Lorent Charleroi

3 siècles de GOB à Charleroi

Par Géplu dans Edition

A l’occasion de son 140ème anniversaire, la Loge La Charité du Grand Orient de Belgique à l’Orient de Charleroi a publié : Le Grand Orient de Belgique présent sur trois siècles à Charleroi : De Léopold Ier à nos jours, Chronique de la vie en loge de francs-maçons à Charleroi.

Cet ouvrage est une chronique basée sur les rapports de réunions et résumés de conférences de 1837 à 1978 des loges « L’Industrie » de Lodelinsart et « L’Avenir et l’Industrie » de Charleroi, et après un hiatus de cinq ans, de « La Charité ». Cet ouvrage clair et didactique s’adresse au grand public en recherche d’une connaissance de la Franc-maçonnerie en général, hors des idées reçues, des préjugés et stéréotypes. Présentant près de 200 ans de démarche maçonnique à Charleroi de manière objective et aisément intelligible, il pourra également accompagner celles et ceux qui y commencent leur chemin.

Le lecteur y trouvera une histoire de la Franc-maçonnerie carolorégienne et du travail en loge, de quoi l’éclairer de manière simple, sans détour, et lui présenter les Francs-maçons pour ce qu’ils sont dans leur immense majorité : des humanistes, ambitionnant se perfectionner par un travail commun, au sein d’une « école » d’ouverture à l’autre, pour œuvrer ensemble, chacun à sa mesure, au progrès de l’Humanité.

Au fil de la lecture, on y découvre des noms de personnages qui sont familiers. Familiers mais inconnus. Pour certains, le nom d’une rue rappelle leur présence parmi la cohorte de ceux qui ont façonné notre quotidien. Pour durer, la loge a dû se pencher avec discernement sur les grands problèmes et les bouleversements qui ont secoué la société au cours du XXe siècle. C’est ce que l’auteur nous fait découvrir. Une loge n’est donc pas une tour d’ivoire.

L’ouvrage révèle que cette histoire ne fut pas un long fleuve tranquille. Mais on ne peut manquer d’être frappé par la diversité – et souvent l’actualité – des thèmes qui furent discutés depuis son installation en 1878. L’œuvre apparaît ainsi non seulement comme un travail attaché à écrire l’histoire d’une loge mais comme une contribution à l’étude du vécu de toute une population. Elle jette un éclairage original et particulièrement bienvenu, parce que méconnu, sur les multiples réflexions qui ont mobilisé et fait agir les humanistes carolos engagés en franc-maçonnerie.

L’auteur : Roger Lorent est né en 1927 dans la région de Charleroi au sein d’une famille modeste avec l’empreinte d’un père communiste et athée. Juriste, longtemps à la tête d’un cabinet florissant, rompu aux subtilités des textes législatifs ; membre du courant libéral de l’Eglise Réformée, il participa très activement au YMCA dont il fut membre du comité mondial. Sa passion pour la défense des causes qu’il considère comme justes (liberté de conscience, libre-examen, liberté pour tous et chacun de penser et de vivre à son choix) l’a amenée, après-guerre, à la participation active à des programmes de dénazifications. Franc-maçon très actif depuis plus de 40 ans dans sa loge, Roger Lorent s’est trouvé parfaitement armé pour mener à bien le travail délicat d’écrire l’Histoire de la franc-maçonnerie carolorégienne.

Le Grand Orient de Belgique présent sur trois siècles à Charleroi : De Léopold Ier à nos jours, Chronique de la vie en loge de francs-maçons à Charleroi par Roger Lorent. The bookedition.com, 2018, 152p. 10 € – Disponible à la Libraire Molière à Charleroi ou sur le site The bookedition. ISBN-978-2-9602-3140-3 10

Roger Lorent est aussi l’auteur de : En cause de l’affaire Dreyfus contre la Légion du déshonneur, UMons, 2015 en collaboration avec Christian Jassogne, et Louis Loew, à propos de l’affaire Dreyfus, Institut européen inter universitaire de l’Action sociale 2005

mercredi 13 février 2019 16 commentaires
  • 16
    Manu Hainaut 16 février 2019 à 09:39 / Répondre

    Petit commentaire décalé.
    Pas mal de commentaires, réflexions et informations sur les dates de fondation des loges à Charleroi. Pour mettre en évidence que cela ne fait pas 300 ans (3 siècles) que l’on maçonne à Charleroi. Et donc contester la démarche de l’auteur.
    Mais une lecture attentive du titre de l’ouvrage indique « le GOB présent sur 3 siècles » nous indique que le GOB a été (et est présent) au cours des XIXè, XXè et XXIè siècle càd 3 siècles.
    Le titre de l’article : « 3 siècles de GOB à Charleroi » signifie effectivement 300 ans de présence. Ce que n’a pas voulu dire l’auteur.
    Bref c’est la faute à Géplu !!!! 🙂
    En punition, lorsqu’il sera de passage à Charleroi, je lui offre un scotch CTS à la Maison des 8 haures ! 🙂 🙂 🙂

  • 14
    pierre noel 15 février 2019 à 21:36 / Répondre

    Je connais par coeur les trois étages de la rue Ferrer. J’y ai grandi, y fus adopté, initié, passé et élevé. Je n’y ai rencontré que des hommes de qualité, tous différents et de « chapelles » opposées, mais toujours hommes de coeur et dignes d’être connus. Qui qu’en grogne !

