palais de l Elysee

« Se référant à l’esprit de Briand plutôt qu’à celui de Combes »…

Par Géplu dans Contributions

Dans le communiqué commun des huit obédiences ayant rencontré le Président Macron mercredi soir, il est dit que celui-ci « a indiqué » que pour lui « il doit bien y avoir un lien de l’État avec chacune des religions et avec chacune des conceptions philosophiques, se référant à l’esprit de Briand plutôt qu’à celui de Combes. »
Soucieux de bien comprendre ce que le Président voulait dire, j’ai demandé à Samuël Tomei, docteur en histoire contemporaine de l’Institut d’études politiques de Paris, ancien rédacteur en chef et toujours membre du Comité de rédaction de la revue « Humanisme », auteur d’une thèse sur Ferdinand Buisson « Protestantisme libéral foi laïque et radical-socialisme » soutenue en 2004 (prix de thèse de l’Assemblée nationale la même année) et auteur avec Sylvie Brodziak du remarqué « Dictionnaire Clémenceau » ce que cette déclaration lui inspirait… 

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Il semble que le pouvoir en place introduise un clivage artificiel entre Combes et Briand, artificiel car fondé sur une fausse image de Combes ; c’est un autre clivage qui devrait être mis en avant.

On fait à tort passer Emile Combes pour un anticlérical antireligieux, lui-même se disant philosophe spiritualiste (sa thèse de doctorat porte sur saint Thomas d’Aquin ; il est par ailleurs médecin) – réputation due au fait qu’il a lutté avec une grande fermeté contre les congrégations non autorisées qui, pour les républicains, loin d’être des associations comme les autres, constituaient autant de phalanges inféodées à la Rome papale et donc échappant à la souveraineté nationale – Clemenceau (comme Buisson) plaident eux aussi pour l’élimination des congrégations, d’abord parce qu’elles n’ont pas d’existence légale depuis 1790, ensuite parce qu’elles sont des « sociétés d’asservissement mutuel », selon Clemenceau qui ajoute qu’il n’y a pas de liberté de l’esclavage mais la liberté ou l’esclavage. Cette hostilité à l’encontre des congrégations, la suppression de l’enseignement congréganiste et la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican en 1904 (si c’est ce « lien » qu’il s’agit de « réparer », pour reprendre les mots du président Macron aux Bernardins, réparé, il l’a été dès 1921…) ne suffisent pas à faire de Combes un anticlérical antireligieux. Ne déclare-t-il pas, le 26 janvier 1903, à la tribune de la Chambre, qu’en matière d’éducation morale, on ne saurait effacer d’un trait de plume quatorze siècles de christianisme ? Soulignant : « En ce moment, les idées morales telles que les Eglises les donnent – et elles sont les seules à les donner en dehors de l’école primaire – [sont] des idées nécessaires. » Déclenchant de vives déclamations à gauche et les applaudissements du centre et de la droite… Est-ce ce Combes-ci, qui ne s’est jamais renié sur ce point, que dénoncent les anti-laïcards ? En outre, Emile Combes n’était pas favorable à la séparation des Eglises et de l’Etat, il entendait que par le concordat l’Etat continue de contrôler la nomination des évêques. Ce n’est qu’en septembre 1904 qu’il s’est converti à la Séparation, quand elle est devenue (en grande partie grâce à son action) inéluctable. Mais la séparation qu’il souhaitait donnait malgré tout à l’Etat des moyens de contrôler le clergé, si bien que Clemenceau a raillé ce « concordat sans le pape » : « Pour résumer le système de M. Combes en un mot, que propose-t-il ? Le pire » car défendant « une union plus étroite, plus rigide encore que par le passé des deux puissances ». De fait, le projet Combes sera mis au panier par la commission, à la Chambre, chargée d’examiner les propositions de séparation des Eglises et de l’Etat – il n’y a donc pas eu de confrontation entre Combes et Briand -, commission présidée par le radical-socialiste Ferdinand Buisson et dont le rapporteur n’est autre que le socialiste Aristide Briand.

