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Mezetulle 040618

l’UNEF et le Hijab

Par Géplu dans Divers

En grande spécialiste de la laïcité, et avec le talent qu’on lui connait, Catherine Kintzler analyse ici, dans un article paru sur son blog Mezetulle le 4 juin, les conséquences socio-politiques du port d’un hijab par une représentante du syndicat étudiant UNEF

L’affichage politico-religieux dans la société
serait-il au-dessus de toute critique ?

Le port d’un hijab par une représentante du syndicat étudiant UNEF ne relève pas de la laïcité organique stricto sensu. Comme l’affaire du burkini en 2016, il soulève une question de liberté civile. Si on a le droit d’afficher les options politico-religieuses les plus rétrogrades, on doit aussi avoir celui (car c’est le même !) de critiquer, de caricaturer et de désapprouver publiquement ces mêmes options. On peut même considérer l’exercice de ce droit de désapprobation comme un devoir sans s’exposer pour cela à se faire injurier, à être qualifié de « raciste » ou de « facho ».

La laïcité comme régime d’association politique

Depuis plusieurs années, j’ai essayé de caractériser les dérives dont le concept de laïcité est l’objet, en les ramenant à une méconnaissance (parfois volontaire) de la dualité constitutive du régime de laïcité : principe de laïcité applicable à la puissance publique d’une part, liberté d’expression et de manifestation dans la société ordinaire de l’autre, dans le respect du droit commun. Ces dérives fonctionnent symétriquement selon un même mécanisme. On exalte l’un des principes et on piétine l’autre : vouloir accepter le marquage religieux et identitaire au point de l’introduire jusque dans le domaine de l’autorité publique / vouloir inversement interdire toute expression religieuse dans l’espace social ordinaire (1).

Bannie du domaine de l’autorité publique et de ce qui participe de cette autorité, l’expression religieuse n’est pas confinée dans l’intimité : on peut porter un signe religieux (ou d’incroyance) en public(dans la rue, les transports, au restaurant, etc.), s’exprimer publiquement sur ces sujets.

En quel sens peut-on dire de la société civile qu’elle est laïque ?

Ce schéma qui concerne l’organisation juridico-politique de l’association politique épuise-t-il la question ? Au prétexte que la société civile n’est pas tenue par le principe de laïcité, au prétexte que l’expression religieuse en son sein est licite, faut-il prétendre que le respect de cette expression doive se traduire par le silence de toute critique et de toute désapprobation à son égard ? Si la société civile s’en tenait à la liberté d’expression religieuse elle ne serait que tolérante, elle devient laïque au sens large et civil lorsqu’elle libère aussi, dans le cadre du droit commun, l’expression a-religieuse et même anti-religieuse, de même qu’elle libère la parole politique.

La question s’est posée de manière apparemment anecdotique en 2016 au sujet du « burkini ». Elle a déplacé le débat du fait même qu’elle ne peut pas être traitée par voie juridique : une loi qui interdirait une telle tenue étendrait le principe de laïcité au-delà de son champ, abolirait la liberté d’expression, et ceux qui la proposent recourent souvent à des arguments de type identitaire. Faut-il, pour lutter contre un communautarisme séparatiste, se mettre à lui ressembler ? Délesté de ses aspects juridiques, le débat fut alors recentré sur son enjeu de société, lequel n’est pas indifférent à la question politique.

L’affaire du « burkini » ne pouvait pas être regardée en faisant abstraction des attentats meurtriers commis au nom du totalitarisme islamiste, on se souvient qu’elle survint juste après le massacre du 14 juillet à Nice et dans un lieu adjacent à celui-ci. Elle fut une opération particulièrement perverse destinée à faire basculer la France, en 24 heures, de la position de victime à celle de « persécuteur ». Elle s’inscrit parmi les jalons que sème depuis une quarantaine d’années une version politique ultra-réactionnaire et totalitaire de l’islam. Rétrospectivement on voit bien que l’affaire de Creil en 1989 inaugurait la série de ces jalons.

