Dieux de Gottlieb

La spiritualisation de la maçonnerie française

Publié par Jean-Pierre Bacot

Jean-Pierre Bacot, le responsable de la revue et du site Critica Masonica, vient d’y publier cette très intéressante analyse qu’il nous a autorisé à reproduire sur la spiritualisation de la maçonnerie française. Elle explique pourquoi la maçonnerie spiritualiste, déjà majoritaire dans l’hexagone par rapport à la maçonnerie sociétale (dans le rapport 2/3 pour 1/3), va continuer à y progresser plus que l’autre. On peut ne pas partager toutes les explications, avis et prises de position de Jean-Pierre, mais sur les faits, c’est clair…
Géplu.

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Une étude un tant soit peu précise du paysage maçonnique français montre une lente, mais indéniable évolution vers un spiritualisme que l’on peut définir comme un intermédiaire entre la croyance religieuse et l’athéisme. Il va de soi que ce sujet mériterait une longue étude et nous nous contenterons ici de présenter des ordres de grandeur. Ensuite, nous en viendrons à une tentative d’explication de ce phénomène qui, hélas, nous échappe, dans la mesure où cette évolution peut sembler inexorable, en tout cas dans un avenir prévisible.
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D’abord, le paysage

Le Grand orient de France (GODF), avec ses 53 000 membres annoncés, parmi lesquels à peine plus 2 000 sœurs, peut être considéré comme le principal pôle d’activité d’une maçonnerie non seulement adogmatique, mais aussi philosophiquement inspirée des Lumières. Pour très longtemps il sera encore structurellement masculin. Le recrutement du GODF, avec son rite français dominant et un athéisme non déclaré mais majoritairement partagé, correspond à l’état philosophique de la société, marqué par un recul massif des croyances et des pratiques religieuses.

À l’inverse, la Grande loge de France (GLDF), en partie à cause de l’influence de son Suprême conseil, est plus spiritualiste que jamais, sur un mode volontiers psychologisant, basé sur un développement personnel de ses membres, producteur d’un individualisme très en phase avec l’époque. Elle revendique 35 000 membres, dont trois sœurs transsexuelles pas encore exclues à notre connaissance. Son rapport au monde réel et donc mixte est cantonné à des conférences hors loge.

Avant d’éclater en 2011, la Grande loge nationale française (GLNF), celle qui prétend à la régularité, a connu une croissance qui allait l’amener, s’il n’y avait pas eu cette crise, à dépasser le Grand orient. De 46 000 membres, elle est retombée à 22 000, puis elle est remontée à 25 000 et devrait encore progresser. Mais il n’y a pas eu véritablement de perte pour cette tendance de la maçonnerie qui impose une croyance en dieu, en laissant le plus souvent une liberté d’interprétation de ce principe transcendant. On ne note pas de décrue en effet, puisque la principale dérivée de la GLNF, la Grande loge de l’alliance maçonnique française (GL-AMF), le premier opérateur de la scission de 2011, qui ne se différencie que pour des questions de gouvernance, totalise autour de 15 000 adhérents. Quant aux autres groupes issus de la GLNF, ils doivent former un total de quelque 5 000 membres, dont un bon millier pour la seule obédience post-GLNF qui soit mixte, la Grande loge des cultures et de la spiritualité(GLCS).

La croissance de la planète GLNF, satellites compris, et celle de la GLDF, plus fortes que celle des obédiences libérales, auront porté l’essentiel de la progression spiritualiste dans la franc-maçonnerie française.

Au Droit humain (DH), le cadre philosophique semble s’être stabilisé autour d’un écossisme tempéré, volontiers sociétal, comme on dit aujourd’hui chez les spiritualistes. Mais l’effectif progresse peu, avec environ 17 000 membres pour la France, après plus d’un siècle d’existence. On notera en passant un relatif échec de son internationalisation et une présence pas si rare du Grand architecte venu des sections anglo-saxonnes.

À la Grande loge féminine de France (GLFF), la très active minorité de rite français regroupe environ 3 000 sœurs, mais elle ne progresse pas, sauf, relativement dans un proche avenir, si la scission écossaise qui est annoncée avec la Grande loge initiatique féminine francophone (GLIFF) devait s’avérer importante, ce qui est loin d’être certain. Ces françaises, comme on le dit familièrement, sont menacées à la marge par des départs au Grand orient qui ne semblent pas faire baisser les effectifs, mais minent la possibilité de progression de la GLFF qui tourne autour de 14 000 membres.

Pour compléter le paysage, on notera que la quasi totalité des petites ou très petites obédiences françaises sont spiritualistes, voire déistes. Elles relèvent de quatre mouvances principales.

Première mouvance, les produits de l’éclatement récent de la GLNF (GLCS, GLIFF) ou d’un départ plus ancien (Grand prieuré des Gaules-GPDG). Deuxième tendance, les obédiences égyptiennes de Memphis-Misraïm ou de Misraïm dont la plupart des loges sont mixtes. Troisième type, l’Ordre initiatique et traditionnel de l’art royal (OITAR), mixte, fondé en 1974 par Jacques Lapersonne. Quatrième catégorie de petites obédiences spiritualistes enfin, sauf oubli de notre part, les regroupements de loges indépendantes, surtout présents dans le Sud, avec tous les rites possibles et imaginables et même du rite français traditionaliste dont l’un des animateurs est Hervé Vigier, un ancien de la GLNF.

Le spiritualisme maçonnique est donc très divisé, que cela soit pour les obédiences de quelques importance ou pour les groupuscules, mais il est de plus en plus majoritaire, toutes catégories confondues : masculine, mixte et féminine.

Si nous tentons de faire les comptes, toujours à grands traits, le rite français adogmatique regroupe environ 50 000 membres du Grand orient, une fois enlevées ses minorités de rite écossais, de régime écossais rectifié et de rite égyptien, 3 000 à la GLFF, 2 500 à la Grande loge mixte de France (GLMF), 500 au Grand orient latino-américain (GOLA), 1 000 à la Grande loge mixte universelle (GLMU), soit environ 57 000 sœurs et frères, sur un total que l’on peut estimer à 160 000 maçons et maçonnes en France, soit un gros tiers pour les sociétaux et près de deux tiers pour les spiritualistes. L’écart promet de se creuser au fil des années à venir. Un élément crucial de cette évolution sera celle de la GLMF.

L’équilibre des rites au sein de cette obédience est en effet en train de se modifier. Depuis plusieurs années, des loges s’ouvrent en nombre, ce qui fait que la GLMF est aujourd’hui passée devant la Grande loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO) en termes d’effectifs et se trouve en sixième position, derrière le Grand orient, la Grande loge, le Droit humain, la GL-AMF et la GLFF.

Mais la grande majorité et, aujourd’hui, la presque totalité des ateliers qui se créent dans cette obédience relève du spiritualisme. Au dernier convent de la GLMF, sur 220 loges, avec 19 allumages ayant étant réalisés en un an, 89 travaillaient au rite français, 88 au rite écossais ancien et accepté (REAA), 21 au rite de Memphis-Misraïm, 10 au rite Émulation, 6 au rite écossais rectifié (RER), 3 au rite Source et Lumière. Le rite français conservait de justesse sa majorité historique, devenue aussi relative que fragile. Au prochain convent, c’en sera fini, puisqu’on annonce 15 projets de création de loges, avec, sous réserve de confirmation, une seule au rite français.

