UN Jacques Fontaine

UN, le nombre fantôme dans nos rituels. Mais demain ?

Par Jacques Fontaine dans Contributions

Un propos insolent de Jacques Fontaine

Nous aimons beaucoup faire nos délices symboliques avec le 3, le 5, le 7, le 9 ; au-delà même, pour les degrés d’approfondissement, qui ne tarderont pas à devenir facultatifs, histoire d’une à deux décennies. C’est d’ailleurs le choix de la Maçonnerie anglo-saxonne avec les « side degrees ». Oui, je sais, ce sera difficile de renoncer au 33ème degré, a fortiori au 95ème degré sommital. Ces crêtes de la sagesse intemporelle et irréaliste vont s’affaisser dans la réalité de leur inefficacité psychagogique [1]. Revenons aux premiers nombres [2]. Et saluons, avec admiration, le génie de nos anciens : la naissance, 3, 5 et 7 ans, les âges clefs de la croissance de l’enfant. Ils sont inscrits dans la chair et l’esprit, s’il faut distinguer les deux ; et, grâce à ce trait inouï, les adeptes se sentent tout de suite à l’aise avec cette progression. Ne l’avons-nous pas tous vécue ?

Le 2 a aussi une belle partie à jouer mais pousse plusieurs d’entre nous à s’enliser dans le dualisme que je qualifie de « meurtrier » . Je crois néanmoins que le saut apparemment régressif du 2 au UN est déjà prêt dans nos têtes, sans que nous le sachions. Encore que certains d’entre nous, qui ne sont pas seulement d’honnêtes bagagistes [3], ont assez d’audace pour se préparer au grand voyage mystique. L’appel pansophique [4], la sagesse sublime, tenaille les êtres humains en quête de dépassement de l’espace-temps de notre petit monde. Les monothéismes ont apporté la réponse définitive et contraignante : Dieu ; avec l’habillage culturel de l’époque de l’émergence de la croyance, sacralisé lui aussi comme on le voit avec les tenants orthodoxes de la Bible, du Coran.

La Franc-maçonnerie de style français [5] devrait être celle qui sortira du ghetto religieux, respectable néanmoins, mais qui, à mon avis, maintient l’humain en dépendance morale et spirituelle. Ce que n’est pas la quête de l’UN authentique qui est, entre autres, le sentiment et plus que cela, de la fusion, de la confusion et de l’effusion, sans ordre précis.

J’ai, dans mes ouvrages, toujours maintenue que la Voie maçonnique est une gnose, pas une mystique. Aujourd’hui ! Mais demain ? Ce n’est pas sûr du tout… Il convient que je te donne les définitions que j’ai retenues pour ces deux termes :

  • La gnose d’abord, que je prends au pied de la lettre grecque : la connaissance. Wikipédia me vient en renfort : « De façon très générale, la gnose est un concept philosophico-religieux selon lequel le salut de l’âme passe par une connaissance directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi. » J’ajouterais que la gnose est conscience, à la différence de la mystique ; non seulement de soi mais des autres, de l’humanité avec ses bonheurs et ses souffrances. Conscience du sens que l’on donne à sa vie et des plénitudes éventuelles qu’elle nous apporte. Je mets sous le boisseau l’adjectif « religieux ». Quoique, pour certains d’entre nous…
  • La mystique, elle, vient du domaine religieux et atteint le monde athée désormais. Le (la) mystique peut méditer longuement sur les textes sacrés. Plus loin il (elle) peut vivre des expériences spirituelles en lien avec une transcendance, Dieu, le Grand Architecte de l’Univers… En fait tout principe qui se fond dans la représentation ultime de l’UN. Cette transcendance n’est pas accessible en conscience et indiscernable pour le sens commun. J’ai la conviction que notre Voie est susceptible de conduire aussi à une mystique, pour approcher l’UN.

Mais avant d’en arriver à cette affirmation, listons les facteurs qui vont amener la Voie à ajouter une branche mystique. Ce que j’écris est issu de ma seule expérience : mes recherches et mon vécu parfois. À toi de t’associer, dans la mesures où tu le désires. Le premier facteur est l’évolution sociétale : que serons les Français, les humains vers 2050 ? Car tout mouvement naît d’abord de son contexte culturel.

