l'illustration de l'article de Stéphane Blanchard "De la féminisation à la mixité en Franc-Maçonnerie"

Critica Masonica N°11 est paru

Par Géplu dans Edition

Le numéro 11 de la revue Critica Masonica vient de sortir. L’aventure de Critica a d’abord commencé avec la revue avant que ne s’y ajoute le blog éponyme. Le blog est gratuit, mais la revue – dont l’impression et l’expédition coûtent – ne peut l’être. Ce numéro 11 comporte, comme à l’accoutumée, une série d’articles de fond qui valent largement les 20 € demandés pour le numéro dont le rédacteur en chef, Jean-Pierre Bacot, a bien voulu nous donner le résumé ci-dessous.

Juste histoire de vous donner envie de commander la revue…   🙂

Résumés des articles de Critica Masonica n° 11

Mixité, famille, égalité. Réflexion libre à partir de Paul Robin par Bérengère Kolly
Paul Robin (1837-1912) fut un pédagogue novateur qui traduisit son engagement militant dans une expérience à caractère fortement social menée au sein de l’orphelinat de Cempuis, petite commune de l’Oise. Libre penseur, néo-malthusien libertaire, proche de la première internationale de Bakounine, il fut également membre d’une loge de la Grande loge mixte écossaise dont la seconde mouture vit l’entrée des premières femmes dans une franc-maçonnerie mixte. Bérangère Kolly analyse les tenants et aboutissants de cette expérience qui s’inspire d’une structure familiale, modernisée au profit d’un rééquilibrage entre les rôles masculins et féminins, dans une logique émancipatrice qui résonne avec les débats contemporains. Robin acheva son expérience pédagogique en 1894, marqué par les coups d’une presse d’extrême-droite qui qualifiait sa mixité de « porcherie ».

« Cachez cette femme que je ne saurais voir » De la féminisation à la mixité en Franc-Maçonnerie par Stéphane Blanchard
Aborder la place de la Femme en Franc-Maçonnerie prête souvent à l’embarras. Pour tenter de comprendre les questions que nous nous sommes posées, nous procéderons succinctement à une analyse socio-historique de la pensée féminine afin de déchiffrer la signification de celle-ci. Dans cette contribution, nous nous proposons d’ajouter une perspective critique. Avant tout, nous souhaiterions en effet éclairer la pensée féminine sans toutefois prétendre à son exhaustivité dans les différents aspects de sa construction et de sa reconstruction dans l’institution maçonnique au XXIsiècle. D’emblée, nous pouvons constater que l’idée de l’émancipation de la femme en général ne s’est véritablement confirmée qu’à partir de la fin du XIXe siècle avec Colette, Renée Vivien….

Riposte Laïque, à la croisée des chemins. Du militantisme laïque à l’incubation islamophobe par Jean Roman
Il y a dix ans, quelques militants laïques quittaient les bancs de la gauche républicaine pour s’engager dans une lutte acharnée contre l’islam. De l’athéisme militant, ils en étaient venus à une obsession pour l’islam et sa visibilité ou son influence dans la société française. Rejoints par d’autres militants anti-islam mais eux venus d’autres bords politiques, ils constituèrent un groupe militant mouvant et formant pourtant une communauté compacte. Un site internet pour oriflamme, des apéros saucisson-pinard pour activité dominicale et une détestation vibrante pour tout ce que la gauche pouvait compter de progressistes. Bien qu’accueillis avec un certain encouragement par les militants des organisations laïques à leurs débuts, leur militantisme obsessionnel finit par les isoler et ne leur laisser que pour seuls interlocuteurs des groupuscules d’extrême-droite. C’est ce parcours et les ressorts qui l’ont permis que nous allons étudier.

Émancipation, brouillages contemporains et enjeux libertaires pour le xxie siècle par Philippe Corcuff
Cette contribution propose des ressources intellectuelles, alors qu’un certain brouillard idéologique et politique s’épaissit, dans la perspective d’émergence d’une nouvelle politique globale d’émancipation aux tonalités libertaires, après les politiques républicaine-démocratique, socialiste et décoloniale. Trois angles sont privilégiés : 1) la critique du national-étatisme d’un penseur critique à la mode, Frédéric Lordon ; 2) des outils puisés dans la philosophie d’Emmanuel Levinas pour s’émanciper des politiques identitaires de l’être, et 3) un décentrement par rapport à l’étatisme grâce à la boîte à outils de Michel Foucault.

Peut-on améliorer à la fois l’homme et la société ? par François Cavaignac
Les francs-maçons s’assignent traditionnellement une double mission : s’améliorer soi-même et améliorer la société. L’équilibre entre ces deux voies est un exercice délicat. En grande majorité aujourd’hui la maçonnerie française privilégie le développement du moi, couverture facile d’une spiritualisation religieuse. L’auteur suggère quelques pistes de réflexion pour corriger ce phénomène envahissant qui déstabilise la mission de la franc-maçonnerie adogmatique.

Un épisode peu connu de la Seconde Guerre mondiale : la révolte des Waffen SS de la division « Handjar » à Villefranche-de-Rouergue en 1943  par Gérard Bacot
La révolte, sur le sol français en 1943, d’un bataillon de Waffen SS composé de musulmans bosniaques mérite d’être étudiée, d’abord parce que l’événement est peu connu et atypique, mais aussi parce que ce tragique épisode est indissociable des événements majeurs de cette époque : la Seconde Guerre mondiale, l’idéologie du IIIe Reich, l’existence des “divisions musulmanes”. Il nous renvoie aussi à la géopolitique des Balkans et nous rappelle – s’il en était besoin – que la ligne de partage de l’empire ottoman fixée en l’an 395 constitue toujours, après plus de seize siècles, une ligne de fracture ethnique, linguistique, religieuse et culturelle.