Mutatis mutandis, la GLMF semble être devenue une sorte d’Amérique du Nord du XIXème siècle, qui était ouverte aux minorités religieuses protestantes ayant chacune leur idée de la religion. L’équilibre est d’autant plus menacé que des départs vers le Grand orient peuvent également s’effectuer.

Les causes de la prééminence spiritualiste

Jusqu’aux années 1960, chacun sait qu’il existait en France une domination religieuse catholique qui relevait d’une hégémonie culturelle longuement construite. Le catholicisme structurait un paysage philosophique et social, mais depuis les deux tiers du XIXème siècle, il a été de plus en plus contesté par une minorité protestante juive et athée, qui a réussi à installer un cadre laïque alternatif dans lequel le catholicisme s’est progressivement inscrit, avant de s’y diluer. Le courant communiste, très fort jusqu’aux années 1980, participait de ce cadre laïque, même si ce n’était pas sa priorité.

La franc-maçonnerie du Grand orient de France (GODF) d’un côté et du Droit humain (DH) de l’autre, lequel DH commençait dans ces années 1960 son aménagement du territoire, s’inscrivait dans ce cadre non seulement laïque dans son affichage, mais qui se dispensait en interne de la présence du Grand Architecte de l’Univers. La Grande loge nationale française (GLNF) et la Grande loge féminine de France (GLFF) étaient encore très faibles. Quant à la Grande loge de France (GLDF), elle n’était pas encore très spiritualiste. Dans ce paysage, toutes les sœurs travaillaient au rite écossais, ce qui restera vrai jusqu’en 1974, date à laquelle le Grand orient donnera patente de rite français à la GLFF, puis à la Grande loge mixte universelle (GLMU), la Grande loge mixte de France (GLMF) en héritant à sa création en 1982.

Puis, comme nul n’en ignore, le catholicisme s’est progressivement délité, au point que s’annonce sa prochaine disparition en tant qu’appareil clérical entre 2030 et 2035. C’est le produit de cet effondrement qu’il nous faut regarder de près si nous voulons comprendre ce qui se passe dans la franc-maçonnerie française. L’athéisme progresse tendanciellement et pas seulement dans notre pays, comme l’ont montré les précieuses études de l’institut Gallup. Mais il reste minoritaire et ce qui fait de plus en plus masse avec la disparition du catholicisme organisé, c’est un continent essentiellement post-catholique pour ce qui est de la France et d’autres pays proches. Cette nébuleuse se  retrouve  chez ceux qui trouvent du grain à moudre en franc-maçonnerie, autour de deux axes principaux.

Premier axe : la liberté d’interprétation non seulement du corpus judéo-chrétien, mais aussi de ce que l’on appelait dans un cadre religieux les hérésies, notamment dans la famille gnostique. À cela s’ajoutent les religions orientales et les pensées dites traditionnelles autour desquelles René Guénon qui est, à peu de choses près, le seul maître à penser des traditionalistes, a construit l’idée très contestable de tradition primordiale.

Deuxième axe : l’individualisation des idées et des pratiques et sa forme dérivée, le narcissisme, produit de la victoire du libéralisme, qui fait primer la volonté de développement personnel sur le rapport aux autres et, quelque part, installe la primauté de la psychologie sur la sociologie. Les processus de subjectivisation qui caractérisent le capitalisme moderne et la crise des appartenances, ne peuvent épargner la maçonnerie.

À l’intersection de ces deux axes, le-la maçon-ne spiritualiste cultive une forme d’égoïsme magnifié par un accès supposé à des lumières successives. Il se protège aussi d’une société qui s’avère non seulement de plus en plus agressive, mais  également de plus en plus délicate à penser.

Une certaine pratique du rite écossais correspond parfaitement à cette évolution, davantage que le rite écossais rectifié (RER) ou le rite français traditionnel, lesquels demandent un rapport personnel aux deux testaments et une croyance plus précise, telle qu’elle se vivait au XVIIIe siècle, ancrée sur un minimum de culture religieuse. Bien évidemment, il se trouve des maçonnes et maçons de rite écossais qui entrelacent volontiers le spirituel et le sociétal et, réciproquement, des adeptes du rite français qui spiritualisent leur propos à l’occasion, mais les tendances philosophiques dominantes sont bien réelles et opérantes.

À propos du rite français, nous ne négligeons pas l’intérêt géopolitique qui peut exister dans le fait que le Grand chapitre général du Grand orient de France rencontre désormais régulièrement son homologue de la GLNF. Mais sur le fond, quels que soient l’esprit de famille et la richesse symbolique de l’outil négligé par la symbolique maçonnique qu’est la tenaille, la divergence reste profonde entre ceux qui prennent acte du désenchantement du monde et ceux qui maintiennent coûte que coûte l’enchantement ou qui demandent au rituel d’être un outil de réenchantement, tout en regardant des nouvelles du XXIème siècle sur leur Smartphone.

Il faut souligner également que l’analyse philosophique, la prise en compte des rituels dans leur dimension éthique et philosophique, le traitement maçonnique du politique, l’analyse critique des imaginaires, tout cela demande des outils intellectuels et culturels et s’avère passablement exigeant. Cela peut également sembler élitiste et pour certains esprits, apparaître comme passablement condescendant.

En revanche, le fait de se laisser porter par une sensibilité cadrée par une inscription dans une tradition sans cesse interprétable est plus facile, plus confortable psychologiquement autant que cognitivement, et ce tous genres confondus. A ce propos, rappelons à quel point le Grand orient et le Droit humain portent à notre sens, parallèlement, la lourde responsabilité historique d’avoir exclu pendant une trop longue période les femmes du rite français. L’ouverture, il y a un peu plus de quarante ans, semble s’être effectuée trop tard, alors que les spiritualistes, au moins une partie d’entre eux, ont laissé très tôt une place aux femmes. Que l’on songe en particulier à ce que fut la mixité, voire la féminité dominante de la théosophie à la fin du XIXème siècle. Pensons aussi aux conditions de création de l’Union maçonnique féminine, future GLFF, par une marge féministe de la GLDF, au rite d’adoption, puis au rite écossais après la Libération.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas tenir ses positions, au prétexte que nous soyons de plus en plus minoritaires. En ce qui nous concerne, il s’agit d’une posture rationaliste et féministe, deux aspects qui ne furent hélas que très rarement menés de front, d’où la nécessité de les solidifier dans une résistance qui n’insulterait pas l’avenir. Il va falloir assumer ce paradoxe d’avoir à la fois gagné une guerre contre l’obscurantisme qui continue sur d’autres fronts, une guerre que nous n’avons certes pas menés tout seuls, et perdu une guerre froide qui n’a jamais été déclarée, contre les spiritualistes.