Un système sociétal bouleversé

Toute croyance, tout mode de vie nouveau, même le bonheur, procèdent de l’environnement dans lequel ils s’inscrivent, dans le recueil de la culture de l’époque. Or dès aujourd’hui, nous vivons le changement profond du paradigme humain : prolifération des hominidés, responsables de l’effondrement écologique ; irruption des technologies ; chaque jour nos activités, au sens le plus large du terme, sont prises en charge par les algorithmes. Tout cela est bien connu et d’excellents livres [6] se positionnent quoique de manière trop anthropocentrée [7] sur ce bouleversement. Les uns pensent que « l’effondrement » socio-planétaire, comme l’appelle le GIEC [8] va tout détruire ; les autres estiment que les survivants hominidés, avertis de leur folie mégalomaniaque, fonderont une humanité moins dévoreuse de la Nature. Je ne m’attarde pas sur le problème gigantesque de l’avenir de notre espèce.

Les technologies n’en sont qu’à leur balbutiement. Demain elles prendront en charge toute notre vie : notre corps et notre âme pour faire de nous des « êtres augmentés », comme on le dit inconsidérément, selon moi. Nous serons tous reliés aux organisations, aux autres, au monde, numériquement. Nos enfants, petits-enfants… se sentiront, c’est probable, dépersonnalisés. L’impérialisme de l’Avoir qui aura même la prétention de nous apporter de l’Être creusera sans doute drastiquement les inégalités. Les dépressions, les mal-être ; les angoisses vont augmenter et c’est déjà parti. Nous vivrons le drame de l’ « isolationnisme ». Émergera, en réponse, alors un très fort besoin de reliance [9], un mode de développement personnel à retrouver, sinon à réinventer. Faire partie de groupes, d’une société, liés à des mœurs positives partagées. Tout cela pour étancher notre soif d’un des plus puissants besoins : Être ensemble, protégé et aimé par des vivants [10].

Toutes conditions auxquelles la Voie maçonnique est préparée. Elle se renouvellera d’abord [11] mais deviendra un baume puissant contre la déshumanisation. En rejoignant d’autres manières de se rassembler, de vivre authentiquement, de donner du sens à la Vie. Nous sommes, j’en suis sûr, une réponse pour panser les plaies du futur. D’abord parce que nous ne connaissons pas les inégalités, nous prônons la mise à l’écart des métaux. Notre éthique est bâtie sur une philosophie positive de la vie même si nous renoncerons sans doute au primat de la raison, à la poussée du progrès… et surtout, les Loges sont des groupes affectueux et nous accueillent deux ou trois fois par mois. La voilà la reliance, une reliance des corps et des cœurs.

L’UN, le symbole de l’extase mystique.

La Voie conduira-t-elle vraiment à l’extase mystique ? Non, je ne crois pas que nous ayons la vocation de devenir des Thérèse d’Avila ou des Hildegarde de Bingen. Mais prudence… Il n’y a pas d’un côté, les élus de l’ineffable et de l’autre, le vulgaire. Dualisme simplificateur, car l’extase mystique n’est pas accessible à tous. On peut, aussi, être épris de spiritualité sans la vivre dans son corps. C’est, je crois, le cas de Stanislas de Guaïta, Marie-Madeleine Davy que j’ai eu le privilège de rencontrer, elle qui chante le « désert intérieur ». Je crois que nous, Maçons, aurons des possibilités pour parvenir à des stades intermédiaires. Je ne crois pas que nous nous donnerons pour projet de vivre l’UN dans l’extrême : l’illumination, l’extase [12]. La pente ascendante est douce et les points de ressourcement multiples. Imagine une suite de vallons et de collines et, au fond, les neiges éblouissantes de l’UN. Selon sa position, certains entrapercevront le pic. D’autres le ressentiront dans des situations propices ; les suivants tomberont souvent en admiration et envie et les derniers, ils seront très rares, marcheront avec ténacité jusqu’à l’extase du vécu de l’UN. Pensons aux enfants qui, sans rien demander, savent ce qu’est « ailleurs » et ont vécu l’unité fœtale. Quelle idée géniale que, le jour de l’initiation, nous sortions de la matrice [13] ! Que pourraient donc vivre les Francs-maçons qui prendront notre relais dans quelques décennies et dans quelle mesure, le rituel actuel [14] va-t-il les y préparer ? Sachant que le terme de spiritualité est de plus accepté dans nos Loges et parfois même dans celles qui sont de tendance sociale. Pour y répondre, je te propose de lire, non pas toutes les définitions de l’extase ; mais seulement de te proposer trois qualificatifs qui, selon ma sensibilité, ramassent l’expérience mystique. Les portes d’accès sont nombreuses et aussi anciennes que l’humanité, sans doute. Et après nous regarderons les liens avec la spiritualité de notre Voie :

