Oie et le Grill
Une gravure censée représenter la taverne The Goose and Gridiron (l'Oie et le Grill) à Londres,
où se seraient réunis, en 1717...

James Anderson a-t-il « arrangé » l’histoire des débuts de la franc-maçonnerie ?

Par André Kervella dans Contributions

André Kervella est docteur en philosophie et docteur ès lettres. Après avoir enseigné en Université la logique, l’épistémologie et la pragmatique du langage, il s’intéresse aujourd’hui aux réseaux de sociabilité qui revendiquent une culture particulière, dont ceux de la Franc-Maçonnerie. Il est auteur de nombreux livres sur la franc-maçonnerie, dont 1717, l’histoire volée des francs-maçons, sorti en 2017.
Il prépare actuellement une biographie d’Anderson, qui doit paraître fin juin ou début juillet. Il nous donne ici un avant goût de ce que sera ce livre…

__________________________________

Il existe un Landerneau maçonnique où l’on fait beaucoup de bruit pour rien. Le sensationnel y est regardé à la manière d’un enfant rivé à son écran de jeux électroniques. Ces derniers mois, la thèse qui l’agite le plus est celle défendue par Andrew Prescott et Susan Mitchell Sommers sur les circonstances d’apparition de la Grande Loge de Londres (et de Westminster). Elle ne serait pas apparue en 1717 comme on l’aurait souvent cru, mais en 1721. Ces deux auteurs accusent le pasteur James Anderson, fameux auteur des Constitutions, d’avoir délibérément falsifié l’histoire pour servir des intérêts inavouables. Est-ce si sûr ?

Mon propos n’est pas d’exonérer Anderson de fautes ou d’étourderies qu’il n’aurait pas commises. Le fait est suffisamment connu depuis des lustres, et même par ses contemporains eux-mêmes, qu’il a arrangé l’histoire à sa façon pour accorder aux Anglais de Londres un rôle quasi miraculeux dans la création de la franc-maçonnerie moderne, création qu’il relativise d’ailleurs en parlant plutôt de réveil ou de regain. Je considère donc qu’il est un auteur peu fiable sur certains points capitaux de la connaissance du passé de l’Ordre, en particulier ceux relatifs à la composition des premières loges dites spéculatives et à l’institutionnalisation des obédiences nationales. N’empêche que ce qu’il dit des années 1716-1717 est recevable.

Je ne mets pas en doute la bonne foi de Prescott et Sommers, ni ne leur prête des intentions iconoclastes pour l’unique plaisir de semer le trouble parmi leurs confrères britanniques. Ils croient en ce qu’ils disent. Je m’intéresse seulement à la cohérence de leur argumentation en appui sur les principaux documents qui sont encore consultables aujourd’hui. A cet égard, les premiers registres de la GL londonienne, tels qu’ils ont été transcrits et publiés par William-John Songhurst, occupent la place centrale, mais on peut y associer d’autres archives, comme le font Prescott et Sommers eux-mêmes.

Leur thèse est exposée dans deux articles distincts et complémentaires publiés en 2017 dans l’ouvrage collectif « Reflections on 300 Years of Freemasonry », suite à des interventions réalisées à Cambridge du 9 au 11 septembre 2016. Elle est de retenir la date de 1721 comme celle de la création de la Grande Loge de Londres et, conséquemment, d’accuser Anderson d’avoir forgé en mythe en reportant cette création quatre ou cinq ans plus tôt.

Avant que ce tricentenaire ne soit fêté un peu partout, j’ai dit dans un ouvrage publié à La Pierre Philosophale  ce qu’il fallait penser du récit d’Anderson qui écarte du champ de l’histoire réelle le rôle des jacobites. Mais je me suis bien gardé de contester la date de 1717. Il s’est réellement passé quelque chose à Londres cette année-là. Et c’est la création d’une Grande Loge en tant que première organisation administrative instituée au-dessus de loges particulières. Indépendamment de la question jacobite, d’ailleurs évacuée aussi par Prescott et Sommers, il s’agit de savoir comment elle s’est produite.

D’après ces deux auteurs, Anderson aurait inventé l’événement en 1717 afin de servir les intérêts bassement pécuniaires d’Anthony Sayer, et quelques autres roturiers dans le besoin. Sayer est en effet le premier grand maître cité par lui en 1738, dans la seconde version des Constitutions. En connivence avec Desaguliers et des chenapans de même engeance, Anderson aurait forgé un conte grotesque pendant les années 1730 afin de permettre à ce modeste libraire de profiter de la caisse de charité gérée par des dirigeants de la Grande Loge. Il aurait bâti le roman des quatre loges fondatrices, du premier grand maître et de leurs successeurs fantomatiques jusqu’au très réel duc de Montagu, de la taverne où se serait jouée la scène inaugurale, de l’ébauche des premiers règlements généraux. Tout ça n’aurait jamais été que des leurres pour mystifier des crédules. Tout ça, vraiment ?

Selon Anderson, quatre loges se sont réunies en 1716 pour concerter la formation d’une Grande Loge, et c’est en juin 1717 que celle-ci est apparue. Le premier grand maître est Sayer, le second est George Payne en 1718, le troisième Jean-Théophile Desaguliers en 1719, le quatrième encore Payne en 1720, et le cinquième John de Montagu en 1721. Pour Prescott et Sommers, c’est plutôt ce dernier qui doit être retenu comme fondateur. Avant, il n’y aurait eu personne ou, à la limite, pendant quelques mois éphémères, Payne seulement, comme semble le suggérer une note personnelle de William Stukeley. Sayer, Desaguliers et Payne se seraient mis d’accord pour enfumer leurs contemporains. Ils se seraient attribué une dignité imaginaire.

A l’automne 1724, Sayer est le premier Frère à solliciter un secours ; il le fait avec une recommandation du duc de Richmond, grand maître en exercice. Sa demande est traitée le 21 novembre. C’est aussi ce jour que les dispositions règlementaires sont fixées pour déterminer le mode de fonctionnement de la caisse commune de charité. Il est demandé qu’un trésorier soit désigné par le grand maître, que des cotisations volontaires soient recueillies chaque mois dans les loges particulières pour être apportées à chaque réunion de quartier, que les vénérables et surveillants des loges où se trouve un Frère pétitionnaire attestent de ses qualités et confirment la précarité de sa situation. Jusqu’alors la Grande Loge n’était pas saisie pour ce genre de solidarité, seules les loges particulières l’assumaient. En un sens, Sayer lance le mouvement.

Fait-il valoir qu’il fut grand maître ? Non, le registre ne mentionne pas son titre. Si l’on s’en tient à la lettre des minutes consignées par le secrétaire, il demande un secours en tant que Frère, ni plus ni moins. Autrement dit, s’il est suffisant d’être Frère pour être secouru, il n’est pas nécessaire de revendiquer une ancienne fonction de grand maître. Cela est si vrai que le nombre des pétitionnaires augmente avec le temps, et que, dans le lot, bien rares sont ceux ayant été grand dignitaires entre 1717 et 1721. Pourquoi faire une faveur à Sayer, en lui conférant un passé mensonger, s’il est dans la même situation que d’autres Frères aussi nécessiteux que lui et peut aspirer aux mêmes égards ?

Prescott et Sommers remarquent que, dans le registre de la Grande Loge, les premières références à Payne et Desaguliers en qualité d’anciens grands maîtres datent de novembre 1728, tandis que celle à Sayer est de 1730, quand il sollicite un deuxième secours. Leur inférence est que, s’il n’en était pas question avant, c’est que les comparses risquaient d’être contredits, ils se seraient mis d’accord pour inventer leur fable à une époque où les anciens n’étaient plus actifs ou bien peu motivés pour leur en remontrer. Une telle position est indéfendable non seulement pour la raison susdite, mais encore pour une autre tout à fait triviale.

La manière de rédiger les procès-verbaux évolue avec le temps. Les secrétaires changent et n’emploient pas les mêmes conventions. Le premier dans la liste est William Cooper, il est investi le 24 juin 1723. Rien ne prouve qu’il ait eu un prédécesseur  attitré. Le second est William Reid, qui prend le relai le 27 décembre 1727.  Le troisième est John Revis le 30 mars 1734. Plus encore, pour la partie attribuée à Cooper, le registre connu de nos jours est en fait une recomposition à partir de notes tenues par lui. Le Frère qui y a mis le plus de soin est Reid. Faut-il l’accuser d’être lui-même complice de la manipulation ? C’est ce que pensent Prescott et Sommers. Il est souhaitable d’aborder la documentation autrement.

Déplaçons le regard vers la seconde version des règlements généraux produite en 1738. Anderson fournit les dates des modifications introduites dans les antérieurs. En les comparant avec le registre des minutes, on constate sans peine que celles-ci sont très lacunaires. Selon les règlements, environ 26 assemblées trimestrielles ou annuelles sont employées à réétudier un grand nombre d’articles. Elles ne sont pas toutes répertoriées dans le registre. Ou bien, quand elles le sont, le résumé qui en est donné n’est pas complet. Prenons celle du 25 novembre 1723. Au moins sept modifications sont proposées et acceptées. Le registre n’en dit rien ou très peu. Il en est pareillement le 21 novembre de l’année suivante, avec au moins six autres. On en arrive à une conclusion provisoire qui n’a rien d’étrange, eu égard aux enjeux juridictionnels, que les règlements généraux sont à certains égards plus fiables que le registre. Faut-il partir du principe qu’ils contiennent autant de trucages que le récit historique ? Le 29e article renvoie à l’assemblée du 27 décembre 1720 et à la page du récit (p. 111) qui y correspond. Nous sommes donc ramenés à une date antérieure à celle retenue par Prescott et Sommers pour marquer l’apparition de la GL.

Reprenant une argumentation de Wilhelm Begemann, Prescott et Sommers estiment relever une preuve de fausseté flagrante dans le fait qu’Anderson place on Lady Day, soit le jour de l’Annonciation 1721 (25 mars), la réunion de la Grande Loge où Payne propose le duc de Montagu comme son successeur. C’est effectivement ce qu’on lit dans le texte. « Le grand maître Payne propose comme successeur notre très noble Frère John duc de Montagu, maître de loge. » Voici le commentaire de nos deux auteurs : « Comme Begemann l’expliqua, il est improbable qu’une réunion trimestrielle soit tenue on Lady Day, car c’est un jour de grand affairement pour le paiement des loyers et le renouvellement des baux et, quand les minutes [du registre] commencent, il est évident que la Grande Loge  évite de tenir des assemblées trimestrielles [Quarterly communications] on Lady Day. »  Cette explication est irrecevable, car on trouve dans le registre une allusion très explicite d’une collecte de fonds pour la caisse de charité le Lady Day 1730 : « received at Lady day Quarterly Communication ». Dans la liste des loges constituées en 1724, on trouve celle Au Vieux Diable, Temple bar, qui apparaît le 25 mars. Même jour, en 1722, ce sont les commissaires chargés d’examiner le premier manuscrit d’Anderson qui l’approuvent et recommandent qu’il soit imprimé. Ce jour n’est donc pas interdit dans l’agenda.

La taverne Au Pommier n’existait pas en 1716. Selon Prescott et Sommers, elle apparaît seulement en 1728 ou 1729. Je les crois bien volontiers. Mais, de là à dire qu’Anderson place dans un lieu imaginaire une assemblée de précurseurs, je m’en garderais. Pourquoi ? Anderson écrit en 1738. Il peut fort bien utiliser le nom de l’enseigne connue à ce moment pour désigner la taverne ou le local qui, au même endroit, portait autrefois un autre nom. Le procédé est courant dans les archives. Il participe d’une mécanique analogue à celle qui pousse certains biographes à donner un titre nobiliaire à un individu avant même qu’il lui soit conféré. Par le fait qu’il l’obtient un jour, on parle ensuite de lui comme s’il l’avait toujours porté. Anderson expose par ailleurs que la loge Au Pommier subit une lutte intestine qui amena des dissidents à s’en éloigner pour en fonder une autre A la tête de la Reine, Knave’s Acre. Ils sollicitèrent alors de nouvelles constitutions qui leur furent accordées le 27 février 1723. Pourquoi pas ? Cette scission a pour effet de disloquer Au Pommier, en sorte qu’on n’en parle plus après.

J’ajoute qu’il n’est pas rare à l’époque que les loges changent de local en se transportant dans un autre, ce qui perturbe tant les responsables de la GL qu’ils en viennent à édicter des règles pour éviter des confusions. Alors, en 1738, il faut convenir que certains titres distinctifs, quand ils sont rapportés à l’enseigne d’une taverne, d’une auberge ou d’une brasserie, sont à étudier avec précaution. Il en est de même à Paris quand on remarque chez les historiens français une tendance fâcheuse à négliger que l’Hôtel de Bussy, entre autres, accueille plusieurs loges à des moments différents de la semaine, ou bien qu’une loge qui y a fonctionné trois ou quatre fois décide de migrer ailleurs sans y revenir.

Nos deux auteurs sont sensibles à une difficulté. « La meilleure interprétation des preuves disponibles est que la grande loge a été fondée au moment de l’installation du duc de Montagu comme grand maître en 1721. Cela repousse des événements comme le visite de Desaguliers à Edimbourg en août 1721 dans un contexte très différent, mais cela concerne une autre enquête future. » Personnellement, je n’en crois rien. Le contexte est différent, pas le personnage de Desaguliers dont Anderson nous dit qu’il est grand maître en 1719. Prescott et Sommers voudraient l’éliminer du tableau. L’épisode de son voyage à Edimbourg et de sa réception/affiliation à Mary’s Chapel est au contraire en accord avec le récit d’Anderson, même biaisé. Je ne saisis pas bien le sens d’un argument qui consiste à différer l’examen d’un témoignage quand il risque de contredire une fragile hypothèse.

Le registre de Mary’s Chapel condense en un seul texte les minutes de trois jours successifs, 24-25-26 août 1721. J’en traduis et transcris le début, reportant l’intégralité de la suite dans l’ouvrage que je publierai sur Anderson ; elle est sans conséquence ici. « James Watson actuel diacre des maçons d’Edimbourg informe ledit jour [24] que le Docteur Jean Théophile Desaguliers, membre de la Société Royale et chapelain de sa Grâce James duc de Chandos, récemment maître général des loges de maçons d’Angleterre, étant dans la cité et désireux d’avoir une conférence avec le diacre, le gardien et les maîtres maçons d’Edimbourg, cela lui fut accordé, et après l’avoir dûment trouvé instruit en tous points de la maçonnerie, ils le reçurent comme Frère dans leur société. » On est bien d’accord sur la date et sur la qualification d’ancien maître général qui correspond sans contestation possible à celui de grand maître. On est bien d’accord aussi sur le fait que le prédécesseur de Montagu en 1721 est Payne. Eh bien, la conséquence se tire d’elle-même. Desaguliers a certainement été grand-maître avant Payne. On peut ergoter tant qu’on veut sur la portée de cette évidence, on peut remettre à plus tard sa discussion, elle s’impose comme une tête au-dessus des épaules, sauf à affectionner en peinture le cubisme défiguratif.

Il paraît aussi que la Grande Loge de Londres aurait approuvé, voire sollicité les trucages d’Anderson afin de mieux pouvoir revendiquer son ancienneté sur celle d’Ecosse et d’Irlande. Certes, Anderson ne se gêne pas de la présenter comme un modèle sur lequel les autres se seraient conformées, y compris en France et en Italie, et y compris également la vielle loge d’York [the old Lodge at York City]. Néanmoins, il est excessif d’insinuer que ses dirigeants ont manifesté sinon dès le départ, du moins au cours des années 1730, une volonté de compétition avec l’étranger. Pendant les premières années de son fonctionnement, insistons là-dessus, elle est centrée sur la capitale anglaise et ne conçoit son extension au territoire national que de façon progressive. Et puis, à bien y penser, on ne voit pas quel serait le gain de déplacer de 1721 à 1717 la naissance de la Grande Loge de Londres, puisque celle d’Ecosse se situe en 1736 et celle(s) d’Irlande en 1725. Dans les deux cas, l’antériorité est acquise. Quatre ans de plus, quatre ans de moins, cela ne change pas grand-chose à une revendication d’aînesse. Quant à prêter un projet de manipulation à une Grande Loge en tant que corps, je n’y crois guère tant que ne sont pas explicitées les circonstances qui y mènent ni nommées les autorités responsables.