L’évolution que portent les spiritualistes avec toutes les nuances que l’on pourra leur trouver, nous paraît régressive par rapport à ce que nous avons acquis péniblement au cours des siècles. Certes, on peut s’attendre à une décrue dans quelques décennies, dans une nouvelle phase de désenchantement de l’Occident en général et de notre douce France en tête de pont. Mais, en attendant, il faut organiser une sorte de résistance (oui, oui), sans jeter nos sœurs avec l’eau du bain, sans accepter des retards sur les acquis de la parité et de la mixité du langage, principes qui ne peuvent aujourd’hui qu’être vécus comme minoritaires. Les processus d’émancipation sont fragiles, le monde profane en témoigne sans cesse et certains progressistes, hélas, trois fois hélas, les refusent, comme en témoigne le refus quasi général de féminiser les titres d’officiers, alors que la République a désormais des députées et des sénatrices.

Cela dit, pour avoir discuté avec certains membres d’obédiences masculines spiritualistes ou avoir lu le peu que l’on sait de la scission annoncée de la Grande loge féminine initiatique francophone au sein de la  Grande loge féminine de France, nous pensons qu’il n’y a pas que l’aspect post religieux qui soit en cause, mais que joue également une volonté de s’abstraire d’une situation politique et sociale trop difficile à penser et à supporter. Les développements du champ politique français que nous avons connus ces dernières semaines nous font penser, peut-être à tort, que même pour certains progressistes, la tentation du repli sur un cocon rassurant peut exister et même se renforcer. Déjà, la question du refus de l’autre sexe constitue une recherche de protection, peut être largement fantasmatique, mais réelle.

N’oublions pas que si les premiers francs-maçons anglais des années 1730 ont refusé de parler en loge de politique et de religion, ce fut essentiellement que leur pays sortait d’une terrible guerre civile à double cause politique et religieuse et que la réconciliation des Ancients et des Moderns au sein de la Grande loge unie d’Angleterre (UGLE) en 1813 fut entre autres aspects, la volonté de signifier une réconciliation entre l’Angleterre, l’Écosse et, pour partie l’Irlande.

Nous n’en sommes certes pas à ce point, mais beaucoup d’entre nous sont en train de perdre leurs repères et ont du mal à supporter la réalité. Ajoutons à cela que l’état du capitalisme, la tension sociale perdurante, tout cela pèse sur les familles, soit pour les raffermir, soit pour les diviser. La pression psychologique exprimée sur les individus n’a sans doute jamais été aussi forte en l’absence d’alternative réelle autre que d’extrême-droite et nous pouvons trouver ici un cadre d’explication, peut-être pas enthousiasmant, mais cependant solide.

Il  se trouve donc bien des maçonnes et des maçons qui mènent dans le civil une action sociale et parfois dans un sens progressiste, mais qui désirent que leur loge soit un lieu où s’exerce le moins possible ce qui pèse et divise au dehors. Que l’on estime qu’il s’agit d’une douce illusion et d’une façon de se mettre la tête dans le sable n’empêche pas que cela existe. D’où ce beau paradoxe, que nous accentuerons volontairement en mettant l’accent sur ce volet progressiste, minoritaire, mais éclairant du phénomène. On trouvera ainsi des féministes qui ne veulent pas que leur loge ou leur obédience le soit, des laïcs qui ne souhaitent pas que leur grand maître prenne position dans ce registre, des progressistes qui estimeront que ce n’est pas le rôle de la maçonnerie de faire bloc contre le front national.

C’est l’angoisse du dissensus, de ce qu’ils appellent la contamination du monde profane, c’est la peur de perdre pied dans la complexité qui font que certains se replient. Ce que recherchent ces sortes d’auto-réfugiés, c’est une manière de sacralité rassurante, dans laquelle ils pensent pouvoir diluer l’autre dans la gestion hasardeuse de leur narcissisme menacé. Ils cherchent à se fondre au dedans, par crainte de se dissoudre au dehors.

dimanche 16 avril 2017
  • 47
    DOG
    4 mai 2017 à 20:01 / Répondre

    Tout cela est bien beau et témoigne d’une grande culture de la part de chacun d’entre vous
    Mais une question me taraude depuis le début de ma lecture du texte et des commentaires, à savoir:
    Spiritualiste ou Sociétal quel que soit ton profil, ton credo, est ce que tu retrouve ton salaire ou non, prends tu plaisir mon frère dans ton atelier?
    Pour ma part c’est le cas et je n’ai pas pour habitude de critiquer ce qui procure plaisir à mon prochain dans la mesure où il en fait de même et ne cherche pas à m’imposer ses vues

  • 45
    PARLONSVRAI
    18 avril 2017 à 21:51 / Répondre

    Controverse sur le concept de « spiritualité » en Maçonnerie : débat faussé !
    La « spiritualité » n’est pas plus la propriété du champ religieux que celle des institutions « maçonniques » pieuses!
    Quand dans Phédon, Platon traite de la question du suicide et quand Camus affirme : « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide », l’un et l’autre s’interroge, hors dogmatisme religieux, en tant qu’individu doté d’esprit. André Comte-Sponville a bien posé ce concept lorsqu’il indique dans un entretien : « La spiritualité n’est pas une doctrine mais une dimension de la condition humaine, c’est la vie de l’esprit. »

    Comme la religion a toujours cherché à s’accaparer la spiritualité, les institutions maçonniques faisant référence à Dieu, de façon explicite ou implicite ont tenté de la même façon, de prendre « patente » sur le concept de spiritualité, leur permettant ainsi de rejeter les autres obédiences « libérales » dans le champ de l’humanisme, du sociétal. Ainsi les membres de la franc maçonnerie, qui ne proclament aucun dogme et se refusent de définir le divin et de dissoudre la FM dans le mysticisme religieux ne seraient, au mieux que des maçons « irréguliers » et au pire de « faux » maçons.
    Faut-il provoquer un nouveau « procès de Valladolid » pour convaincre les « traditionnalistes » et intégristes de la pureté du Rite que les « indiens », qui vivent en tribu dans les obédiences « libérales » disposent comme des milliards d’individus peuplant la terre, d’une dimension de la condition humaine : la vie de l’esprit ?

  • 44
    Chrysippe
    18 avril 2017 à 19:31 / Répondre

    Il est nécessaire de faire un peu de ménage dans le vocabulaire : « spiritualisme » désigne, en philosophie, toute doctrine reconnaissant à la fois l’autonomie et la supériorité de l’esprit, c’est donc une thèse ontologique sur la nature de l’esprit. À ce titre Comte-Sponville, qui se définit comme rationaliste et matérialiste (au sens ontologique), n’est certainement pas un hybride rationaliste/spiritualiste, comme le présente JPB (en 17). Par contre cet auteur est soucieux de « spiritualité », c’est à dire de favoriser une vie de l’esprit, indépendamment des grands courants religieux (qui sont tous spiritualistes au sens ontologique). Se soucier de « spirituel » c’est donc se soucier de ce qui concerne la totalité de l’esprit et non seulement des questions morales ou éthiques. Qualifiant d’ « exercices spirituels » certaines pratiques de la philosophie antique, Pierre Hadot écrivait : « Ces exercices ont une valeur non seulement morale, mais existentielle. Il ne s’agit pas d’un code de bonne conduite, mais d’une manière d’être au sens le plus fort du terme. La dénomination d’exercices spirituels est donc finalement la meilleure, parce qu’elle marque bien d’exercices qu’il s’agit d’exercices qui engagent tout l’esprit ». (Exercices spirituels et philosophie antique, Albin Michel, 2002, p. 77). Dans un sens, certains de nos frères, dans certaines de leurs planches font bien des « exercices spirituels » qui engagent tout l’esprit et non seulement la question morale (ou éthique). Je suis assez d’accord avec Alia (en 33 et 39), la maçonnerie pourrait jouer un rôle identique à celui que jouaient les philosophies antiques, sous réserve d’accepter la pluralité, donc de « réunir ce qui est épars » et de sortir du seul « sociétal » pour les uns ou de l’affirmation néo-religieuse pour d’autres. « J’aimerais bien qu’on me donne quelques détails sur cette spiritualité » écrit JPB (en 5), j’espère avoir un peu répondu mais, de mon côté, je demande à voir le sociétal, parce ce que franchement, les discussions « café du commerce », en tablier, ça existe aussi. Membre d’une loge bleue et, par ailleurs, d’un « think tank » national, je mesure la différence et préfère réserver mon travail « sociétal » à celui-ci et mon travail « spirituel » à celle-là.