De quoi la pop culture est-elle le nom ? par Marc Gauchée
Sur les ondes, à la télévision et même dans les établissements culturels, la « pop culture » est partout. Mais cette visibilité lui confère-t-elle une légitimité culturelle ? Le débat suscité par l’attribution du prix Nobel de littérature à Bob Dylan prouve que rien n’est acquis. Il faut donc d’abord revenir là, où ça a commencé, aux États-Unis, à l’époque de la naissance de la culture de masse, des industries, des critiques et de la célébration de la société de consommation. Puis revenir en France, où la culture populaire est à la fois crainte et rejetée par la culture savante dès sa naissance au xixe siècle, où, ensuite, le périmètre du nouveau ministère des Affaires culturelles de 1958 exclut d’emblée toute culture populaire. En fait pour comprendre la popularité actuelle de l’expression en France, il faut reconnaître que la pop culture ne se confond pas avec le divertissement, mais contient la promesse d’un nouveau rapport à la culture.

L’Arche Royale. Un mystère autour des Grades Cryptiques par Joël Jacques
La Franc-maçonnerie Salomonienne de l’Arche est une franc-maçonnerie qui parle à l’esprit et qui tente de lui enseigner comment se construire. C’est une franc-maçonnerie spéculative qui aime à le rappeler durant ses rituels. C’est une franc-maçonnerie de construction spirituelle et de projection de pensée. C’est au cœur de cette pensée, au fond de la crypte symbolisant la conscience, que se découvriront les mystères de la voûte. Il s’agit d’entrer dans une dimension de transfiguration dans laquelle le Temple est dans l’Homme. C’est pourquoi, aux premières étapes de cette maçonnerie au-delà de la Maîtrise, le Maître Hiram Abiff est encore en vie et les trois Grands Maîtres d’origine, ceux qui se partagent le Mot, restent les principaux personnages des scènes représentées. Les outils sont la clef de voûte et l’Arche d’Alliance… le cœur du Temple.

Pour une lecture politiste de l’ésotérisme par Stéphane François
Stéphane François tente avec succès de conjurer le fait que la plupart des chercheurs en sciences humaines et sociales répugnent à prendre en compte la dimension ésotérique du milieu politique qu’ils étudient dans leurs analyses de discours ou leurs essais biographiques. Il s’attache ici au cas de l’extrême droite. Deux tendances au moins de ce champ politique, le néopaganisme et la Nouvelle droite se sont volontiers inspirées, entre autres références, de l’œuvre du sulfureux Julius Evola et d’une certaine anthropologie. D’autres courants, comme l’extrémisme catholique, utilisent quant à eux l’ésotérisme comme un repoussoir. Il existe également une catégorie complotiste dont les animateurs, très actifs sur la toile, s’emparent de certains thèmes récurrents comme celui des Illuminati pour disqualifier le monde politique.

Théocosmologie & Cie. Éléments de doctrine gnostique (Deuxième partie) par Adon Qatan
Nous sommes ici dans la suite du dévoilement des théocosmologies propres aux gnoses antiques, et en utilisant les mêmes méthodes du midrash ésotérique que précédemment, nous quittons les naassènes et les pérates – premiers et véritables gnostiques – pour nous attacher à leurs dissidents les plus opposés et plus proches à la fois : les séthiens au premier chef, puis l’école de l’hérésiarque Justin, celle de la Pistis Sophia et enfin les mandéens. Nous y observons un processus de dépréciation systématique des symboles de l’ouroboros et de l’androgyne (ou de la femme) divin(e) primordial(e), figures théocosmologiques originelles. Et cela nous permettra finalement d’en déduire une généalogie à quatre niveaux de dégradation doctrinale.

Questions à Éliane Viennot  par Jean-Pierre Bacot
La performativité du langage chère à Éliane Viennot explique largement à ses yeux la manière dont s’est construite en France la domination masculine. Cette position argumentée sur une solide recherche, a tellement été caricaturée ces derniers temps que nous avons fait le choix de permettre à l’historienne de déployer sa pensée et de démonter comment la primauté du masculin a pu s’établir à travers des logiques de pouvoir y compris « progressistes » en France davantage que dans d’autres pays. Elle rappelle ce que furent les hésitations de la langue de Molière avant la normalisation de la grammaire au xviiie siècle et interroge également les résistances actuelles à toute évolution, une posture qui corrobore l’existence d’une idéologie dominante, sensible chez les hommes comme chez les femmes.

Questions à Maxence Layet par Jean-Pierre Bacot
L’esprit de la revue Planète qui vécut de 1961 à 1968 connaît depuis 2013 un nouveau développement à travers une publication trimestrielle, Orbs qui a choisi le même format carré que son aînée. Son rédacteur en chef, Maxence Layet, journaliste scientifique, a répondu à nos questions. Il s’explique longuement sur ses choix éditoriaux, notamment quant à l’équilibre entre l’imaginaire et la rationalité et au rôle de l’image, très présente dans la revue dont la mise en pages est très sophistiquée. Il explicite son rapport à la tradition en général et à ses référents en particulier que sont la revue Planète et le livre le Matin des magiciens (1960) de Jacques Bergier et Louis Pauwels. La poésie tient également une place de choix dans cette aventure éditoriale qui entend tenir sa place dans un réenchantement du monde jugé nécessaire.

dimanche 11 mars 2018 Pas de commentaires

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