  • La fusion entre les états intérieurs. Ne plus distinguer ce qui est de l’ordre de la conscience, de l’expérience concrète et saisie comme telle. Je ne sais plus si ce qui m’entoure est tangible ou imaginaire, ou intuitif ou autre chose encore. L’androgynie est une étape pour aller vers la fusion. Jean de la Croix ne s’écria-t-il pas : « je suis l’épousée du Ciel » ? Je vais y revenir.
  • La confusion entre ce que je suis, je ressens et je vis. Je suis perdu dans mes repères et je ne ressens qu’une joie indicible qui déborde de moi. Et, sur l’instant, je ne formalise rien avec ma conscience. Plus de pensées, plus d’idées sur ce qui m’arrive, plus ni souvenirs, ni projets ; plus de dedans/dehors ; plus de matériel et d’immatériel ; plus de passé, plus de futur. Plus d’espace-temps.
  • L’effusion, c’est l’Amour sans limites pour la Nature. Spinoza écrivait : « Deus sive Natura ». Amour vécu par Jésus, François d’Assise, Vincent de Paul… Dirais-tu que Gandhi, Nelson Mandela, Martin Luther King vécurent cette effusion ? Je suis bien prêt de le croire. Mais à la différence des états de fusion et de confusion, l’effusion est un état, certes inspiré, mais qui ne renonce nullement à la conscience. Énergie lumineuse, blanc intense sont souvent associés à l’effusion.

Et notre Voie maçonnique, quelles sont ses possibilités d’atteinte de ces états et jusqu’où ? Sans qu’elle renonce pour autant à son génie fondateur, la révélation du rituel et la pratique concrète dans la société. Je sens que la trilogie Liberté, Égalité, Fraternité, complétée par la Laïcité. Notre roc éthique, gagnera toutes les obédiences et les réseaux de Loges libres qui commencent à apparaître et vont se multiplier. Ces valeurs qui réclament, entre autres, le plein exercice de sa conscience. Et la Voie n’y renoncera pas, je l’espère. Cette mobilisation de la conscience freinera l’accès à l’UN. Pourquoi ? Parce que la béatitude n’a plus aucune assise consciente. Voyons comment nous sommes préparés à marcher vers le « tout spirituel ». Reprenons les trois qualificatifs qui peuvent décrire l’expérience de l’UN.