La banalisation du port du voile et sa légitime critique

Aujourd’hui, avec un affichage ostensible – c’est le moins qu’on puisse dire – par le choix de la personne d’une de ses représentantes, l’UNEF apporte une contribution remarquée à la série. Cette représentante porte un hijab très soigné dont la discrétion n’est pas la vertu principale. Il ne s’agit pas, comme en 89 lors de l’affaire de Creil, de tenter de forcer le principe de laïcité sur le terrain de la puissance publique, mais de se déployer – en toute légalité, il faut le répéter – sur le terrain infiniment ouvert de la société civile en répandant, comme si elle était une norme, une vision particulièrement réactionnaire de la « femme musulmane », jetant de facto l’opprobre sur toutes celles qui ne s’y conforment pas. La banalisation d’un projet politico-religieux porteur d’un odieux ordre moral s’introduit à la faveur de cette accoutumance inlassablement réitérée, inlassablement déplacée sur l’échiquier social. Les femmes de culture musulmane, ou supposées telles, qui refusent les marquages identitaires subissent cette pression et dans certains lieux on leur rend la vie impossible. Ce sont elles qui sont victimes de « stigmatisation ».

Allons-nous accepter que le non-port du voile soit un acte d’héroïsme pour certaines femmes en certains lieux ? L’accepter pour les unes, c’est déjà l’avoir accepté pour toutes ! Un tel fait ne se combat pas par la juridisation. Refuser sa banalisation, le circonscrire comme quelque chose d’insolite, de particulier, c’est l’affaire de la société tout entière qui doit reprendre la main. Il est nécessaire d’user aussi de la liberté d’expression pour dire combien cela est inacceptable, oser dire tout le mal qu’on en pense, procéder à la critique publique de cette banalisation, à sa réprobation.

Droit d’affichage et droit de réprobation

Or cette entreprise de banalisation normalisatrice est depuis le début soutenue par une « culture de l’excuse » qui procède en trois attendus :

1° Minimisation et anecdotisation : « ce n’est qu’un fichu » version 89 ; « ce n’est qu’un costume de plage » version burkini ; « la représentante de l’UNEF s’exprime sur des sujets syndicaux, circulez, son voile ne donne rien à voir » dernière version (2).

2° Sophisme de l’appel à la légalité : « ce n’est pas interdit, les critiques sont impertinentes » (3). À ce compte il faudrait s’abstenir de critiquer le Rassemblement national de Mme Le Pen.

3° Fétichisation d’une figure victimaire coalisante : un opprimé par essence qui, quoi qu’il fasse, doit être sinon soutenu, du moins excusé. Jadis le prolétaire. Ce dernier s’étant fait trop rare, des substituts plus avantageux l’ont supplanté : l’ex-colonisé, sa descendance pour les siècles des siècles et la version la plus rétrograde de la religion qu’on lui attribue, avec tous les adeptes qu’on y amalgame sans s’encombrer de nuances. Ainsi critiquer le totalitarisme islamiste, ce serait s’en prendre aux musulmans, les harceler.

Ces trois attendus classiques véhiculent une prescription morale : une injonction d’approbation. Aux yeux de ce prêchi-prêcha, il ne suffit pas de respecter les lois en tolérant ce qu’on réprouve : il faudrait en plus l’applaudir, en accepter la banalisation avec le sourire – sinon vous êtes un affreux réactionnaire liberticide, un « islamophobe ». Si vous froncez le sourcil en présence d’un voile islamique, vous êtes coupable de diviser une société multiculturelle où tout devrait baigner dans l’onction de la bigoterie. Et de vous expliquer que ce n’est pas bien de faire la gueule à une femme en burkini, que c’est raciste et discriminatoire de caricaturer un affichage religieux, que c’est « lancer une meute de fachos » de faire remarquer publiquement qu’un syndicat étudiant naguère laïque a bien changé (4).

Oui, on a le droit de porter le voile, oui on a le droit d’afficher une option politico-religieuse ultra-réactionnaire dans la société civile, y compris lorsqu’on est un représentant syndical. Mais n’oublions pas la réciproque : c’est en vertu du même droit qu’on peut exprimer la mauvaise opinion qu’on a de cet affichage et toute la crainte qu’il inspire (5). Et il n’est pas interdit, jusqu’à nouvel ordre, de s’imposer ce droit de réprobation et de critique publiques comme un devoir civil.

