sceau Toulon 2

Les « 200 ans et plus » du Conseil des Grands Élus Chevaliers Kadoshs « La Réunion »

Par Pierre Mollier dans Contributions

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Le seul atelier créé par le Premier Suprême Conseil encore existant
célèbre ses « 200 ans et plus »

Le 4 décembre 1813, le Premier Suprême Conseil accorde des lettres de constitution au « Conseil Particulier des SS∴ PP∴ du R∴[oyal]  S∴[Secret] Les Elèves de Mars et de Neptune, Vallée de Toulon ». Au lendemain de la chute de l’Empire, la Maçonnerie toulonnaise se réorganise autour de la Loge « La Réunion » et, comme le Chapitre, le « Conseil Particulier » adopte ce nouveau titre distinctif. Le 5 juillet 1817, le Frère Hacquet, Grand Commandeur, donne une suite favorable à la demande qui lui a été faite et agrège le « Conseil particulier sous la dénomination de La Réunion » au Grand Orient de France en ses Grand Consistoire et Suprême Conseil des Rites. Le « Conseil Particulier » conférait les grades du 19e au 32; notamment ceux de Maitre ad Vitam, 20e, Prince de Mercy, 25e et Grand Élu Chevalier Kadosh, 30e. En 1824, le Grand Consistoire des Rites lui demande se conformer sa nouvelle organisation et de se muer en Conseil de Chevaliers Kadoshs en ne travaillant plus que les grades de 19e à 30e. Après ces débuts assez agités, le Conseil des Grands Élus Chevaliers Kadoshs « La Réunion » va connaître une existence plus paisible et rassembler sur Toulon, de décennie en décennie, les Frères les plus intéressés par les questions philosophiques et spirituelles.

Fier d’être le seul atelier écossais créé par le Premier Suprême Conseil encore existant, le Conseil des Grands Élus Chevaliers Kadoshs « La Réunion » va donc fêter dignement ces « 200 ans et plus » d’activité continue en présence de Jacques Oréfice, Grand Commandeur du Grand Collège des Rites Écossais-Suprême Conseil du 33e degré en France. Outre les réjouissances légitimes, cet anniversaire sera aussi l’occasion de se pencher sur l’histoire – compliquée – des premières années du Rite Écossais Ancien et Accepté en France.

mercredi 21 mars 2018 5 commentaires
  • 5
    Pierre Mollier 27 mars 2018 à 06:14 / Répondre

    Oui effectivement, j’aurais du préciser « en France ». Merci en tout cas de présenter si clairement les débuts du REAA en Belgique. Débuts… presque aussi compliqués que la suite ! ou du moins son histoire dans la deuxième partie du XXe siècle.

  • 3
    pierre noel 26 mars 2018 à 21:45 / Répondre

    Le 20 mai 1813, la loge (créée en 1798) et le chapitre de R+ (créé en 1802) Les Amis Philanthropes (orient de Bruxelles), présidés tous deux par Julien Augustin Crassous (ancien Conventionnel montagnard), demandèrent au Grand Orient de France l’autorisation de pratiquer le Rite Ecossais Ancien et Accepté. (Bruxelles était à l’époque le chef-lieu du département de la Dyle)

    Le 12 août 1813, le Suprême Conseil de France, dont le Grand Commandeur était le prince Cambacérès, également Grand Maître adjoint du Grand Orient de France, émit un décret en 8 articles, autorisant la création d’un Conseil particulier des Amis Philanthropes à Bruxelles dont les fondateurs seraient les FF. Crassous , Michiels, Galer, Coppyns, Lay, Dejardin, Cirez, Tarte et Joret.
    Le même accorda au nouvel organisme, le 2 octobre, une charte constitutionnelle signée par Cambacérès, D’Aigrefeuille, le chancelier Challon, Hacquet, Muraire, Thory (trésorier), et Pyron (secrétaire du Saint-Empire) .