  • Commençons par la fusion. Imagine-toi, un soir de fatigue où, en tenue, tu te laisses aller, tu lâches les amarres et te sens bercé par le rituel, si répétitif que tu le connais par cœur. Tu vivras alors un état guère éloigné de la fusion. Le rituel maçonnique est une sorte de prière, de mantra. La répétition régulière des mêmes phrases rassure. Pour certains, déjà, elle nous transporte hors de la conscience. Et aura tendance à éloigner la raison. J’aime bien, en tenue fermer les yeux. Même pendant les planches. « Alors, me dira-t-on, tu n’écoutes pas ce qui se dit ! ». Et je réponds : « j’écoute moins les idées rationalisées de la planche que les émotions qui filtrent à travers le voile des mots ». Si, en outre, la tenue a débuté par neuf minutes de méditation, tu vivras aisément ces prolégomènes. Avec le refus de l’assistance des technologies qui t’aideraient à rester en éveil en augmentant ton intelligence et ton attention aux idées dégoisées.
  • La confusion à présent. Moi, je ne la sens guère dans une tenue dans la mesure où, chez nous, la raison tient encore et trop, à mon sens, la barre [15]. Je l’ai dit plus haut, la conscience est le plus souvent présente et c’est une quasi-exigence de la Voie. Même subrepticement comme on le devine avec l’état précédent, la fusion. L’époque sera sans repères et noyée dans leur artificielle et débordante prolifération. Les humains en souffriront. La confusion heureuse pourrait atténuer, voire éteindre ce besoin poignant. C’est pour cela que je crois que, sauf exception, les Maçons ne viseront pas l’UN, mais y tendront.
  • Quant à l’effusion, le tout Amour pour la Nature. Nous en avons une base solide, avec nos valeurs humanistes : la tolérance, l’écoute de l’autre, l’empathie… toutes couronnées par cette sublime Fraternité. Un pas reste à franchir : aller plus loin que l’Amour de l’humanité. Je gage que cet anthropocentrisme, ce spécisme, va peu à peu s’effacer. Pour sortir de l’isolationnisme et se sentir reliés à la Nature.

Mais la partie n’est pas gagnée à cause d’une croyance humaine très enracinée, presque partout dans le monde. La grande Nature ce sont les animaux, les végétaux, les minéraux. Tout au-dessus de cet ensemble, l’Homme dominateur qui profite de toute ce dont il a envie. Non l’Homme n’est pas le seigneur de la Nature qui serait à sa pleine disposition, comme nous le croyons encore aujourd’hui. Merci les livres saints, sacrés monothéistes ! Dans quelques décennies, nous ne pourrons pas ne pas nous ouvrir sur l’univers. En commençant par le nôtre : mon chien, le tapir, le plantain, le chêne, la faille rocheuse et les mousses infinies de l’océan. Là, nous devons mener notre aggiornamento. Une solution, compatible avec notre génie existe déjà. J’imagine que nous avons beaucoup à apprendre du rite forestier, aussi ancien que notre Voie. Enrichir les rituels, participer à des ventes, équivalentes dans ce rite à nos tenues mais qui se déroulent en plein air. Il est temps encore de changer. Je connais des adeptes qui appartiennent aux deux Voies. C’est, à mon sens une condition sine qua non pour que nos descendants puissent parcourir une partie du chemin mystique qui mène à l’UN.

En bref, notre Voie contient les bases suffisantes pour faire vivre aux initiés la fusion et l’effusion ; moins la confusion. Mais attendons vingt ou trente ans ; nous pourrions être surpris. Pourquoi ? Parce qu’un des passages vers l’UN est, de nos jours devenu une évidence. Nous avons tous en nous les deux genres, en proportions distinctes, le féminin et le masculin, indépendamment du choix du partenaire. Et les Francs-maçons, pour la plupart l’admettent bien volontiers avec la lecture traditionnelle des colonnes, de la lune et du soleil. Je fais le pari que, dans quelques années ils admettront, sans peine, l’androgynie. À condition de sortir des clichés qui traînent encore dans les Loges. Examinons cela soigneusement.

L’androgynie ? Beaucoup de Maçons la pressentent.

On ne compte plus les chemins qui mènent parfois à l’extase : les drogues comme la cocaïne, l’ecstasy, les champignons hallucinogènes comme le peyotl [16], les amphétamines, le crack, l’héroïne. Mais aussi d’autre moyens moins périlleux : la décorporation, la montée dans son corps astral, les EMI [17] et les pratiques méditatives. Elles sont susceptibles de nous faire revivre la béatitude fœtale, un des supports de l’UN… Se promener seul dans la nature peut transporter. Et bien sûr aussi la beauté, facteur de jouissance mystique. Nous l’honorons avec les piliers « Force, Sagesse, Beauté ». Mais la Voie, si elle évolue, nous propose un autre chemin qui est en train de se préparer.