    • 15
      Joël 16 février 2019 à 00:17 / Répondre

      Merci pour votre commentaire éminemment subjectif (au sens de sujet). Inutile de dire que je ne partage pas votre avis. Et comme je ne peux pas juger mon F., je n’en dirai pas plus.

  • 9
    pierre noel 14 février 2019 à 10:00 / Répondre

    Pendant la période française, trois loges du Hainaut ont reçu des patentes du GODF ; La Concorde (Mons, 9 mai 1800), Les Amis Philanthropes (Boussu, 1808) et Les Amis de la vertu ( Charleroi, 1809). Clément qui donne ces dates dans son Histoire de la FM belge (1949, p 12) attribue aux Amis de la Vertu la date du 5 juin 1809, différente de celle du diplôme de la rue Ferrer.
    A l’époque, les habitants de nos contrées étaient « Français » (depuis 1794), utilisés dans l’armée comme dans le service public, et pas toujours dans des fonctions subalternes.

  • 7
    pierre noel 13 février 2019 à 19:20 / Répondre

    La loge « Les Amis de la Vertu » fut constituée par lettre patente du Grand Orient de France du 17ème jour du 5ème mois de la Vraye Lumière (17 juillet 1809) à l’Orient de Charleroy. Cette loge disparut comme de juste en 1814. Elle était constituée essentiellement de militaires et de fonctionnaires Français, mais le F :. Pierre Quinet, propriétaire à Chapelle-lez-Herlaimont, y fut reçu aux trois grades de la franc-maçonnerie symbolique le 22ème jour du 11ème mois 5809 de la Vraye Lumière, 22 janvier de l’ère vulgaire 1810. Le diplôme était signé par les officiers dignitaires dont le VM faisait suivre son nom des initiales S :. P :. R+ et les autres d’Elu (ce document était relégué dans le grenier de la rue Ferrer en 1970 et quelques).
    Faites le compte: 1809 —> 2019, cela fait plus qu’un tiers de siècle.

    • 8
      Joël 13 février 2019 à 21:58 / Répondre

      Pas du tout. Cette Loge constituée de Français et non de Carolos à ce que vous dites n’a duré que quelques années… Notons le gag involontaire dans l’appellation : « Les Amis de la Vertu » !
      Enfin, j’ai écrit « Soit un peu moins de la moitié de 3 siècles… » (post 3). Votre dernière ligne est donc parfaitement erronée.

      • 10
        Declercq J. 14 février 2019 à 10:52 / Répondre

        Contrairement à ce que vous dites, cette loge des Amis de la Vertu n’était pas constituée que de Français, loin de là.
        J’étudie actuellement cette loge de près au niveau sociologique en particulier.
        Sur 22 membres inscrits au tableau de 1810, 7 seulement sont d’origine française.
        Par ailleurs le nom de cette loge est complètement dans la mode de l’époque. Je ne vois pas où serait le gag là-dedans.

        • 11
          Joël 14 février 2019 à 11:47 / Répondre

          Mettez-vous d’accord. Soit elle est composée essentiellement de Français (post 7)et sans doute fondée par ceux-ci, soit il n’y en a que 7 sur 22. Pour les « Amis de la Vertu », c’était un clin d’œil aux affaires des années 2000 à Charleroi. Beaucoup de lecteurs l’avaient compris…

        • 12
          Couthon 14 février 2019 à 11:53 / Répondre

          En effet, contrairement à ce qu’annonce « Joël », c’est au printemps 1809 que 7 frères résidant à Charleroi décidèrent d’y former une loge maçonnique « LES AMIS DE LA VERTU » qui doit beaucoup à la loge nivelloise « LES AMIS DISCRETS ».

          Qui sont ces civils ? Pour la petite histoire, on y relève nombre de dignitaires de l’Eglise, des nobles et de la petite bourgeoisie.
          Pour mémoire, sous Joseph II, des ordonnances restreignirent le champ d’activité maçonnique. Celui-ci reprit, en Belgique, quelques couleurs avec le réveil du GODF, quasi en sommeil sous la Terreur. Les loges existant alors sur le territoire belge se sont tournées vers le GODF pour obtenir la reconnaissance de leur régularité.
          S’appliquaient pour ce faire les « statuts » du GODF lesquels imposaient l’intervention de trois commissaires du même Orient ou de celui le plus voisin s’il n’y avait pas de loges du même Orient.
          C’est ainsi que fut reconnue, à Nivelles, en 1808, la Loge « Les Amis Discrets » qui fut elle-même chargée d’installer celle de Charleroi, ce qui fut entrepris au printemps de 1809 par les 7 Frères carolorégiens cités ci-dessus, soit de souche soit parce qu’ils y étaient attachés professionnellement.