La GL de Londres a même plutôt tendance à ignorer les autres, à ne leur reconnaître aucune authenticité. Le 11 décembre 1735, lors d’une réunion trimestrielle de la Grande Loge, à la taverne Au Diable, avec Martin Clare en président de tenue, sous le titre de député grand maître, tandis qu’Anderson tient l’office de premier surveillant, on annonce que des Irlandais sont à la porte et souhaitent être accueillis sans passer par l’admission rituelle. Ils ont été faits francs-maçons dans leur pays, et font valoir que Lord Kingston (ancien grand maître à Londres) les recommande. Comme ils ne peuvent cependant montrer un document qui en atteste, ils sont refoulés. Délibéré que « leur demande ne pouvait pas être satisfaite, même s’ils acceptaient une nouvelle Constitution ici. » Les reconnaissances entre obédiences nationalement distinctes sont loin d’être spontanées, contrairement à ce qu’insinuent certains compilateurs  d’aujourd’hui. Disons qu’à cette époque, sans préjuger de l’évolution future, la Fraternité universelle prônée par nos deux pasteurs que sont Anderson et Desaguliers est paradoxalement limitée à l’espace anglais, strictement anglais (si l’on ne tient pas compte de la restriction initiale à la capitale), et, du reste, dans cet espace, à la mouvance hanovrienne, strictement hanovrienne.

Un autre point de vue pourrait être abordé, consistant à expliquer, si la thèse de Prescott et Sommers était juste, pourquoi les contemporains de l’équipe de faussaires groupée autour d’Anderson auraient accepté sans rien dire la fable de 1717. Les vétérans des années 1730 sont encore suffisamment nombreux pour manifester des objections vigoureuses. Mais ce serait adopter un positionnement extérieur à l’analyse des indices ou des preuves extraits des documents eux-mêmes. Je me suis borné à quelques uns. Et, comme il faut savoir rouvrir au bon moment le dossier concernant les jacobites, que sait-on de l’animation qui les gagne aussi en 1716 quand leur insurrection les amène à s’interroger sur la manière de réorganiser leur maçonnerie dans Londres ? Le silence de Prescott et Sommers sur eux est significatif d’un parti-pris. Or, il existe une correspondance entre le comte John Erskine de Mar et l’architecte James Gibbs, dont le nom n’apparaît jamais dans le registre de la GL de Londres, qui est assez éclairante. Elle est strictement contemporaine des faits rapportés par Anderson.

mercredi 11 avril 2018 125 commentaires
  • 123
    Cyrus 31 août 2018 à 10:45 / Répondre

    @ André Kervella
    Bonjour, peut-être le savez-vous déjà, mais dernièrement le professeur Lambros Couloubaritsis a publié en 2018 un fort ouvrage portant sur la complexité en franc-maçonnerie.
    Il consacre plusieurs pages à la fin de son premier chapitre à analyser votre méthode pour aborder l’histoire de la naissance de la franc-maçonnerie. Il est plutôt approbateur tout en relevant quelques limites à votre approche jacobite de la FM. Par ailleurs il vous cite encore dans d’autres chapitres.
    Je crois qu’un dialogue entre vous deux serait des plus intéressants et enrichissants.
    Trop méconnu dans le landerneau maçonnique franco-français, mais le prof Couloubaritsis est une pointure internationale. Il est également FM, il ne s’en cache pas. Vous voilà reconnu par la maçonnologie académique, étrangère du moins. Félicitations !

    • 124
      Kervella 31 août 2018 à 12:44 / Répondre

      Merci beaucoup pour votre intervention. J’ai un point de désaccord important avec Couloubaritsis : il situe l’initiation de Jacques 1er en 1603. J’ai de sérieux doutes à émettre sur ce point, à la fois sur la date et sur l’initiation elle-même (que signifie ce mot l’année même où ce monarque accède au trône d’Angleterre ?).
      Pour le reste, tant mieux si certaines convergences permettent d’accorder aux stuartistes (appelés jacobites bien plus tard) un rôle majeur dans la FM au 17e siècle.
      Mon livre sur Anderson sortira des presses de l’imprimeur avant la fin de ce mois et apportera de nouveaux éclaircissements sur le sujet.

    • 125
      Kervella 8 octobre 2018 à 20:09 / Répondre

      Un internaute me signale une erreur de chronologie dans mon précédent post. En effet, une ligne a sauté quand j’ai procédé à un copié/collé. Voici le texte complet.

      « Merci beaucoup pour votre intervention. J’ai un point de désaccord important avec Couloubaritsis : il situe l’initiation de Jacques 1er en 1601 et sa volonté d’étendre le système écossais en Angleterre en 1603. J’ai de sérieux doutes à émettre sur ce point, à la fois sur la date et sur l’initiation elle-même (que signifie ce mot l’année même où ce monarque accède au trône d’Angleterre ?).
      Pour le reste, tant mieux si certaines convergences permettent d’accorder aux stuartistes (appelés jacobites bien plus tard) un rôle majeur dans la FM au 17e siècle. »

  • 119
    Michel KONIG 12 juillet 2018 à 23:21 / Répondre

    Philippe LANGLET travaille sur des gravures mais en en donnant une interprétation biaisée. On peut lire son analyse du frontispice des Constitutions de 1723 où il déclare que derrière les Grands Maîtres, Montagu et Wharton, sont representés leurs « Deputy » et les surveillants, alors la posture, la position et l’habillement de ces personnages infirment cette thèse. (Cf Le « GADLU » tome 1 et « 1717 »).

    • 120
      Kervella 13 juillet 2018 à 07:37 / Répondre

      Dans le livre ici évoqué, Langlet travaille sur textes, en l’occurrence les traductions/adaptations des Constitutions dites d’Anderson. C’est ce qui fait l’intérêt de son propos, car le lecteur peut se reporter aux textes étudiés et relever les points d’accord ou de désaccord. Ce report aux sources originales est, à mon sens, le seul qui soit constructif.
      – Les autres auteurs du même opuscule vont parfois aux sources mais, plus souvent, se contentent de les citer par le biais d’autres auteurs les ayant citées avant eux, et plusieurs par l’intermédiaire d’autres prédécesseurs, selon une chaîne tellement sinueuse qu’elle en devient comique (voir, par exemple, les élucubrations sur la fantomatique loge parisienne « Saint-Thomas » des années 1720 qui n’a jamais existé sous ce nom). C’est pourquoi ils pratiquent plus la compilation qu’une analyse recevable en méthode historiographique.

      Pour ce qui concerne les gravures, un débat mérite sans nul doute d’être lancé… Et mon livre va apporter des éléments d’appréciation, notamment sur les portraits d’Anderson.

      • 121
        Michel KONIG 13 juillet 2018 à 10:55 / Répondre

        Mon cher André, mon TCF
        Cela va sans doute te satisfaire, mais Conform édition doit faire paraître à la rentrée dans la collection Pollen Maçonnique en 2 tomes (N°17 et 18) mon ouvrage sur les « 30 glorieuses » de la Grande Loge de Londres de 1717 à 1747 avant le schisme des « Anciens ».
        Cet ouvrage est basé pour l’essentiel sur la presse de l’époque et j’ai trouvé plus de 130 occurences d’articles sur la GL de Londres puis d’Angleterre, c’est-à-dire la FM obedientielle, puis qu’elle a été la 1ère GL.
        Ces articles reproduits dans l’ouvrage donnent souvent une réponse claire à des questions demeurées obscures jusqu’à présent.

        • 122
          Kervella 13 juillet 2018 à 14:19 / Répondre

          Merci. Je ne manquerai pas la parution, et je m’en réjouis d’avance.

  • 118
    Kervella 12 juillet 2018 à 14:29 / Répondre

    Je remercie une nouvelle fois Cyrus de m’avoir informé de la parution du livre collectif intitulé « Les premiers pas de la franc-maçonnerie, de Londres à Paris ». Lecture faite, on n’y apprend rien de nouveau par rapport aux thèses bien connues des contributeurs (compilateurs, en fait, à l’exception de Philippe Langlet qui a l’avantage de travailler sur sources originales).
    Pour ce qui concerne Roger Dachez, je ne parviens pas à comprendre comment il arrive à assumer deux affirmations qu’il avance dans son texte et qui sont contradictoires.
    – 1°) la loge de Le Breton, dite plus tard Saint-Thomas est la seule recevant patente de Londres en 1732 (p. 93), 2°) en 1736-1737 la « moitié de la franc-maçonnerie en France faisait officiellement allégeance à la franc-maçonnerie anglaise, apparemment sans trouble de conscience » (p. 74).
    – Je crois utile de rappeler que Coustos est vivement contesté au sein de sa propre loge en 1737, au point que ses Frères l’obligent à une régularisation. Mais, indépendamment de ce détail, quelle est la méthode pour passer d’une seule patente délivrée à un Vénérable parisien, et à la moitié de tous les Vénérables. Selon quelle liste, d’ailleurs ? Je relève en passant l’adverbe « officiellement ». Hum ! qu’est-ce qu’une allégeance officielle ? N’importe quel historien ayant vocation à juger sur pièces ne peut que souhaiter en avoir une définition satisfaisante.

  • 116
    Cyrus 10 juillet 2018 à 12:09 / Répondre

    @ André Kervella

    Vient de paraître aux éditions conform, dans la collection Pollen maçonnique, ce livre http://www.conform-edit.com/livres/coll-pollen-maconnique/pollen-n-16-detail « Les Premiers Pas de la Franc-Maçonnerie, de Londres à Paris » dans lequel Roger Dachez, à son habitude, revient sur le passage de la FM de Londres à Paris. Tiendra-t-il compte de la réalité que vous défendez que la FM jacobite était installée de longue date en France avant 1717 ?

    Vous nous avez promis un livre qui « descendrait » Anderson. C’est le moment, je pense, qu’il paraisse pour confronter deux visions de l’origine de la FM en France. De ce dialogue, que je crois viril, sortira, je l’espère, une lumière qui nous éclairera sur ces premiers instants de la FM en France et en GB.

    À vous lire prochainement.

    • 117
      Kervella 10 juillet 2018 à 15:06 / Répondre

      Merci pour l’information. J’ai commandé le livre. Le mien, beaucoup plus substantiel, paraîtra à la rentrée prochaine. Il est achevé. J’en suis à compiler l’index et à référencer les illustrations, dont des portraits d’Anderson. Tâche fastidieuse mais indispensable.
      Souhaitons que la lecture de Dachez et des coauteurs de cet opuscule soit enrichissante et égaye les semaines à venir d’un bel été bien commencé. Si désaccords, sans doute aurai-je la possibilité de les commenter rapidement dans mon livre en y introduisant des passages supplémentaires. Up to date !

  • 113
    alain jourdan 14 juin 2018 à 15:45 / Répondre

    et Desagulier dans tout ça?

    • 114
      André KERVELLA 14 juin 2018 à 17:15 / Répondre

      L’étude la plus complète à ce jour est celle de Audrey T. Carpenter, publiée en 2011 : « John Theophilus Desaguliers, A Natural Philosopher, Engineer and Freemason ». Sa lecture est aussi agréable qu’intéressante. On y cerne bien la personnalité de Desaguliers, ses différents engagements politiques et scientifiques, ainsi que sa contribution à l’essor de la FM.

    • 115
      Konig Michel 14 juin 2018 à 17:17 / Répondre

      Il était le seul franc-maçon à tenir, avec 5 professeurs dissidents, le cordon du poêle d’Anderson aux obsèques de ce dernier en 1739.

  • 105
    pierre noel 19 avril 2018 à 18:58 / Répondre

    Ces discussions, par ailleurs stimulantes et instructives (pour les quelques rares intéressés), n’empêcheront pas que l’épisode Wharton (1722-1723) fut le seul incident grave (« existentiel » dirions-nous non sans emphase) que la jeune GL de Londres & W ait connu. Si Wharton, qui avait plutôt bien exercé ses fonctions de GM, l’avait emporté (à une voix près), Désaguliers aurait été écarté, Anderson n’aurait pas pu (ou du) falsifier la relation de cette tenue de juin 1723 et nul ne sait vers quoi la GL de Londres aurait dérivé (la menace jacobite d’une restauration de l’absolutisme à la française et d’un retour au papisme étaient loin d’être illusoires). Elle aurait peut-être cessé d’être cette organisation latitudinaire et tolérante que nous connaissons et aimons.
    Heureusement, Wharton était ce que Pope écrivait : un bouffon ou un clown (c’est le sens ancien du mot « fool » : A jester or clown, especially one retained in a royal or noble household (Oxford dict.)
    “An angel tongue, which no man can persuade;
    A fool with more of wit than half mankind,
    Too rash for thought, for action too refin’d”
    Alexander Pope: Moral essays: in four epistles, 1734

  • 104
    NEGRIER 19 avril 2018 à 16:28 / Répondre

    Anderson était un chrétien calviniste presbytérien comme tel trinitarien opposé au déisme. Les Constitutions de 1723 (qui admettent l’éventualité qu’un maçon ne comprenne pas correctement l’Art et soit par conséquent un athée théorique ou un « libertine », c’est-à-dire un déiste) et les Constitutions de 1738 (qui dans le même sens proclament la « liberty of conscience ») ne furent pas un produit de la pensée d’Anderson (ni même de l’anglican Désaguliers qui qualifie l’athée de « stupide » et le déiste « d’irreligieux ») mais elles furent un produit de la pensée de la Grande loge de Londres (en effet les Constitutions de 1723 durent être approuvées par le Grand-maître, son Député, ses Grands surveillants, et par les maîtres et surveillants de 20 loges moins 2 maîtres). Quant au rationalisme de la Grande loge de Londres et comme l’atteste la Maçonnerie disséquée de Samuel Prichard , il apparaît en 1730 lorsqu’il pénètre dans le rituel de cette obédience au moment où celle-ci promeut la méthode géométrique des philosophes (« letter G » initiale de « geometry ») dans le but d’éclaircir le contenu du tétragramme biblique hébreu YHVH (« four letters »), et qu’elle fournit, sous la forme de la légende allégorique d’Hiram, une interprétation rationaliste de la résurrection des morts de Jésus de Nazareth que les Constitutions de 1723 appelaient le « Grand Architecte de l’Eglise » (d’où la dénomination allégorique de Jésus comme Hiram). D’où vint le rationalisme de la Grande loge de Londres de 1730 ? Apparemment de deux sources au reste liées entre elles : d’une part la rationalité scientifique qui avait connu un bond avec la physique de Newton, rationalité scientifique ensuite explorée et développée par les membres de la Royal society dont certains membres appartenaient à la Grande loge (mais certains maçons membres de la Royal society comme Stukeley n’étaient pas rationalistes) ; et ensuite le rationalisme des free-thinkers ou philosophes déistes qui, influencés par la rationalité de Newton, utilisaient précisément la méthode géométrique dans le contexte de la philosophie de la religion (Jeffrey R. WIGELSWORTH, Deism in Enlightenment England. Theology, politics and Newtonian public science, Manchester, 2009).
    Mais j’ai une question à poser à André Kervella. Celui-ci nous apprend qu’Anderson s’était séparé de son épouse (première) vers 1729. Or le Treasury letter book indique qu’un certain « Dr James Anderson » vivait à Londres le 27 septembre 1738, et que le 19 février 1740 ce Docteur apparemment décédé laissa une « Rebecca Anderson ». Se peut-il qu’à Londres il y ait eu deux « Docteur James Anderson » tous deux également décédés entre le 27 septembre 1738 et le 19 février 1740 ? Si d’un point de vue statistique il semble plus probable qu’il n’y en eut qu’un seul, alors nous en concluons qu’après s’être séparé de sa première épouse, James Anderson se remaria avec une Rebecca.