Carl Gustav Jung est fréquemment cité par les adeptes pour plusieurs raisons. En voici deux. D’abord il délivre de la compréhension psychanalytique des humanimaux [18] que nous sommes. Elle a en effet un tort, elle est tournée plutôt vers le passé et met en relief les arrangements de notre psychisme avec des pulsions de diverses sortes. Et surtout elle ne cache rien des mille tiroirs de notre sexualité. Bref à tout révéler, elle nous fait toujours peur. Même si on prétend que les mœurs se sont libérées, nous sommes encore très loin d’être tous des naturistes [19]. La sexualité a toujours un pouvoir explosif. Et puis ensuite, CG Jung est arrivé, ouf ! En effet il nous a proposé une lecture très douce du psychisme humain. Deux concepts sont souvent utilisés dans les planches : l’inconscient collectif qui semble donner une sorte de patente à l’universalité des mythes, dans les ésotérismes, les religions, nos conduites… Nous aimons bien, nous Francs-maçons cette caution. Mais l’autre concept est essentiel pour comprendre la survenue de l’UN, dans notre Voie. Ce sont les fameux Animus et Anima. Un tour chez Wikipédia : « L’Anima est… la représentation féminine au sein de l’imaginaire de l’homme. Il s’agit d’un archétype, donc d’une formation de l’inconscient collectif, qui a son pendant chez la femme sous le nom d’Animus ».

Et voici ce qu’écrit Jung de manière un peu plus complexe : « Chez la femme… l’élément de compensation revêt un caractère masculin, et c’est pourquoi je l’ai appelé l’animus. Si, déjà, décrire ce qu’il faut entendre par anima ne constitue pas précisément une tâche aisée, il est certain que les difficultés augmentent quand il s’agit de décrire la psychologie de l’animus. (…) Le fait qu’un homme attribue naïvement à son Moi les réactions de son anima sans même être effleuré par l’idée qu’il est impossible pour quiconque de s’identifier valablement à un complexe autonome ; ce fait qui est un malentendu se retrouve dans la psychologie féminine dans une mesure, si faire se peut, plus grande encore. (…) Pour décrire en bref ce qui fait la différence entre l’homme et la femme à ce point de vue, donc ce qui caractérise l’animus en face de l’anima, disons : alors que l’anima est la source d’humeurs et de caprices, l’animus, lui, est la source d’opinions ; et de même que les sautes d’humeur de l’homme procèdent d’arrière-plans obscurs, les opinions acerbes et magistrales de la femme reposent tout autant sur des préjugés inconscients et des a priori…Les figures masculines de la catégorie de l’animus jouent le même rôle chez la femme que celle de l’anima chez l’homme. C’est pourquoi on la nomme la part masculine de la femme. Le processus d’individuation et l’acceptation de cet état de fait, aussi difficile pour la femme que pour l’homme, conduit aussi à un aboutissement de réalisation de soi par le processus d’individuation. De la même manière une rencontre a finalement lieu, mais avec l’homme sage »[20].

Tous les humains portent en eux les deux aspects : l’Anima à l’intérieur, pour les hommes et, réciproquement, Animus dans les profondeurs de la femme. Évidemment, les exceptions pullulent. Par exemple, je trouve que François d’Assise, que j’aime beaucoup, avait développé en actes son Anima ; à l’inverse Margaret Thatcher se complaisait dans les foucades de son Animus. Mais tout cela sans jugement dualiste. Selon les situations, la dominante change. As-tu remarqué le mot qui finissait la citation de Jung ? Sage ! Ainsi accepter ses deux archétypes en soi mène à cette sagesse de l’unité : « Aboutissement de la réalisation de soi ». Elle est une marche obligée pour accéder à l’UN.

Dans mes pérégrinations de Loge en Loge, j’entends depuis trois décennies environ, l’accroissement de la mention de l’Anima et de l’Animus. En la fondant, comme je le rappelle, sur nos deux colonnes, sur la lune et le soleil. De plus en plus de Frères admettent la vie de l’Anima en eux, sans se sentir efféminés. Mais certains Frères et profanes s’accrochent à leur masculinité. « Admettre que j’ai en moi une partie féminine ? Mais ça va pas, la tête ! » J’ai l’impression que l’inverse est plus facile pour les Sœurs. Elles accueilleraient plus facilement l’Animus en elles, mais je ne suis pas à leur place. Qu’en penses-tu, ma Sœur lectrice ?