          Quant à la confusion entretenue par le débat stérile sur l’expression  » 3 siècles » (qui n’a rien à voir avec l’anniversaire d’une loge en particulier), la lecture du livre devrait permettre de comprendre le sens de cette dernière.

          Enfin, je rejoins « Minotaure » sur le fait que celui qui désigne « La Charité » carolorégienne comme « la plus politisée des Loges belges », ne doit pas bien (si pas du tout) connaître les autres. L’histoire de la Franc-maçonnerie en Belgique, et singulièrement celle du Grand-Orient (obédience aux préoccupations et orientations très sociétale, comme son homologue française) a été de longue date impliquée dans la vie politique du Royaume…
          C’est sans doute ce qu’il qualifie de « tendance affairiste et politicienne lourde ».

          Tout ce qui est excessif…

          • 13
            Joël 14 février 2019 à 14:38 / Répondre

            1. Voici une troisième version de la fondation de la Loge des Amis de la Vertu. Cela fait beaucoup. Faites une réunion pour vous mettre d’accord.
            2. Le titre est ambigu.
            3. La Charité aurait pu être dissoute pour de multiples raisons. Je ne suis pas juge d’instruction. Ce n’est pas à moi à donner un coup de pied dans la fourmilière de Charleroi.
            Pour le reste, carré blanc.

  • 4
    Minotaure 13 février 2019 à 16:14 / Répondre

    Celui qui désigne carolorégienne « La Charité » comme « la plus politisée des Loges belges », ne doit pas bien connaître les autres. L’histoire de la Franc-maçonnerie en Belgique, et singulièrement celle du Grand-Orient (obédience aux préoccupations et orientations très sociétale, comme son homologue française) a été de longue date impliquée dans la vie politique du Royaume. L’ Association libérale de Bruxelles, noyau du futur Parti libéral vers 1840, fut fondée à l’initiative d’un Loge maçonnique. Et les frères étaient très présents aux sein des instances du Parti ouvrier belge dès sa fondation en 1886. Voir à ce propos les travaux du professeur John BARTIER (ULB). L’influence laïque de la F.M. opposée à celle de l’Eglise catholique a déterminé la politique belge au XIXème. Nihil novus sub sole !

    • 5
      Joël 13 février 2019 à 16:24 / Répondre

      Je parlais évidemment des « affaires ». C’est une Loge qui serait bien avisée de faire une « refondation ».

  • 3
    Joël 13 février 2019 à 15:46 / Répondre

    Tant que j’y pense, le titre me semble déjà abusif : « Le GOB présent sur trois siècles à Charleroi ».
    A mon avis, il n’y a aucune loge carolorégienne sous le régime autrichien. L’introduction de l’article par Géplu parle avec raison d’un 140e anniversaire. Soit un peu moins de la moitié de 3 siècles…

  • 2
    Joël 13 février 2019 à 10:24 / Répondre

    La plus politisée des Loges belges. Souvent dans le mauvais sens du terme « politisé ». Mais des Frères sans reproche y ont sans doute appartenu quelque jour…

  • 1
    yonnel ghernaouti, YG 13 février 2019 à 06:19 / Répondre

    Un ouvrage qui ne manquera pas sûrement de retenir toute notre meilleure attention, surtout après l’article publié ici même le mardi 5 décembre 2006 et intitulé « LA MAIN DE LA LOGE ? » à la suite de la parution du livre « Charleroi, le séisme » paru aux Editions Luc Pire et écrit par le journaliste Didier Albin. A propos de ce livre, une des informations les plus mises en vue était le rôle d’une Loge carolorégienne nommément citée (La Charité) comme son Obédience (le Grand Orient de Belgique).
    https://www.hiram.be/blog/2006/12/05/la-main-de-la-loge/e
    Tous les liens vers les articles de presse d’alors (« La Dernière Heure », « Le Soir » ou encore « Le Journal du Mardi ») sont désormais inopérants… (c’est sans doute cela le véritable pouvoirs de Francs-Maçons !!!).
    Notons, par ailleurs, que The bookedition publie un format PdF (9€) presque aussi cher que son format papier (10€), il est vrai, toutefois, sans frais de l’envoi postal.
    Je rappelle simplement que, depuis des années, un livre numérique (environ 4% des ventes) coûte bien moins cher à produire et à distribuer qu’un livre papier, qui a besoin d’être imprimé, transporté, stocké, etc.

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, calomnie, injure, incitation à la haine ou à la discrimination y sont d'application. Les formules de salutation et abréviations maçonniques ne sont pas admises.

Les pseudonymes sont libres, mais pour être publié un commentaire doit provenir d'une adresse authentique et vérifiable. Lors de la première proposition d'un commentaire vous recevrez une demande de confirmation d'adresse, à valider.

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Signaler un contenu abusif
pulvinar id elementum luctus libero mi, accumsan quis, vel, elit.