    • 106
      André Kervella 19 avril 2018 à 20:23 / Répondre

      L’histoire des idées me paraît plus indécise que l’histoire des faits. Cela ne lui donne pas un moindre intérêt, mais je suis plus réservé sur les analyses qu’elle inspire. Pour ce qui concerne l’appartenance à une Eglise, je ne crois pas qu’il suffit de l’affirmer, et de la vivre, pour adhérer automatiquement aux dogmes qui y sont préconisés. Ainsi, les pasteurs non conformistes (Dissenting ministers) de Londres se divisent en 1719 précisément à propos de l’adoption, ou non, de la doctrine trinitarienne. Il s’agit de savoir s’ils acceptent de s’aligner sur un article clef de l’Eglise anglicane, qui en affirme la prévalence. Anderson y est favorable ainsi qu’environ une cinquantaine de confrères, tandis qu’environ 70 y sont opposés, donc la majorité.
      Il existe au moins quatre James Anderson à Londres dans la première moitié du 18e. Anderson se sépare de sa femme. Il n’y a pas de remariage. Elle sera sa veuve. Après la mort de James survenue le 28 mai 1739, dans la maison qu’il avait louée dans le Strand, Exeter-Court, elle s’expatriera à la Jamaïque et vivra au sein de la famille fondée par son fils, propriétaire d’une plantation dans l’île. Je suis en convergence avec Prescott et Sommers sur ce sujet. C’est aussi de sa maison d’Exeter-Court qu’il signe la seconde version des Constitutions le 4 novembre 1738.

      • 107
        NEGRIER 20 avril 2018 à 06:03 / Répondre

        Vous esquivez ma question. Je ne vous parle pas de « quatre James Anderson ». Ces « quatre James Anderson » étaient-ils tous Docteurs et étaient-ils tous décédés entre le 27 septembre 1738 et le 19 février 1740 ? Je vous parle très précisément d’un « Docteur James Anderson » décédé entre le 27 septembre 1738 et le 19 février 1740. Avez-vous cherché à savoir qui était ce « Docteur James Anderson » décédé entre le 27 septembre 1738 et le 19 février 1740 ?

        • 108
          André Kervella 20 avril 2018 à 16:43 / Répondre

          Dans la mesure où ce n’est pas la femme d’Anderson qui a écrit les Constitutions, je considère la question de son identité comme secondaire, et la réponse sans impact sur la connaissance qui gagne à être consolidée quant aux conditions d’émergence de la GL de Londres.
          Cela étant, je suis disposé à revoir ma position concernant le mariage d’Anderson, car la biographie du personnage, indépendamment de l’histoire de la GL, n’est pas inintéressante.
          Les archives britanniques ne sont pas toujours faciles à interpréter, car elles sont parfois très lapidaires. En reprenant la lecture de certains registres ayant fait l’objet de publication après transcription, je m’aperçois aujourd’hui qu’il y a en réalité bien plus que 4 homonymes dans la ville, dont au moins un Docteur en médecine.
          En première recherche, je me suis intéressé à Ann Griffin et je l’ai adoptée, si j’ose dire, tout comme Prescott et Sommers. Non sans précaution d’ailleurs, car les transcriptions disent « James Anderton », et non pas « Anderson ». Pour lever une éventuelle hypothèque, il serait intéressant d’avoir un document source concernant Rebecca. Il y a ceux des Treasury Books and Papers (27 septembre 1738 – p. 508, et 19 février 1740 – p. 298), cela ne suffit pas. D’autant que le document du 19 février ne dit pas que l’époux de Rebecca est décédé à cette date. Affaire à suivre, par conséquent.

          • 109
            HRMS 20 avril 2018 à 21:39 / Répondre

            Moi je me pose la question : Etes vous bien certain que ce n’est vraiment pas sa femme qui a écrit nos constitutions fondatrices ?

            • 110
              André Kervella 21 avril 2018 à 09:47 /

              Ben, pas certain du tout. Peut-être est-ce même leur servante qui s’appelait Ann Pitts, et qui prend la clef des champs en 1735 en emportant avec elle les effets personnels du bon pasteur, y compris sa Bible ? Je n’ai aucune information sur un chat ou un chien savants qu’ils auraient pu héberger chez eux … qui sait ?

            • 111
              HRMS 22 avril 2018 à 12:06 /

              un peu d’humour ça fait du bien;
              Cependant cette histoire de la servante Ann Pitts est-elle sérieuse ? si oui qu’est devenu ensuite cette femme?

            • 112
              André Kervella 22 avril 2018 à 13:06 /

              Affirmatif. Il y a eu un micmac à propos de ce larcin. Ann Pitts s’est enfuie après avoir confié son butin à une amie Lydia King, laquelle l’a ensuite mis en dépôt chez un receleur brocanteur. Le juge de paix a considéré que Lydia n’était pas complice du vol, ni même qu’elle savait l’origine des objets. Pour cette raison elle a a été acquittée. Non guilty ! A ma connaissance, Ann n’a jamais été saisie par la justice. J’en déduis que son fantôme court toujours par monts et par vaux over side the water.

  • 101
    André Kervella 19 avril 2018 à 07:37 / Répondre

    Voir post 100. – Ramsay arrive à Londres vers la fin mars 1729. Son premier souhait est de rencontrer Jonathan Swift et il lui écrit une lettre en ce sens. Malheureusement, il n’y parvient pas. Le 10 avril, il en exprime le regret en lui disant qu’il voulait lui offrir Les Voyages de Cyrus. Il devient membre de la Royal Society en décembre, après avoir visité des savants et assisté à plusieurs conférences. A la fin de l’hiver 1729-1730, il repasse pour quelques jours en France. A peine retourné à Londres, il est reçu à la loge The Horn (loge d’Anderson et Desaguliers, entre autres), puis à la Gentlemen’s Society. Il était déjà FM en France (la GL de Londres réclame toujours une ré-initiation en cas d’appartenance à une autre obédience, et celle de Paris fait la même chose). Ramsay rentre en France définitivement au cours de l’été. Il demande à entrer à l’Académie française, mais est débouté.
    L’article cité qui lui prête une grande maîtrise des Gormogons est plus qu’inexact sur ce point et sur plusieurs autres.

    • 102
      König 19 avril 2018 à 11:18 / Répondre

      Bien sûr mon cher André, le symbole même de Grand Architecte (Cf mon livre le « GADLU »)est significatif de l’influence rationaliste et scientifique de la RS. Dieu n’est plus le souverain sévère et paranoïaque des religions révélées, qui intervient à tout bout de champs dans la vie des hommes. C’est un sage législateur qui a fait des lois qu’il a partagé avec les hommes par l’intermédiaire du langage commun qu’est la Géométrie, le G qui unit le compas et l’équerre: Cf le début de la partie historique des Constitutions de 1723 et le « poème » de Desaguliers sur le « système newtonien » de 1728.
      Autre divergence, en ce qui concerne Ramsay. Si effectivement, rien ne prouve son appartenance aux Gormagons (C’est un « a » et non un « o » qui figure sur la gravure de Hogarth) ce qui serait d’ailleurs contradictoire avec sa réception à the Horn, l’existence d’une GLDF en 1728 n’est pas prouvée et même la fondation de st-thomas I en 1725 est sujette à discussion. La 1ère loge créée en France dont on a la certitude documentaire est « Au Louis d’argent », rue de la boucherie, créée en 1729 et installée en 1732 par Desaguliers qui figure au n° 90 sur le tableau des Loges de 1735 (Gravure Picart).

      • 103
        André Kervella 19 avril 2018 à 13:04 / Répondre

        Le débat n’est pas simple. Si ‘on focalise sur Anderson, il montre en 1712 de la sévérité à l’encontre de ses nombreux contemporains qui pensent « à la fois que Dieu est un spectateur passif des affaires du monde, et ne veulent lui attribuer d’autre suprématie sur lui que celle d’un horloger ou d’un architecte ; ou qui supposent qu’il est seulement bonté et miséricorde, sans considérer sa sainteté et sa justice ». Quelques pages plus loin, il s’en prend ouvertement aux déistes. Si bien qu’on se demande comment il parvient à rendre compatible cette position avec les formules maçonniques sur le Grand Architecte de l’Univers dans les Constitutions, d’une part, et comment il peut plaider en faveur du noachisme sans être déiste, d’autre part.
        Il ne me semble pas, par ailleurs, que Desaguliers ait installé la loge de Thomas Le Breton en 1732, laquelle a longtemps été considérée comme irrégulière par les autres loges de la capitale.
        Pour ce qui concerne la situation de la FM dans la région parisienne, il me semble nécessaire de distinguer trois temps: 1°) le temps où au moins une loge existe, qui nomme un jacobite à sa présidence chaque 27 décembre, 2°) le temps où s’esquisse une obédience avant 1728, 3°) le temps où cette obédience commence à prendre le nom de GL de Paris (ou de France, selon les sources)

  • 97
    André Kervella 18 avril 2018 à 13:42 / Répondre

    Toujours préférer les documents sources.
    Post 94. Ramsay n’était pas à Londres quand les Gormogons on été inventés. Le 2 janvier 1724, il quitte Paris pour se rendre à Rome. Il y reste jusqu’en novembre. Après quoi il revient à Paris. Rien dans sa correspondance ne fait état d’un improbable lien avec les Gormogons. Et aucun autre document d’époque ne lui prête une quelconque responsabilité.
    Post 96. SONGHURST, William John, 1913. « The Minutes of the Grand Lodge of Freemasons of England,
 1723-1739 », dans Quatuor Coronatorum Antigrapha, n° 10. Cet auteur est très scrupuleux dans sa transcription et fournit des facsimilés de certaines pages des minutes. Personne n’a mis en cause sa fidélité aux documents originaux en 1913. Cela étant, Gould a raison de dire qu’un malaise déséquilibre momentanément la GL. Ce malaise n’est cependant pas suffisant pour empêcher l’augmentation numérique des loges particulières dans Londres. De même qu’on assiste à la disparition de plusieurs (ce qui ne signifie pas automatiquement extinction, mais retrait du système obédientiel), on en voit d’autres apparaître.

  • 95
    André Kervella 18 avril 2018 à 07:33 / Répondre

    Post 93. Gould a publié son livre sur les 4 Loges fondatrices en 1879. Il a basé son analyse sur les documents disponibles à l’époque. Songhurst a publié la transcription des registres de la GL en 1913. Ceux-ci donnent les chiffres que j’ai avancés précédemment. L’écart est en effet important.
    Post 90. Wharton montre de bonne heure une indépendance d’esprit qui dérange son entourage. La mort de son père survient quand il n’a pas encore dix-sept ans et s’est déjà marié contre la volonté de celui-ci. Nous sommes en avril 1715. Ses tuteurs pensent qu’un long séjour sur le continent lui serait profitable en calmant ses ardeurs. Comme le font beaucoup de ses jeunes contemporains de condition aisée, il pourra visiter les grandes villes au riche patrimoine artistique, faire des rencontres utiles, comprendre la diversité des cultures. Il y va, flanqué d’un rigide précepteur huguenot, Moïse du Soul, dont il s’agace et se lasse, si bien qu’il lui fausse compagnie à Genève pour se rendre à Avignon où Jacques III s’est réfugié après l’échec de l’insurrection qui vient d’être menée par le comte de Mar. Il y arrive le 4 octobre 1716, guidé par un parent de Mar, William Erskine, qui est venu le chercher à Lyon.
    Il promet fidélité au roi exilé avec qui il a son premier entretien, consacre plusieurs journées à sympathiser avec les ducs de Mar et d’Ormond, au terme de quoi il rejoint la région parisienne qu’il a déjà visitée avant la Suisse. Il y arrive le 28 octobre. Là, il obtient rapidement un entretien à Chaillot avec la reine mère Marie de Modène, veuve de Jacques II, et des aristocrates jacobites, au premier chef Arthur Dillon. Un moment, il envisage d’aller servir comme officier en Allemagne, sous les ordres du général Maximilien de Hesse-Cassel, pourvu que son allégeance à Jacques III ne lui soit pas contestée. Sont consultés à ce propos Mar, Ormond et Jacques III. Ils approuvent, sachant que Wharton pourrait servir les intérêts du parti à la cour de Cassel. Mais il apprend que ses tuteurs en Angleterre menacent de lui couper les vivres, si bien qu’il renonce à cette expatriation guerrière. Sa consolation est d’être prévenu par un courrier de Mar que son roi a décidé de lui conférer des titres nobiliaires nouveaux, dont celui de duc de Northumberland. Mar dit de lui : « A considérer son âge, il est de très bon sens ; le temps se chargera de gommer en lui tout ce qu’il y a de sauvagerie et d’extravagance. »
    Wharton a-t-il par ailleurs donné son accord pour servir secrètement la cause quand il sera de retour à Londres ? C’est certain. « Je tâcherai de correspondre par chiffres constamment avec vous, et vos lettres pour moi doivent être adressées comme d’habitude à Gordon. » Voilà ce qu’il écrit à Mar le 26 novembre 1716, quand sa décision est prise de quitter Paris à destination de l’Angleterre. Il réitère son engagement le 2 décembre, quand il est sur le point de passer de Calais à Douvres. William Gordon est un banquier installé à Paris qui, pour les besoins de ses affaires, reçoit beaucoup de courriers et sert alors de couverture pour la communication de messages confidentiels entre les jacobites dispersés après 1689.
    Une fois rentré at home, Wharton ne manque pas une journée pour rejoindre des partisans dont les noms lui ont été révélés. Et voici une information de grand intérêt qui, le 7 décembre 1716, est transmise de Londres par John Menzies à Louis Inese, aumônier de Marie de Modène et directeur à Paris du Collège des Ecossais. « Mr Windebank [pseudonyme chiffré de Wharton] est venu en ville et votre cousin Walter [Menzies lui-même] l’a déjà confié aux mains d’hommes honnêtes, et ne négligera rien pour satisfaire le cousin Patrick [indicatif chiffré de Jacques III]. S’il est sérieux, il sera très utile. » Autrement dit, à peine débarqué, Wharton est allé rejoindre Menzies, conformément aux consignes reçues, lequel l’a introduit auprès de Frères en Maçonnerie, car Honest Men, nous le savons, est aussi l’expression codée qui les désigne la plupart du temps. En outre, dans une lettre à l’architecte Gibbs, Mar se définit lui-même comme le rassembleur soucieux de savoir comment au moins une loge jacobite va se réorganiser dans Londres après la défaite de 1715-1716.
    Quelques jours plus tard, Wharton écrit à Mar qu’il sourit à la face des whigs tout en oeuvrant secrètement pour le bien de Jacques III. Puis Menzies ajoute le 24 décembre qu’il vient de souper avec Wharton qui est à ses yeux un jeune compagnon très particulier, presque étrange, qui jure de sa passion pour Jacques quand il est avec des amis, et c’est souvent. Un autre, Archange Graeme, moine capucin, apparenté aux francs-maçons John Hay et William Drummond of Strathallan, renchérit : « Lord Wharton fait beaucoup d’efforts pour encourager le parti légitimiste, et il agit très prudemment, grâce aux bons conseils du comte d’Arran et de Sir C. Philips, ses deux fidèles (Trusties). » Ce n’est pas pour autant qu’il est devenu plus discipliné qu’avant, car il aime le libertinage et les frasques. Mais, il semble au moins savoir publiquement cacher son jeu politique. Cela se sait à Paris. « J’ai entendu dire par nos amis en Angleterre que Lord Wharton se comporte bien jusqu’ici. Ils le mettent souvent en garde et l’exhortent à penser à ses devoirs. Vous savez que j’ai le privilège de lui parler en toute franchise et de lui dire la vérité sur ses erreurs sans le contrarier. »
    Et donc, tout cela, avant l’invention de la GL de Londres. Surprenant, non ?

    • 96
      Fifi 18 avril 2018 à 10:29 / Répondre

      Mon cher André,
      Qui croire ?
      Gould qui fait état de problèmes importants à la GL de Londres et donc une baisse des effectifs
      ou Songhurst (que je n’ai pas lu) qui semble dire que tout va bien ?
      Je suis très sceptique…
      Gould devait bien avoir accès aux minutes puisqu’il cite des exemples concrets de l’ « organized rebellion » et du « growing despotism »…
      Une transcription sans l’original n’a que peut de valeur (il suffit de voir comment Pyron a modifié certains documents qu’il a « reproduits »). Les minutes sont elles disponibles ?