    • 46
      ALJA
      19 avril 2017 à 11:06 / Répondre

      Chrysippe,
      J’adhère totalement à ton propos .
      C’était bien le sens de mes commentaires et j’avais en tête les mêmes références que toi (Hadot et Comte-sponville).
      Lorsque d’un coté les pseudo-rationalistes « sociétaux » et de l’autre coté les pseudo « néo-spiritualistes » auront fini de s’opposer, peut-être la FM pourra, dans l’harmonie, pratiquer ce qui est sa vocation : une spiritualité a-religieuse et a-dogmatique. Oui, la FM me semble bien être une voie d’initiation par l’apprentissage de la philosophie, au sens où l’entendait la philosophie antique (Pierre Hadot), c’est-à-dire une manière de penser, de vivre d’agir d’être. Cet apprentissage se fait, effectivement, par une série d’exercices spirituels comme les définit Hadot.

  • 41
    lazare-lag
    18 avril 2017 à 16:35 / Répondre

    @ yasfaloth (message 26):
    Commentant cette contribution de Jean-Pierre Bacot, tu dis: « Ce texte est clairement à l’usage «interne» des «sociétaux», peut être est il un appel à la cohésion des troupes et une façon de se rassurer. »
    – .
    Or, comme le précise Géplu il s’agit d’une analyse préalablement publiée sur le site de « Critica Masonica ». Et même publiée en deux parties, raison pour laquelle ici, sur « Hiram-be », le texte paraît relativement long.
    Et si l’on va sur le site qu’y voit-on en sous-titre de Critica Masonica?
    On y lit ceci:
    « Etude Critique et Académique du fait maçonnique, reflets de la revue. Envisage la Franc-Maçonnerie comme un univers culturel dont l’étude nécessite d’employer les outils des sciences humaines, de procéder à une nette séparation du réel et du légendaire et de procéder à la prise en compte de ce légendaire comme un fait social et historique. »

    Alors oui, il est vraisemblable que J-P. B. a un penchant certain pour la sociologie, mais sa revue, ni son site, ne sont des organes attachés à une obédience. Va qui veut sur le site, franc-maçon ou pas « sociétal » ou pas.
    Et lit, et s’abonne, qui veut aussi à la revue, sans distinction d’origine obédientielle, me semble-t-il.
    Je veux dire par là, mais finalement c’est à l’intéressé lui-même de le dire vraiment (je ne suis qu’un lecteur de sa revue comme de son site), que moi j’ai du mal à discerner ce que tu qualifies de : « un appel à la cohésion des troupes ».
    Et si tel était cependant le cas de quelles troupes parlerions-nous ?
    Existe-t-il une seule de nos obédiences dont on pourrait dire qu’elle soit parfaitement homogène en sa composition ?
    Rassembler ce qui est épars, n’est-ce pas aussi rassembler ce qui est différent ?

  • 26
    yasfaloth
    17 avril 2017 à 13:02 / Répondre

    Ce texte est clairement à l’usage « interne » des « sociétaux », peut être est il un appel à la cohésion des troupes et une façon de se rassurer.
    .
    En tout cas, je ne vois pas comment ils pourrait parler aux frères de la GLDF et d’autres obédiences similaires qui vivent leurs parcours maçonniques comme un quête de lumière dans ce qu’elle a justement d’abandon de la fonction nauséabonde et narcissique de l’Ego, avec le but essentiel de faire rayonner à l’extérieur, et, à nos mesures respectives, l’enseignement reçu en loge et qui pourrait se résumer en un mot : amour (agapé) .
    .
    Sous une rhétorique qui se voudrait analytique et rigoureuse se cache encore ici (bien mal) les à-priori et au fond l’incompréhension de l’auteur vis à vis d’une démarche (la notre) qui semble lui être fondamentalement étrangère.

    • 27
      PARLONSVRAI
      17 avril 2017 à 14:18 / Répondre

      Cher Yasfaloth
      tu évoques une GLDF que tu n’a certaiement pas connu car elle a fonctionné comme tu l’indiques il y a 50 ans.
      La GLDF de ce siècle est parfaitement décrite par JP Bacot : spiritualiste tendance transcendantielle sous influence du très religieux SCDF que Michel Barat qualifiait de sectaire.
      Toutes tes interventions sur les différents blogs, Myosotis compris, consistent à défendre moridicus ton obédience en livrant aux lecteurs une GLDF de carte postale. et de bisounours pétris de charité. L’enseignement développé en Loge ne traite pas de « l’amour » comme tu l’indiques mais des milliers de façons pour se convaincre que le GADLU c’est Dieu! L’amour du prochain c’est considéré comme du sociétal donc sujet à rejeter . Bacot parle juste!

      • 35
        yasfaloth
        18 avril 2017 à 03:36 / Répondre

        Cela fait belle lurette que je n’interviens plus sur le Myosotis Glamf… ceux qui connaissent doivent comprendre pourquoi.
        .
        Je parle de la GLDF que je vis, pas celle qu’évoquent les déçus qui s’expriment sur les blogs… et si mon soutient parait « mordicus » c’est que je n’interviens jamais publiquement pour émettre des critiques (sauf très rares exceptions), celles là je préfère les exprimer en interne. Ce doit être ma définition de la loyauté… oui je sais je suis effectivement un peu bisounours parfois 🙂 !
        .
        « L’amour du prochain c’est considéré comme du sociétal donc sujet à rejeter »… eh ben… je connais pas mal de frères qui doivent se tordre de rire (ou de commisération) si d’aventure ils lisent ce genre de c… particulièrement de ceux qui appartiennent à la juridiction !

        • 37
          Occitan
          18 avril 2017 à 12:36 / Répondre

          Très cher Yasfaloth,

          Voilà une réponse qui me chauffe le coeur (ainsi que le sublime poème plus bas). Je vis la même GLDF que toi et que la plupart des FF:. de l’obédience. Je répondrais à nos FF:. « sociétaux » en citant un président de la république (n’en tirez aucune conclusion quant à man vote à venir ;O)):
          Vous n’avez pas le monopole du coeur mes SS:. et FF:., non, vous ne l’avez pas!
          Par contre ce que je constate c’est que vous nous connaissez bien mal….
          Adissatz et bises à toutes et tous.