Le clivage qui a le plus marqué sans doute les républicains est-il celui concernant l’article 4 du projet de loi de séparation, qui prévoit que les biens ecclésiastiques seront dévolus aux associations cultuelles prévues à cet effet, associations qui se conforment « aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice ». Disposition qui, aux yeux de Clemenceau mais aussi de Ferdinand Buisson, revient à reconnaître de fait la hiérarchie de l’Église catholique et à donner à l’évêque, soldat de Rome, toute autorité sur la constitution desdites associations. Quand le Sénat examine à son tour le texte, Clemenceau prononce à la tribune, le 23 novembre 1905, un réquisitoire contre ce dispositif quand bien même il a été nuancé par l’adoption d’un article donnant une certaine latitude au juge en cas de litige.
Clemenceau vote néanmoins la loi, une imperfection, fût-elle de taille, n’invalidant pas l’ensemble. Dans l’esprit de Briand et Jaurès – qualifiés pour l’occasion de « socialo-papalins » (« Si Grégoire VII pouvait sortir de la tombe, je ne serais pas surpris que l’idée lui vînt de canoniser Jaurès » (Clemenceau). ) –  il s’agissait de se concilier la droite cléricale menée par Albert de Mun – grâce à laquelle, contre quelque 200 députés républicains, l’article 4 a été adopté : « […] guérite de gauche, guérite de droite, M. Jaurès et M. le comte de Mun montent la garde à la porte du Vatican pour empêcher la Révolution d’y introduire la liberté. (Rires et applaudissements à gauche.) » (Clemenceau au Sénat, id). Peine perdue, le pape, décidément hostile à la Séparation, refuse la constitution des cultuelles et, au lieu de l’apaisement escompté, les fidèles organisent la résistance aux inventaires des biens dans les églises. Rappelons qu’on peut lire dans l’encyclique Vehementer nos, donnée par Pie X le 11 février 1906, que l’Eglise « est par essence une société inégale, c’est-à-dire une société comprenant deux catégories de personnes : les pasteurs et le troupeau, ceux qui occupent un rang dans les différents degrés de la hiérarchie et la multitude des fidèles ; et ces catégories sont tellement distinctes entre elles, que, dans le corps pastoral seul, résident le droit et l’autorité nécessaires pour promouvoir et diriger tous les membres vers la fin de la société. Quant à la multitude, elle n’a pas d’autre devoir que celui de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses pasteurs ».
Par une ironie du sort, c’est Aristide Briand, ministre des cultes, et Georges Clemenceau, ministre de l’intérieur, qui, en 1906, vont devoir débrouiller une situation que la loi n’avait pas prévue. Pour mettre fin aux violences, Clemenceau décide de mettre un terme aux inventaires des biens et laisse Briand faire voter les textes nécessaires pour que l’exercice du culte catholique soit garanti, les autres anciens cultes reconnus ayant accepté, eux, d’appliquer la loi. L’application libérale de la loi n’empêche pas Clemenceau de faire preuve de fermeté en expulsant, en décembre 1906, Mgr. Carlo Montagnini, convaincu d’être un agent de renseignement et d’influence, et qui était resté à Paris à la demande du Vatican après la rupture de 1904 pour garder les archives de l’ancienne nonciature.

Le clivage n’est donc pas entre combisme sectaire et antireligieux (alors que le combisme est spiritualiste et gallican… – il faudrait alors plutôt se référer à Maurice Allard, tenant, lui, comme Henry Bérenger, d’une séparation anti-religieuse), d’une part, et briandisme libéral et conciliateur de l’autre. Il est davantage entre d’un côté les partisans d’une séparation stricte et, donc, de l’autre, les nouveaux socialo-papalins. D’un côté ceux qui considèrent que la République n’a plus ni Dieu ni maître et qui entendent que l’Etat ne se mêle pas des affaires des cultes pourvu que leur exercice soit libre et respecte la loi et pourvu que les cultes ne se mêlent pas des affaires qui reviennent au corps politique – composé de citoyens, peu importe qu’ils soient ou non croyants – ; de l’autre ceux qui assignent à la religion un but social et politique, d’où l’idée de rétablir, maintenir ou établir un lien particulier avec les institutions religieuses, et qui voient dans le citoyen avant tout un croyant-électeur, ce qui explique que les élus ou ceux qui aspirent à le devenir, depuis quelques années et tous bords confondus, emploient toute leur énergie à assister à toutes les fêtes religieuses de tous les cultes susceptibles de leur apporter quelque soutien – ce qui est un geste de nature différente, on en conviendra, de celui consistant à dialoguer éventuellement avec les représentants des cultes, ce qui n’est nullement incompatible avec l’option républicaine.