    • 98
      Konig 18 avril 2018 à 17:09 / Répondre

      Bigrement intéressant mon cher André! je connaissais l’allégeance jacobite de Wharton après sa fuite de 1725, mais j’hésitais sur ses opinions d’avant. Cela prouve qu’il a été jacobite dès le départ et que ses hésitations étaient un double jeu. Il a séduit Georges 1er qui l’a nommé au Conseil privé. Quand il a compris que la Grande Loge était un moyen de diffuser les idéaux rationalistes et scientifiques de la RS, il a essayé de s’en emparer pour la détourner ou la faire avorter. C’est encore une fois Desaguliers qui l’a contré et empêché le basculement de la GL.

      • 99
        André Kervella 18 avril 2018 à 18:56 / Répondre

        Petite divergence, quand même. Je ne suis pas sûr que la GL diffusait au commencement les idéaux de la RS. Mais cela est un autre débat qui sort du cadre factuel (événementiel).

  • 89
    André Kervella 17 avril 2018 à 19:53 / Répondre

    Post 85 et 87
    Les chiffres de la GL sont 52 loges le 25 novembre 1723, 77 le 27 novembre 1725, 102 à la fin de 1730.
    Wharton, yes Sir ! Rocker avant la lettre. Créateur du Hell Fire Club, et déjà FM,. Il n’est pas chassé de la GL en juin 1723, il s’en va de lui-même, avec ses fidèles, dépité d’avoir été houspillé par un partisan de Desaguliers et du nouveau GM. Crée ensuite l’Ordre burlesque des Gormogons.
    En 1722, il est intervenu au parlement pour fustiger le gouvernement qu’il tenait responsable de la faillite de la Compagnie des Mers du Sud et même de semer la perturbation dans la famille royale en attisant des dissensions entre George 1er et son jeune fils le prince de Galles. Le 4 février, il a même harangué si violemment le premier ministre James Stanhope que celui-ci, voulant répliquer avec la même force, a été pris de malaise et, ramené chez lui, est décédé le lendemain. Ce tragique incident n’est pas étranger à l’interdiction du Hell Fire Club le 29 avril, suite à quoi Wharton ne baissa pas pavillon, puisqu’il se rendit peu après à la Chambre des Lords pour lire certains passages de la Bible avec une componction de comédie, ce qui fut sa manière de protester contre la réputation qu’on lui faisait d’être un impie et un blasphémateur.

    • 90
      Konig 17 avril 2018 à 20:55 / Répondre

      Wharton au départ n’était pas stuartiste. Il se disait fidèle aux idéaux des Whighs que selon lui les hanovre, Walpole, Montagu avait trahi. Il a publié « the true briton » dans lequel il avait défendu ses idées. Brillant orateur, redoutable polémiste, il était aussi débauché et alcoolique et surtout d’une versatilité à donner le tournis. Pope dira de lui.
      « A constant bounty which no friend has made ;
      An angel tongue which no man can persuade ;
      A fool with more of wit than half mankind ;
      Too rash for thought, for action too refined ;
      A tyrant to the wife his heart approves ;
      A rebel to the very king he loves
      ;He dies, sad ourcast of each church ans state,
      And, harder stil, flagitious, yet not great. »

    • 92
      HRMS 17 avril 2018 à 23:09 / Répondre

      Merci c’est un réel plaisir de rentrer ainsi dans ces détails qui rendent bien compte « du climats » de cet époque qui permet cette distance vis vis de nos à priori mythologico idéologiques, pour restituer la « Chair » de cette période

    • 93
      Fifi 18 avril 2018 à 00:42 / Répondre

      A part le nombre de Loges en 1723 – à une près -, tes chiffres sont en totale opposition avec ceux donnés par Gould…

  • 86
    André Kervella 17 avril 2018 à 18:35 / Répondre

    Post 83 et 84.
    Les chiffres contenus dans le registre de la GL de Londres ne sont pas concordants avec ceux des Constitutions de 1738.
    Stukeley écrit longtemps après les faits, à une époque où il s’est dégagé de la FM, ce qui explique peut-être son appréciation expéditive sur la rareté des FF présents à sa réception. Quand on compare son propos avec les minutes de la loge Saint-Paul (ensuite Antiquity n° 2) on a des doutes sur sa validité, ce qui n’ôte rien au fond de son témoignage concernant son entrée en FM à la date qu’il indique.
    L’épisode de la GM de Wharton n’est pas exposé par Anderson comme dans les registres de la GL. Il est cependant plutôt enthousiaste pour ce qui concerne le 1er semestre 1723. Les recrutements sont nombreux (p. 115). Les nouveaux venus proviennent de toutes les classes sociales, de tous les emplois. Ils appartiennent à la noblesse, à la bourgeoisie, à l’artisanat. Des érudits et des membres du clergé frappent à la porte des loges désormais perçues comme des lieux d’agréable convivialité, à l’écart de l’affairisme et de la politique. Cette augmentation d’effectif est en effet confirmée par la presse, quand sont relatées les fêtes annuelles.
    Anderson ajoute que Wharton s’investit dans sa tâche, qu’il fait des visites hebdomadaires dans les loges particulières, qu’il en constitue d’autres, souvent avec son député et ses surveillants, qu’il est enchanté de l’amabilité et du respect qu’on lui montre.
    Ce qui survient en juin 1723, quand il quitte la GL très fâché, est un symptôme d’un malaise profond entre deux mouvements qui ont du mal à s’accorder. Cela n’étonnera personne sI je dis que l’un s’inscrit dans le sillage des jacobites, l’autre dans celui des hanovriens, et que c’est lui qui triomphera.

  • 83
    NEGRIER 17 avril 2018 à 17:21 / Répondre

    Evolution chronologique des effectifs de la Grande loge de Londres d’après les Constitutions de 1738 (à comparer avec les dires de Stukeley qui affirmait le 6 janvier 1721 qu’il y avait longtemps qu’une loge londonienne n’avait pas reçu de nouveau membre et qu’il avait été difficile de trouver assez de frères pour accomplir la cérémonie de réception) :

    1716-17 : 4 loges
    24 juin 1721 : environ 150 membres (environ 11 loges).
    29 septembre 1721 : 16 loges.
    27 décembre 1721 : 20 loges (ce sont elles qui approuvent les Constitutions parues en 1723).
    25 mars 1722 : 24 loges.
    17 janvier 1723 : 25 loges.
    25 avril 1723 : 30 loges.
    24 juin 1723 : environ 400 membres.
    Ces chiffres montrent que la grande-maîtrise de Philippe duc de Wharton n’a pas du tout été favorable au recrutement.

    • 84
      Fifi 17 avril 2018 à 18:08 / Répondre

      Pas bien compris : « la grande-maîtrise de Philippe duc de Wharton n’a pas du tout été favorable au recrutement »… Wharton a été GM de juin 1722 à juin 1723 et les effectifs ont augmenté… c’est après que les effectifs diminuent.
      Dans The Concise History of Freemasonry (reprint 1904) Gould nous dit que les premières contestations (organized rebellion) apparurent dès 1723, juste après la promulgation des Constitutions… illustrées par la diminution de 20% en 6 ans du nombre de Loges reflétant le sentiment de mécontentement vis-à-vis du despotisme croissant (growing despotism) de la Grande Loge, attesté par les incidents multiples qui émaillèrent les minutes de la G.L. de Londres. Gould se réfère à The Engraved List – List of Regular Lodges according to their Seniority and Constitution – il y avait 51 Loges à Londres en 1723, 45 en 1725 et 42 en 1729…

      • 85
        NEGRIER 17 avril 2018 à 18:18 / Répondre

        Les chiffres indiquent qu’il y eut 2 fois moins de créations de loges sous Wharton que sous Montagu.

      • 87
        HRMS 17 avril 2018 à 18:49 / Répondre

        j’ai comme souvenir que la GM de Wharton, aurait été du genre rock n’roll, que celui-cil se serai fait sortir de façon guère rituélique et qu’il aurait ensuite crée la joke acidulée de l’Ordre des Gorgomons … auquel AM Ramsay aurait lui même prêté son concours.

      • 88
        Konig 17 avril 2018 à 19:47 / Répondre

        Il y en a 129 sur la gravure de Picard de 1735. Effectivement en 1723, 20 loges approuvent les Constitutions. Et à l’élection de montagu en 1721, les journaux et Stukeley parle de 200 à 300 frères. Mais en théorie seuls sont présents à la quaterly communications les maîtres de loges et les surveillants.
        En ce qui concerne les Constitutions de 1723 et 1738, je rappelle qu’Anderson officiait dans le temple où le père de Desaguliers l’avait fait. Desaguliers a toujours témoigné de ce fait une grande amitié à Anderson. En 1739, aux obsèques d’Anderson, le poêle était tenu par 5 professeurs de l’Université dissidente et par Desaguliers.
        En 1722, il y a eu une première mouture des Constitutions, tiré dit le journal qui annonce leur publication d’un manuscrit vieux de 500 ans, celui-là dont Payne parle dans le journal de Stukeley. Ce qu’on a demandé à Anderson, c’est la partie historique des Constitutions de 1723 et c’est cette partie qui a été « corrigée » par la commission de 14 frères érudits.
        Le nom d’Anderson ne figure pas sur la page de garde de 1723 et n’est mentionné que dans une note annexe à la partie historique. Wharton dans la promulgation des 20 loges acceptant les Constitutions a fait ajouter à côté de la qualité de maître de loge d’Anderson, l’auteur de ce livre. mais je pense que c’est une mesure de rétorsion de Wharton envers Desaguliers qui avait fait échoué son « coup d’état » et qui lui avait été imposé comme adjoint. En juin 1723, Wharton a essayé d’empêcher la désignation de Desaguliers comme adjoint de Dalkeith, qui n’est passé qu’à une voix de majorité 43 contre 42.Devant le refus de la grande Loge de revenir sur ce vote, Wharton avait quitté les lieux en claquant la porte et était allé fonder l’Odre parodique des Gormagons dont le 1er GM fut….Ramsay.

        • 91
          André Kervella 17 avril 2018 à 22:15 / Répondre

          A ma connaissance, Ramsay n’a pas été GM des Gormogons, lesquels ne besognaient qu’à Londres, et Ramsay n’y était pas. Il serait intéressant de savoir qui est à l’origine de cette légende.

          • 94
            König 18 avril 2018 à 01:41 / Répondre

            C’est dans Wiki:
            The Ancient Noble Order of the Gormogons was a short-lived 18th century society formed by expelled Freemason Philip Wharton which left no records or accomplishments to indicate its true goal and purpose. From the group’s few published articles it is thought that the society’s primary objective was to hold up Freemasonry to ridicule.[1] During its brief existence it was accused of being a Jacobite-leaning group.[2] There is some evidence of such an association, since the first known Grandmaster (or Oecumenical Volgi) was Andrew Michael Ramsay of Ayr, Scotland, a Jacobite of strong convictions.[3] It also appears to have been a charitable organization, at least according to its surviving bylaws. There are also some surviving pendant badges, bearing their sign.[4]

            • 100
              HRMS 18 avril 2018 à 22:44 /

              la référence (3) est « Carr. J. L. « Gorgons, Gormogons, Medusists and Masons ». The Modern Language Review. Vol. 58, No. 1 (Jan., 1963), pp. 73–78″
              est-elle véridique ?
              Ramsay retourne en Angleterre entre 1727-1728-1730 et Ph Wharton décède en 1731

  • 76
    pierre noel 16 avril 2018 à 18:40 / Répondre

    « Donc, nous sommes bien d’accord, Anderson écrit «gentleman» pas «esquire» » écrit AK, ce qui signifie que Sayer n’était pas un « mendiant » en 1717, ce qu’il deviendra de facto en 1724.

    • 77
      André Kervella 16 avril 2018 à 19:42 / Répondre

      Bon, voilà que les glissements sémantiques sont quelque peu délicats à manier. Que signifie mendiant ? Est-ce que tous ceux qui sollicitent une aide pécuniaire de la GL méritent cette étiquette ? J’en doute fort. Plus les années passent, plus ils sont nombreux.
      Au demeurant, sait-on quelle est la position sociale et professionnelle de Sayer avant comme après 1724 ? Domicilié dans le quartier de Saint-Gilles-des-Champs, marié deux fois, libraire etc.

      • 78
        Konig Michel 16 avril 2018 à 23:56 / Répondre

        Oui et on sait que comme Anderson, il a été ruiné par le Crack de la Southern en 1720 et qu’il est devenu « nécessiteux ».

        • 79
          André Kervella 17 avril 2018 à 07:10 / Répondre

          Des hypothèses ont en effet été admises sur les conséquences de la faillite de la « South Sea » sur Anderson et Sayer. Personnellement, j’ai trouvé autre chose.
          Pas de conséquences sur Anderson. Ses ennuis commencent vers 1734, avec obligation à résidence dans la Cour Prujean (qui rassemble les endettés). La cause en est un investissement malheureux dans la fabrique de tapisserie du huguenot Le Blon. Il est élargi à l’été 1737. Cela est une certitude puisque les preuves documentaires existent.
          Sayer, me semble-t-il (hypothèse à forte probabilité), est un libraire associé à Richard Sayer (écrit aussi Sare) qui meurt en 1724, ce qui provoque un cessation d’activités et une perte de revenus.
          Sayer demande des aides de la GL. Pas Anderson (il reçoit 200 livres sur le trésor de la reine en 1735, pour avoir écrit les Généalogies royales et princières). Il commence à être en difficulté après la fuite de Le Blon à Paris, lequel a aussi laissé d’autres actionnaires dans les filets de créanciers revendicatifs.

          • 80
            Konig 17 avril 2018 à 12:54 / Répondre

            le Crack de la Southern a touché beaucoup de monde en Angleterre. Wharton y a perdu une partie de sa fortune avant de dilapider le reste; on dit aussi que Newton…
            Ce serait pour aider Anderson que Desaguliers lui a confié la rédaction de la partie historique des Constitutions.

            • 81
              André Kervella 17 avril 2018 à 14:37 /

              Oui. C’est là une version qui a été reprise par de nombreux biographes. L’inconvénient est qu’elle n’est pas documentée. En revanche, les infortunes d’Anderson au milieu des années 1730 sont évoquées dans des témoignages d’époque.
              – Pour ce qui concerne la rédaction des Constitutions, je ne suis pas sûr que l’idée vienne de Desaguliers. Si la GL confie le travail à Anderson, n’est-ce pas, plus simplement, sur proposition faite par lui-même ? En 1735, c’est lui qui prend l’initiative de proposer une seconde version, suite à quoi il agréé pour s’y mettre. N’est-ce pas par coquetterie qu’il assure les 2 fois avoir été mandaté ? J’ai la réponse, donc, pour la version 1738, je ne l’ai pas pour la version 1723.

            • 82
              NEGRIER 17 avril 2018 à 16:34 /

              D’après les Constitutions de 1738 et donc d’après Anderson approuvé par la Grande loge, ce sont le duc de Montagu et la [Grande] loge qui ordonnèrent à James Anderson de « digérer » les différentes versions disponibles d’Anciens devoirs d’après une nouvelle et meilleure méthode, et ils ordonnèrent cela parce qu’ils trouvaient ces Anciens devoirs pleins de « fautes » et qu’Anderson, étant « Master of arts », était capable de les corriger. Cet évènement n’impute aucune responsabilité à Désaguliers en tant qu’individu, et n’a aucun rapport avec une question d’assistance matérielle.

  • 75
    Konig Michel 14 avril 2018 à 17:36 / Répondre

    A DAXAD 74
    C’est très simple. Il suffit de regarder la presse entre 1721 et 1750. Il n’y avait alors qu’une Grande Loge, celle qu’on surnommera plus tard « Moderne » et on voit tout de suite qui a copié sur l’autre.