    • 29
      GLorDinFel
      17 avril 2017 à 15:12 / Répondre

      Le raccourci fait par l’auteur RF= sociétaux, REAA= spiritualistes est en train de fortement évoluer à cause ou grâce aux Grands Maitres Présidents des obédiences respectives. J’ai écouté Charuel dimanche sur France culture essayant de faire un bilan bien maigre de son action à mi-parcours. Toujours la jeunesse, la jeunesse, la jeunesse avec des comme seuls événements des colloques qui parlent de l’amour selon Tinder ou du dépassement de soi des sportifs (sport est souvent associé à l’argent, la drogue, et la triche qui sont loin de nos valeurs ). Le journaliste franc-maçon l’a laissé dire un énorme mensonge: 1/3 des FF de la GL ont moins de 30 ans! bobards!!!.
      Quand il parle de tradition, c’est pour dire qu’un livre va sortir un livre (avec des fac-similés monsieur!), et qu’il y aura un plateau télévision. Toujours le paraitre.
      Écoutez HABAS et comparez.
      Donc la GL devrait faire attention à ne pas troubler son ADN

      • 32
        JPB
        17 avril 2017 à 16:07 / Répondre

        Raccourci pas tant que ça, vas voir une cérémonie d’élévation au 3°au RF et au REAA et tu verras et entendras la différence. eh puis, of course Gadlu or not Gadlu, ça change l’ambiance.
        Cela dit les exemples que tu donnes vont dans le sens de cette différenciation que tu me reproches.

        • 33
          Alja
          17 avril 2017 à 17:30 / Répondre

          Pourquoi définir le spiritualisme comme un intermédiaire entre la croyance religieuse et l’athéisme ? Pourquoi dire spiritualisme et non pas spiritualité ?
          Celle-ci en tant qu’aspiration à… , qu’espérance en …, que foi (fides=confiance) est antérieure à sa captation par les religions, et les religions n’en ont pas le monopole.
          La spiritualité recouvre tout autant l’aspiration à ..que la recherche intérieure et le développement personnel. Elle est inhérente à la condition humaine. Elle est recherche de sens plus que de Vérité. Elle structure l’imaginaire et l’inconscient.
          Bergson, Jankélévitch, Conche et Comte-Sponville ont écrit sur cette notion que l’on peut qualifier de « spiritualité laïque ».
          Il me semble qu’après des siècles de captation de la spiritualité par les religions, la spiritualité, en Occident, est en train de s’en dégager. Il me semble même que la FM est, justement, porteuse de cette spiritualité-là !

          • 38
            Luciole
            18 avril 2017 à 13:41 / Répondre

            ALJA,je partage ce point de vue et, pour Emmanuel, je peux témoigner que pas plus « les logiques d’appareil de la GLdF que du SCdF » ne sont jamais intervenues dans mon parcours serein d’athée bienveillant.

            T’énerve pas Yasfa nous en entendrons d’autres…

            • 39
              ALJA
              18 avril 2017 à 15:01 /

              Luciole, il n’est pas aisé, en sociologie, de s’extraire du champ que l’on prétend observer de l’extérieur alors que l’on se situe soi-même à l’intérieur du champ. JPB, dans son article par ailleurs très intéressant, n’a pas su, à mon sens, éviter cet écueil.
              C’est pourquoi en « rationaliste » et « sociétal » qu’il est, il ne peut que renvoyer dos à dos « sociétal »et « spiritualisme ».
              Il constate la progression des obédiences « spiritualistes » mais ses « à-prioris » idéologiques l’empêchent d’analyser correctement le phénomène. Celui-ci correspond à un besoin, plus ou moins conscient, dans la société civile d’une spiritualité a-religieuse (dite improprement laïque). Ce courant n’est pas une mode ; il est une tendance forte et durable de nos sociétés modernes occidentales. La franc-maçonnerie, si elle le comprend, a un vrai rendez-vous historique car, en gros, c’est ce qu’elle propose depuis 3 siècles. L’obédience qui, sans tomber dans le sociétal d’un coté ni du coté « religieux » ou para-religieux (néo-spititualisme), a un boulevard devant elle dans son développement. Le problème, c’est que je ne vois pas, à l’heure actuelle, une seule obédience dans ses instances dirigeantes ayant conscience de cela.

            • 43
              Emmanuel
              18 avril 2017 à 18:23 /

              Eh bien ce n’est pas mon cas ni celui d’un grand nombre des démissionnaires ou des absentéistes.

    • 30
      Emmanuel
      17 avril 2017 à 15:36 / Répondre

      Bonjour
      Mon TCF tu écris : « je ne vois pas comment ils pourrait parler aux frères de la GLDF et d’autres obédiences similaires qui vivent leurs parcours maçonniques comme un quête de lumière dans ce qu’elle a justement d’abandon de la fonction nauséabonde et narcissique de l’Ego, avec le but essentiel de faire rayonner à l’extérieur, et, à nos mesures respectives, l’enseignement reçu en loge et qui pourrait se résumer en un mot : amour (agapé)… »

      Encore faut-il que les logiques d’appareils (GLDF et SCDF) ne viennent y faire obstacle par leurs prétentions hégémoniques et égotiques.

    • 31
      JPB
      17 avril 2017 à 16:00 / Répondre

      Ce texte n’a rien d’interne. La quête de lumière est tout ce qui est de plus respectable, mais à voir le nombre d’obédiences s’en réclamant et qui ne s’aiment pas trop on peut douter de son efficacité quant aux comportements.
      Encore une fois, risquez-vous à des analyses argumentées et vous recevrez des commentaires.
      Que la lumière les éclaire, ceux qui l’aiment tant.

      • 36
        yasfaloth
        18 avril 2017 à 03:49 / Répondre

        Tiens, cadeau !

        Caminando, caminando
        Voy buscando libertad
        Ojalá encuentre camino
        Para seguir caminando
        Ojalá encuentre camino
        Para seguir caminando
        Es difícil encontrar
        En la sombra claridad
        Cuando el sol que nos alumbra
        Descolora la verdad
        Cuando el sol que nos alumbra
        Descolora la verdad
        Cuánto tiempo estoy llegando
        Desde cuándo…

        • 40
          lazare-lag
          18 avril 2017 à 16:06 / Répondre

          @ yasfaloth: j’ai failli te demander de bien vouloir nous citer l’auteur de ce beau poème, que tout le monde en profite.
          Puis, finalement suite à une petite recherche (Wikipedia, quand tu nous tiens…) j’ai été à même de voir qu’il s’agissait (pour moi un total inconnu) d’un dénommé Victor Jara, chilien, communiste, et chanteur-compositeur décédé le 16 septembre 1973 au tout début de la dictature Pinochet. Donc pas vraiment de mort naturelle on l’aura bien compris….
          Et même si je bute sur certains mots (Ojala?), mon espagnol est loin, (seconde langue au collège et rarement usité depuis) je crois avoir pu en apprécier l’essentiel : la poésie et la musicalité.

