Toulouse, le grand temple du GODF de la rue de l'Orient

Les drames liés aux migrations de masse, à Toulouse le 17 mars

Par Géplu dans Manifestations

A Toulouse, à l’occasion de la Fête de la Fraternité, titre des Utopiales maçonniques 2018 du Grand Orient de France de ces 17 et 18 mars, organisées cette année dans toute la France, un collectif de Loges de la région a préparé une journée de réflexion prospective le 17 mars sur deux grandes questions d’actualité : les conséquences de l’évolution des technosciences, et les drames liés aux migrations de masse auxquelles nous assistons actuellement.

Après vous avoir présenté présenté la semaine dernière le premier thème sur les conséquences de l’évolution des technosciences et dont le conférencier sera Christophe Habas, ancien Grand Maître du GODF, intéressons nous au second thème développé lors de cette journée, les drames liées aux migrations de masse. La question migratoire au XXIème siècle, migrants, réfugiés, percute le cadre des relations internationales, mais également interpelle nos valeurs humanistes, en particulier la Fraternité. Cette problématique sera traité au cours d’un atelier avec madame Catherine Wihtol de Wenden. Directrice de recherche au CNRS, professeur d’université (Panthéon/Sorbonne) Madame Wihtol de Wenden travaille sur ces questions depuis 30 ans et a publié plus de 20 livres sur ces sujets. Nous l’avons interrogé sur la question migratoire et la traite humaine.
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Catherine de Wihtol de Wenden

Qu’est-ce que la mise en esclavage des migrants et, au-delà, la crise de réfugié révèle-t-elle notre incapacité à agir ?

La mise en esclavage des migrants a été dénoncée depuis plusieurs années en Europe à propos des sans papiers pour lesquels on a parlé d’esclavage moderne. Dans le cas libyen, il s’agit d’esclavage tout court, mis en évidence par le rapport sur les droits de l’homme des Nations Unies de novembre 2017 où est dénoncé dans « l’enfer libyen » des pratiques de mises en esclavage des Sub-sahariens par les libyens  pour que les candidats à la traversée de la méditerranée puissent  rémunérer les passeurs à partir des côtes libyennes. La mise en esclavage des migrants a aussi été évoquée depuis de nombreuses années à propos de l’ « esclavage moderne » : sans papiers condamnés à travailler hors de toutes règles de protection du travail dans des métiers abandonnés par les nationaux : les 3D « dirty, dangerous, difficult », de la construction, des services domestiques, de l’aide à la personne, de l’habillement, des travaux agricoles. Par ailleurs des milliers d’enfants dans le monde sont astreints au travail comme au Myanmar, dans des conditions elles aussi proches de l’esclavage.
L’incapacité à agir vient de l’absence de portage par les gouvernement (et parfois aussi par les medias) de la nécessité de changer de politique d’immigration et d’asile en abandonnant la dimension exclusivement sécuritaire et en se tournant vers l’accueil. Les associations, individus, municipalités qui se sont engagés dans ce sens ont rencontré peu de soutiens.

Qui peut agir et comment ? En vertu de quelles règles, quel accord, une intervention est-elle possible dans un État souverain ?

Les pays européens qui envisageaient de conclure un accord Europe-Libye de contrôle des frontières semblent avoir abandonné depuis leur projet, au regard de l’ensemble des exactions révélées (prostitution, vente d’organes, enfermement, viols…). La mobilisation internationale est assez faible sur le sujet faute d’interlocuteur unique en Libye et d’impossibilité d’un mandat d’intervention sur le territoire libyen. La mobilisation associative internationale peut contribuer à faire cesser ces abus, à la condition que les États qui pratiquent ou autorisent ces formes d’esclavage soient mis en demeure par les Cours internationales d’y mettre fin. 

