the-telegraph-091016

En Angleterre un juge interdit les symboles maçonniques sur une tombe

Par Géplu dans Anti-maçonnerie, Dans la presse

Ainsi que le relate The Telegraph du 9 octobre, Geoffroy Tatterstall, chancelier du diocèse anglican de Carlisle et juge de la Church of England’s Consistory Court (la cour du consistoire de l’Eglise d’Angleterre, qui a autorité pour dire ce qui peut ou ne peut pas figurer sur les pierres tombales dans les cimetières sous sa juridiction) a interdit à la famille de William Kenneth Wilson, Grand Maître provincial de la GLUA décédé en 2012 et enterré dans le cimetière de la petite église de Dean dans le comté de Cumbria, paroisse St Oswald’s, de faire figurer sur sa tombe l’équerre et le compas maçonniques, au motif de l’incompatibilité de la foi chrétienne et de la maçonnerie, affirmant que l’initiative était « dommageable » et « inappropriée ».

La décision du Chancelier-juge Tatterstall s’appuie sur un rapport pondu en 1987 par le Synode général de l’Eglise d’Angleterre : « Franc-maçonnerie et christianisme sont-ils compatibles ? » D’après ce rapport, « Il est clair que certains chrétiens ont trouvé troublant l’impact des rituels maçonniques et quelques-uns les perçoivent comme étant positivement mauvais » précise Tatterstall, continuant « Certains estimaient que les rituels étaient blasphématoires parce que le nom de Dieu ne doit pas être prononcé en vain, et qu’il ne doit pas être remplacé par un amalgame des noms de divinités païennes. » Est visée l’utilisation par les francs-maçons anglais du mot « Jabulon » pour désigner « l’Etre Suprême » dans les rituels maçonniques.

Rejetant les arguments de la famille et du Grand-Maître provincial de Cumberland et Westmorland, qui évoquaient la présence de symboles maçonniques sur de nombreuses tombes de la région, le Chancelier Tattersatall a jugé qu’une « appréciable majorité » avait décidé lors du Synode de 1987 que nombre de raisons « très fondamentales » permettaient de remettre en question la compatibilité du christianisme avec la maçonnerie. Donc, si les pierres tombales peuvent comporter des symboles rappelant la vie, l’œuvre, le travail ou les centres d’intérêt du défunt, « ceux-ci doivent être entièrement compatibles avec la foi chrétienne. Eu égard à la controverse relative à la franc-maçonnerie je crois qu’il serait dommageable pour le cimetière et inapproprié de laisser ajouter un symbole aussi controversé que celui envisagé par la demanderesse au mémorial existant du défunt. »

Surprenant dans un pays où la religion officielle, l’Eglise d’Angleterre, a pour chef la reine d’Angleterre et que le Grand-Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre n’est autre que le cousin de la reine, le duc de Kent.

jeudi 13 octobre 2016 9 commentaires
  • 8
    Robbe 14 octobre 2016 à 12:57 / Répondre

    Toujours la même interrogation sur le « pillage » des maçons dans le dogme catholique. Nos frêres bâtisseurs n’ont il pas glorifié Dieu autrefois ?

    • 9
      Chicon 14 octobre 2016 à 18:53 / Répondre

      @robbe : un avis qui est personnel. La religion permet d’atteindre le divin par adhésion à des dogmes sans nécessairement les comprendre. La franc-maçonnerie d’origine permet d’atteindre le divin par le façonnage habile et intelligent de la matiere qui est son image.
      Et en plus, tout le monde était chretien sur les chantiers.
      C’est une réponse à votre interrogation ?

  • 6
    JP Bernard 14 octobre 2016 à 09:13 / Répondre

    N’est-ce pas logique qu’une religion tente d’éliminer tout ce qui pourrait réduire ou entamer son magistère?

    A rapprocher de la lettre du cardinal Ratzinger, futur Benoit XVI en 86 ou 87,à l »époque chargé de la Congrégation de la Foi, -en fait du respect du règlement- je crois, où il déclarait que les Francs-Maçons étaient en état de péché grave donc interdits de sacrements…A ma connaissance, c’est toujours en vigueur

  • 4
    REVAUGER Cécile 13 octobre 2016 à 13:56 / Répondre

    Comme quoi même la Grande Loge Unie d’Angleterre, si respectueuse de l’Eglise anglicane, qui contraint ses membres à croire en Dieu et refuse d’initier des athées, est victime de l’intolérance de certains ecclésiastiques….Le cardinal Rowan avait déjà tenté d’interdire aux membres du clergé d’être francs maçons…c’est donc une récidive…Comme quoi la Grande Loge Unie d’Angleterre gagnerait peut être à regarder du côté de la laïcité…

    • 7
      Chicon 14 octobre 2016 à 09:37 / Répondre

      Dear Cécile. La GLUA ne semble pas interdire vraiment d’initier les athées, mais cela « va de soi » en lisant les Constitutions d’Anderson. Encore un « understatement » courant et typiquement British. Autre exemple: je n’interdis pas les femmes mais pas chez nous. Donc « interdire » n’est pas interdire tout en interdisant. Comme le Brexit. Obviously you’re « nearly » right.

  • 3
    van worden 13 octobre 2016 à 13:49 / Répondre

    Cher Géplu, tout cela se trouve admirablement expliqué par le très érudit Pierre Noël dans un article intitulé « Un culte de Baal au XXè siècle » dans le N° 23 (2009) de la revue « Politica Hermetica« . En prendre connaissance ne saurait bien sur couper l’herbe sous le pied des intégristes et complotistes, mais contribuerait à éclairer les esprits de bonne volonté.

    • 5
      Géplu 13 octobre 2016 à 14:21 / Répondre

      Un rapide regard sur le net nous dit que ce numéro 23 est introuvable Van Worden. As-tu un lien possible ?…

  • 2
    Chicon 13 octobre 2016 à 09:25 / Répondre

    Le mot « Jabulon » utilisé dans un grade apres le grade de maître et formé de l’assemblage de trois mots signifiant Dieu en des langues anciennes. Ce syncrétisme religieux a toujours été reproché à la Franc-Maconnerie par Rome et Canterbury.

  • 1
    Lionel Maine 13 octobre 2016 à 07:57 / Répondre

    Il y a trois ans, un grand quotidien des Hauts-de-France nous a refusé l’équerre et le compas dans une insertion nécrologique, prétextant de … la Laïcité !
    Quinze ans auparavant, dans la même circonstance, le problème ne s’était pas posé.

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