Qu’en est-il de la liberté si on peut encore crier « croâ croâ » au passage d’une rarissime soutane, mais qu’on ne peut pas le faire à celui d’un hijab serré bien bas sur le front ?

Notes

1– Je me permets de renvoyer, pour plus de détails, à mon Penser la laïcité (Paris : Minerve, 2015 2e éd.), particulièrement chap. 1. Cela permet, par ailleurs, de dégager de fausses questions laïques : par exemple, ce n’est pas comme signe religieux que le voile intégral est interdit dans la rue, mais parce qu’il est une des façons de masquer volontairement son visage. On peut aussi consulter l’entretien avec Laurent Ottavi paru, en deux parties, dans la Revue des Deux Mondes en ligne http://www.revuedesdeuxmondes.fr/catherine-kintzler-laicite-a-produit-plus-de-libertes-ne-aucune-religion-investie-pouvoir-politique/

2 – On trouvera le développement de cet argument (dont je donne ici l’expression vulgaire) dans un article de Luc Bentz intitulé « Voile de Maryam Pougetoux : droit, raison et politique » en lignehttp://blogs.lexpress.fr/etudiant-sur-le-tard/sur_l_affaire_maryam_pougetoux/ . Je remercie par ailleurs l’auteur de ce texte pour la lecture et la citation qu’il fait d’un passage substantiel de mon livre, passage sur lequel il s’appuie pour dire que le port du voile par Maryam Pougetoux est licite et ne saurait être frappé par le principe de laïcité stricto sensu. En quoi je ne peux que lui donner raison !

3 – Il va de soi que ce sophisme ne peut plus fonctionner pour le port de signes religieux ostensibles à l’école publique, prohibés par la loi de 2004.

4 – C’est pourtant en termes mesurés et argumentés que Laurent Bouvet, co-fondateur du Printemps républicain, a exposé cette critique http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/05/15/31001-20180515ARTFIG00148-polemique-sur-la-militante-voilee-de-l-unef-la-reponse-de-laurent-bouvet.php . Julien Dray, ancien vice-président de l’UNEF, s’est exprimé avec plus de virulence, en disant « notre combat est souillé » https://www.ladepeche.fr/article/2018/05/15/2798158-portant-voile-islamique-representante-unef-suscite-polemique.html

5 – Comme le fait par exemple Christine Clerc dans une Lettre ouverte à Yassine Belattar « Pourquoi le voile me fait peur » en ligne : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/05/29/31003-20180529ARTFIG00194-christine-clerc-pourquoi-le-voile-me-fait-peur.php

Catherine Kintzler

dimanche 10 juin 2018 13 commentaires
  • 7
    Jean_de_Mazargues 11 juin 2018 à 08:38 / Répondre

    Un commentaire un peu « à côté » du propos de Mme Kintzler. Ce qui m’a le plus frappé lorsque j’ai découvert qu’une représentante de l’UNEF portait le voile islamique, c’est l’évolution de l’UNEF que cela manifestait.
    J’ai connu une UNEF tout simplement communiste, au sein de laquelle il n’était pas question de tolérance religieuse et qui n’avait que faire de laïcité. Pour l’ancienne UNEF, bien marxiste, la religion c’était l’opium du peuple, point final. Et pour cela il aurait été impensable d’avoir une représentante affirmant par son vêtement son appartenance religieuse et ses croyances. Un militant de l’UNEF était athée, ou fermait sa gueule.
    L’UNEF est donc passée en deux ou trois décennies d’un communisme athée à un communautarisme affiché. C’est du propre !
    (et tout ceci n’ a rien à voir avec la FM, désolé).