Téléchargez le programme complet des Utopiales maçonniques à Toulouse : Utopiales maçonnique 2018 Toulouse 17032018

mardi 06 mars 2018 4 commentaires
  • 3
    Asterix 6 mars 2018 à 11:27 / Répondre

    Les belles valeurs, il suffit de voir comment sont gérées certaines entreprises aujourd’hui. Il existe des établissements ou du fait du comportement de petits chefs, et autres formatés des comptes et plan comptable, l’esclavage n’est plus très loin dans la gestion des ressources humaines.
    Comment expliquer que des gens qui travaillent ne peuvent se loger et dorment dans leur bagnole?
    Des familles qui dorment sur les trottoirs ?
    Que l’on s’attaque au statut de « privilégiés » ceux qui gagnent entre 1.500 et 3.000 euros par mois pendant que d’autres pour gagner deux heures de trajet dépensent ce que les dits privilégiés mettront entre dix et vingt ans à gagner, et beaucoup de retraités plus de trente ans, lesquels assument de surcroît sans vergogne et sans honte.
    Si ce n’est pas une forme d’esclavage cela alors qu’est ce que c’est?
    Que font les obédiences? Que font les obédiences par rapport à la déshumanisation des Ephads et autres établissements hospitaliers ou l’humain est relégué derrière les comptes et les chiffres. On se croirait revenu à une époque de sinistre mémoire dans les pratiques si ce n’est une différence de degrés dans les faits et actes.
    La retour de certaines idées à combattre a de fait été favorisé par toute une idéologie des chiffres et des comptes et ce sont ces mêmes tartuffes qui s’étonnent qu’un boulevard a été ouvert au retour de certaines idéologies.
    Il est temps de réagir et de lutter contre tout ce qui déshumanise la société ce sera le meilleur antidote à opposer aux conséquences mal comprises des injustices.

  • 2

    […] atelier a pour thème « Migrations et traite humaine, où est la fraternité ? » avec Catherine Withol de Wenden, professeur d’université, chercheur au CNRS, qui donne des cours à Science-Po Paris. […]

  • 1
    mp 6 mars 2018 à 08:23 / Répondre

    Il y a quelque mois, un Frère du GOB est venu nous présenter une planche sur les migrants, nous vantant les mérites et la richesse de ces nouveaux arrivants.
    Quand j’ai demandé la parole,j’ai commencé par « amen! ». Parce qu’aujourd’hui, cela ressemble de plus en plus à une belle prière.
    Ca fait plus de trente ans qu’on la récite cette prière, nous félicitant de nos belles valeurs humanistes de fraternité et de liberté. J’aime ces valeurs et j’y crois.
    Mais il faut bien constater, face à la montée de l’extrême droite en Europe (et ailleurs), qu’il y a un problème.
    Au nom de ces belles valeurs, aurions nous laissé faire n’importe quoi? Nous les « privilégiés ne soufrons pas des conséquences de la liberté devenue libéralisme sauvage ni de l’immigration bien souvent vécue comme un envahissement par ceux qui la côtoient (pas nous bien-sûr). Nous n’avons pas voulu écouter ceux qui protestaient parce que eux ils en souffraient. Au nom de la liberté, ces gens ont perdu leur job à l’usine qui produit maintenant en chine. Leur camion est maintenant conduit par un Roumain et ils ont peur de sortir de chez eux car ils habitent près d’un camp sauvage de migrants. Ils ne comprennent pas, ils ont peur et ils souffrent. Et surtout, ils ne veulent plus l’entendre notre beau discours. Maintenant,ils votent extrême droite, s’affichent ouvertement raciste et nous renvoient à la gare.
    La faute à qui?

    • 4
      Tartuf_rit 6 mars 2018 à 14:48 / Répondre

      Entièrement d’accord avec toi. La faute à tous ceux qui communicants nous font accroire que les vilains partageux effectivement partisans d’un état très autoritaire sont le contraire de ce que nous pensons être nécessaire à notre société libérale un peu de coercition contre ceux qui veulent s’évader de l’impôt ne serait pas un mal le refus de faire payer les entreprises,et, surtout depuis Badinter avoir supprimé les responsabilités pénales des dirigeants a permis toutes les dérives. Supprimer la,peine de mort c’est bien mais si c’est pour condamner les,migrants à une mort lente et douloureuse…….

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