  • 65
    pierre noel 13 avril 2018 à 22:36 / Répondre

    « La différence que voudrait établir Pierre Noël entre ce titre de Grand Maître des Maçons et Grand Maître de la Grande Loge n’appartient qu’à lui et j’aimerais qu’il l’explicite. »

    Je cite Anderson, sans plus. Je n' »établis pas de différence »

  • 54
    pierre noel 13 avril 2018 à 17:40 / Répondre

    Anderson écrit en 1738 « … the Brethren by a Majority of Hands elected Mr. Antony Sayer, Gentleman, Grand Master of Masons, who being forthwith invested with the Badges of Office and Power by the said oldest Master, and install’d, was duly congratulated by the Assembly, who pay’d him the Homage » (The New Book of Constitutions …, 1738, pp 109-110). Il ajoute entre parenthèses les noms des deux Surveillants.

    Esquire (abrégé en Esq.) de l’ancien français escuyer, est un titre de respect non officiel utilisé pour dénoter un certain (petit !) statut social. Il s’applique encore par courtoisie quand on s’adresse à quelqu’un qui n’a aucun titre supérieur. Il était encore courant, il y a dix ans, de recevoir du courrier d’Angleterre avec le titre esq. suivant le nom du destinataire (les convocations maçonniques notamment !).

    Il faut souligner qu’à la même page 109, Anderson écrit : « the Quaterly Communication of the Officers of Lodges (call’d Grand Lodge) ». La phrase est claire : la « Grande Loge », c’est la réunion des officiers des loges (VM et surveillants). Sayer est proclamé « Grand Maître des Maçons », pas « Grand Maître de la Grande Loge ».

    • 59
      André Kervella 13 avril 2018 à 18:51 / Répondre

      1°) Donc, nous sommes bien d’accord, Anderson écrit « gentleman » pas « esquire », ce qui n’est pas la même chose. Et l’argument qui consiste à évoquer des pratiques récentes n’est pas recevable. J’ai moi-même reçu des courriers où des correspondants britanniques m’attribuaient gentiment ce titre. M’enfin, comme dirait Gaston, l’intérêt de cette remarque réside dans le fait qu’au 18e il en était autrement. Il suffit d’ouvrir les premiers registres de la GL pour constater que le titre n’est pas distribué à tort et à travers. Il ne l’est jamais à Sayer. Donc, détail faux.
      2°) Il y a des subtilités de langage que je ne saisis pas. Anderson dit bien que les 4 loges se réunissent en 1716 avec le projet de constituer une Grande Loge, qu’il y aura des assemblées trimestrielles, dites de quartier, et une assemblée générale annuelle suivie d’une fête, et qu’il sera choisi un grand maître.
      Toujours selon Anderson, le jour de la St Jean Baptiste 1717, une élection a lieu sous la présidence du plus vieux maçon présent. Parmi les candidats déclarés, à la majorité des mains levées, Antony Sayer, gentleman, est élu Grand Maître des Maçons. La différence que voudrait établir Pierre Noël entre ce titre de Grand Maître des Maçons et Grand Maître de la Grande Loge n’appartient qu’à lui et j’aimerais qu’il l’explicite. Ne serait-ce que pour voir si elle rend plus intelligible le fait qu’Anderson emploie aussi l’expression Grand Maître des Maçons pour Desaguliers (p. 110) et qu’il indique très clairement (p. 140) que Sayer fait partie de la liste des « GRAND MASTERS or Patrons of the Free Masons in England, front the Coming in of the Anglosaxons to these Times, who are mention’d in this Book ». Il le place au même rang de tous ceux qui seront réellement Grand Maîtres de la Grande Loge après lui, et de tous ceux qui sont supposés fictivement l’avoir été avant.

      • 61
        Fifi 13 avril 2018 à 19:52 / Répondre

        Ce qui me dérange dans tes propos mon cher André c’est que tu considères la parole d’Anderson comme évangile…
        Je repose la question : pourquoi il n’a rien dit dans sa version de 1723 ?

        • 69
          André Kervella 14 avril 2018 à 09:20 / Répondre

          Sans jouer sur les mots, Anderson n’est pas un évangéliste, sachant que ceux qui se sont risqués à porter la parole, selon le NT, se sont eux-mêmes contredits. La parole d’Evangile n’est pas une vérité unique et hiératique (mais je devine que c’est une clause de style sous ta plume, donc sans conséquence).
          1°) Mon propos initial est de montrer que Prescott et Sommers avancent une thèse que l’on peut contester en examinant les mêmes documents qu’eux. Je n’en ai ici ajouté aucun qu’ils n’aient eux mêmes exploité.
          2°) Mon livre à venir montre qu’Anderson n’est pas fiable sur de nombreux passages de ses 2 ouvrages maçonniques de 1723 et 1738. Il ne l’est du reste pas davantage dans ses généalogies royales. Remarquer cela n’amène pas à dire qu’il est à jeter, comme le suggèrent certains compilateurs médiatiques dans des scoops tonitruants. On peut lui trouver une cohérence certaine sur plusieurs points en rapportant les informations qu’il donne sur 1717 et après à d’autres témoignages. Par exemple les registres de Mary’s Chapel, comme on peut le faire en évoquant Desaguliers, de la GL, comme on peut le faire avec Sayer, Payne et Desaguliers, voire de Antiquity n°2, comme on peut le faire encore avec Desaguliers, etc.
          3°) S’il n’y avait pas Anderson, il y aurait quand même les registres de la GL au moins. Or, ils suffisent à établir que Sayer, Payne et Desaguliers ont bel et bien été GM. Je suggère à ceux qui ont le scepticisme en éveil de se mettre au travail en se passant d’Anderson. Ils s’apercevront que le débat à son propos prend automatiquement une autre tournure.
          4°) Le plus drôle dans ce dossier est en effet qu’Anderson a écrit sa version de 1738 à partir du registre de la GL. C’est donc, pour lui, un document source. Non l’inverse. On ne peut l’accuser d’avoir falsifié l’histoire de cette GL (on n’y trouve rien qui fasse référence à des évènements antérieurs à l’élection de Sayer), puisque ceux qui ont écrit les P-V l’ont fait au vu et au su de tous les FF présents aux différentes assemblées. Je rappelle à cet égard que les premières minutes connues le sont partiellement à partir des notes prises par le premier secrétaire William Cowper qui n’est pas Anderson. Je ne crois pas une seconde à l’hypothèse d’un complot collectif ou bien, comme le voudraient Prescott et Sommers, à un complot entre copains/compères/complices (Anderson, Desaguliers, Sayer , Timson, Lamball et quelques autres) pour on ne sait quel prétexte trivial (profiter de la caisse de Charité !!!???)
          5°) Pourquoi rien en 1723 ? Interpréter des silences participe de l’art divinatoire. Mais une partie de la réponse est ci-dessus. Anderson commence à réécrire les Constitutions en 1735. Avant, il n’avait pas sous les yeux les PV de la GL, dont j’insiste pour dire que ce sont ses documents sources, ce qui est aisément vérifiable. Par exemple, c’est en 1735 qu’il demande la permission d’inclure dans son livre à venir la liste des GM, et cette liste est analysable en 2 Volets : les GM qu’il invente de son propre chef avant Sayer, les GM dont il trouve les noms dans le registre et qu’il n’invente donc pas.
          6°) Tant qu’à faire, j’ajoute que c’est en lisant les registres de Antiquity n° 2 (ex Saint-Paul) que l’on s’aperçoit qu’il a inventé la fable de Christopher Wien qui aurait été GM à des dates fantaisistes. Le nom de Wren n’apparaît dans les registres de la GL (des homonymes, John et Thomas, mais pas lui).
          En conclusion, le débat sur Anderson est un faux débat qui masque de vrais enjeux. On attaque Anderson parce que les Constitutions sont des livres très connus. Les registres de la GL le sont beaucoup moins, pour cause de transcription tardive et de publication limitée. Quiconque tente de faire un point tendant à l’objectivité, ne doit pas commencer par Anderson, mais par les documents qui ont servi de fondement à son récit. Il est plus facile de cibler un seul homme qu’un ensemble de personnes réunies en assemblée générale et agréant à chaque nouvelle assemblée le PV de la précédente. Tous menteurs ?

          • 70
            Fifi 14 avril 2018 à 11:10 / Répondre

            Mon cher André, je suis d’accord avec ce que tu écris.
            Mais voyons les choses sous un autre angle (sans parler de complots, de basses manoeuvres financières ou de mensonges) :
            – des Loges se réunissent pour fêter le solstice (d’hiver ou d’été). Ils élisent un GM (titre du véné de l’ensemble de loges réunies à cette occasion).
            – 1721 : un grand du Royaume prend la tête de la maçonnerie londonienne.
            – que faire ? limiter la FM à des nobles et à un petit cercles de personnes éclairées ou l’ouvrir pour qu’elle devienne véritablement « le Centre d’Union et le moyen de nouer une véritable amitié parmi des personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement éloignées » ?
            – qu’à celà ne tienne, on va reculer la création de quelques années et considérer les « GM des réunions solsticiales » comme GM « tout court »…

            Le tour est joué. La FM est née en 1717 et est ouverte à tous, « petits » et « grands »…
            Quant à Anderson lui même, maçon tardif (1721 ?), il était aux ordres et faisait ce qu’on lui demandait… Désaguliers était un fin renard, aujourd’hui on parlerait d’un bon communiquant et d’un homme de marketing.

            Bon, tout celà n’est que supputation mais je reste convaincu que l’Histoire a été écrite à propos sans forcément collée à la réalité.
            Ceci étant dit, la FM est ce qu’elle est et ne changera pas si la date de la création de sa forme obédientielle change 😉

            • 72
              Konig 14 avril 2018 à 11:48 /

              Je pense aussi qu’il y eu création en 2 temps, mais si on veut bien se sortir du huis clos maçonnique et regarder ce qui se passe autour de soi à cette époque le fait de retrouver un duc, soutien politique et militaire de la monarchie hanovrienne, membre du parti Whig et une des plus grosses fortunes à la tête d’une encore obscure société de sociabilité est tout sauf du hasard (cf mon livre « 1717 »). C’est un compte à rebours quia commencé en 1717 et qui s’est achevé en 1721 quand on a pu mettre « the right man in the right place »

            • 73
              André Kervella 14 avril 2018 à 12:05 /

              Anderson : maçon tardif ? Rien ne le prouve. Son père était FM à Aberdeen, possédait une marque, et cette marque Anderson l’a reprise, en conséquence de quoi on peut dire qu’il connaissait l’activité de son père et a fortiori ses pratiques maçonniques. Je ne me prononce donc pas sur la date de réception dans l’Ordre. A titre d’hypothèse, je la situe avant son installation à Londres. Puisque c’est une hypothèse; je n’en fais pas un dogme.
              Reculer la création de la GL de Loge de quelques années par rapport à 1721 ne tient pas non plus. Puisque Montagu devient GM en 1721, et les registres de la GL disent bien qu’il a été précédé par Payne, Desaguliers et Sayer. Les PV de chaque tenue sont lus par le secrétaire à haute voix devant un auditoire qui est en mesure de contester en cas de falsification.
              J’admets la possibilité d’envisager d’autres hypothèses, mais il faut les accorder aux sources.
              Il est vrai qu’en 1721 le tournant est fort. L’élection de Montagu précède de peu un fort afflux de la noblesse et de la gentry dans les loges. Il y a donc un avant et un après, mais l’après n’autorise pas à nier l’avant.

          • 71
            Konig 14 avril 2018 à 11:38 / Répondre

            Tout à fait d’accord et pour conforter ce point de vue, j’ai fait appel à la presse de l’époque comme témoin impartial de ces événements. Sur 1721/1742, j’ai relevé plus de 130 articles/entrefilets relatifs à la FM et qui vont dans le sens du récit d’Anderson de 1738.
            Les fac-simile des articles seront disponibles dans mon livre qui devrait sortir en mai/juin.

      • 68
        Konig 14 avril 2018 à 00:13 / Répondre

        « The London Evening Post » du 16 au 19 janvier 1742 .

        « Il y a quelques jours est décédé, âgé d’environ 70 ans, Mr. Anthony Sayer, qui fut Grand Maître de la très ancienne et honorable société des maçons libres et acceptés en 1717. Sa dépouille fut suivie d’un grand nombre de personnes de la meilleure qualité de cette honorable société depuis la taverne « à la tête de Shakespeare », située sur la Piazza dans Covent Garden, et fut convenablement inhumée dans l’église de Covent-Garden. »

  • 49
    André Kervella 13 avril 2018 à 14:28 / Répondre

    Réflexions autour des posts 45, 47, 32 et 26.
    « Ce qui ne peut être prouvé » : nous attendrons longtemps les preuves qui permettent à Pierre Noël d’affirmer dans son post 32, en prolongement du 26, qu’on les trouve soit dans les Constitutions de 1723 soit dans celles de 1738.
    1°) En 1723 (comme le rappelle Fifi), Anderson ne parle pas des circonstances qui ont amené le redressement des loges déclinantes à Londres, selon ses propres mots (drooping Lodges in London), donc cette référence se trouve éliminée ipso facto.
    2°) En 1738 Anderson consacre environ 1page ½ à l’épisode de 1716-1717, sans dire que Sayer était esquire, ni préciser la composition de l’assemblée, hormis les 4 loges fondatrices, ce qui laisse perplexe quand on lit que la 4e loge a été « la plus nombreuse », et que des musiciens (peut-être…) auraient égayé la soirée. Il paraît même que les présents ne s’intéressaient pas à « l’histoire, passée ou future, de leur institution ». Hum hum ! Histoire passée (pléonasme) : les 4 Loges n’auraient-elles pas eu tendance, tout de même, à légitimer leur rassemblement par le fait qu’elles avaient un passé, long ou court ?
    3°) Pierre Noël a bien raison en disant qu’il ne faut pas perdre de vue la question centrale qui est de savoir dans quelles conditions est apparue la première GL d’Angleterre.
    4°) Fifi fournit un résumé auquel je n’adhère que partiellement, pour la bonne raison qu’il ne prend pas en compte les informations contenues dans le registre de la GL, ni celles concernant la loge Saint-Paul, dans la transcription qui en a été faite en 1911 par Harry Rylands. Ainsi, quand il dit que cette loge migre à la Taverne King’s Arms en 1729, après une période de stabilité à L’Oie et le Grill (Goose and Gridiron), je confesse que mon scepticisme devient immense. Voici ce qu’on lit dans le registre, à la date du 27 décembre 1721 : « Cette loge s’étant régulièrement transportée à la taverne Queens Arms, Cour Saint-Paul, à partir de L’Oie et le Grill, décide que les réunions à venir se tiendront à ladite taverne Queen Arms ». Elle y était encore en 1739, année où Anderson décède. [Queens/Queen, ainsi écrit dans le registre, avec un s ou pas, qui n’est pas Kings/King’s ou King)
    5°) Les registres de la GL résument des interventions de Frères qui se plaignent de la mobilité de certaines loges, tantôt dans une taverne tantôt dans un autre. Il convient donc de rester prudent dans l’interprétation des listes. Pine a tenté d’y mettre de la cohérence.
    6°) Les loges d’avant la GL se réunissaient « très certainement au solstice d’été ». Le sentiment de certitude est une chose, autre chose sont les arguments qui permettent de lui donner force. Combien de fois, entre 1717 et 1739 (date butoir avec le DC d’Anderson), la GL s’est-elle réunie au solstice d’été ? Que sait-on des usages des loges particulières avant 1717 (ou 1721, ou 1723) ? Je dispose de plusieurs documents qui citent quant à eux le solstice d’hiver (27 décembre).
    7°) Fifi cite la loge se réunissant à l’enseigne du Pommier (Appel Tree). D’accord. J’attire son attention sur le fait que Prescott et Sommers considèrent que cette taverne n’existait pas en 1717, et qu’elle serait apparue en 1729 seulement, avec pour tenancier propriétaire James Douglas. Qu’en pense-t-il ?