    • 9
      ERGIEF 11 juin 2018 à 13:35 / Répondre

      Finalement ce n’est pas un grand changement: « avant » l’UNEF était inféodée à la religion marxiste, aujourd’hui elle l’est à la religion musulmane. Rien de nouveau sous le soleil. Ce syndicat a toujours été guidé par des idéologies intolérantes. Dans les années 1967/68 à la Fac, quand je disais à mes coreligionnaires d’amphi adhérents de l’UNEF que leurs idéaux politiques étaient totalitaires et que je faisais ma révolution culturelle à Londres avec la Pop culture, je me faisais traiter de petit bourgeois réactionnaire. Désolé, mais ce sont les mêmes que je retrouve aujourd’hui défilant dans les rues avec leurs décors maçonniques du GO pour manifester chaque fois qu’une « grande cause démocratique et républicaine » leur en donne l’occasion. La maçonnerie m’a appris que l’histoire est cyclique, que la démocratie est un fourre tout dans lequel on mélange allègrement le modèle français, celui des USA ou celui de l’Athènes antique, pour ne citer que ceux là. En fait ce n’est qu’un mode de fonctionnement des sociétés humaines, parmi d’autres. Le meilleur à certains moments, le pire à d’autres. Quand à la République elle n’est garante de rien de plus dans le domaine des libertés que la monarchie parlementaire. Pour revenir au Royaume uni, il n’est pas moins démocratique que la France et il y est beaucoup plus facile d’y être innovant et créatif. Il a aussi ses carences sociales c’est sûr mais soyons assurés que si les britanniques se sont laissé surprendre par l’Islam, ils assimilent incontestablement mieux que nous et il vont très vite éjecter les extrémistes de leur territoire, beaucoup plus vite que nous.
      En France nos idéologues n’ont que trois mots à la bouche et au bout de la plume: « droits de l’homme ». Dans la culture de nos voisins anglo-saxons les Devoirs précèdent les Droits. C’est pour cela qu’ils prêtent serment en Loge comme dans la société civile sur la Bible et pas sur un vulgaire règlement intérieur voire un livre blanc. C’est aussi pourquoi j’engage tous nos frères des obédiences dites libérales à aller séjourner quelques temps de l’autre côté de la Manche. Ils y verront dans les faits ce qu’est la vraie Tolérance, très éloignée de la bouillie laïcarde que nous servent à intervalles réguliers les caciques du GO ou du DH.

      • 10
        Aumont 11 juin 2018 à 16:05 / Répondre

        (9) en France on a beaucoup de prêtentions intellectuelles des l’ecole. Nous ne savons pas prendre du champ avec les événements comme le font anglais, américains et pays du nord. Nous sommes d’éternels excités et perdons de vue la raison de notre excitation.

      • 11
        HRMS 11 juin 2018 à 17:25 / Répondre

        belle plaidoirie militante pour par perfide Albion!
        pour poursuivre dans cette veine
        l’UNEF post-68 et mitterandienne servait de pépinière et de bancs d’essai (c’est plus profitableque les TP universitaires) aux étudiants branl…voulant intégrer le fromage des postes de permanents du PS; dans cette foire d’empoigne les situationnistes et autres trotskos leurs ont finalement fait la peau à l’UNEF comme au PS, reste qu’ils ne savent toujours pas s’il ne vont pas finalement y arriver au GO … belle part de marché à prendre!

