Le Secret dévoilé

Par Jiri Pragman dans Edition

Christian Doumergue, auteur de L’Eglise de Rennes-le-Château. Un guide complet (Pégase, 144 pp., 2009) a fait fort avec son Secret dévoilé. Sa couverture est aussi inquiétante que celle d’un Giacometti-Ravenne et d’ailleurs les 2 lascars se fendent d’un avant-propos qui ne peut manquer d’inciter à la lecture, ceux qui feuilleteraient les premières pages de cet ouvrage de 660 pages annoncé aussi via un « trailer ».
 
La lecture des livres consacrés à Rennes-le-Château, son abbé Saunière, son église, son trésor est parfois extrêmement fastidieuse et le lecteur un tant soit peu critique se lasse vite des découvertes capilotractées. On se souviendra que le Blog Maçonnique s’était par exemple montré critique à l’égard de Rennes le Château. Un chapitre maçonnique secret.

A vrai dire, et même si on ne suivra pas toujours nécessairement l’auteur, Le Secret dévoilé se laisse dévorer. D’une part, l’auteur maîtrise les codes et chaque fin de chapitre vous incite à plonger dans le suivant. Doumergue s’intéresse aux faits (recherchant les sources alors que beaucoup d’auteurs ne font que se citer) et il livre des explications claires et motivées sur les sources des revenus de Saunière (avec le rôle joué par Alfred Saunière) qui lui ont donc permis de remettre en état son église et de construire une villa de style Renaissance, une tour néogothique, une verrière, un belvédère, des jardins, un parc. La réalité est donc sans doute plus prosaïque que la découverte du trésor des Wisigoths.

 

Evidemment, on peut se demander pourquoi cet enrichissement d’un petit curé a eu autant d’échos et Doumergue rappelle le rôle de la famille Corbu qui a renforcé le mythe pour des raisons commerciales, mythe amplifié par la presse et les auteurs qui se sont pointés dans l’Aude. 
 
Doumergue consacre les deux tiers de son livre à Pierre Plantard qui participa à la fabrication de ce mythe. Celui qui inventa le Prieuré de Sion n’est peut-être pas le simple mythomane au passé trouble que l’on a décrit. Doumergue a été très loin dans l’analyse de son parcours et de ses écrits, relevant par exemple que Gisors et son secret et Serpent rouge » comprenaient des symboles maçonniques et des formules puisées chez Oswald Wirth, créant ainsi une fable maçonnique (Plantard avait été initié au GODF comme l’avait découvert Jacques Ravenne, Maçon lui-même), à ne pas prendre au pied de la lettre.
 
Parmi les inspirateurs de l’illusionniste Plantard, on trouvera Geneviève Zaepfell (1892-1972), médium, et, surtout Paul Le Cour  (1871-1954), l’auteur de L’Ere vu Verseau (1937), adepte du mythe de l’Agartha, en recherche des Atlantes, fondateur d’un Centre d’études et d’actions pour la formation d’une chevalerie nouvelle.
 
Des pages sont aussi consacrées à Marie-Madeleine, à sa venue en Gaule (ce n’est pas nécessairement ce qui est le plus conviancant dans le livre), à son tombeau avant de laisser entendre que Plantard aurait quand trouvé quelque chose, un témoignage de la « tradition atlante » (et, selon Plantard, l’Atlantide aurait été une colonie etraterrestre), une découverte qu’il aurait donc restituée sous forme de fable. On ne tue mais vraiment un mythe!
 

mardi 06 août 2013 4 commentaires
  • 4
    Fontaine 21 octobre 2019 à 23:36 / Répondre

    Une des meilleures études sur la question. L’auteur fait preuve d’objectivité et ose casser de trop nombreuses caricatures et mots d’ordre empêchant une réflexion sérieuse sur une manipulation d’envergure qui a donné naissance à de nombreux livres et au final au best-seller de Dan Brown.

  • 3
    MEUNIER 12 août 2013 à 18:48 / Répondre

    Le début commence mal; La carte du tarot 9 n’a pas de chien. C’est l’hermite . Le chien est sur la carte du fou.

  • 2
    Jiri Pragman 9 août 2013 à 08:31 / Répondre

    Les allusions à la Maçonnerie sont mentionnées dans l’article.

  • 1
    Le Chien 8 août 2013 à 20:36 / Répondre

    Rien à voir avec la Franc-Maçonnerie !

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