    « Avons créé, constitué et organisé par ces présentes , en exécution de notre arrêté du 12 août dernier y annexé, à l’Orient de Bruxelles, près le Chapitre des Amis Philanthropes professant le 18° degré, un Conseil particulier des Vaillants et Sublimes princes du Royal secret, 32° degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, sous le titre et dénomination de Conseil particulier des Amis Philanthropes, pour jouir des honneurs, privilèges et prérogatives appartenant aux Vaillants et Sublimes Princes du Royal Secret.
    Le Conseil particulier des Amis Philanthropes établi par ces présentes, sera tenu de se conformer aux Grandes Constitutions (de 1786) portant création des Suprêmes Conseils du trente-troisième degré, à celles du sixième jour de la troisième semaine de la septième lune de l’Ere Hébraïque (5762), Ere vulgaire (1762), en ce qui n’y est pas dérogé par celles de (1786) »

    Le 5 novembre eut lieu la tenue d’Installation. Crassous, au nom du Suprême Conseil de France, communiqua aux membres fondateurs les mots, signes et attouchements de tous les grades supérieurs à celui de Rose-Croix et le Conseil du 32° degré fut constitué sous sa présidence. Il fut décidé d’envoyer une circulaire aux chapitres voisins pour leur notifier l’existence du nouvel organisme et leur faire savoir « qu’ils auraient à s’adresser à lui pour obtenir des établissements réguliers dans tous les degrés au-dessus de celui du 18° ».

    Ce Conseil du 32° degré s’est constitué en Suprême Conseil des Pays-Bas Unis en mars 1817. Ce « Conseil » (devenu Consistoire) existe toujours à Bruxelles, d’une vie ininterrompue depuis novembre 1813, malgré les vicissitudes de la franc-maçonnerie belge depuis 1960. Il est bel et bien le fils (probablement l’aîné ?) du « premier » Suprême Conseil de France ((de 1804).

    • 4
      Joël 26 mars 2018 à 23:30 / Répondre

      En dépit de la conclusion un peu hâtive de cette communication, la Lumière est une fois de plus venue du sud (France).
      4 élans intellectuels dans cette ville provinciale que fut Bruxelles pendant longtemps :

      La période française : organisation de l’État et création des Loges (militaires) comme les Amis Philanthropes
      1815 : les régicides exilés à Bruxelles et les exilés de la Restauration qui participeront à la révolution de 1830
      1851 : les proscrits de Napoléon III (Victor Hugo, Deschanel, Proudhon, etc.)
      1871 : les communards et autres déçus du régime en place à Paris
      Après tous ces foyers d’émulation, les intellectuels belges ont pris leur essor (1880-…)

  • 2
    lazare-lag 24 mars 2018 à 20:00 / Répondre

    Dans cette excellente présentation de Pierre Mollier lui-même, il y manque juste une petite info: que cet anniversaire, ce bicentenaire, du Conseil Philosophique « La Réunion » s’est tenu à Toulon aujourd’hui même, samedi 24 mars 2018.
    C’était effectivement une belle et digne fête, avec quelques 140 participants et plus (selon le mot d’un des organisateurs) pour « 200 ans et plus ».
    Et avec évidemment en point d’orgue la présence du Grand Commandeur du Grand Collège des Rites Ecossais Suprême Conseil, Jacques Oréfice et, parmi les intervenants conférenciers, le ci-devant Pierre Mollier qui nous a gratifié d’un exposé brillant intitulé « Toulon vieille terre d’implantation écossaise: les origines du Conseil des Elus Chevaliers Kadosh de la Réunion ».
    C’est en tout cas sous ce titre qu’il apparaît dans la plaquette souvenir distribuée aux participants. Laquelle s’est arrachée en moins de 10 minutes à l’issue de la cérémonie.
    On notera qu’il y a eu quatre autres planches exposées émanant de FF locaux, toulonnais.
    Le tout très intéressant en termes d’histoire maçonnique comme profane de ces deux cents ans de cet atelier toulonnais.
    Et il y a eu même un moment musical des plus heureux avec une « Marche du Suprême Conseil » très agréable, dont le compositeur lui-même et le musicien qui l’a interprété étaient présents.
    Etant précisé que chacun d’eux, ne m’ont pas paru avoir 200 ans et plus, si je puis le dire ainsi.
    Très belle journée, avec donc quelques pépites en prime.
    Ravi d’avoir pu me libérer et faire ce déplacement jusqu’à Toulon et visiter ce Temple que personnellement je ne connaissais pas.

  • 1
    Joël 21 mars 2018 à 14:17 / Répondre

    A lire sur cette belle « construction » de l’esprit : « Son nom fut autre… » de Claude Guérillot, Véga, 2004.

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