      • 12
        lazare-lag 12 juin 2018 à 10:43 / Répondre

        Tiens, c’est la deuxième fois que je réagis sur un propos d’Ergief aujourd’hui…
        Je viens lire ton explication sur la prise de serment en loge.
        Personnellement, je n’ai jamais vu de prise de serment sur un règlement intérieur, ce doit être extrêmement rare. Jamais vu, ni dans mon obédience (G.O.D.F.)ni dans mon rite pratiqué communément (R.E.A.A.), ni ailleurs lors de visites.
        Par contre ma loge est de celles qui le font sur livre blanc.
        Je ne vais pas ici défendre cette conception, je pense d’une part que ce serait vain, mon but n’étant pas ici de te convaincre, tu semble tellement convaincu du contraire,je dirai simplement que cette prise de serment me va très bien.
        Ce faisant, tu nous dis que le serment sur Bible de nos frères anglais, réguliers donc s’il en fût évidemment,s’adosserait à une conception de Devoirs précédant des Droits.
        Donc par un certain syllogisme, il est vrai non écrit explicitement sous ta plume certes, ceux qui ont recours à la blancheur de pages immaculées, n’auraient qu’une notion toute relative des Devoirs? Voire des Droits?
        Le plus simple serait que tu nous précises dans quelle obédience et sous quel rite tu as tes habitudes.
        Ce serait déjà instructif.
        Car toi, comme moi, comme les autres, nous sommes aussi le fruit de notre éducation (ici maçonnique). Laquelle éducation, laquelle culture éclaire souvent notre propos.
        Pour ma part, j’ai mes habitudes, mon éducation, ma culture et donc mes us et coutumes maçonniques avec Livre Blanc.
        Je ne cherche pas à l’imposer à personne, et me satisfais qu’ailleurs, et je l’ai vécu et ne m’en porte pas plus mal, cela se fasse sous couvert d’un texte biblique.
        C’est aussi de la comparaison culturelle, j’allais dire de l’échange de pierres de différents édifices, que nous pouvons embellir nos édifices respectifs.
        De la même façon, inviterions-nous des frères anglais dans nos loges, ils n’y verraient qu’intolérance et bouillie laïcarde?
        Diable, un peu caricatural, non?
        Je rappelle au final quand même, et je l’ai déjà dit ailleurs, qu’il y a selon moi trois unités de mesure quand nous parlons de Franc-Maçonnerie: le (la) Maçon(ne) lui-même, la Loge, l’Obédience.
        Gardons-nous, mais ce n’est pas facile, de ne pas nous tromper d’unité de mesure quand nous parlons de l’un ou de l’autre.
        Les constatations relevées au niveau obédientiel, ne s’appliquent pas forcément au niveau de la loge, voire du frangin, loin de là.
        En d’autres termes, et à titre d’exemple, au G.O.D.F., nous ne sommes pas tous des bouilleurs de cru laïcard, loin s’en faut.
        Gardons-nous bien également de nous caricaturer les uns les autres, la Fraternité y gagnerait beaucoup.
        Et ceci? Est-ce un Devoir? Ou un Droit? La parole est ouverte.

        • 13
          ERGIEF 12 juin 2018 à 14:43 / Répondre

          Mon cher Lazare je te trouve bien curieux ! Pourquoi vouloir ainsi nous inscrire dans cases et ensuite préjuger de ce que nous sommes en fonction de cette appartenance ? Je pourrais te repondre comme jean yanne a l’examinateur du permis de conduire « est-ce je vous demande ceci? Est-ce que je vous demande cela moi!! ».Bien que tes demandes me semblent un peu indiscretes je vais tout de meme y satisfaire : j’appartiens à la classe moyenne, je lis la presse hebdomadaire, je revendique une double appartenance culturelle française et anglo-saxonne, je suis FM ecossais depuis 30 ans et + avec volontairement dans le desordre 3 rites RER, REP et REAA, en loges symboliques comme en side degrees. Quant aux obédiences ou autres ordres ou juridictions je préfère les conserver pour moi afin de ne pas pervertir ton jugement. Je précise que je ne suis pas un papillon mais un éternel voyageur et un cherchant impénitent et que je suis fidèle à toutes mes anciennes loges.
          Ceci étant précisé je n’aurais jamais rejoint une loge ou le Livre de la Loi Sacrée aurait été mis au placard. Pour 3 raisons : parce qu’il est la mémoire archetypale de notre civilisation judeo-greco-chretienne, parce qu’il rassemble les Devoirs de l’homme et qu’il est l’unique ouvrage en occident qui ait quelques chance de faire reculer le mensonge et le parjure, parce que le contenu symbolique et mythique de la FM y prend exclusivement sa source, parce qu’il contient la Connaissance et la Verité et qu’il exalte la totalite des Vertus qui y conduisent. Permet moi mon frere de douter que les constitutions d’une obédience ou un livre Blanc puissent remplir ce rôle. ou alors dans le deuxième cas auprès de maçons très accomplis, capables de discerner l’idée sous le symbole, pas d’apprentis…
          Voilà tu en sais beaucoup plus à mon sujet que je ne connais de toi.
          Accolade fraternelle.

