Un monotheisme sans dieu

Un monothéisme sans dieu

Par Jean Mabuse dans Edition

Un monothéisme sans dieu de François Rachline, un ouvrage à mettre entre toutes les mains gantées de blanc ou de noir… Ce livre ne fait pas partie de la littérature maçonnique car il n’a pas été écrit en visant le paysage maçonnique ou en tentant de convaincre des profanes à rejoindre une obédience et il n’est pas publié par une maison d’édition spécialisée du PMF.

Pourtant le lecteur initié ayant poursuivi son parcours maçonnique dans les ateliers de perfectionnement y trouvera des réflexions et analyses de la nature du monothéisme initié par les hébreux qui n’est pas sans rappeler les réflexions philosophiques suscitées dans certains grades maçonniques. François Rachline à l’issue d’un travail de plus de 20 ans sur la bible se livre à une exégète de la définition de dieu dans la Torah (ou ancien testament pour les chrétiens). Il s ‘appuie pour cela sur sa parfaite connaissance de l’hébreux ancien et analyse la rédaction des passages bibliques dans lesquels dieu se manifeste. On découvre ainsi que dans la bible dieu n’est jamais écrit au singulier et que son nom n’est pas prononçable. Toutes les succédanés de noms de dieu qui nous sont arrivés ne sont que des interprétations liées à une déformation de l’écriture hébraïque. Dieu n’a pas de nom et il n’est pas unique ! Car les traductions de l’hébreux ont privilégié unique à un, ce qui n’est pas la même chose.

Le franc-maçon initié sera intéressé de lire que la rencontre entre Moïse et la manifestation divine en haut du Mont Sinaï n’était sans doute pas le dialogue entre un homme et un buisson ardant mais un dialogue entre un homme…et son reflet dans un miroir. Il ressort de ce dialogue que le dieu est en construction. L’écrite hébraïque permet cette interprétation. La lecture de Rachline sera particulièrement éclairante aux frères et sœurs arrivés aux grades sefirotiques car le tetragramme imprononçable, l’est vraiment et en cela le message des rituels maçonniques sont plus proches du message écrit en hébreux ancien que toutes les interprétations rabbiniques ou chrétiennes qui nous sont parvenues.

L’auteur décortique toutes les phrases du texte ancien où la nature divine se manifeste et la bonne traduction nous fait découvrir un dieu gnostique qui émane du plus profond de la multitude des hommes. Le dieu d’Israël qui s’écrit au pluriel reconnaît la pluralité des dieux sur terre. Il est celui qui réunit ce qui épars par ce qu’il est l’émanation de la multitude qui trouve ainsi le moyen de faire un. La coexistence pacifique en ce dieu avec l’ensemble des autres dieux produit plus de tolérance que les monothéismes prosélytes qui dans l’histoire ont cherché à éliminer tout ce qui ne leur ressemblait pas, quelquefois par la persuasion, fréquemment par la violence. Ainsi le décalogue indique que celui qui respectera les commandements de la loi de Moïse ne devra pas imposer quoi que ce soit aux autres. C’est la pensée adogmatique comme la méthode maçonnique la cultive !

François Rachline conclu que le nom ineffable écrit dans un tétragramme, dépasse, déborde, excède le monothéisme. Il est pour ainsi dire un au-delà, où peut se loger, aussi l’athéisme. Voici donc un écrit qui devrait réconcilier les maçons de toutes les tendances !

Un monothéisme sans dieu de François Rachline, aux éditions Hermann, chez Amazon ou de préférence dans la librairie la plus proche de votre domicile. ISBN : 978-2705697358  

mardi 14 mai 2019 12 commentaires
  • 12
    Francois Brooks 17 juillet 2019 à 22:46 / Répondre

    À première vue, le livre propose une approche très plaisante pour un esprit cohérent. Nous savons que le Dieu de Moïse n’a pas voulu qu’on lui attribue de nom. Il est donc anonyme et indifférencié. Et si on ne peut le nommer, personne ne peut donc s’en emparer. Il n’appartient donc à aucun peuple en particulier, c’est un Dieu universel. Ayant tout créé, on le retrouve dans tout. Et n’étant nulle part en particulier, il est partout. Chacun peut donc se l’approprier, mais n’en détient pas l’exclusivité. De plus, c’est aussi un Dieu qui, quelque part, s’anéantit puisque s’il est partout, il est nulle part. C’est-à dire qu’on ne peut le voir ni l’entendre ni le distinguer puisque ce serait le réduire à une perception.

    Dès lors, comment pourrions-nous en parler ou même y penser puisque tout ce que l’on peut dire de Lui ne rend pas ce qu’il est. Il est l’Être-même, sans aucun attribut. N’est-ce pas curieux de constater tout ce que l’on trouve à dire et à écrire sur quelque chose d’inaccessible ? C’est comme si l’on s’acharnait à parler du néant. À force d’en parler, le néant finit par prendre consistance.