Clemenceau, anticlérical et en rien antireligieux, avait sommé le président de la République, Raymond Poincaré, au lendemain de la Victoire, de ne pas se rendre au Te Deum organisé à Notre Dame de Paris, lui faisant valoir qu’il était le président de tous les Français et non des seuls catholiques – et il n’y avait pas que des catholiques dans les tranchées… Exigence qu’on trouvera peut-être aujourd’hui sévère mais qui marque bien, insistons-y, l’esprit républicain très bien résumé par Ferdinand Buisson :

« L’Etat ne connaît que des citoyens. Catholiques ou protestants, croyants ou athées, ils sont tous égaux en droit devant lui. Il n’a pas plus de faveur pour les uns que de rigueur pour les autres.
Que leur organisation religieuse soit fondée sur le régime monarchique ou sur le régime démocratique, il n’en a cure. Pourvu qu’ils ne troublent pas l’ordre public, tous ont la plénitude de la liberté d’action, d’association, de manifestation, de propagande, d’organisation.
Sans doute, c’est là une conception particulièrement déplaisante pour l’Eglise : n’être plus dans l’Etat qu’une association comme une autre, ni privilégiée ni persécutée ! C’est pourtant là qu’il faudra qu’elle en vienne, et sous peu.
Trouver une politique qui respecte la souveraineté nationale, qui maintienne la suprématie des pouvoirs civils et qui en même temps laisse les populations catholiques user comme elles l’entendront des églises, se soumettre aussi absolument que bon leur semblera à l’autorité de leurs pasteurs, pratiquer le culte à leur gré, non seulement sans vexations, mais sans contrôle et sans ingérence quelconque de la société civile : est-ce donc un problème insoluble ? »
 (Le Radical, 19 février 1907)

Samuël Tomei

vendredi 07 septembre 2018 14 commentaires
  • 13
    Revauger Cécile 9 septembre 2018 à 10:14 / Répondre

    Merci pour cette excellente mise au point de Samuel Tomei sur Combes, Briand et les vrais partisans de la laïcité. C’est parfaitement clair et je vais la faire circuler autour de moi. Cecile Révauger

    • 14
      deriemont 9 septembre 2018 à 18:45 / Répondre

      Je m’associe à toi pour le remerciement. Je faisais souvent allusion à l’opposition Jaurès/Briand – Clémenceau/Combes. Je me réfèrerai dorénavant à Maurice Allard.

  • 9
    Athanase MASSENGO 8 septembre 2018 à 17:33 / Répondre

    Bonjour
    Trop d’obédiences maçonniques en France !
    Rien d’étonnant dans 1 pays à propos duquel De Gaulle a dit :
     » comment diriger 1 pays dans lequel il existe 258 fromages !  »
    A mon avis 4 Grandes Obédiences suffiraient par regroupement:
    – la maçonnerie dite SPIRITUALALISTE
    exclusivement masculine par essence
    – la maçonnerie dite SOCIÉTALE
    MASCULINE
    – la maçonnerie dite SOCIÉTALE MIXTE
    – la maçonnerie dite SOCIÉTALE
    exclusivement FÉMININE
    Et on y verrait plus clair , mais hélas vu les égos démesurés des Grands Maîtres , actuellement la tache de regroupement semble impossible !