    • 53
      Fifi 13 avril 2018 à 16:46 / Répondre

      Mon cher André,
      A la question 7 je n’en pense pas grand chose. D’une part j’écris au conditionnel (comme toi pour la date de 1729), d’autre part en situant la création en 1722 ou 23 celà ne dément pas le fait qu’en 1717 la Tavern n’existait pas forcément.
      J’ai fait ces relevés de dates il y a bien longtemps et, à l’époque, je ne mentionnais pas mes sources. En faisant une recherche dans mes documents je peux dire que ces sources sont « The Four Old Lodge » et les différents livres de Gould…

    • 67
      Joël 13 avril 2018 à 23:48 / Répondre

      L’étau se resserre… Tout ceci est passionnant, et comme le disait un internaute, les grincheux ne sont pas obligés de suivre ce fil de discussion.

  • 47
    pierre noel 13 avril 2018 à 11:54 / Répondre

    Ne perdons-pas de vue qu’il ne s’agit pas ici de la « Naissance de la Franc-Maçonnerie »,
    mais de la fondation d’une « Grande Loge » (pour Londres et Westminster), encore embryonnaire mais qui deviendra l’organisme administratif connu sous le nom ‘Grande Loge d’Angleterre’.

  • 46
    König 13 avril 2018 à 11:48 / Répondre

    44 DESAP. Ce que je veux dire c’est que le fait qu’une GL soit fondée à partir d’une seule loge et qu’elle grossisse ensuite, soit en agrégeant des Loges « libres », soit en en « constituant » de nouvelles, n’est pas une situation exceptionnelle. A l’époque, Kilwinning qui voulait maintenir son autonomie par rapport à la Grande Loge d’écosse en avait fait de même, comme les mères loges écossaises en France qui voulaient ne pas dépendre de la Grande Loge du comte de Clermont d’extraction moderne. Encore aujourd’hui, de micro obédiences apparaissent spontanément souchées sur une seule Loge ayant des velléités d’indépendance. Elles veulent s’habiller différemment mais n’osent pas aller toutes nues.

    On peut donc très bien concevoir et c’est plus en accord avec les faits historiques, que la Grande Loge fut créé à partir de « Rummer and the grapes », Proto Grande Loge, et qu’elle ait commencé ensuite sa fulgurante ascension en agrégeant les 3 autres vieilles loges ultérieurement, vraisemblablement en 1721. Elle aura été la première à le faire, mais pas la dernière. Cela n’ôte rien au génie de Desaguliers qui a conçu ce système juridique. Comme disait Gérard de Nerval: Le premier qui compara une femme à une rose, c’est un poète, le second fut un imbécile.

  • 45
    Fifi 13 avril 2018 à 10:31 / Répondre

    Ce qui ne peut être prouvé ne peut être avéré… C’est un peu comme l’existence de la Loge de St Germain en 1688… Beaucoup aimerait qu’elle ait existé mais aucune preuve ne l’atteste.

    Le problème de 1717 est exactement le même. Pas de preuve !!! si ce n’est un récit 23 ans après.

    1ère question : si la GLL a été créée en 1717, pourquoi Anderson n’en parle pas 6 ans après dans ses Constitutions alors qu’il retrace l’histoire de la maçonnerie ?
    Un début de réponse (échanges avec l’archiviste de la GLUA – février 2013) pourrait être que les archives de cette 1ère GL ne débute qu’en juin 1723 et qu’aucune des 3 Loges survivantes (sur les 4 présentes) n’a d’archives sur cette période.

    L’autre point est l’existence de ces 4 Loges. Si l’existence de 2 des 4 Loges en 1717 est attestée, celle des 2 autres reste à démontrer. Leur date de constitution se trouve dans la Liste des Loges Régulières selon leur Ancienneté et leur Constitution publiée en 1729 (List of Regular Lodges according to their Seniority & Constitution (Engraved List of Lodges) publiée par L. Pine), ainsi que dans la liste dressée par Prichard en 1730 : St Paul’s Church Yard – King’s Arms – (1691) et Furnivals Inn, near Holborn – Rose and Buffler – (1712).
    2 autres listes viennent compléter cette recherche : celle des loges en exercice en janvier 1723, gravée par Pine sous la grande maîtrise du Comte de Dalkeith et une établie en 1838.
    Qu’en sort-il ?

    • Pour la Loge n°1 (The Old Lodge of St. Paul), les listes concordent : elle fut constituée en 1691 et se réunissait à la Taverne The Goose and Gridiron (L’Oie et le Gril) puis à la Taverne King’s Arms, à partir de 1729 – titre distinctif en 1878 : Antiquity n°2 -.

    • La Loge n°2 en 1712. Après s’être réunie à la taverne The Crown (La Couronne), elle aurait déménagé à The Queen’s Head, Turnstile, Holborn en 1723 puis à The Green Lettice, Brownlow Street (1725) avant d’aller à The Rose and Rummer (1728) et à The Rose and Buffler (1729). En 1730 elle se réunissait à The Bull and Gate, Holborn avant d’être dissoute en 1736.

    • Par contre, la Loge n°3 se serait constituée le 27 février 1722 ou 1723 à la taverne Apple Tree (Le Pommier). Elle se réunissait à l’époque de l’élaboration de ces listes à The Queen’s Head, Knave’s Acre – titre distinctif en 1878 : Fortitude and Old Cumberland n°12 -.
    Anderson, dans la deuxième édition de 1738 (p185) donne l’explication suivante : « Suite à quelques différents, les membres adoptèrent une nouvelle constitution (27 février 1722/23), en conséquence de quoi il fut donné [à la loge] une place et un numéro en rapport avec ce changement. »… Soit !

    • Quant à la Loge n°4 qui se réunissait à la taverne Rummer & Grapes (Le Gobelet et les Raisins), la date n’est pas donnée (?). En 1723 elle se réunissait à The Horn Tavern à Wetsminster – titre distinctif en 1878 : Royal Somerset House and Inverness n°4 -.

    A part l’illustration sur la liste de 1723 de la Loge n°1, aucun des noms donnés par Anderson ne figurent sur les listes !!!

    La remise en cause de la création de 1717 n’est pas nouvelle. Robert Freke Gould, l’un des fondateurs de la Loge Ars Quatuor Coronati, a, en son temps, écrit que les informations connues et trouvées étaient trop vagues et incertaines pour qu’un historien puisse arrêter une conclusion avec certitude.

    Revenons en a ce que dit Pierre Noël. Il est sûr qu’il existait des Loges avant 1717. Des Loges spéculatives. Ces Loges se réunissaient très certainement au solstice d’été. Il est fort probable que plusieurs Loges se soient réunies pour le fêter ensemble. Cela arrive encore de nos jours : plusieurs Loges décident de fêter l’évènement ensemble et pour ce faire, dans le cadre du rituel, l’un des véné est choisit pour diriger les travaux. Pourquoi en serait-il différemment en 1717 ? Anthony Sayer fut choisi et prit le titre de Grand Maître pour l’occasion – et Désaguliers, certainement en 1719 -. Une fois les festivités achevées, chacun retourna à ses activités profanes et maçonniques…

    Quid de la maçonnerie entre 1717 (date supposée) et 1720 ? Comme dit supra, elle existait mais les membres étaient soient des gens de milieu modeste (charpentier, tailleur de pierres, décorateurs, imprimeurs), soit des amateurs éclairés (Payne, Stukeley, Désaguliers). Tout changea avec l’arrivée des nobles et la nominations de Montagu à la GM. Désaguliers, de part ses relations, joua très certainement un rôle important dans le « recrutement » de cette noblesse.

    Comment analyser le changement de date ?
    Un « courant de pensée » créé par la noblesse en 1721 n’aurait pas attiré grand monde si ce n’est d’autres nobles. Le faire remonter à quelques années plus tôt avec des roturiers d’extraction modeste permettait de l’ouvrir au plus grand nombre. CQFD.

    • 48
      König 13 avril 2018 à 12:48 / Répondre

      Nous avons des éléments probants pour Rummer and Grape car les registres ont été conservés (Cf Gould Histoire de la franc-maçonnerie.par ailleurs des articles de journaux de l’époque parlent bien de Sayer, Payne et desaguliers comme anciens Grands Maîtres.
      Pour ce qui a précédé 1717, on joue sur les mots. Ce qui est né en 1717 , c’est la Franc-maçonnerie obédientielle qui est aujourd’hui sa forme d’organisation la plus répandue.
      On peut prétendre que l’homme descend du singe ou d’Adam ou des premiers protozoaires vivant dans des sources d’eau chaude, mais les paléontologues savent bien quand l’homo sapiens est apparu dans sa morphologie actuelle.
      « The most ancient and honourable Society of free and accepted masons » est apparue en 1717 et elle n’avait rien à voir avec les « compagnies » (nom donné en Anglais aux corporations de l’ancien Régime) d’artisans-maçons.

      • 50
        DaXaD 13 avril 2018 à 14:28 / Répondre

        Désolé Monsieur König, peut-être une légère erreur de votre part : « The most ancient and honourable Society of free and accepted masons » appelé aussi la Grande Loge des Ancients a été fondée en 1751 seulement. Vous vouliez probablement dire « Premier Grand Lodge of England » qui, elle, aurait pu être fondée en 1717 ou 1721 selon qu’on se range à vos arguments ou à ceux de Prescott, Sommers, Dachez…

        • 52
          König 13 avril 2018 à 15:52 / Répondre

          Pas du tout, Mr DAXAD. C’est bien le titre que s’est donné la Grande Loge d’Angleterre quand elle était la seule de son genre de 1717 à 1751 et qui a été utilisé dans tous les journaux de l’époque.
          La querelle des anciens et des « modernes », surnom donné par la Grande Loge des « Anciens Acceptés » à sa devancière, était en fait une querelle entre Anciens et « plus ancien que moi tu meurs ». Il n’y a que le mot « free » qui a disparu au passage.

          • 55
            DaXaD 13 avril 2018 à 17:56 / Répondre

            Désolé de vous contredire. Dans les journaux et gazettes avant 1751, on usait parfois de l’expression « The ancient and honourable Society of free and accepted masons » SANS le mot MOST. Le mot MOST n’est apparu qu’après 1751. Ce mot fait partie de la revendication de légitimité et d’ancienneté affichée par les « Ancients ».
            Ce n’est qu’un infime détail qui nous éloigne du principal sujet. Ceci écrit, j’ai bien apprécié vos 2 ouvrages parus dans la collection Pollen maçonnique.

            • 56
              NEGRIER 13 avril 2018 à 18:21 /

              Faux ! Le mot « most » apparaît sur la page de titre des Constitutions de 1723.

            • 60
              DaXaD 13 avril 2018 à 19:30 /

              Réponse au post ci-dessous (56). FAUX AUSSI Mr Négrier ! Si le mot MOST apparaît bien sur la page de titre des Constitutions de 1723, ce n’est pas avec la même formulation. Il y a une différence notable entre « The most ancient and honourable Society of free and accepted masons » qui fait référence EXCLUSIVEMENT aux « Ancients » et « Most Ancient and Right Worshipful Fraternity » qui elle se rapporte aux « Moderns ». Les stipulations sont très différentes.

            • 62
              Konig 13 avril 2018 à 20:07 /

              Merci j’espère que vous apprécierez le prochain où seront reproduit les fac-simile des journaux de l’époque d’avant 1751 où l’expression « the most ancient » apparaît à longueur d’articles et même parfois redoublée avec « the most honourable society ».Mais l’expression n’a rien d’extraordinaire. Elle fait partie des qualificatifs que les journaux de l’époque utilisent habituellement pour parler d’autres sociétés.

            • 74
              DaXaD 14 avril 2018 à 12:50 /

              En effet. Après avoir consulté des archives disponibles sur le web de journaux ou gazettes d’époque, l’expression « The most ancient and honourable Society of free and accepted masons » est utilisée pour qualifier tout ce qui est franc-maçonnerie, qu’elle relève des Moderns ou des Ancients. Alors ma question, comment sur base de ces documents d’époque différencier ce qui relève d’une GL ou d’une autre ?
              D’après leurs pièces authentiques émanant d’elles-mêmes : la GL des Moderns, la Premier Grand Lodge of England, usait de l’appellation « Grand Lodge of the Masons of England » ou « Grand Lodge of the Society of Free and Accepted Masons under the Constitution of England » ; la GL des Ancients usait de l’appellation « Grand Lodge of Free and Accepted Masons of England according to the Old Institutions »
              Il est donc très difficile avec des intitulés aussi longs et proches que ceux-là de distinguer aisément les deux GL.

    • 51
      Joël 13 avril 2018 à 14:48 / Répondre

      concerne post 45. Question précise : pourquoi, selon vos dires, les Loges auraient-elle privilégié davantage le solstice d’été que celui d’hiver (Jean l’évangéliste). Vous avez des statistiques ?

  • 41
    JF VAR 13 avril 2018 à 00:28 / Répondre

    Les ouvrages d’André Kervella sont toujours stimulants. A preuve, les discussions qu’ils engendrent, quelquefois courtoises, souvent acrimonieuses; Comme quoi l’invidia latomorum ne le cède en rien à l’invidia clericorum.
    Sa connaissance des archives est remarquablement étendue, les hypothèses qu’il en tire sont contestables, comme toute hypothèse. Je dois confesser que j’ai été convaincu par la plupart d’entre elles. Et ce n’est pas l’ostracisme dont il fait l’objet de la part des détenteurs autoproclamés de la vérité historique maçonnique qui m’aura fait changer d’avis.
    Cela dit, quitte à faire hurler, je déclare que le fait que la GLUA ou son ancêtre ait été fondée en 1717 ou en 1721 m’est complètement équilatéral !

  • 40
    ERGIEF 12 avril 2018 à 23:42 / Répondre

    HRMS 35. Ressaisissez vous mon brave, ce n’est pas parce que le sens des choses vous échappe que vous devez vous égarer dans le dénigrement et la goujaterie. Gardez espoir car il est dit « heureux les simples en esprit, le royaume etc… »

  • 39
    Désap. 12 avril 2018 à 21:34 / Répondre

    Question à Pierre Noël :
    – Qu’entendez-vous par « Franc-maçonnerie » ?
    Question subsidiaire :
    -Qu’entendez-vous par « Maçonnerie » ?
    Question complémentaire :
    – Quell utilité d’exécuter un rituel opératif au sein d’une assemblée qui ignore tout du Métier que celui-ci décrit et représente ?

  • 32
    pierre noel 12 avril 2018 à 17:25 / Répondre

    Les réponses aux questions du message 26 se trouvent soit dans l’article II du Book of Constitution (1723) soit dans la partie « historique » du New Book of Constitutions (1738) d’Anderson.

    • 34
      André Kervella 12 avril 2018 à 19:17 / Répondre

      Négatif, elles ne s’y trouvent pas !

    • 36
      Joël 12 avril 2018 à 20:15 / Répondre

      Mais oui, M. Noël, faites nous un copier/coller de ce que vous avancez (avec la source précise). Ce sera clair pour tout le monde.

  • 30
    Konig 12 avril 2018 à 16:37 / Répondre

    RF Gould: Les 4 vieilles Loges et bibliothèque de la franc-Maçonnerie, appuyés sur les registres de The Horn en 1721

  • 29
    ERGIEF 12 avril 2018 à 16:29 / Répondre

    STEF 22 Bravo pour le trait d’humour. J’apprécie. Mai voir ma réponse 24 à Kervella.

  • 28
    ERGIEF 12 avril 2018 à 16:27 / Répondre

    KERVELLA 24. Aucun problème: raisonnement discursif= domaine sensible. pensée analogique= ultra-sensible, irrationnel, méta-éthique. Le premier se bâtit sur le savoir et la logique, la seconde nait de l’intuition et de la grâce.

