer avait du mal à guérir.

    Par contre le « mis à part » me semble suspect, peu argumenté et developpé.
    Dommage, cela aurait, on n’en doute pas, apaisé les âmes de nos Frères mort garrotés.

  • 2
    Liberty
    10 avril 2008 à 09:08 / Répondre

    Comme apparemment mes connaissances dans la langue de Cervantés, sont meilleures que celle de notre cher Webmaster Jiri, je vais me procurer, ce livre écrit par ces deux Frères compatriotes et catalans, pour en faire une synthèse ultérieure.
    Autant que je saches, ce nabot cruel au petit pied, avait été ajourné, lorsque jeune officier il avait solliciter son admission dans l’ Ordre.
    Pour répondre à Enzo, sur les deux chefs nationalistes maçons, je ferai une recherche.
    Pour mémoire, le général chilien Pinochet, avait été admis laborieusement pas la Grande Loge du Chili, il ne fut un maçon exemplaire, quoiqu’il ait croisé en Loges le Frère Salvador Allende.
    Quant à ses agissements comme chef d’Etat, rien à dire, il fut un dictateur conforme à une tradition qui dépasse les limites de l’ Amérique latine : sanguinaire et corrompu mais hélas impuni..!

  • 1
    Enzo
    10 avril 2008 à 07:49 / Répondre

    Mis à part que deux des principaux chefs nationalistes espagnols étaient franc-maçons…

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