    • 12
      ERGIEF 8 septembre 2018 à 22:01 / Répondre

      Diantre!
      Les 3/4 des maçons seraient de « tendance » sociétale ?
      Le cerveau et le coeur de nos soeur seraient trop atrophiés pour que la spiritualité leur soit accessible?
      4 « obédiences »?
      Mais au fait ça sert à quoi les obédiences? Et les rites ? Si ce n’est à catégoriser les franc maçons, à les encarter ? A construire des structures pyramidales, à faire fructifier (à voir les performances c’est un gros mot) les pauvres capitations des SS et des FF ? A fabriquer des carrières et à enrubaner des tabliers ? A faire avancer des hommes et des femmes soit disant libérés en rang par deux et le reste en file…et je ne veux pas voir une oreille qui dépasse !
      La solution n’est pas dans un regroupement mais dans un éclatement, une disparition de ces structures artificielles contraires à l’idée maçonnique et bâties, quelles qu’elles soient spiritualistes ou sociétales (Je ne vois pas ce que le sociétal a à voir avec l’initiatique mais bon…), sur le modèle de l’église de Rome, avec leurs papes, leurs cardinaux, leurs évêques etc…(c’est à dire leurs Grands Maîtres, leurs GM adjoints, leurs Conseillers provinciaux ou fédéraux, (on peut mettre tout ça au féminin) et aussi leurs dogmes (leurs Rites … REAA, RF, RMMA, RER et autres) …
      Je comprend tout à fait, je partage et je pratique cette volonté d’exploser le système pour retrouver les accents de la maconnerie du tout début du XVIIIème siècle ou le mot rite désignait uniquement les us et pratiques et pas un système contraignant et catégorisant, ou les loges étaient libres et souveraines et ou la majorité des maçons vivaient leur quête en pleine conscience et sans arrière pensée hégémonique.
      Souvenons nous de la Loge Mère de Marseille qui a refusé pendant plusieurs décennies les avances de la 1ère GLDF, du GODF, de la GL Écossaise, du REAA et du SCDF…certes elle a disparu avec le 1er empire mais lors de son démembrement elle comptait 60 loges filles et + de 200 FF émargeaient au registre de sa matricule. Sans elle les Suprêmes Conseils du REAA n’auraient jamais disposé des lettres capitulaires leur permettant de se doter de chapitres de RC+ (mais ils ont soigneusement effacé ce fait majeurs de leur histoire officielle) et les maçons écossais français de tout poil seraient en déshérence spirituelle. Elle a certes commis des erreurs mais elle demeure un modèle à copier pour ce qui jaloux de leur indépendance ne veulent plus entendre parler des « Obédiences ».

  • 7
    HRMS 8 septembre 2018 à 10:48 / Répondre

    par définition même , jamais de politique de la chaise vide !
    ensuite ce n’est qu’un question de gymnastique : comment s’assoir, pour bien entendre, bien écouter et bien dire, sans flagornerie, sans obséquiosité, mais avec sincérité, et authenticité pour exprimer le message d’éthique politique et social de la FM; … Même si la place de certains, pour éviter certaines contorsions abimant le colonne vertébrale, pouvait être plutôt à la conférence de évêques ou de consistoires.

  • 4
    Brumaire 8 septembre 2018 à 00:54 / Répondre

    Fallait-il y aller? quand je pense que jusqu’à mercredi midi, ça ferraillait à 10 contre 1 pour dire que c’était la moindre des courtoisies, que les visites à l’Elysée ne se refusaient pas, que les autres présidents invitaient les GM et présidents, etc, etc…
    Tous ces débordements de plumes diverses pour arriver à la même conclusion: « fallait pas ».
    Le président actuel « fait du Macron », si on peut dire les choses aussi crûment. Il aura fallu 16 mois et une invitation à laquelle il fallait se précipiter pour que certains aient du mal à découvrir qu’ils se sont fait rouler dans la farine.

    Les maçons doivent être au-dessus de tout ça, et leurs « dirigeants » ne peuvent pas conduire leur obédience avec le nez dans le guidon, ou la peur de se faire déborder, ou la peur de la critique, ou encore en cédant aux flatteries, voire aux ors élyséens.
    C’est la réflexion de leurs membres qui importe, c’est tout.

  • 3
    Désap. 8 septembre 2018 à 00:33 / Répondre

    Il y avait le « coup d’état permanent » dont il n’est pas du tout certain qu’il recouvrait une réalité,
    le frère Deriemont établit en revanche et clairement la guerre civile permanente.
    Nous savons, certes, depuis cette mascarade que le Président Macron est un cul bénit, mais il ne saurait être « le diable » ne serait-ce que par respect des principes qui l’ont amenés à cette Fonction.
    Et puis quoi ? Fallait-il qu’il reçoive deux cents Grands Maitres et Maitresses parce que la Franc-maçonnerie française est un véritable foutoire où la plus méritoire des mères n’y reconnaitrait pas ses petits ?
    Pour le coup il a fait réaliste et pragmatique, personne n’étant certain que la GLHFTHYBFGSFDGG et ses soeurs tout juste agées d’une petite dizaine d’années fassent bien partie de ce qui était déjà trop dispersé il y a cinquante ans.

