RECMA 352

Les coopérateurs en loge (1890-1920)

Par Jean Mabuse dans Divers

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Les coopérateurs en loge (1890-1920) :
l’histoire oubliée du Progrès et de l’éducation coopérative.

Eric Lebouteiller est bibliothécaire en université, historien du mouvement ouvrier et de la franc-maçonnerie membre de l’IDERM (Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques). Il avait déjà réalisé une étude historique sur les relations entre la franc-maçonnerie, ses membres et le mouvement coopératif d’après l’écrasement de la Commune de Paris dont nous avions fait la recension. Il récidive aujourd’hui toujours dans la RECMA Revue Internationale de l’Economie Sociale fondée en 1921 par le frère Charles Gide et qui est depuis lors la référence et la plus ancienne revue scientifique à comité de lecture publiant des travaux consacrés à la coopération et à l’économie sociale, avec un article sur les « Les coopérateurs en loge (1890-1900) : l’histoire oubliée du Progrès et de l’éducation coopérative. »

Comme tout véritable historien, l’auteur publie un nombre très conséquent de sources et de références bibliographiques attestant de la qualité de ses recherches. Il explore la vie de deux loges Le progrès et L’éducation coopérative qui ont à la fin du XIXe siècle accueilli des militants ouvriers intéressés par l’idéal coopératif. Les loges ont servi de laboratoire et de centre de convergence avec un travail mené qui débouchait souvent sur des réalisations concrètes dans le monde profane.

Ainsi on apprend que la Banque coopérative des AOP (BCAOP) dont l’actuel Crédit Coopératif est le lointain descendant est directement issue des membres de ces loges particulièrement zélés (11 fondateurs sur 20).

L’activisme de ces loges a pour effet de contribuer à démocratiser le GODF qui s’intéresse ainsi de plus en plus aux question sociales. Ainsi en 1896 est organisé un grand convent social qui propose la création de caisses de retraite, d’un impôt sur le revenu et d’un ministère du travail. Une souscription maçonnique est mise en place en 1896 pour aider les ouvriers de Carmaux à créer une verrerie ouvrière. Ouvrières, ces loges se distinguent par leur ouverture sociale, leur laïcité mais aussi la défense de la cause féminine allant (déjà) militer pour l’ouverture des loges aux femmes.

Eric lebouteiller montre comment cet élan social et sociétal est brisé par la grande guerre. L’engagement coopératif s’épuise peu à peu et les loges reviennent à des travaux plus normaux…

Les coopérateurs en loge (1890-1920) : l’histoire oubliée du Progrès et de l’éducation coopérative de Eric Lebouteiller in RECMA °352 RECMA 76 rue Saint-Lazare, 75009 Paris, tél. : 01 43 87 00 20

jeudi 02 mai 2019 4 commentaires
  • 2
    Jean Mabuse 2 mai 2019 à 11:15 / Répondre

    Malheureusement, la Franc-maçonnerie s’étant repliée sur ses histoires de colonnes et de parvis, les coopérateurs actuels sont bien loin des coopérateurs de l’époque. L’actuel mouvement coopératif (CGSCOOP) est lié à la doctrine sociale de l’Eglise.

  • 1
    Alcaraz 2 mai 2019 à 11:02 / Répondre

    La Franc maçonnerie actuelle gagnerait à se rapprocher de ces coopérateurs !!!!!!

    • 3
      Emmanuel 2 mai 2019 à 11:37 / Répondre

      Ayant travaillé quelques années dans le milieu coopératif (SCOP) je peux t’affirmer que nombreux sont les coopérateurs membres des loges en particulier au GODF. Il en est de même dans le monde de la mutualité. Pour mémoire l’un des présidents de la mutualité sociale fut aussi GM de la GLDF.

      • 4
        Jean Mabuse 2 mai 2019 à 12:03 / Répondre

        Cher Emmanuel, ton information est réjouissante et je la corrobore en ce qui concerne la Mutualité (enfin ce qu’il en reste)…Je suis plus dubitatif en ce qui concerne le mouvement coopératif mais sans doute est ce du à ma vision d’une des URSCOP dans laquelle j’ai déjà entendu des propos antimaçonniques. Cela dit ce n’est plus dans la FM que se pensent les alternatives concrètes au système économique dominant.

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