    • 38
      NEGRIER 12 avril 2018 à 21:16 / Répondre

      Une mise au point s’impose. Les phénomènes sensibles sont intelligibles (Platon, République VI). Comme tels ils sont accessibles à la raison discursive. Mais les phénomènes sensibles sont porteurs d’une intelligibilité accessible également à la raison phénoménologique que la tradition du Proche-Orient ancien appelait le « voir » prophétique (I Sam. 9,9.11), que Platon appelait lui aussi le « voir » (vision des Idées en République VII), que Pascal appelait « l’esprit de finesse » (Pensées), et que Guénon appelait « l’intuition intellectuelle » (intellectuelle parce que façonnée par les catégories de la raison). Au-delà du monde sensible dont il y a intelligibilité la conscience humaine ne peut rien percevoir et elle ne peut donc rien en dire (Kant, Critique de la raison pure). Quant à ceux qui cherchent l’irrationnel, ils sont bons pour l’asile de fous. On peut seulement leur rappeler la parole de Goya : « Le sommeil de la raison produit les monstres ».

      • 42
        Désap. 13 avril 2018 à 06:20 / Répondre

        L’univers est donc un monstre puisqu’il ne saurait être le fruit d’une quelconque raison,
        sauf pour les tenants de la version exotérique des choses qui est fausse par définition.
        La manifestion est non seulement une illusion, elle peut, de plus, ne se projeter que dans le passé, ce qui rajoute à l’erreur des conclusions tirée de La seule raison.

        • 43
          Désap. 13 avril 2018 à 06:23 / Répondre

          J’ajoute que, cherchant l’irrationnel, je suis donc fou
          et très heureux de l’être, comme tous les fous d’ailleurs
          🙂 🙂

        • 58
          ERGIEF 13 avril 2018 à 18:49 / Répondre

          MTCF DESAP, voir mon commentaire 1 en réponse au 38 de Négrier. Cette discussion est intéressante parce qu’elle se déroule en marge d’un débat très animé portant sur des points de détail sans grand intérêt qui illustre parfaitement combien le raisonnement discursif, agrémenté de la volonté d’avoir raison à tout prix, peut conduire à des dérives intellectuelles. Où est l’essentiel dans tout ça? Quel intérêt de reproduire les errements de la controverse de Valladolid? Proust a écrit « le Nez (grier)est l’instrument ou s’étale plus généralement la bêtise » 🙂

          • 64
            Désap. 13 avril 2018 à 22:19 / Répondre

            58 – Oui, je suis également d’accord avec toi, sauf s’agissant de P. Négrier qui fait souvent preuve d’excellentes analyses, j’apprécie notamment sa description de la Maçonnerie Opérative et ce qu’il exprime à propos de l’Ecosse maçonnique du 17ème.
            Je regrette qu’il soit tant attaché à la Bible.
            S’il était plus objectif, ceci lui permettrait de reprendre la lanterne posée par Guénon, il en a toutes les qualités et est parfaitement qualifié.
            Ce travail arrêté depuis 1951 qui, comme une Cathédrale et pour les mêmes raisons, n’a aucune vocation à un quelconque terme, doit nécessairement se poursuivre.
            Merci de ne voir aucune espèce de flagornerie dans mon propos, je n’ai de respect que pour l’objectivité.

            • 66
              NEGRIER 13 avril 2018 à 23:37 /

              Dans mon livre à paraître dans quelques mois et qui s’intitule Exposé général de la Tradition je formule quinze critiques à l’adresse de la pensée de René Guénon qui constitue pour moi une référence importante.

      • 57
        ERGIEF 13 avril 2018 à 18:39 / Répondre

        Rien n’est plus relatif que la Raison. Aux yeux de ses contemporains Galilée était fou de la même manière que les auteurs de SF qui, malgré le scepticisme des scientifiques, anticipent les voyages supraluminiques ou atemporels au moyen des trous de ver, se font traiter d’illuminés. Pour Kant la cosmogonie était du domaine de l’irrationnel et pourtant à peine deux siècles plus tard la phénoménologie cosmogonique a rejoint le champ de la science, notamment avec Einstein.
        Rationnel et irrationnel sont deux domaines séparés et autonomes, comme la physique et la métaphysique, mais leurs frontières fluctuent au fur et à mesure de l’accroissement de la conscience. L’un a besoin de l’autre pour se révéler, sachant que, et c’est ça le grand mystère, plus le connaissable se développe plus le champ de la métaphysique s’étend à l’infini.
        La raison doit parfois céder le pas devant certaines questions relatives à l’Être, l’affectivité, la spiritualité, l’inconscient, l’existence, le divin, les évènements historiques etc…
        L’irrationnel c’est tout ce qui n’est pas accessible à l’intellect. C’est l’opposé d’un système déductif et achevé, qu’on peut formaliser. Alors c’est vrai qu’il touche parfois à l’ombre de notre inconscient et qu’il peut conduire à la folie les esprits fragiles mais combien de chercheurs se sont aussi donné la mort au prétexte qu’un problème échappait à leur entendement scientifique et à leur raisonnement discursif ?
        Le problème avec la rationalité c’est qu’elle se fabrique ses propres limites et qu’il faut savoir la transgresser pour avancer sur la voie de la connaissance (le pas de côté du Compagnon ?).
        Ainsi Bergson s’est éloigné du rationalisme de Kant lorsqu’il a envisagé que l’intuition puisse permettre de saisir l’origine du monde ou de l’élan vital.
        Prenons le cas de l’origine des guerres. Les uns évoquent les raisons économiques, d’autres la folie des hommes, d’autres encore l’inconscient collectif etc. Voici le prototype d’évènement dont la raison peine à conceptualiser le modèle causal. Le Franc Maçon doit pouvoir évoquer, dans le secret des loges, sans se faire traiter de facho ou de cinglé, la possibilité de simples épiphénomènes répondant par exemple à la nécessité de perpétuation de l‘espèce au sein de la grande loi de l’Univers.
        Ainsi le mystique qui flirte avec l’irrationnel peut sembler fou aux yeux du cartésien irréductible mais le scientifique peut aussi apparaître comme un fossile ou un obscurantiste au regard du métaphysicien qui ne fixe aucune limite au possible.

        • 63
          Désap. 13 avril 2018 à 21:41 / Répondre

          Excellent mon TCF ERGIEF, je partage sans réserve.

  • 27
    Konig 12 avril 2018 à 16:22 / Répondre

    Bonjour Pierre Noël.
    C’est une possibilité, mais 2 raisons viennent à l’encontre de cette description sympathique.
    – La loge « Rummer and Grapes créée par Desaguliers dans une taverne à côté de son domicile en 1715 ou 1716.
    Elle est à elle seule plus nombreuses que les 3 autres, est composé pour plus d’un tiers de fellows de la RS et on y trouve plusieurs personnalités qui joueront plus tard un rôle déterminant dans le développement de la GLA: outre Desaguliers, Payne et Anderson, en viennent Montagu, Richmond, Blackerby, Folkes etc… Elle apparaît bien comme une proto Grande Loge et d’ailleurs à sa suite « the Horn » continuera de jouer un rôle central dans l’essor de l’institution.
    – Si la « très ancienne et honorable Société des Maçons libres et acceptés » est une Société à l’anglaise comme pouvait l’être la « société des anciens britanniques » ou celle des « enfants du clergé », c’est la seule qui soit à 2 étages (comme un bus anglais!) avec une relation juridique forte entre les 2 niveaux, ce qui fait l’originalité du concept de Grande Loge inventé par Desaguliers (Cf Bertin).

  • 26
    André Kervella 12 avril 2018 à 15:42 / Répondre

    Réponses principalement à 25 et accessoirement 4.
    Louis XVI, non plus, ne pouvait certainement pas imaginer à la veille de son exécution qu’une armée d’historiens s’engagerait plus tard dans des controverses sans fin pour discerner les causes de la Révolution française. Mais, dans cette armée, il y a un accord unanime : l’infortuné roi a été décapité le 21 janvier 1793, on sait où, comment et par qui. Une recherche historique dans l’espace maçonnique acquiert son sens par la volonté de rechercher un accord de même nature, si pas unanimement, au moins majoritairement (validation par la communauté des chercheurs).
    Pour y tendre, Pierre Noël gagnerait à nous dire :
    – d’où il tient que « les convives appartenaient à quatre groupes, clubs, ‘loges’ »
    – comment il arrive à concilier cette affirmation avec la suivante : « On ne sait qui était présent et nul ne peut dire avec certitude si un tel y était ou pas ».
    – quel document permet de dire que, parmi les loges la quatrième « était plus nombreuse et relativement huppée »
    – qu’est-ce qui lui permet de dire que Sayer était esquire et « relativement à l’aise en 1717 »
    – où a t-il capté l’information selon laquelle les invités auraient été là « pour tramer quelque complot obscur, mystérieux et illusoire pour « le roi d’au-delà de l’eau » ni pour se communiquer sous le manteau les arcanes de la Philosophia Perennis venue du fond des âges »
    – d’où il tient « qu’il fallut quatre ans » pour que les réunions de quartier se mettent en place

    Evidemment, je n’aborde pas la question de la scène conviviale où l’on boit et consomme bonne chère. Elle serait superfétatoire.

    • 31
      Désap. 12 avril 2018 à 17:08 / Répondre

      Ben André ?? Voyons ! Pierre y était !! Roger idem, et tout l’équipe de RT d’ailleurs 🙂 🙂

      • 33
        ERGIEF 12 avril 2018 à 17:45 / Répondre

        🙂

  • 25
    pierre noel 12 avril 2018 à 13:57 / Répondre

    Le 24 juin 1717 (selon le style julien, c’est-à-dire le 5 juillet en style grégorien habituel sur le continent), quelques convives durent se réunir au premier étage d’une taverne proche de la cathédrale Saint-Paul. La salle était relativement exiguë et ne pouvait contenir, sans inconfort, qu’une cinquantaine de personnes (Ils étaient sans doute beaucoup moins). Les convives appartenaient à quatre groupes, clubs, « loges » qui n’avaient rien d’ opératif puisqu’ elles ne dirigeaient pas de métier, ne surveillaient ni n’en autorisaient la pratique. Tout au plus peut-on dire qu’elles faisaient ce que faisait autrefois l’Acception, cercle,privé selon la définition actuelle, réservé à quelques membres triés sur le volet de la Vénérable Compagnie des Maçons (autrefois véritable société opérative, elle avait été définitivement privée de ses prérogatives, à vrai dire exorbitantes, par les derniers rois Stuarts. Elle existe toujours, sans être la plus prestigieuse des Livery Companies de la cité de Londres).
    Deux de ces loges venaient du quartier chaud de Covent Garden, une autre (la plus ancienne) des alentours respectables de la cathédrale dans la cité de Londres, la quatrième, plus nombreuse et relativement huppée, venait des approches du palais royal dans la cité de Westminster. On ne sait qui était présent et nul ne peut dire avec certitude si un tel y était ou pas. Trois noms seulement ont survécu, celui du malheureux Anthony Sayer, esq. (objet actuel de tous les ressentiments, relativement à l’aise en 1717, il sera plus tard démuni et sans le sou au point de devoir quémander à plusieurs reprises une aide financière à la société qu’il avait présidée) et ceux du capitaine Joseph Elliot et de Mr. Jacob Lamball (charpentier).
    Que faisaient-Il, sinon fêter la St-Jean d’été (midsummer’s night) comme devaient le faire des centaines de leurs concitoyens en d’autres endroits de la ville et du pays ? C’était une soirée de réjouissances, un de ces moments où l’homme, animal social, se sent en entente avec ses semblables, comme les francs-maçons d’aujourd’hui en connaissent de temps en temps dans leur loge. Ce n’était pas une assemblée professionnelle et ils n’étaient pas là pour parler boulot (bien peu semblaient faire le même métier ou avoir la même occupation). Ils étaient réunis pour faire la fête, pour se faire plaisir, pour être heureux, pas pour tramer quelque complot obscur, mystérieux et illusoire pour « le roi d’au-delà de l’eau » ni pour se communiquer sous le manteau les arcanes de la Philosophia Perennis venue du fond des âges.
    Comme quelques- uns d’entre eux l’avaient convenu quelques mois auparavant (à moins que ce ne fût l’année précédente), ils élirent un « Grand Maître » pour l’occasion, comme autrefois pensaient-ils. Ils le firent sans doute à main levée, et un « ancien » « installa » Anthony Sayer, esq., à la place d’honneur de la table. Il invita les deux surveillants, Elliot et Lamball, à prendre place en bout de table (si on suit la gravure célèbre de la célébration à St-Paul en 1735) . Tous purent alors gaiement deviser (échangèrent-ils quelques répliques du catéchisme ?), manger et boire sans mesure, chanter comme les Anglais aimaient le faire (quelques musiciens égayèrent peut-être la soirée).
    L’assemblée n’avait rien de formel, la pratique des toasts officiels, à l’ordonnance réglée et immuable (celle qui donne aux loges anglaises ce cachet que n’ont pas nos loges continentales) ne devant être introduite que quelques années plus tard. Avant de se quitter, ils décidèrent de rétablir la coutume des réunions trimestrielles (promesse d’ivrogne, puisqu’il fallut quatre ans pour que ce vœu commence à se réaliser, en même temps que se mettait en route la machine administrative qui conduira à la Grande Loge que nous connaissons).
    Tout cela fut tellement discret qu’il n’en reste pas d’autre trace que le récit qu’en fit Anderson en 1738, lorsqu’il y avait encore des témoins directs ou proches des faits qui auraient pu le démentir. Aucun ne pensait « créer une Grande Loge », sûrement pas LA Grande Loge qui s’étendra au-delà des « Bills of Mortality », dans l’Angleterre toute entière avant de de faire des émules dans les deux royaumes soumis à la couronne, puis dans le monde. Nul n’imaginait qu’on discuterait à longueur de symposium ou de blog de leur soirée de bonheur. Et j’oserais parier qu’aucun ne s’intéressait à l’histoire, passée ou future, de leur institution.

    • 37
      Désap. 12 avril 2018 à 21:11 / Répondre

      Pari osé, voire téméraire, en effet.

  • 20
    Konig 12 avril 2018 à 10:46 / Répondre

    En 1717, Sayer qui était libraire, n’était pas pauvre. Il a été ruiné comme bien d’autres (Wharton, Anderson etc.) par le crack de la Southern en 1720.

  • 17
    Konig 12 avril 2018 à 00:26 / Répondre

    Desap, il est fort possible d’avoir une Grande Loge souchée sur une seule Loge. Je vous rappelle que le GODF et la GLDF revendiquent 1728 comme date de fondation de la Grande Loge de France, alors que, de leur propre aveu, il n’existait à l’époque qu’une loge celle de Derwentwater Thomas I. C’est d’ailleurs à cela que se sont amusées toutes les loges-mères écossaisses, à commencer par celle de Kilwinning.
    Et pourquoi 1717 ? Et pourquoi pas ? Rummer and Grapes a été créé en 1716 par Desaguliers etc. Il y avait peut être un agenda du Duc de Montagu et il fallait commencer le compte à rebours de 1721 en 1717.
    Négrier. C’est justement parce que ces loges avaient une antériorité qu’elles n’ont rejoint la Grande Loge que quand Montagu en a pris la tête. Quand à l’argument de l’affabulation, il n’a aucun sens. La Franc-Maçonnerie est une affabulation convenue, destinée à crypter un message rationaliste anti-catholique et anti monarchie absolue. La partie historique des Constitutions de 1723 la fait remonter à Adam.

    • 23
      Hep 12 avril 2018 à 11:16 / Répondre

      « La partie historique des Constitutions de 1723 la fait remonter à Adam. »
      Certes, mais Adam, Salomon, Les Templiers ce sont des noms qui permettent juste de se faire un peu de légitimité historique. C’est en 1717 que les spéculatifs sont arrivés. Bon, ils ne sont pas apparus ex-nihilo et il y a une histoire derrière ça, mais faire remonter les choses même au templiers cela commence à devenir un manque d’humilité.

    • 44
      Désap. 13 avril 2018 à 08:32 / Répondre

      17 – la création des GGLL continentales n’est pas comparable à la création de la GL de Londres.
      De par la particularité de cette dernière qui, au contraire de ce qu’on prétend souvent, relevait d’un projet, si ce n’est parfaitement défini dans sa forme, précisément défini dans ses objectifs,
      également parce que les GGLL continentales étaient, lors de leur création, des représentantes de celle de Londres ; ainsi, à mon sens, si elles ne se créaient qu’à partir d’une seule loge, elles n’en représentaient pas moins l’ensemble des loges de la Loge Mère.

