Catherine Kintzler juin 2017

Une interview de Catherine Kintzler sur la laïcité

Par Géplu dans Dans la presse

Catherine Kintzler, philosophe, auteur de nombreux livres sur la laïcité dont Penser la laïcité et gestionnaire du site Mezetulle a donné en juin 2017 une interview à Jean Cornil, du CLAV (Centre laïque de l’audiovisuel, Bruxelles). Cette vidéo de 26 minutes vient d’être mise en ligne.

Après avoir rappelé que « l’engagement du citoyen dans une association laïque n’est pas un engagement de croyance, c’est un engagement raisonné », et que « c’est le peuple qui produit sa propre législation, autoconstituante, et il va pouvoir la défaire, l’amender, la modifier »,  Catherine Kintzler explique qu’il ne faut pas confondre principe de laïcité et régime de laïcité. Le principe de laïcité est la règle selon laquelle la puissance publique doit s’abstenir de toute prise de position et de déclarations sur des positions religieuses ou métaphysiques. C’est le principe d’abstention. Mais celui-ci est limité au champ de la puissance publique et n’a de sens que parce qu’il permet de libérer un autre domaine, celui que l’on appelle la société civile. Celle qui relève du droit privé. Là c’est la liberté d’expression qui s’applique, dans les limites du droit commun bien entendu. Et il y a une articulation entre ce principe et ce régime, on passe sans arrêt de l’un à l’autre.

Mais deux dérives guettent cette harmonie : la première est de prétendre que le principe de laïcité doit s’appliquer partout. On aboutit alors à l’abolition de la liberté d’expression. À quoi bon le principe de laïcité s’il ne libère de rien. C’est par exemple reléguer l’expression religieuse non plus dans la sphère privée mais dans celle de l’intimité. A l’inverse, la seconde dérive veut appliquer le principe de la liberté d’expression et du libre affichage de ses convictions au domaine de l’autorité publique : on pourrait ainsi faire la loi au nom d’une religion. Cette seconde dérive est diffuse est beaucoup plus répandue que la première (…)

Ecoutez l’interview en entier, cela vaut la peine.

mercredi 24 janvier 2018 7 commentaires
  • 6
    Pierre Laroche 30 janvier 2018 à 12:00 / Répondre

    C’est un peu surprenant de lire qu’un athée ne croit en rien. On peut croire en d’autres choses que les dieux créés par les hommes. On peut croire en son idéal. Ce n’est nullement gênant pour moi ( égoïste !…) d’avoir à prêter serment sur la Constitution voire éventuellement sur la Déclaration des Droits de l’Homme.
    Ce ne sont pas des livres sacrés me direz-vous. Pas pour tout le monde….
    Amitiés à tous
    Pierrot

    • 7
      Lionel MAINE 30 janvier 2018 à 15:31 / Répondre

      Bien d’accord avec toi … PIERROT !!!

  • 1
    Chicon 25 janvier 2018 à 10:01 / Répondre

    Merci Geplu, vraiment interessant. La laïcité qualifiée de point zéro est une image remarquable qu’on retient facilement . Cela situe les fameux accommodements moderés ailleurs que dans la laïcité. Les athées sont par contre dans l’espace laïc, même s’ils n’arrivent pas à constituer un groupe et qu’ils ne peuvent prêter serment étant athées. Cet exposé de C Kintler m’a rendu moins bête.

    • 2
      Lionel MAINE 25 janvier 2018 à 13:39 / Répondre

      Au nom de quoi un athée ne pourrait-il pas prêter serment ???

      • 3
        Chicon 25 janvier 2018 à 18:12 / Répondre

        (2) c’est effectivement surprenant mais C Kintzler l’explique avec cohérence. Un athée ne peut prêter serment sur la Bible ou quoi que ce soit, parce qu’il ne croit en rien, etant athée. Elle explique aussi que les athées ne croyant en rien, n’arrivent pas à créer de groupe social. Mais écoutez son interview en entier .

        • 4
          Lionel MAINE 25 janvier 2018 à 18:48 / Répondre

          Cette dame pense ce qu’elle veut; honnêtement,
          que faites-vous de notre conscience et de notre moralité ?

          • 5
            Chicon 26 janvier 2018 à 16:04 / Répondre

            (4) a tes questions, une reponse: demande lui , n’etant pas qualifié pour te répondre.

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