          • 42
            lazare-lag
            18 avril 2017 à 16:43 / Répondre

            Fouillant encore, j’apprends qu’un militaire chilien vertueux lui a sectionné les doigts des deux mains à coup de hache, pour qu’il ne chante plus avec sa guitare. Et comme il s’obstinait a chanter a capella, c’est une rafale qui aura eu raison de lui…

  • 18
    Arsène
    16 avril 2017 à 20:33 / Répondre

    L’initiation est une notion romantique qui n’a rien à voir avec la tradition maçonnique

    • 19
      PARLONSVRAI
      16 avril 2017 à 21:08 / Répondre

      Arsène : Merci pour ton affirmation olympienne sans explication ! Paux-tu nous expliquer ce qu’est la « tradition maçonnique » qui ferait partie intégrante de ta conception de la FM qui ne retiendrait pas « la démarche initiatique » ? On parle bien de FM n’est-ce pas ou de religion?

      • 22
        Arsène
        17 avril 2017 à 09:15 / Répondre

        Il faudrait reprendre les rituels pour savoir exactement à partir de quand le mot « initiation » qui a toujours existé s’est imposé à la place de « réception » pour le moment crucial de l’entrée du profane (voir aussi l’histoire de ce mot). Le régulateur (1785) et les premiers rituels du REAA parlent aussi de réception.
        Je parlais de tradition un peu au second degré, en effet les traditionalistes, très attachés au passé choisissent un terme qui s’est imposé dans la période romantique, vu que « initiation » cela fait évidemment plus ci plus ça que « réception ».
        Bref le travail sur l’histoire des symboles et des notions reste à faire?. Qui s’y colle?

    • 20
      Vincent Marche
      17 avril 2017 à 08:44 / Répondre

      C’est sans doute pour cela qu’elle intègre une graduation progressive ( pas forcément progressiste), ce qui est le propre même de toute société  » initiatique » .

    • 21
      Vincent Marche
      17 avril 2017 à 09:15 / Répondre

      Arsène, Si la FM n’est pas une société initiatique, on se demande pourquoi une graduation par degrés, des rites, des mythes et des symboles.
      L’initiation n’a pas attendu le « romantisme » pour exister et il me semble voir une certaine « condescendance » dans l’utilisation péjorative que tu fais du mot « romantisme ». Si la FM ne manie pas de « l’imaginaire » , c’est à se demander pourquoi elle transforme des « boutiquiers » en « Chevaliers » ….
      La Tradition ? Oui, laquelle ????

      • 23
        Arsène
        17 avril 2017 à 10:39 / Répondre

        Il ne s’agit pas de contester l’existence d’une « démarche initiatique », mais de savoir quand elle s’est installée et dans quel contexte. Le romantisme n’est ni laudatif ni péjoratif, il définit une époque et un état d’esprit. Encore une fois, allons aux textes, calmement, datons les choses. La tradition est une construction. Une fois ce travail de généalogie effectué , on peut penser ce que l’on veut. Le gros travail fait par Philippe Michel sur l’histoire des rituels est à ce titre précieux

        • 28
          PARLONSVRAI
          17 avril 2017 à 14:42 / Répondre

          Se référer en permanence à la tradition et aux textes des fondateurs est parfaitement réactionnaire et non conforme à une réalité du vivant qui doit s’adapter car son environnement est en perpétuel mouvement.La démarche initiatique est tournée vers le présent et le futur du maçon qui doit faire des choix de vie et non vers un passsé idéalisé. La sagesse n’est pas dans un Éden figé qui contiendrait toutes les vérités à suivre parce que figurant dans des écritures saintes qui doivent être suivies à la lettre. Réactionnaire traditionnaliste ou humanisme progressiste voilà le choix !

        • 34
          Alja
          17 avril 2017 à 17:40 / Répondre

          C’est une affaire entendue, à l’origine de la FM « spéculative » on parlait de « réception » et il a fallu près d’un siècle pour élaborer, par degrés, la graduation initiatique. Mais l’histoire, même si elle est très utile, n’est pas la clé unique de compréhension. En effet, même à l’origine, la « réception » maçonnique contient tous les éléments de ce que l’anthropologie nomme « initiation ». Au demeurant, « la fille des lumières » l’est tout autant de « l’illuminisme » du 18iè siècle, notamment dans ses « hauts-grades » ; et l’Illuminisme est, oui, précurseur, effectivement du « romantisme ».

    • 24
      Chicon
      17 avril 2017 à 10:48 / Répondre

      @arsene – l’initiation n’a en effet rien à voir avec la Tradition Maçonnique. Initiation par sa racine latine « inititium » signifie commencement ou début, rien de plus. Le cérémonial qui consiste à donner la lumière ne signifie pas avoir acquis toute la connaissance mais simplement et seulement le début.

  • 15
    PARLONSVRAI
    16 avril 2017 à 19:29 / Répondre

    Si j’ai bien compris suite à ma fréquentation de loges pendant des années lA SPÉCIFICITÉ de la FM c’est de proposer à un individu d’accomplir une démarche INITIATIQUE en totale linerté de conscience et sans entraves dans la recherche de la Vérité. Il est aidé en cela dans une Loge qui est composée d’autres individus de toutes générations, conditions et convictions pholosophiques et/ou de croyances. Si l’on admet cela il y a une contadiction formelle et totale avec l’idée d’être conditionné par un corpus religieux partagé par tous les individus de sa Loge ce qui constitue un double enfermement. Où est la démarche initiatique avec une totale liberté de conscience si le cadre contraignant ( écritures saintes, rite et rituels) est censé vous fournir toutes les réponses aux questions que l’on se pose et même à celles qu’on ne se pose pas, tout cela pour trouver le divin en soi? La démarche initiatique, au contraire, a comme objectif de vous aider librement à trouver les bonnes questions qui vous concernent VOUS et SI POSSIBLE à vous aider à trouver les réponses à ces interrogations. Ceci étant on a le droit de considérer que la FM offre une religion de substitution et son obédience une Église . On a le droit de penser que l’on est un vrai maçon mais autant être FRANC et dire que l’on est un maçon RELIGIEUX OU PIEUX ayant une démarche mystique. Dans ce cas il ne faut pas masquer ses croyances sous le vocable de SPIRITUALITÉ. PARLONS VRAI LES MAÇONS FRANCS !

  • 14
    patrox
    16 avril 2017 à 18:41 / Répondre

    merci JPB pour cet article qui fait vraiment réfléchir, et à Geplu de nous l’avoir publié.

    juste un détail : avec les effectifs annoncés la GLMF se trouve en position sage, c’est-à-dire la 7e.

    Je doute que la balance sociétal/spiritualiste soit aussi simple que RF/autres rites : je connais plein de loges ( GLMF notamment ) au REAA qui font à la fois du sociétal et du symbolique, et j’avoue que cette approche me séduit : même s’il faut travailler sans relâche sur soi, s’interdire toute réflexion sociétale en loge est un tabou fort violent .
    On peut varier la proportion sociétal/symbolique dans les planches en fonction du souhait des membres de la loge, d’une année sur l’autre.

    • 16
      JPB
      16 avril 2017 à 19:32 / Répondre

      Effectivement, Patrox, la GLMF est septième. Je sais lire et écrire, mais pas compter, nouvelle devise.
      Quant à la frontière sociétal/symboliste, bien d’accord avec le fait qu’elle soit floue.
      Cela dit il y a des approches philosophiques, historiques, sociologiques, voire politiques possibles du symbolisme.
      La frontière, peut-être également floue, passe plutôt ce me semble entre dominante sociétale et dominante spiritualiste. Des deux côtés il peut y avoir du symbolique, mais j’oserai dire que du côté sociétal, c’est plus exigeant.