    • 6
      deriemont 8 septembre 2018 à 08:56 / Répondre

      @DESAP. Je suis d’accord avec toi pour dire que l’accroissement exponentiel du nombre d’Obédiences est catastrophique. Il n’empêche que c’est à nous de dire ce qu’est la maçonnerie et pas à l’Elysée. Nous avions crée « La Maçonnerie Française » en 2001/2002,la Grande Loge de France a choisi de la dissoudre lorsqu’elle assurait la présidence, c’était une erreur.
      Sur le reste, loin de moi d’établir une guerre civile permanente, mais d’obtenir des réponses claires aux question de nous posons au Président depuis plus d’un an et pour lesquelles nous n’avons pas de réponses. Selon moi, dans la configuration choisi par l’Elysée, il n’était pas possible d’obtenir ces réponses sur la fin de vie et sur la laïcité entre autres. Mélanger les interlocuteurs de sensibilité différentes voire d’avis différents sur un sujet est une technique que connaissent tous les communiquant. Le gouvernement l’emploie d’ailleurs dans d’autres domaines, en matière syndicale par exemple. Il fallait à l’évidence rencontrer le Président mais seul et pas nécessairement au cours d’un repas.
      Enfin sans peut-être être le diable le Président a tout de même été assez malicieux pour servir, come me le faisait remarquer un Frère, du Château du Pape au repas !!!

      • 8
        Brumaire 8 septembre 2018 à 11:36 / Répondre

        Bien chers, « la Maçonnerie française », encore un « machin » qui ne servait que les intérêts d’un seul, à l’époque GM du GODF, et là aussi, beaucoup s’y sont laissé prendre, jusqu’à ce que la GLDF y mette un terme, et, selon moi, ce n’était pas une erreur de sa part.
        Quant à obtenir des réponses claires aux questions posées au Président, vous rêvez encore: personne ne les aura jamais, car rien n’est jamais clair depuis plus d’un an, et pas seulement en matière de laïcité, fin de vie, etc…
        Je suis convaincue que ces rendez-vous -qui ne servent qu’à nous ridiculiser tous-n’ont rien à voir avec les devoirs d’un FM, en particulier, de « continuer au dehors l’oeuvre commencée dans le T.: », une oeuvre qui n’a rien de tapageux, ni de spectaculaire, mais bien plus efficace que les ronds de jambes.

        • 10
          deriemont 8 septembre 2018 à 18:24 / Répondre

          @BRUMAIRE. J’ai participé à la création de ce « machin » comme tu dis. Il n’est pas exact de dire que le GM du GODF a voulu dominer quoique ce soit. La Présidence était tournante et toutes les Obédiences étaient traitées de manière égale. D’ailleurs la GL a fortement contribué à cette création. Votre Grand Maitre de l’époque était Michel Barat et je pense que c’est plutôt ça qui a servi de prétexte au sabordage que la GL a organisé. cette organisation avait peut-être à évoluer, elle avait au moins une qualité, c’était de limiter l’explosion constatée depuis du nombre d’Obédiences en France

          • 11
            Brumaire 8 septembre 2018 à 18:52 / Répondre

            Si tu as participé à ce que je considère toujours comme un « machin », tu as dû voir que ton GM de l’époque avait, parmi les 9 obédiences participantes (je crois que c’étaient 9) des groupies qu’il savait fort bien flatter, afin de faire passer des choses qui n’ont servi qu’au GODF;
            Je ne suis pas un F.: de la GLDF, mais une S.: de la FFDH, et à l’époque, j’ai suivi ça d’assez près.
            Quoi qu’il en soit, l’explosion des groupuscules qui se disent obédiences maçonniques était déjà bien avancée en 2002, et ce n’est sans doute pas feu la Maçonnerie française qui aurait limité les dégâts: tu ne feras rien contre ceux qui n’ont pas eu ce qu’ils voulaient et qui créent leur « obédience », ce sont des maçons d’opérette; en revanche, nous pouvons faire en sorte que le phénomène ne prenne pas autant d’ampleur en regardant sans complaisance nos manières de fonctionner, et en appliquant vraiment nos principes, chacun dans nos maisons.

