Le palmier et l’étoile.

Par Jack Chaboud dans Edition

Une curiosité. Ce roman de l’écrivain cubain Leonardo Padura est paru en France en 2008, ce n’est donc pas une nouveauté, mais il aura pu échapper à l’attention du lecteur initié, tant la maçonnerie est peu présente dans le domaine littéraire. Cet OVNI dans la production de Padura est explicité par l’auteur en exergue de l’ouvrage : « A mon père maître maçon, grade 33, et avec lui à tous les francs-maçons cubains ». Tout le monde sait que Cuba fut le seul pays communiste au monde à ne pas éradiquer la maçonnerie, en reconnaissance à son « libertador » José Marti, dont l’ombre traverse ce roman. Un récit subtil, qui s’avance parallèlement au XIXe siècle et à la fin du XXe, soutenu par les douleurs de l’exil et l’amour de la poésie. Il y est question d’un recueil du poète et maçon José Maria Heredia – à ne pas confondre avec le poète profane et français José Maria de Heredia – qui aurait été caché dans le temple d’une loge maçonnique. Ainsi, au-delà de l’œuvre romanesque, l’auteur témoigne de sa parfaite connaissance de la maçonnerie locale, qu’il fait revivre au travers de tenues, d’affrontements d’obédiences et de participation des frères aux violentes secousses politiques et sociales de l’île.

Jack Chaboud

Le palmier et l’étoile. Leonardo Padura. Editions Métailié, chez Amazon ou de préférence dans la librairie la plus proche de votre domicile. ISBN : 979-1022601146

samedi 22 septembre 2018 1 commentaire
  • 1
    lazare-lag 23 septembre 2018 à 09:17 / Répondre

    Comme pour parodier gentiment ce que disait à une époque pas si lointaine Philippe Meyer dans ses interventions radiophoniques, ce n’est pas pour me vanter mais hier je suis entré dans une librairie.

    Une librairie assez bonne pour qu’à l’évocation de Leonardo Padura et « Le palmier et l’étoile » on vous réponde « suivez-moi, le voici » et non pas comme bien trop souvent à la Fnac, par exemple, « on peut vous le commander ».
    Bref, tout ce qui fait la différence entre un bon libraire et un vendeur de livres.
    J’ai donc pu le feuilleter avant de l’acquérir.
    Et picorer un peu à l’intérieur, par exemple (pp 54 et 55), ceci:

    « Mendoza les avait attendus dans le vestibule du bâtiment où Fernando entrait pour la première fois de sa vie. Il était passé à maintes reprises, en bus ou à pied, devant cette grande masse de béton, couronnée d’une boule représentant le monde, sur laquelle étaient posés un compas et une équerre encadrant une lettre G brillante qui invoquait le dieu générique des francs-maçons. Fernando avait toujours éprouvé une curiosité mystique pour ce que pouvait signifier cette sorte de haut commandement cubain du mystère maçonnique. Mais comme elle portait les stigmates d’une institution déclarée rétrograde et bourgeoise, il en était venu à considérer la franc-maçonnerie comme une tribu préhistorique en voie d’extinction inéluctable. C’est peut-être pour ça qu’il l’associait à un ghetto obscur où se réfugiaient quelques vieux – il les imaginait toujours en costume cravate – s’obstinant à conserver un idéal et des rites qui finiraient par être balayés, comme la religion, par les bourrasques des temps nouveaux. Finalement, après avoir fait preuve d’une foi insolite en leur fraternité et d’une capacité de résistance opiniâtre, les francs-maçons, comme les religieux, avaient réussi l’exploit de survivre au prix d’innombrables transfigurations et dissimulations sociales. »

    On voit par là, par ce petit extrait, que ce livre , à peine commencé pour ce qui me concerne, semble riche de perspectives autant pour:
    – décrire une société maçonnique d’un pays d’Amérique du Sud, (ou plutôt d’Amérique hispanophone), et de ce pays là en particulier, dont on n’oubliera pas combien il peut être et avoir été intransigeant sur les privations de liberté,
    – que pour en décrire les parvis, en décrire les aspects profanes..
    Merci donc à Jack Chaboud de nous signaler ce bouquin certes publié en 2009 dans sa version française, mais cela n’a pas beaucoup d »importance si l’on s’attache au fait qu’un bouquin n’est pas une denrée périssable. Il peut être consommé à tout moment.
    Merci également aux éditions Métaillié qui font un effort louable pour découvrir des auteurs étrangers, notamment américains du Sud.
    Parfois, il faut savoir fureter et musarder dans le catalogue d’éditeurs moins connus, mais pas moins prestigieux, que les éternels poids lourds parisiens; on peut y rencontrer quelques pépites…

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