  • 6
    PARLONSVRAI
    16 avril 2017 à 12:47 / Répondre

    Dans la Charte de la LNF « Maçonnerie Traditionnelle Libre », adoptée en 1969 le Titre Ier indique : « La franc-maçonnerie est de nature spirituelle, religieuse et traditionnelle ». Je pense que lorsqu’on évoque les obédiences « spiritualistes » elles sont de même nature que cette doxa de la LNF à savoir RELIGIEUSE. Quand on évoque les obédiences « sociétales » il faut dire qu’elles pratiquent une spiritualité LIBRE non dogmatique.
    D’un côté il y a une quête de mysticisme et de contact vertical personnel à Dieu et de l’autre une démarche horizontale; initiatique et laïque pour ceux qui, comme le disait Pierre Dac que la GLDF va honorer avec le GODF le 1er Mai : « préfère le vin d’en bas à l’eau delà ».

    • 7
      JPB
      16 avril 2017 à 13:09 / Répondre

      On peut effectivement choisir une autre clef de lecture, la posture transcendentialiste et la posture immanentiste.
      Respect gardé envers la LNF, je la mettrai plutôt du côté des croyants. Entre cette position et celle de la maçonnerie où l’on trouve beaucoup d’athées et d’agnostiques ( pas seulement, certes), il existe tout un continent de méta croyance post ou para religieuse, qu’importe les prépositions.
      S’ajoute à cela, l’individualisation, voire la narcissisation, le développement de son égo quelque part contre ou en tout cas sans la société.
      L’intérêt de Pierre Dac, c’est de prendre un peu de distance par rapport à la notion d’initiation par exemple. Il n’est qu’à voir le résultat chez certains après 33 ans de pratique.

      • 10
        Vincent Marche
        16 avril 2017 à 16:48 / Répondre

        La montée de l’individualisme égotique est un fait qui doit être analysé. Il aboutit d’ailleurs au fait que chaque individu, dans nos sociétés occidentales matérialistes consuméristes se bricole son propre néo-spiritualisme individuel, en refusant d’une part les « dogmes » des religions institutionnalisées, d’autre part en ignorant totalement la définition des concepts qu’ils véhiculent (qui connaît la différence entre réincarnation et résurrection, par exemple). Un bricolage conceptuel « new-age ». Je ne suis pas sûr d’ailleurs que la lucidité humaine ait progressé sur ce plan.
        Il faudrait mieux définir ce que l’on entend par « religion » et par « spiritualité ». Pour ma part, je pense que l’homme a besoin de croire et d’espérer. Ce peut être le début d’une définition de la spiritualité. Le FM croit et espère …. Il n’est pas un nihiliste, il a la foi, fusse-t-elle celle d’un « incroyant ». Cela relève donc de sa spiritualité.

        • 11
          JPB
          16 avril 2017 à 17:13 / Répondre

          Besoin d’espérer, je veux bien, de croire, je ne suis pas certain. Les spiritualistes doivent admettre que tout le monde ne pense pas comme eux. Cela dit, on doit pouvoir s’entendre sur le fait que la religion, c’est le rapport à un corpus théologique constitué, nécessitant un bout de culture, le spiritualisme, tel qu’il fonctionne en tout cas et que tu décris bien, c’est un bricolage établi, le plus souvent, par synthèse de vulgates. En ce sens, intellectuellement parlant, le spiritualisme est une régression par rapport au religieux.
          On ne va pas se faire que des amis, mais la discussion est intéressante.

          • 13
            Vincent Marche
            16 avril 2017 à 18:30 / Répondre

            La question n’est pas de se faire des amis. Essayons de poser au moins, clairement, les termes du débat.
            En passant, ma référence à « la foi d’un incroyant », c’est un bouquin de Henri Janson. Les FM ont foi en… (ne serait-ce qu’en la perfectibilité de l’homme. Cela n’en fait pas des « croyants » forcément.
            Dans « L’esprit de l’athéisme-Introduction à une spiritualité sans Dieu », Comte-Sponville a très bien défini notre propos.

            • 17
              JPB
              16 avril 2017 à 19:41 /

              Comte-Sponville est un hybride rationaliste/spiritualiste assez doué, c’est sûr, mais pas ma tasse d’athée. Il est possible de tenter une position centriste, mais bon, il y a des limites. Quant à Henri Janson, que je n’ai pas lu depuis des lustres ( pas cet ouvrage en tout cas) je n’ai pas le souvenir d’un personnage très clair et je ne sais pas trop en quoi il eut foi. Mais ne tirons pas sur les ambulances.

    • 8
      Vincent Marche
      16 avril 2017 à 15:55 / Répondre

      Et la transcendance dans l’immanence ? Ne faut-il pas pour être FM être « d’aplomb et d’équerre »? C’est-à-dire au point de rencontre de l’horizontalité de l’immanence et la verticalité de la transcendance ? Qui n’est d’ailleurs pas forcément « religieuse ». Sinon, pourquoi un fil à plomb pendant de la voûte étoilée, pourquoi une « étoile flamboyante », pourquoi un homme de Vitruve dans un pentagramme (le lien entre le ciel et la terre »?) Est-on FM si on n’est que dans l’horizontalité, l’immanence ???

      • 12
        JPB
        16 avril 2017 à 17:39 / Répondre

        Il faudrait demander aux historiens du symbolisme quand le fil à plomb ou l’homme de Vitruve ont été introduits dans les temples maçonniques français.
        A mon avis, mais je peux me tromper, ça n’est pas si vieux que cela.
        Ne participaient-ils pas d’une re-spiritualisation de la maçonnerie, d’une re-verticalisation?
        A vérifier.
        Cela dit, je veux bien qu’on installe une transcendance vide pour arbitrer entre les immanences, mais il faudra une super transcendance pour arbitrer entre les conceptions de la transcendance et ainsi de suite.
        L’urgence est bien en ce moment à refaire société, de l’horizontalité. D’aplomb, oui, pour se tenir droit et digne, mais pas pour imaginer je ne sais quoi au delà de la voute étoilée. En tout cas, encore une fois pour une conception essentiellement éthique de la maçonnerie. Il en est d’autres et elles sont respectables.