  • 2
    Jules 7 septembre 2018 à 21:36 / Répondre

    Si je comprends bien, un vrai « dîner de cons » avec beaucoup de « S ». Une dizaine ?

  • 1
    deriemont 7 septembre 2018 à 20:34 / Répondre

    J’ai à maintes reprises manifesté ma préférence à ce qu’aurait été une loi 1905 « à la sauce » Combes/Clémenceau en lieu et place de l’actuelle loi Briand/Jaurès. Tout est dit ici et nous n’en serions pas à nous demander que veut dire laïcité au 21ème siècle et si elle doit être ouverte.
    Quant au diner des Grands Maitres :
    On ne dine pas avec le diable même avec une très longue cuillère.
    Cette citation de Raymond Barre, elle même tirée d’un proverbe du 14ème siècle pourrait bien s’appliquer au diner qu’un certains nombres de Grands Maitres ou Grandes Maitresses ont partagé avec le chef de l’Etat et sa garde rapprochée il y a quelques jours.
    Evidemment la première et peut-être la seule question qu’il faut se poser est : fallait il y aller ?
    Ma réponse est non. Mais pourquoi ?
    Lorsque l’on accepte un invitation à partager un repas, il faut à l’évidence savoir à l’avance ce sur quoi on est en accord ou en désaccord, quelles sont les réponses et les concessions que l’on va obtenir quant à la résolution de ces désaccords et accessoirement le calendrier qui permettra de vérifier l’état d’avancement des «travaux ».
    Or la composition de la délégation des « dirigeants » de la maçonnerie française ne permettait pas d’arriver à ce résultat. D’abord parce qu’à chaque fois que l’on se trouve en compagnie de la maçonnerie « anglaise » on fait croire qu’il n’y a qu’une différence de nuance entre la maçonnerie dite « régulière » et la maçonnerie libérale dite « adogmatique ». Ceci est faut car c’est bien de la conception même de nos institutions qu’il s’agit.
    Ensuite parce qu’en acceptant que ce soit la puissance invitante qui définisse elle même quelles sont les Obédiences « invitables » et les autres, on se soumet à une espèce de « concordat » maçonnique qui décide qui est franc-maçon et qui ne l’est pas. Et enfin parce qu’au fond on donne l’impression que le fait de flatter les égos de quelques Grands Maitres suffirait à passer sur les graves manquements au principe de laïcité dont le pouvoir en place à fait preuve depuis 15 mois maintenant. et ce n’est pas le communiqué qui va me rassurer
    Je suis prêt à reconnaitre que je me trompe dans cette analyse, mais il va falloir me démonter quels sont les progrès réalisés sur le plan sociétal, économique et social après cette rencontre.

    • 5
      ERGIEF 8 septembre 2018 à 01:35 / Répondre

      Je suis politiquement un farouche opposant à Emmanuel Macron. Maçonniquement j’ai quitté l’une des 3 « grandes » obédiences françaises pour trouver la paix de l’esprit au sein d’une autre obédience, nettement plus confidentielle et sereine que la précédente. Ceci étant posé Mr Macron est le président démocratiquement élu de la République francaise. Les Grands Maîtres et Grandes Maîtresses sont les représentants légitimes de leurs obédiences. Le premier est hautement qualifié pour rencontrer les seconds et s’il choisit le format d’un repas c’est son droit. Quand aux seconds ils ont le devoir et l’entière liberté, en tant que citoyens, responsables de leurs obédiences respectives, et par respect pour le 1er personnage de l’etat et la fonction présidentielle, de répondre favorablement à son invitation. Les débats sur l’opportunité de ce dîner tournant autour de la conception macronienne de laïcité, de l’ego jugé surdimensionné des Grands Maîtres et Maîtresses etc…me paraissent en la circonstance mesquins, oiseux et déplacés. Nous, Franc Maçons qui nous désolons de constater, chaque jour un peu plus, le délitement moral de la société française ainsi que la croissance exponentielle de l’incivisme et du scepticisme, au détriment de l’Espérance, devrions au contraire nous réjouir de cette rencontre , même si elle a accouché d’une souris. Je vous renvoie aux deux premières lignes de ce commentaire et confirme pourtant qu’à mes yeux cette rencontre est un symbole positif . Il suffit d’ailleurs de parcourir les réactions haineuses des sites antimaconniques pour se convaincre, à contrario,de son opportunité.

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