Les deux archétypes ouvrent les portes de la branche mystique de la Voie qui vise l’UN, en sus du chemin de la gnose, plus tournée vers la pratique profane. « Aléa jacta est » aurait dit César, en se courbant sous la porte basse. Avec, en écho, Jacob Böhme qui appelait l’androgyne primitif : « Jungfrau » soit « la jeune femme ». L’androgynie fait de moins en moins peur aux Frères, pour plusieurs englués, bien malgré eux, dans leur machisme. Cela suffira-t-il pour que notre Voie propose, dans la quête de l’UN, d’entrer par cette imposante porte de l’androgynie ? Il y a des chances ou… des risques, selon le point de vue émotionnel adopté. Moi, je pense que c’est une opportunité à ne pas rater. Pour que la Voie devienne un support majeur d’un développement personnel. Alors les fléaux qui se dessinent à l’horizon, avec l’effondrement socio-planétaire, deviendront plus supportables à nos descendants maçons.

Sommes-nous deux ou une unité ?

Pendant des millénaires, les Hommes, les philosophes, les politiques… considérèrent que nous étions fabriqués en deux partie assemblées à la va-vite : l’organique et le psychique. Même si on se doutait bien depuis toujours que ce qui se passait dans la tête avaient des répercussions sur le physique. Néanmoins Platon qui a droit à tous les honneurs affirma : « L’âme ne raisonne jamais mieux que quand elle s’isole le plus complètement en elle-même, en envoyant promener le corps ». S’ensuivit avec le même refrain, un millénaire de chrétienté ; puis les XVIIIème et XIXème siècles européens  abondèrent dans ce sens. L’inconscience des effets de ses actes était affaire d’ignorance. Et non un aveuglement sur ses profondeurs. Ne pas pouvoir changer, se réformer était la preuve d’un manque de volonté. De grands noms accréditèrent cette croyance : John Locke, René Descartes, Emmanuel Kant. Lis ce que déclara John Locke : « C’est, je pense, un être pensant et intelligent doué de raison et de réflexion, et qui peut se considérer soi-même comme une même chose pensante en différents temps et lieux. Ce qui provient uniquement de cette conscience qui est inséparable de la pensée, et qui lui est essentiel à ce qu’il me semble : car il est impossible à quelqu’un de percevoir sans aussi percevoir qu’il perçoit ». Beaucoup de gens sont encore persuadés de ce dualisme, parmi les plus instruits. Comment s’en étonner quand l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de 1948, s’énonce ainsi : « Tous les humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Je pense que nous ne dirions plus tout à fait cela. En fait dans toute situation, le corps réagit, l’émotion est ressentie et la conscience parfois agit. J’ajouterais, à titre personnel : dans le sens de ce qui lui est dicté par l’intérieur. L’androgynie et son inscription dans la sexualité.

Il serait inconvenant de parler de l’androgynie sans évoquer son inscription dans l’unité humaine : un ensemble organo-psychique, que j’ai effleuré tout à l’heure. Il convient d’aller plus loin. Où en est-on de cette conception ? Nous venons en effet de voir que le dualisme millénaire occidental rendra bientôt son dernier souffle. Et la Voie est-elle prête ? Pouvons-nous espérer que nos premiers balbutiements sur l’androgynie nous mèneront sur le chemin spirituel ? En d’autres termes, sommes-nous prêts à muscler les concepts d’Animus et d’Anima ? Saurons-nous admettre que se jouent en nous l’émissif et le réceptif, en des proportions diverses : plutôt émissif pour les hommes et réceptif pour les femmes [21] ? Mais chaque sexe possède les deux qualités en tant qu’être vivant.

