Humanisme309

Humanisme N°309, encore du lourd

Par Géplu dans Dans la presse

Le numéro de novembre 2015 de la revue du Grand Orient de France « Humanisme » est disponible depuis quelques temps, et il faut reconnaître qu’une fois encore il est très riche.

Dans son éditorial, Samuël Tomei, le rédacteur en chef de la revue nous parle de l’Europe, déplorant comme Pierre Mendès France que l’abdication d’une démocratie pouvait prendre la forme d’une délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, vidant de leur substance les souverainetés nationales, et de faire de cette organisation la petite sœur des Etats-Unis d’Amérique et non une entité indépendante. (…) Il est temps, continue-t-il, de réhabiliter la nation civique, seul médiateur possible entre le particulier qui nous identifie, et l’universel qui nous fait hommes. Et plus loin, Renouons avec l’Orient, l’Europe ne se réduisant pas à l’Occident (…) l’histoire de la civilisation européenne est celle de renaissances successives qui ont été autant de ressourcements propulsifs. Une vision de l’Europe qui ne doit pas beaucoup plaire aux « fédéralistes », ceux tel Giscard d’Estaing qui reprennent volontiers les propos de Victor Hugo parlant en 1849 de la construction des États-Unis d’Europe. Pas sur pourtant que revenant aujourd’hui le brave Victor soit séduit par l’Europe telle qu’il la verrait, ou qu’il la trouve aussi belle que celle dont il rêvait…

Humanisme309 nov2015Le dossier Le Français : trop de mots ?, est traité par Charles Coutel (Le travail de Péguy sur les mots), Catherine Kintzler (L’alphabet libérateur), Jean-Robert Ragache (Des mots… le mot juste…), Christophe Devillers (A la poursuite du diamant langagier), Alexandre Dorna (Victor Klemperer et la compréhension de la langue du nazisme), et Bruno Fuligni (Parlez-vous Républicain ?). Un dossier intéressant après le communiqué du 8 octobre du GODF disant son opposition à la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Comme le dit Charles Coutel dans sa présentation introductive, La richesse des mots d’une langue fait son génie, son humour et accompagne, au fil des jours nos joies, nos peines et nos combats. Il déplore un peu plus loin que la langue puisse s’appauvrir à notre insu : Le conformisme des esprits et des conduites impose de nier la richesse des mots, (…) on parle d’ « éléments de langage » en lieu et place des « mots », de « vivre ensemble » pour « construire une nation », ou de « société inclusive » pour « intégration républicaine » (…) Tous les auteurs de ce dossier décrivent la richesse des mots de notre langue pour la défendre, l’assumer et la développer. Et de conclure C’est en assumant toute la richesse des mots de notre langue que l’on se donnera le moyen d’être à la fois précis et courageux, calmement audacieux et gaiement novateurs. Non, le français n’a pas trop de mots.

Au sommaire aussi un débat autour deux articles anciens. Dans le numéro 307 de mai 2015, Dominique Desmûriers signait Vous avez-dit « Genre » ? Christophe Habas et Michèle Riot-Sarcey réagissent, et Dominique Desmûriers leur répond. Idem pour l’article Zéromacho corrige la Déclaration des droits de 1789 de Florence Gautier, paru dans Humanisme 308 d’août 2015, et auquel répondent Patrice Jean, cofondateur de l’association Zeromacho et Samuël Tomei, qui se dit choqué par l’article de Florence Gautier sur la volonté de l’association Zéromacho de bi-genrer la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et tient à repréciser ses convictions et celles d’ « Humanisme », humanistes et républicaines.

Au sommaire encore :
Vous avez dit « Gouvernance » ? de Bruno Fuligni,
La difficile évolution du système éducatif français, par Hélios Privat,
Culture et économie, même combat ! par Léo Romand-Monnier,
Quand les lumières s’éteignent, la régression postmoderne, par Jean-Pierre Sakoun,
Le pape François et l’écologie, par Charles Conte,
Pour un humanisme modeste, par Daniel Campagne,
Le rôle des francs-maçons dans la Résistance en Creuse, par Olivier Verguet,
Jean Zay : une action dans l’esprit des Lumières, par Alain Vernet,
La logique troublante de Poutine, par Jacques Sardes,
Du réel à l’illusion : images du fait divers, par Jean-Louis Coy,
Dissonances2 : le courant Wallon, par Jean Kriff,
et une dizaine d’analyse de livres…

Vous pouvez commander Humanisme (10 €) et/ou vous abonner chez Conform Editions.
Pour écrire à Humanisme : humanisme@godf.org

dimanche 13 décembre 2015 8 commentaires

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  • 6
    Samuël Tomei 14 décembre 2015 à 18:43 / Répondre

    Bonjour, je me permets de préciser les quatre points suivants à propos de l’éditorial de la dernière livraison d’ « Humanisme » :

    1 – Il n’est pas à débiter en tranches, aucune partie ne pouvant valoir pour le tout. Or, à considérer ses quatre paragraphes, il ne fait que plaider pour une Europe démocratique et humaniste et une meilleure articulation entre le particulier et l’universel (dont l’Europe est une étape).