    Mais quand je parle, qui parle ? N’est-ce pas moi-même. Celui qui parle de quelque chose sans savoir de quoi il parle ne parle-t-il pas que de lui-même ?

  • 11
    Désap. 19 mai 2019 à 19:06 / Répondre

    Merci François Rachline, de votre érudition et d’exprimer si brillamment toutes les vertus et la nécessité de l’ouverture d’esprit et la tolérance.
    Nous sommes troublés de voir ressurgir, en la personne d’une fille qui ne pouvait qu’être son père en mille fois plus dangereux, ce que nous avions cru avoir vaincu il y a 74 ans.
    Cette essai aurait pu être sous-titré « éloge de la responsabilité », en cela cher François, bienvenue en maçonnerie, expression moderne de l’initiation et version objective de la franc-maçonnerie.
    Un petit reproche toutefois, je ne pense pas que vous ignoriez que l’initiation antique comportait deux aspects, lors même que vous insistez un peu opportunément sur celui ne présentant aucun intérêt.
    L’un est profane, pour le plus grand nombre et idolâtre, l’autre, celui dont Moïse n’ignorait rien, proprement initiatique, dépourvue d’idoles, centrée sur la responsabilité déterminante de la justesse de notre réflexion, où ce dernier terme prend tout son sens, où l’Elohîm JMN n’a pas de nom prononçable et dont le nom profane n’est pas même « dieu » , mais signifie « le caché ». Je ne vous en tiens pas rigueur cependant, mais il fallait que ceci soit précisé.
    Je vous adresse mes amitiés.

  • 8
    Little 15 mai 2019 à 09:48 / Répondre

    Pour être aussi fort m’en langue, il doit avoir au moins 7 ans…😔

  • 3
    Désap. 14 mai 2019 à 11:24 / Répondre

    Il y a de toute façon des problèmes assez fondamentaux de traduction des textes bibliques, qu’il s’agisse de l’hébreux ou du grec anciens, ce dernier bien souvent très pauvre et fautif dans sa formulation. Ceci permet toutes les interprétations, notamment pour faire dire ce que l’on souhaite, facilité par des écrits qui surexploitent les formules alambiquées est les paraboles. C’est la raison pour laquelle tout ésotérisme de ces textes est impraticable, sauf à prendre le risque de déduire ce qui n’est pas.
    Les textes initiatiques antiques et postérieurs comme le rituel maçonnique sont l’exact contraire, ils sont aussi clairs et précis qu’il soit possible, écrits par l’élite intellectuelle de leur époque.
    A ce propos, les rituels des degrés du REAA 1804 sont tous et sans exception parsemés de phrases, discrètes tout en étant très précises et très opportunément placées, qui mettent en garde l’initié vis à vis des principes et leurs significations exprimés dans la Bible. Ces phrases sont occultées par un nombre ce plus en plus important d’adeptes, on préfère envisager ce rite comme une exégèse érudite de la Bible, arguant que les autorités religieuses en auraient fait un dogme à visées dominatrices de la pensée, lors même que l’on s’y prête de manière plus prononcée par un ésotérisme que l’on présente comme plus savant et fidèle au texte original.
    Les franc-maçons doivent se mobiliser contre cette religiosité galopante avant que la franc-maçonnerie ne devienne un ersatz de religion qui causera immanquablement sa déliquescence.

    • 5
      Jean Mabuse 14 mai 2019 à 18:29 / Répondre

      François Racheline indique les différentes traductions bibliques et les préoccupation actuelles des rabbins pour éviter de prendre des risques dans une mauvaise traduction. Il montre aussi qu’une des premières traduction de l’hébreux vers le grec issue du travail des massorètes sont certainement influencées par ‘environnement hellénistique donc sujettes à interprétations. D’ailleurs la compréhension, l’interprétation et la remise en cause de celles-ci des textes bibliques ne sont ils pas la nature intrinsèque du judaïsme ? le judaïsme est adogmatique et non prosélyte car il soumet sans cesse ses textes à l’analyse. Et effectivement le REAA semble avoir bien bâti un chemin évitant le prêt à penser qui n’est pas sans rappeler l’a dogmatisme du judaïsme. Il est surprenant et regrettable que voir que moultes adeptes du REEA aient effectivement fini par en faire une pratique quasi dogmatique. Notons que les dictionnaires d’explication symboliques n’aident pas à libérer l’esprit…..

      • 6
        Désap. 14 mai 2019 à 23:05 / Répondre

        Je vais lire cet ouvrage de F. Racheline.
        Je partage assez exactement ce que tu dis du judaïsme.
        C’est l’unique monothéisme qui présente un intérêt ; j’ai la quasi conviction que les Hébreux sont des égyptiens, les prêtres du culte d’Aton qui ont dû quitter le pays lors du retour au culte ancien. La Thora est une loi qui fonde un peuple et l’organise, avant d’être une religion.
        Christianisme et Islam ne sont que plagias sans intérêt établis par des fondamentalistes autour du culte de la personnalité.