  • 5
    JPB
    16 avril 2017 à 11:03 / Répondre

    Merci de cette contribution, Vincent. Il est certain que toute typologie appelle une nécessité de regarder de près ce qu’il en est et la frontière entre maçonneries sociétale et spiritualiste est floue, mais en termes de dominantes, je maintiens mon idée de deux directions.
    Quant à savoir, puisque l’on cite Weber, si les loges doivent être un lieu de réenchantement du monde, c’est un débat de fond.
    D’accord pour parler de néo spiritualisme, mais dans ce cas il y aussi du post religieux, une sorte de victoire finale du protestantisme si l’on veut. Je crois avoir défini, mais il faudrait tout un livre, ce continent qui se situe entre l’athéisme et la croyance instituée. Qu’une partie de la maçonnerie en fasse partie, je n’ai absolument rien contre, mais il y a une autre option, qui utilise en gros les rituels comme appel à une réflexion éthique.
    Cela dit, j’aimerais bien qu’on me donne quelques détails sur cette « spiritualité »…

    • 9
      Vincent Marche
      16 avril 2017 à 16:14 / Répondre

      JPB, pour préciser ma réflexion, je pense que notre société est, effectivement, en train d’entrer dans une ère de « post-religion » , en tout cas « religion instituée » . D’où d’ailleurs, les derniers soubresauts très violents. Ce que l’on appelle FM « spiritualiste » s’apparente plus, selon moi, à une « religion de substitution » et à du « néo-spititualisme » qu’à autre chose. Les rituels commencent effectivement à une réflexion éthique, mais je ne suis pas sûr qu’ils s’arrêtent là (surtout si on intègre les « hauts-grades »)
      S’agissant des loges comme « lieu de réenchantement » du monde, plutôt que se demander si elles « doivent » en être le lieu, il conviendrait, me semble-t-il, plus « rationnel » , plus « logique » de partir du constat que, de fait, elles en sont un. Consciemment ou inconsciemment. Que les « rationnalistes » aient du mal à le reconnaître veut simplement dire, selon moi, qu’ils en sont restés à la définition des « scientistes » positivistes du 19ième siècle qui appelaient l’inconscient et l’imaginaire « la folle du logis ». Je pense pour ma part que l’imaginaire et l’inconscient existent et qu’il vaut mieux l’analyser rationnellement plutôt qu’en nier l’existence. Autrement dit, j’aimerais que les FM « rationalistes » prennent conscience qu’en tournant autour d’un fil à plomb, ils font, symboliquement, la même chose pour les mêmes raisons que les musulmans tournant autour de la kaaba: ils cherchent à rejoindre par un escalier à spirale le monde de l’esprit (ou le monde des dieux ou de dieu ou du Gadlu, c’est idem) L’anthropologie de l’imaginaire (Gilbert Durand), cela existe et n’a rien à voir avec ni le spiritualisme, ni le néo-spiritualisme qui sont des « croyances ». Je pense moi que si il y a des symboles « universels » , c’est parce que la boite craniene des hommes est la même partout depuis longtemps et que l’homme qui, finalement, a peu d’imagination, fabrique les mêmes images pour cette raison.

  • 3
    Vincent Marche
    16 avril 2017 à 10:34 / Répondre

    L’article de JP Bacot est très intéressant, comme toujours et très référencé. Mais je ne suis pas persuadé pour autant que l’analyse soit pertinente. Pour Bacot, il y aurait une fm spiritualiste et une fm sociétale. Le seconde étant « rationaliste », la première donc « irrationaliste » selon lui, c’est-à-dire « spiritualiste ». Je pense que c’est mal poser la question. D’une part parce que jean-Pierre Bacot confond, à mon sens, spiritualité et spiritualisme. Ce qu’il appelle « spiritualisme », je l’appelle « néo-spiritualisme » ; d’autre part la diminution du sentiment religieux en Occident (en France particulièrement où 60% déclarent ne pas adhérer à une religion ») ne fabrique pas pour autant des « rationalistes ». Tout au contraire.
    Le désenchantement du monde qu’annonçait Weber à la fin du 19ième siècle, dû au rationalisme et au matérialisme, et en une « croyance » au progrès scientifique et technique, a bien eu lieu. IL a fait renaître, et c’est une vague de fond, un plus fort besoin de réenchantement du monde, un retour de l’imaginaire et surtout un besoin de spiritualité (je n’ai pas dit de spiritualisme), dégagée des dogmes religieux. C’est justement ce qu’offre la franc-maçonnerie, avec ses mythes, ses rites et sa pensée symbolique ; je pense que si depuis 20 ans, de plus en plus de jeunes se tournent vers la fm, c’est parce qu’ils espèrent, à tort ou à raison, y trouver cela.
    La typologie proposée par Bacot n’est donc pas opérante. La vraie question est : la FM est-elle un club, une société de pensée, une société initiatique porteuse d’une spiritualité. Elle est, un peu, les trois, mais de mon point de vue, d’abord une société initiatique porteuse d’une spiritualité. (je répète, je n’ai pas dit porteuse d’un néo-spiritualisme qui ne saurait être, de mon point de vue qu’un néo-spiritualisme de bazar)
    L’avenir de la franc-maçonnerie se joue là. Tant que, comme Bacot, on posera « mal » le problème, en opposant une FM pseudo « spiritualiste » et une fm « rationaliste », on ne comprendra pas ce qui est en train de se jouer (On se demande pourquoi des « rationalistes » tourneraient en rond avec un tablier sinon en concession à un certain folklorisme ???).
    A ma connaissance, il y a, d’ailleurs, autant de spiritualité dans certaines versions du RF qu’au REAA.
    Il y a un très fort besoin, dans la population, d’une spiritualité dégagée des dogmes religieux, appelons-la « laïque » par commodité. La FM, si elle renoue avec ses sources peut y répondre.
    Cela suppose, une bonne fois pour toutes selon moi, que ceux qui se prétendent « rationalistes » à défaut d’être rationnels, admettent qu’ils sont dans une société initiatique progressive (et non pas progressiste) spirituelle …Et je renvoie dos à dos les « croyants » du rationalisme comme les « idolâtres » du « néo-spiritualistes. Il n’y a pas dichotomie entre raison et imaginaire, il y a complémentarité. C’est, en tout cas, ainsi que j’interprète l’invitation qui est faite à tous les maçons de sortir de la pensée binaire pour accéder à la pensée ternaire.
    Dans tous les cas, il vaut mieux savoir que l’on croit que croire que l’on sait. C’est aussi valable pour le Frère JP.Bacot

  • 2
    lazare-lag
    16 avril 2017 à 08:56 / Répondre

    Avis d’Astronome64 partagé intégralement.
    Autant sur le fond de l’article de JB Bacot, que sur l’illustration de Gottlieb et/ou Gotlib.
    Ah, « Les Dingo-Dossiers », « Rubrique à brac », « Super-Dupont », etc….
    Effectivement, avec ou sans Goscinny, Gotlib c’était quelque chose pour nous natifs du siècle dernier.
    Mais, pour paraphraser quelqu’un d’autre, la nostalgie n’est plus ce qu’elle était.

    • 4
      astronome64
      16 avril 2017 à 10:49 / Répondre

      Comme quoi un lecteur de Pilote (Mâtin quel journal !!) n’est pas forcément mauvais ! Je ne sais pas si c’était mieux avant, mais c’était pas si mal déjà en termes de libertés de penser ! et ça me fait penser à Cabu….. Nostalgie quand tu nous tiens….

      • 25
        Chicon
        17 avril 2017 à 11:04 / Répondre

        @astro 64 – Gotlib, ce génie de la B.D. Faisait passer un message souvent très simple à travers ses dessins, c’est donc de l’Art, du vrai. La franc-maçonnerie est très simple si l’on prend l’analogie avec les constructeurs du départ. Elle peut être plus élaborée si on y mêle transcendance et psychologie. Bon , j’arrête, j’ai mal à la tête.

  • 1
    astronome64
    16 avril 2017 à 07:56 / Répondre

    Article très intéressant, instructif qui ouvre débat sur de nombreux points. Et quel plaisir de le voir illustré par une vignette du si regretté Gotlib !! Constatons au passage que le prophète (allah ?) y est représenté… et qu’en 1974 ça ne posait pas de problème…. c’était au siècle dernier….

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