    2 – Dire qu’il est antieuropéen ou europhobe n’a aucun sens en soi (PMF, hostile à la Ve République, était-il par le fait même antirépublicain ?) dans la mesure où il s’agit de proposer une réflexion sur le modèle politique européen. Jamais il n’a été question d’imposer un modèle unique, de substituer un dogme à un autre, ce qui n’aurait aucun sens, les avis n’étant pas uniformes sur cette question au sein du GODF.

    3 – Cet éditorial se fait l’écho des inquiétudes exprimées par nombre de délégués au dernier convent et tire les conséquences de la ligne impulsée par le sommet de l’obédience, les membres du GODF étant invités par D. Keller à s’ « impliquer davantage » sur le sujet. Ce qui est du reste logique puisque le conservatisme consistant à considérer que tout va pour le mieux paraît difficilement compatible avec le méliorisme propre aux maçons.

    4 – Je conçois qu’on s’en prenne à l’édito – plus exactement à telle ou telle phrase -, qui ne saurait certes être assimilé à une bulle fulminée d’on ne sait quel ciel, et qui, comme tout texte, doit être soumis à la critique (pour peu qu’elle soit rationnelle et non passionnelle), mais qu’on ravale Humanisme à une « revue sociétale » est pour le moins désobligeant pour l’ensemble des contributeurs, pourquoi diable cette mesquinerie ?

    J’y insiste donc, pour finir : la revue reste ouverte à la controverse dans les termes définis dans l’éditorial du n°304 (août 2014) et en ce sens elle est bel et bien la revue des FFMM du GODF.

    Salut et fraternité.
    Samuël Tomei

    • 7
      Joab'n 15 décembre 2015 à 10:04 / Répondre

      Cher Samuel. En effet, je ne réagis qu’au commentaire de Geplu sur ton article, pardon si ce n’est pas toujours pertinent vis à vis de ton article … mais surtout sur la mode europhobe qui gagne notre société.
      Le problème des critiques de l’état de l’Europe actuel, à améliorer en effet, est qu’elle n’en concluent qu’à une seule issue : renoncer à l’Europe.
      Pourquoi pas ? si les reproches faits à l’Europe n’étaient justement « pas assez de fédéralisme » !
      Il me parait important que des voix s’elevent pour defendre ce qui est un bel objectif pour notre jeunesse, plutôt que cette propagande assénée du renoncement, repli, fataliste si bien relayée dans les medias.

  • 3
    joab'n 13 décembre 2015 à 13:26 / Répondre

    je n’ai pas lu l’article, mais je lis le commentaire qu’en fait Geplu.
    Il est un phénomène classique, totalement contradictoire mais mediatiquement efficace dans les discours europhobes. Les principaux reproches faits à l’Europe sont … pas assez d’Europe :
    – L’Europe absente en matiere de politique etrangere.
    – L’Europe pas assez democratique
    -L’Europe pas assez sécuritaire…
    – pas asses sociale
    etc.
    Et ce sont les mêmes
    – qui s’opposent aux initiatives du ministre européen des affaires etrangeres …
    – qui s’opposent à une election directe d’un president, un parlement réellement fédéral et non multi-national
    – qui s’opposent au developpement d’une police fédrale
    – qui ont voté contre en 2005 un developpement minimal social

    Apres tout, europhobe est une opinion, mais on ne peut que noter l’incoherence des arguments.
    Rationnellement, tous s’accordent à reconnaître que les solutions de sécurité, d’economie, sociales, environnementales n’ont de sens et efficacité qu’à une ehelle européenne. Si justement on se concentrait sur ce qui a un sens au niveau national ou régional et laissait ce qui a sa place au niveau fédéral …

    • 4
      357 13 décembre 2015 à 16:28 / Répondre

      Tout à fait d’accord.

  • 2
    Jean Despels 13 décembre 2015 à 12:02 / Répondre

    L’éditorial anti européen de S. Tomeï nous impose sa vision partiale. C’est incroyable que la revue sociétale du GODF ait une ligne éditoriale si clivante qui ne peut, à l’évidence, que diviser les FM et perturber nos valeurs de rassemblement.

    • 5
      357 13 décembre 2015 à 16:30 / Répondre

      Le problème est Qu’humanisme n’a jamais été ce qu’elle a toujours prétendu être: la revue du GODF

    • 8
      Lamouline 20 décembre 2015 à 10:08 / Répondre

      En effet. Roger . Bruxelles.

  • 1
    ANCELIN jean-guy 13 décembre 2015 à 11:29 / Répondre

    TT*CC*FF* et SS*,

    Merci pour cet extrait. L’article signé du F* Samuel Tomei est des plus intéressants et devrait être diffusé dans la presse .( ce qui ne veut pas dire que les autres sujets soient secondaires…)

    Fraternelles pensées.

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