  • 9
    Konig Michel 11 avril 2018 à 18:03 / Répondre

    Dans mon prochain livre, suite au « GADLU » et à « 1717 », « 1717-1742 -25 années qui ont fait la Franc-Maçonnerie » à paraître prochainement, je suis également revenu sur la date de 1717, contestée par les Drs Prescott et Sommers; Leur thèse bute comme le souligne à juste titre André Kervalla sur la question des premiers Grand-Maîtres. De nombreux écrits, outre ceux qu’ils citent, (reproduits dans mon ouvrage) prouvent la qualité d’ancien Grand Maître de Sayer, Payne et Desaguliers et comme on connait parfaitement la liste des GM nobles depuis Montagu, ils ne peuvent l’avoir été qu’avant 1721.
    Mais cela ne veut pas dire que Prescott ait tort quand il dit qu’Anderson a bidouillé le texte. Prescott dit qu’il n’y a pas eu de réunion des 4 loges pour constituer la grande Loge et donc que celle-ci n’a pas pu se former en 1717. Mais c’est parce qu’il reste sur le credo « transitioniste » d’une Grande Loge formée par agrégation préalable de 4 Loges opératives. Si on écarte ce présupposé, on peut penser que la grande Loge a bien été fondée en 1717, mais à partir de la seule « Coupe et les raisins » (qui était à elle seule plus nombreuse que les 3 autres) et ce n’est effectivement qu’en 1721, quand c’est un grand du royaume qui prend la grande Maîtrise que les 3 autres loges acceptèrent de se ranger sous son autorité. C’est ce décalage qu’Anderson pourrait avoir camouflé dans son récit de 1738, pour conserver aux 4 vieilles loges d »‘immémoriale constitution » leur antériorité.

    • 12
      Désap. 11 avril 2018 à 21:25 / Répondre

      En toute objectivité, ce raisonnement ne me parait pas tenir.
      Il n’y a aucune logique à créer une GL avec une seule loge, ceci n’a aucune signification.
      D’autre part, pourquoi Anderson aurait-il choisi 1717 ?
      Pourquoi pas 1715, 18 ou 19 ?
      Enfin, la noblesse qu’elle soit insulaire ou continentale et malgré son éventuelle décadence, répondait toujours d’une certaine, voire très essentielle, éthique.
      Je ne vois pas du tout un duc de sa Majesté, et plus tard un comte du Roi de France, se commettre avec des affabulateurs ; de plus, ceci est en total contradiction avec l’esprit maçonnique et ses rituels.

    • 13
      NEGRIER 11 avril 2018 à 21:35 / Répondre

      La loge de la cathédrale Saint-Paul qui se réunissait à L’Oie et le gril possédait, du fait de son ancienneté, une primauté de droit qu’il n’y avait pas lieu de lui prodiguer par une faveur quelque peu arbitraire car elle existait probablement déjà en 1686, date de l’Ancien devoir (l’Antiquity n° 2) avec lequel elle reçut Ch. Wren en 1691.

  • 4
    ERGIEF 11 avril 2018 à 16:51 / Répondre

    Désolé, mais la manière ostentatoire avec laquelle Monsieur Kervella fait en permanence référence à ses titres universitaires , ici comme sur le web en général, le ton péremptoire et donneur de leçons qu’il adopte tant dans ses commentaires sur ce site que dans cet article, me rendent très soupçonneux à son égard. Franchement ne croyez-vous pas que nous avons bien d’autres choses à faire en loge qu’à perdre du temps dans ces débats pseudo-historiques poussiéreux et ces divagations maçonnologiques alambiquées? Les symboles, les mythes, la tradition, la spiritualité etc. se porteraient sans doute mieux sans les élucubrations de ces gens qui font commerce littéraire de leurs théories matérialistes. Nous venons en Franc Maçonnerie pour mettre fin a la confusion entretenue par les hommes entre le savoir discursif, analytique qui prétend expliquer le Cosmos en morcelant son Unité essentielle, et la Connaissance, qui se bâtit la Gnose dans une main et la Grâce dans l’autre. Pas pour y chercher la dernière adresse connue du pasteur Anderson ou la date à laquelle les ultimes trafiquants d’ébène ont fréquenté les loges bordelaises …

    • 5
      Michel Hermand 11 avril 2018 à 17:18 / Répondre

      Mais… bien sûr!
      Ce n’est pas en loge que nous nous livrons aux plaisirs de l’histoire maçonnique, sauf dans des loges de recherche créées à cet effet et à appartenance librement décidée… tout comme la lecture de blogs ou l’achat d’ouvrages!

    • 6
      André Kervella 11 avril 2018 à 17:28 / Répondre

      Comme ce n’est pas moi qui met en avant mes titres universitaires ni mes qualifications professionnelles, je ne vois pas très bien quel est le sens de ce propos. Je vous mets au défi de citer un seul post de moi qui contiendrait ce genre d’informations.
      Je suis cependant respectueux des éditeurs, quels qu’ils soient (livres, blogs, vidéos…) qui souhaitent tracer un rapide portrait de ma personne, ce qui est une pratique tellement répandue que vous devriez embarquer tous mes confrères dans votre critique.
      En outre, j’ignorais que ce blog fût une loge. Apparemment, sur ce point, votre avis n’est pas partagé.

    • 8
      NEGRIER 11 avril 2018 à 17:49 / Répondre

      Votre critique est déplacée et vous êtes mal inspiré de critiquer un auteur (même faillible à l’occasion), d’autant plus que vous vous trompez fortement : l’interprétation des symboles et des pratiques des rituels ainsi que de la signification des Constitutions maçonniques est inséparable de l’histoire de ces rituels et de ces Constitutions. La philologie ne suffit pas pour interpréter des textes rituéliques ou juridiques : il faut aussi recourir aux données de l’histoire, notamment celle de la culture. La date de création de la Grande loge de Londres elle-même n’est pas indifférente car elle se trouve inextricablement liée aux évènements historiques qui ont permis son apparition comme par exemple entre autres facteurs la venue au pouvoir du roi protestant George Ier en août 1714. Certes l’histoire ne peut ni ne doit se substituer à la philosophie, mais la philosophie est inséparable de l’histoire. Votre mépris de l’histoire n’est pas seulement un signe d’ignorance : c’est aussi un signe d’égocentrisme, ou tout au moins de partialité, ce qui revient au même.

      • 10
        ERGIEF 11 avril 2018 à 20:58 / Répondre

        Qu’est-ce qui vois permet d’affirmer ainsi que je méprise l’histoire et que je suis ignorant? Vous seriez surpris de découvrir combien j’aime la première et combien je suis humble à l’égard de mes modestes savoirs. En revanche, mais sans doute faut-il être doté d’une sensibilité particulière qui semble vous faire défaut, n’avez vous pas compris que ce que je mets en cause n’est pas l’histoire et l’historien mais la maconnologie, l’historien maçonnique et la floraison des loges dites « de recherche » qui font dans l’historiette, l’anecdote et la matérialité. Je conteste en effet cette mode actuelle qui consiste à rechercher dans les détails une légitimité historique. Il y a mieux à faire qu’à égarer nos jeunes maçons dans des querelles de chapelles et d’écoles. Vos débats entre maçonnologues sont futiles sur le fond et dangereux sur la forme car ils éloignent le cherchant de l’essentiel de sa quête. Quand à l’étalage que Mr Kervella fait de ses diplômes, pour donner du poids à ses propos et consolider son fonds de commerce, il suffit de taper son nom sur google pour vérifier que ce n’est pas un fantasme de ma part. Je terminerai par une question: Messieurs les « sachants », ou présumés tels, quand allez vous consacrer votre temps et vos échanges au contenu de la maçonnerie et pas à son emballage?

        • 18
          André Kervella 12 avril 2018 à 07:39 / Répondre

          J’ai passé une dizaine d’années à rebâtir la maison de mes ancêtres, au cœur d’un village breton dont ils ont été les fondateurs à la fin du Moyen Âge. De mes propres mains. Fondations et ardoises sur le toit. Truelle, pelle, fil à plomb, sable, ciment. C’est à ce moment que j’ai découvert que les maisons traditionnelles bretonnes avaient une façade incurvée et orientée au Midi afin de mieux capter le soleil. Cela, les livres ne le disent pas. Bien sûr, pour mener à bien ce genre de travail, mes diplômes n’ont servi à rien. Mes voisins qui venaient de temps à autre me tenir compagnie n’y pensaient pas, non plus. Ils se fiaient à une seule chose : le résultat.

      • 11
        ERGIEF 11 avril 2018 à 21:11 / Répondre

        Désolé mais j’ai oublié un point important: vous rapprochez histoire et philosophie mais qui parle ici de philosophie si ce n’est vous ? Il n’est pas nécessaire d’entrer en Franc – maconnerie pour ça, il y a des cafés et des forums ou on peut la pratiquer… En revanche l’initiation confronte le cherchant au domaine irrationnel de la métaphysique et c’est sur ce terrain que le pédagogue est attendu pas sur celui de l’histoire.

        • 16
          NEGRIER 12 avril 2018 à 00:06 / Répondre

          La métaphysique est une des disciplines de la philosophie qui est œuvre de raison et la métaphysique n’a donc rien d’irrationnel.

          • 21
            ERGIEF 12 avril 2018 à 10:47 / Répondre

            Ce n’est pas la conception que j’en ai. La recherche métaphysique a pour objet la substance des choses, des êtres et des faits au delà du sensible donc de la raison discursive. Elle relève du supra-sensible et du meta-éthique, donc necessairement plus de la theologie que de la science ou de la philosophie normative. Mais je peux admettre qu’un athée, pour qui Theos n’a pas de sens, puisse avoir un avis différent. Je le regrette pour lui car son champ de conscience étant limité par sa raison, il se prive de la Grâce et réduit d’autant ses chances d’approcher un jour la Connaissance.

            • 22
              Stef 12 avril 2018 à 11:09 /

              Mais je peux admettre qu’un croyant, pour qui Theos a un sens, puisse avoir un avis différent. Je le regrette pour lui car son champ de conscience étant limité par sa foi, il se prive de la raison et réduit d’autant ses chances d’approcher un jour la Connaissance.

              hi hi…
              Désolé, je n’ai pas pu m’en empècher.

            • 24
              André Kervella 12 avril 2018 à 13:46 /

              Dans vos différentes interventions, vous employez la raison discursive pour exposer votre point de vue. Donc, vous lui accordez vous-même une priorité sur tout autre moyen d’expression (quel qu’en soit le contenu). Comment vivez-vous ce paradoxe qui consiste à récuser la raison par elle-même ?

            • 35
              HRMS 12 avril 2018 à 20:08 /

              @ERGRIEF : On avait bien compris que nous avions à faire à un croyant qui possède ( ou est possédé) par une foi intangible, l’axiomatique métaphysico-théologico-romantique de laquelle la FM devrait se définir en y trouvant sa substance suprasensible… ben voyons… Cela ressemble fort à un dévergondage de la FM en ce que l’initiation y serait de l’ordre d’une révélation par la souveraineté de l’irrationel, qui n’atteignant pas certains FF les cantonnerait comme des infirmes de la conscience d’une hypothétique et fumeuse connaissance attrape gogo …QS Est-il possible être FM et intégriste ? : MB, its stink l’entrisme sectaire.

    • 14
      Désap. 11 avril 2018 à 21:38 / Répondre

      Mon TCF Ergief, ne serait-ce que pour s’assurer de la validité de ce qui fût transmis, la connaissance historique me parait aussi importante que la Connaissance dont je partage ta définition.
      Par ailleurs soyons juste, A. Kervella fait preuve d’une grande modestie en comparaison de notre historien maçonnique national et son équipe, pourfendeurs des Fondateurs et partisans de la théorie « champagne et cotillons » ou « caisse de communauté », selon l’humeur et le temps, s’agissant de la GL de Londres.

      • 15
        ERGIEF 11 avril 2018 à 23:38 / Répondre

        Rompons, rompons, le cours de ce fâcheux débat. Je regarde ceans quels grands troubles j’apporte et crois qu’il est besoin, mon Frère, que j’en sorte…
        Le malheureux Kervella fut a lui seul l’objet de ma ire, recevant en vrac et a l’excès les horions qu’à ses confrères je destinais. C’est une erreur qu’à regret je porte et que dans la méditation je m’en vais de ce pas expier.

    • 19
      Joël 12 avril 2018 à 07:42 / Répondre

      M. Kervella est d’une grande honnêteté intellectuelle.
      On ne peut quand même pas lui reprocher d’aborder de façon critique mais objective l’histoire de la FM alors que tant d’autres déconstruisent des « mythes » en deux coups de cuiller à pot à coups d’affirmations aléatoires puis se font applaudir lors de conférences dans des librairies par leur claque ou des acculturés maçonniques.

  • 2
    NEGRIER 11 avril 2018 à 15:36 / Répondre

    J’ajoute à l’argumentation de Kervella un jugement de bon sens : l’information des Constitutions de 1738 concernant l’élection, en 1717, d’un grand-maître aussi obscur que de condition sociale modeste comme Anthony Sayer (qui n’était ni membre de la Royal Society, ni ecclésiastique, ni érudit connu) résonne comme une information qui a pour elle l’avantage d’être plausible et convaincante car elle tranche fortement avec la haute position sociale et le renom des grands-maîtres qui suivirent. Pour le dire en clair : l’obédience ne retirait en 1738 aucun bénéfice de mentionner un premier grand-maître aussi terne que Sayer – au reste mentionné comme « surveillant » dans les Constitutions de 1723 – sauf l’honneur de la véracité.

  • 1
    NEGRIER 11 avril 2018 à 12:45 / Répondre

    Les deux arguments de Kervella relatifs l’un à la mention de la grande-maîtrise de Payne en 1720-21 dans les Constitutions de 1723, et l’autre à la qualification de Désaguliers comme grand-maître (passé) lors de sa visite à la loge d’Edimbourg en août 1721 donnent définitivement raison à A. Kervella contre les allégations indues de Prescott et de Sommers.

    • 3
      Michel Hermand 11 avril 2018 à 16:41 / Répondre

      En supposant que l’existence d’un grand maître, ou maître général, implique celle d’une grande loge, supposition que j’accepte bien volontiers, et en supposant également qu’un grand maître l’est pour une année, ces deux arguments mis ensemble nous permettent de remonter à 1719, pas à 1717, ce qui en nécessiterait un troisième. Cette remarque n’a nullement pour but de critiquer qui que ce soit (et ne contredit pas le post de Patrick Négrier) mais de rappeler que la question n’est pas « 1717 ou 1721? » mais « Quand? ». Il me semble qu’à l’heure actuelle, rien ne permet de rejeter 1717, mais rien ne permet de le prouver. N’y a-t-il pas une trace dans la presse londonnienne en 1719 (mais, à notre connaissance, pas avant)?

      • 7
        André Kervella 11 avril 2018 à 17:38 / Répondre

        Très juste. Mais, dans mon article, mon propos n’est pas de prétendre résoudre la question de l’origine de la GL de Londres; il est de montrer que la thèse de Prescott et Sommers n’est pas recevable, au vu de ce qu’on sait des archives qu’ils citent eux mêmes.
        Donc, en l’absence de preuves contraires, le récit d’Anderson relatif au contexte 1716-1717 demeure quant à lui acceptable. Précision utile: que pas un de ses contemporains ne l’a mis en doute.
        Quant il y a eu doute, voire hostilité mordante, ce sont d’autres points qui ont été soulevés.

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, calomnie, injure, incitation à la haine ou à la discrimination y sont d'application. Les formules de salutation et abréviations maçonniques ne sont pas admises.

Les pseudonymes sont libres, mais pour être publié un commentaire doit provenir d'une adresse authentique et vérifiable. Lors de la première proposition d'un commentaire vous recevrez une demande de confirmation d'adresse, à valider.

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Signaler un contenu abusif
quis felis Aliquam Sed ultricies ut commodo