  • 2
    Désap. 14 mai 2019 à 10:15 / Répondre

    « la rencontre entre Moïse et la manifestation divine en haut du Mont Sinaï n’était sans doute pas le dialogue entre un homme et un buisson ardent mais un dialogue entre un homme…et son reflet dans un miroir. »
    Cette seule phrase rend l’ouvrage de François Racheline incontournable.
    Chacun pourra compléter avantageusement sa connaissance avec « L’Enigme de Jésus-Christ » et « Jean-Baptiste et Jean le Disciple Aimé » de Daniel Massé.

  • 1
    lazare-lag 14 mai 2019 à 07:07 / Répondre

    Est-on en droit de se poser la question d’un possible lien de parenté entre François Rachline et David Rachline, ci-devant maire de Fréjus et membre éminent (éminent au sens frontiste, uniquement…) du F.N.?
    Si ce devait être le cas, on supposera pas faciles les réunions de famille….
    A priori, François Rachline semble de fréquentation plus satisfaisante, pour nous Francs-Maçons.

    • 4
      Little 14 mai 2019 à 11:35 / Répondre

      💭y’a plus d’un âne qui s’appelle Lazare.

    • 7
      lazare-lag 15 mai 2019 à 07:21 / Répondre

      il y a l’intégralité des « little » qui se traduisent par « petit ». Voire « tout petit ».

      • 9
        Little 15 mai 2019 à 10:26 / Répondre

        Lazare, quel est le sujet du verbe traduire?
        Plus fort en langue 👍🏻 qu’en conjugaison😥
        Sacré Lazare !
        Pas sûr qu’il ait 7 ans…

      • 10
        lazare-lag 15 mai 2019 à 23:10 / Répondre

        Le Monde daté d’aujourd’hui, 15 mai,était fort intéressant.
        On pouvait y lire en titre:
        « Le bilan indigent du RN au Parlement européen ».
        Puis immédiatement dessous:
        « Le parti d’extrême droite possède le plus fort contingent d’eurodéputés français à Strasbourg mais son activité dans les instances est très réduite ».
        Ou encore:
        « Migration, sécurité, droits sociaux: votant systématiquement contre, les élus se retrouvent en contradiction avec les idées affichées en France ».
        Mais également:
        « S’il aime mettre en scène ses interventions à la tribune du Parlement, le RN se distingue par un fort absentéisme dans la travail au jour le jour ».
        Ceci en première page uniquement.
        En pages intérieures ça donne ceci:
        « Absence en commissions, faible poids politique dans l’hémicycle, contradictions entre discours et les votes, multiplication des affaires… L’influence des eurodéputés frontistes à Strasbourg reste faible ».
        Ou encore:
        « Si Marine Le Pen aime à se présenter en défenseuse des droits des femmes, ses députés à Strasbourg se sont opposés à la quasi-totalité des textes promouvant l’égalité entre les hommes et les femmes ou luttant contre les discriminations envers les minorités sexuelles ». Etc, etc.
        Je ne sais pas si tous les lectures du Monde s’appellent Lazare, en tout cas ce ne sont pas tous des ânes.
        Quant à la conjugaison, j’allais oublier la conjugaison, que dire?
        Il me semble que la règle est de dire par exemple:
        – la plupart des gens sont ravis de lire cet article du journal « Le Monde ».
        Pourquoi?
        Parce que la règle est que le verbe s’accorde toujours avec le complément.
        Et que le complément ici c’est « gens » et pas « la plupart.
        Il ne viendrait donc à l’idée de personne de dire que la plupart des gens est ravie de lire un développement argumenté et étayé sur le maigre bilan du RN au Parlement européen…
        Idem dans cet autre exemple:
        Une infinité de lecteurs prennent « Le Monde » dans un kiosque pour y découvrir une analyse objective sur le F.N.
        Qui oserait dire: une infinité de lecteurs prend « Le Monde » pour y lire une analyse objective, rationnelle et limpide sur le peu d’activité sérieuse du F.N. au Parlement européen?
        Pareil avec la locution « toute une série de ».
        Toute une série d’articles du Monde font état de faiblesses avérées des élus frontistes au Parlement européen.
        Qui préfèrerait annoncer: toute une série d’articles du Monde fait état de la légèreté politique constatée des élus F.N. à Strasbourg?
        De même, toujours parce que le verbe s’accorde avec le complément, il n’y avait donc pas d’erreur à écrire:
        « Il y a l’intégralité des « little » qui se traduisent par « petit », voire par « tout petit ».
        Car le sujet est le complément « little » et non pas le mot intégralité.
        Et là-dessus, le sujet me paraissant épuisé, je ferme le ban et n’y reviendrais pas.

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