Humanisme 316

Humanisme N°316

Par Géplu dans Edition

Après que Samuël Tomei ait consacré son éditorial à traiter de l’Universel, (…) La sacralisation des différences conduit à ruiner notre aspiration à l’universel  (…) à l’heure de la fragmentation de la société à laquelle la mondialisation n’est pas étrangère, n’est-il pas impératif de remettre l’universalisme républicain sur le métier ? Pas plus que l’enchaînement de l’homme à sa supposée race, « l’homme nouveau », sans racines donc impersonnel, rêvé par les utopies totalitaires et certaines mouvances gauchistes, ne saurait être notre horizon : l’accès immédiat à l’universel par l’abolition des frontières et des différences est une marotte d’adolescent ; il faut passer par une série de médiations et il nous faudra bien choisir, pour la plus cruciale, entre la tribu qui asservit et la nation civique qui affranchit –  dans le respect de différences soumises à la loi égale pour tous., le numéro 316 d’Humanisme paru fin août 2017 présente deux dossiers. Le premier est consacré au problème de la relation entre le Transhumanisme et l’Humanisme, et le second à l’enseignement des questions religieuses.

Humanisme 316Charles Coutel, Samuël Tomei et Pascal Bajou lancent le premier dossier par un entretien avec Christophe Habbas, titré « Nous sommes déjà dans l’ère transhumaniste ».

Christophe Habas, fin connaisseur du sujet, y déclare : Le transhumanisme est un courant philosophique, scientiste, technophile, matérialiste et mélioriste. Ce mouvement considère que l’évolution de l’espèce humaine passe par une hybridation biotechnologique. Il est également techno-prophétique puisque explorant la condition humaine future à l’aune de l’osmose entre l’homme et la machine ; or il se trouve qu’il prépare d’ores et déjà l’avènement de cette société et force est de constater que nous nous trouvons déjà dans une ère transhumaniste, que l’on est passé d’un courant philosophique à un courant politique et social. Et c’est là que les choses deviennent plus périlleuses (…) nous ne sommes plus dans la fiction. Et, au-delà de la base scientifique, nous devons tenir compte de la présence, désormais, d’un mouvement politique et industriel de plus en plus ample dans la matière. Nous devons donc axer notre réflexion éthique et philosophique sur la question de savoir ce qu’est une vie bonne, une vie intéressante dans une société hyper technologisée. (…)

Suivent sur ce sujet d’autres articles tout aussi passionnants d’Annick Drogou : Le bateau de Thésée comme métaphore du transhumanisme ; d’Hervé Cuillandre : Intelligence artificielle : homme augmenté ou homme substitué ? ; Et enfin de Fabrice Maurice, sur Humanisme et posthumanismes.

Le dossier sur l’enseignement des questions religieuses est introduit par un propos de Jacques Garat, qui avait été l’animateur de la conférence sur la même question donnée le 6 juin au Grand Orient de France : « Faut-il enseigner les questions religieuses à l’école ? » :  On peut se poser bien des questions sur le sujet mais certainement pas celle-là. On peut se demander, par exemple, sur quoi doit porter cet enseignement… S’il doit être un enseignement des religions, ou « du fait religieux » –  mais d’autres préfèrent alors parler « des faits religieux » –  ; s’il doit être abordé à travers les disciplines existantes ou faire l’objet d’un enseignement autonome et, dans ce cas, par qui il doit être dispensé, jusqu’où il doit aller, etc. Toutes questions qui se situent clairement dans le domaine du « comment », présumant définitivement réglée la question du « pourquoi »… Or, l’idée même que l’on devrait enseigner le fait religieux à l’école est très loin de faire consensus (…) La réponse, loin d’être évidente, a d’ailleurs beaucoup variée dans le temps. (…).

Pour tenter d’y répondre, cinq intervenants de qualité : Charles Coutel, qui présente un article sur : L’enseignement laïque des questions religieuses à l’école : principes et propositions. Puis Alain Bentoulila : Réconcilier spiritualité et laïcité. Puis Philippe Foussier : Du rôle de l’école de la République. Catherine Kintzler présente ensuite une réflexion sur : Les humanités et l’enseignement du « fait religieux », et Humanisme termine en donnant la parole à Ferdinand Buisson, en republiant un texte édité la première fois le 2 février 1908 dans La foi laïque : Pour l’enseignement de l’histoire des religions.

Humanisme peut-être commandé chez Conform Editions.

mercredi 20 septembre 2017 Pas de commentaires

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