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Delfau Lambert

Un édito de Gérard Delfau à propos de Vincent Lambert

Par Géplu dans Dans la presse

Gérard Delfau, né en 1937, est membre du Grand Orient de France. Agrégé de Lettres classiques, ancien Maître de conférences à la Sorbonne puis à l’Université Paris VII, il est aussi ancien maire de Saint-André de Sangonis (34), ancien sénateur et ancien vice-président du Parti radical de gauche. Auteur de nombreux ouvrages et articles sur la Laïcité, il est depuis 2015 fondateur et directeur de la collection Débats laïques, aux Éditions L’Harmattan.
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L ’arrêt de la Cour de cassation concernant Vincent Lambert : Cela doit cesser !
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Sortir au plus tôt de cette barbarie, cautionnée par une déclaration récente de l’épiscopat !

Suite à l’arrêt de la Cour de cassation concernant Vincent Lambert, il est temps que cesse le chantage d’une poignée d’intégristes et que s’applique enfin ! la loi de la République.
C’est désormais une question d’ordre public, et qu’il faut traiter comme telle. Mais c’est surtout une question d’humanité vis-à-vis de celui qui subit depuis plus de 10 ans un calvaire, en raison des conceptions délirantes de ses parents et des structures qui les inspirent.

C’est, enfin, une question de respect pour le travail admirable du docteur Sanchez, et le courage qu’il lui faut pour tenter d’appliquer, malgré les pressions et les injures, ce que lui prescrit son devoir de médecin : faire cesser une « obstination déraisonnable », mettre un terme à l’acharnement thérapeutique, comme le lui demande la loi Leonetti, votée à l’unanimité en 2005. Il a pris, en outre, toutes les précautions nécessaires en s’entourant de l’avis de la tutrice légale de Vincent, Rachel, sa femme. Oui, je le répète en conscience, cette prise en otage d’un être abandonné par la vie doit cesser. Quant à l’accusation de « meurtre », brandie par les avocats des parents, elle tombe sous le coup de la loi. On ne peut pas impunément tordre à ce point la vérité juridique et piétiner la réputation d’une administration, le CHU de Reims, et des médecins. Un mot encore, le mutisme de l’Ordre des avocats ne saurait durer. Cette profession est soumise, elle aussi, à des règles déontologiques, qui, si elles ne sont pas respectées, doivent être rappelées par cette instance.

Devant de tels faits, comment ne pas souhaiter qu’un certain nombre de parlementaires, de tous bords, mettent à l’étude le droit à l’euthanasie ? Pourquoi faut-il que soit refusé aux Français ce droit à « mourir dans la dignité » qu’ont déjà acquis tant de peuples européens ? Et combien le récit sobre et émouvant de Nadia Geerts, dans L’après-midi sera courte, à propos de la mort consentie de sa maman, en Belgique, nous fait souhaiter sortir au plus tôt de cette barbarie, cautionnée par une déclaration récente de l’épiscopat !

Gérard Delfau

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Voir aussi sur le site de « Débats Laïques » la recension du livre de Véronique Fournier, cardiologue, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie Puisqu’il faut bien mourir, et l’article de la même Véronique Fournier dans Libération du 23 mai, Vincent Lambert, le chagrin et la honte.

Signalons enfin sur ce même thème l’excellente revue Adogma, que vient de relancer Thierry Mesny, président de l’Association des Libres Penseurs de France (ADLPF). Le premier numéro s’intitule : Libre-penser le corps, et il est d’une étonnante actualité.

jeudi 04 juillet 2019 3 commentaires
  • 3
    Patrick 4 juillet 2019 à 10:58 / Répondre

    Très pertinente intervention de G Delfau, comme souvent. Avec de vraies mises en perspectives pour l’avenir.

  • 2
    Désap. 4 juillet 2019 à 09:45 / Répondre

    C’est avant tout les parents de cette homme, certes désespérés et que l’on doit comprendre, et leurs avocats d’une vulgarité inouïe qui sur-médiatisent la situation.
    Le problème posé est d’abord celui de la durée de vie en condition artificielle.
    En effet, avec les machines il est possible de maintenir cet homme en vie très au-delà de l’extrême fin de la durée moyenne constatée chez les humains.
    D’autre part, avec tout le respect et la prudence requis, on peut néanmoins constater un certain paradoxe entre les convictions religieuses mises en avant par ses parents et leur demande.
    Si le corps médicale, représenté par le très respectable Docteur Sanchez, s’arme de courage pour mettre fin à cette situation, c’est que celle-ci, si elle perdurait, remettrait en cause toute possibilité de mourrir à l’hôpital et ceci ouvrirait la voie à un nombre inacceptable de procès à l’encontre de la médecine.
    Ce que je vais écrire pourra être vu comme choquant, il n’en reste pas moins que les parents de Vincent Lambert font preuve d’un égoïsme et d’un égocentrisme qui ne peuvent être pris en compte dans une société évoluée

  • 1
    ERGIEF 4 juillet 2019 à 07:19 / Répondre

    Comme le dit Jean Leonetti, nous sommes d’abord en présence d’un drame humain absolu et j’ajoute qui se situe aux limites de la loi. Le cas Vincent Lambert ne devrait en aucune manière servir de caution pour rouvrir le débat sur l’euthanasie qui relève d’un tout autre domaine, n’en déplaise à G.Delfau. Ce grand déballage public, ce concours d’arguments entre « progressistes » et « conservateurs », autour du lit médicalisé sur lequel repose ce pauvre homme privé de conscience est impudique. De grâce, laissons les médecins faire leur job dans la confidentialité et le respect du serment d’Hippocrate et que politiques, magistrats, avocats, religieux et Franc-maçons se taisent enfin.

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