  • 6
    yasfaloth 10 juin 2018 à 16:43 / Répondre

    On peut aussi hausser les épaules en voyant ceux ou celles qui affirment trop ostensiblement leur identité, ou leur conformisme par un morceau de tissu… ou une barbe… mais étrangement cette dernière semble moins déranger et même générer un certain engouement en dehors des milieux qu’on évoque…
    .
    Tout ce laius donc pour confirmer qu’en France on a le droit de s’habiller comme on veut, et aussi celui de ne pas apprécier certaines tenues.
    .
    Pour ma part si je trouve inacceptable, dans notre pays, la pression morale qui peut être exercée par la société musulmane sur les femmes ce cette confession qui refusent de porter le voile, je suis tout aussi choqué quand j’entends les réflexions méprisantes ou quand je reçois les regards entendus de bons petits baby-boomers bien « français » et « françaises » quand ils croisent par hasard une femme voilée, parfois très belle dans sa pudeur, dans un queue de caisse de supermarché ou dans un espace de loisirs, et je leur renvois en général un regard aussi glacial qu’il m’est possible de le faire.
    .
    Ah, et je persiste à trouver que faire « croâ croâ » au passage d’un religieux en soutane, n’est pas un signe de liberté mais plutôt d’irrespect vis à vis des choix personnels de ce qui est, aussi, une personne, voire d’immaturité et de manque de savoir-vivre (ensemble) !

    • 8
      HRMS 11 juin 2018 à 10:36 / Répondre

      En soi, ce que vous dites ne se discute pas, même si le port d’un costume est emblématique d’une religion donnée; mais il ne s’agit pas que de cela;
      Avec l’Islam, et indépendamment du terrorisme, la société française et européenne, en tant que société de droit républicain est confrontée a une revendication politique affirmée d’extension universaliste du droit islamique par l’institution de la Charia.Des statistiques récentes ont montré des pourcentages élevés de ressortissants de culture islamique, européens, français ou non, aspirant et militant à cette instauration de la Charia, par fidélité d’adhésion à eux même qui se renforce d’un désaccord rigoriste profond avec ce qu’ils pensent être certaines graves dérives morales et éthiques des sociétés occidentales.

  • 5
    HRMS 10 juin 2018 à 15:42 / Répondre

    Nous vivons dans un monde de posture et de provocations politiques, ( la religion n’étant qu’une forme particulière de la politique ), dont la caisse de résonance des médias ( comme les musiques marketing des galeries marchandes) nous overdose, nous abruti mais surtout nous habitue : « soumission » au climat ambiant à la nove langue des inversions de sens bien connue des régimes totalitaires, inquisition sociale, honte de soi même …. cette agacerie d’agitprop de basse intensité mais constante, est ainsi aussi efficace, que celle l’action implicite bien connue des FM, des circularités symboliques sur nos fonctionnements neuro-psychiques.

  • 4
    Makhno nestor 10 juin 2018 à 14:26 / Répondre

    Peut-être que ce n’est pas porter le voile qui est un problème, mais de savoir pourquoi. Un signe religieux ? J’ai lu le coran dans tous les sens, je n’ai rien trouvé d’explicite. Les contraintes que j’y ai lu concernent des recommandations de « pudicité » civile, recommandations entre nous écrites par des hommes pour les femmes. La preuve, c’est qu’il n’est pas recommandé aux hommes de se cacher la « b…. ».

    Nous sommes dans un effet de mode et de provocation qui manipulent de pauvres filles victimes d’un machisme ambiant. Mais cela n’a rien à voir avec une religion.

  • 3
    Chicon 10 juin 2018 à 10:52 / Répondre

    Une religieuse portant cornette et crucifix, et s’adressant aux etudiants au nom de l’unef , provoquerait de vives reactions du camp dit laïque.
    Mais ce n’est pas le cas du voile ou du hijab, au nom de la tolerance religieuse.
    On peut dire deux poids et deux mesures .

  • 2
    Jean Claude Dorion 10 juin 2018 à 10:40 / Répondre

    On ne peut qu’être d’accord avec Catherine Kintzler, qui, en intellectuelle, dissèque bien les tenants de la laïcité à la française; en ce qui me concerne, je suis toujours navré de constater que beaucoup de femmes françaises et européennes se sont battues pour la liberté de penser et de croire quoiqu’il arrive !
    Le retour de balancier actuel leur donne malheureusement raison!
    JCD06

  • 1
    ERGIEF 10 juin 2018 à 10:22 / Répondre

    Bientôt des voiles sur les colonnes des loges féminines et mixtes françaises ?

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