Tant que cela reste rationnel et n’interroge pas notre vécu organo-psychique. Mais, tu le sais, il n’est pas de développement sans vécu émotionnel et physique. C’est aujourd’hui un fait entendu par les neurophysiologistes ; d’où la question : Quels vécus nous permettent-ils de vivre l’émissif et le réceptif ? Pour admettre, ensuite en toute conscience, que nous sommes une unité, en marche, pour certains, vers l’extase procurée par la sensation de l’UN ?

Mais ce n’est pas réservé aux mystiques patentés. Toutes les femmes ne sont pas ravies par la jouissance comme Thérèse d’Avila du Bernin. Et tous les hommes ne s’écrient pas, comme Jean de la Croix : « Je suis l’épousée du Ciel » [22]. C’est bien plus simple et le chemin est ouvert à tous. De fait chaque instant de la vie nous met en position de vivre un agrégat émissif/réceptif. Exemple trivial : je décide de prendre le métro de la ligne 12, je monte dans le wagon : je suis plutôt émissif. J’attends d’arriver à Vaugirard, sans bouger : je suis plutôt réceptif. J’accueille le déplacement du train, les gestes et les voix autour de moi. Un autre exemple : le père dit à sa fille Astrid : « Ma chérie, viens m’embrasser avant de te coucher » Un désir ? Émissif parce que le père fait une demande à quelqu’un d’autre que lui. Et Astrid de s’exécuter et de raconter une histoire à l’oreille de papa. Il est alors réceptif, parce qu’il écoute sans action extérieure. Allez, un dernier exemple : Le PDG Raphaël Astruc, dont l’entreprise Borrough fait partie du CAC 40 prend, après consultation, une décision majeure : « Nous allons nous débarrasser du site de Tournan ; et nous rachetons Provie que les analystes cotent assez bas ». Émissif à n’en pas douter, puisqu’il prend une décision qui touche son monde. Deux semaines après Raphaël est victime d’une grève dure alors que l’action Borrough a pris 7,8%. de plus. Deux situations réceptives puisqu’il subit la grève et bénéficie de la hausse de l’action.

Mais il est une expérience de l’UN ou du moins d’une de ses composantes, qui est accessible à tous les êtres humains [23] et est par là susceptible de les mettre sur le chemin : c’est l’orgasme, un « en-plus » au besoin inné de procréer. Si l’orgasme avec le (la) partenaire est partagé et simultané, l’extase est au rendez-vous. En quelques secondes, la transe nous débarrasse de toute conscience du monde. Le mâle, le plus souvent en émissivité et la femelle en réceptivité. L’UN n’est pas loin [24] ! L’utérus et le phallus soudés entre eux pour la plus grande jouissance ? Une possibilité universelle chez les hominidés. « Mais, me diras-tu, nous n’allons pas transformer nos tenues en bordel sous le prétexte de vivre, un instant fugace, ce UN dont tu nous parles, quand même ! » Bien entendu, ce que je veux dire c’est que la sexualité épanouie nous procure une profonde sensation de fusion. Et cela est un vécu très porteur. Car si je le ressens pendant l’acte d’amour, il est inscrit en moi et prêt à servir de base, de cadre, de reviviscence de ma marche vers la spiritualité mystique. Au même titre que les autres expériences : drogues, décorporations, EMI… Mais, selon moi, avec un vécu physique plus direct, sans préparation. Je dis bien « selon moi ». Pour toi, ce sera peut-être un autre moyen.

Alors pouvons-nous reconnaître le jeu et la complémentarité heureuse du réceptif et de l’émissif, dans notre Voie et en tenue particulièrement ? Si oui, alors nous aurions un avenir possible dans l’invention d’une branche mystique ; c’est oui pour la Maçonnerie de style français. Voici pourquoi. Dans une tenue, les deux composantes sont présentent : les adeptes écoutent le rituel ou l’un d’entre eux qui planche : ils sont en réceptivité et en profitent pour mieux se connaître eux-mêmes et pour s’évader. Je surprendrai certainement en disant que l’essentiel, dans une planche ce ne sont pas les idées exprimées. Elles sont un support basique. Le plus important ? les émotions qui se dégagent (pitié ! plus de lecture !) et l’apaisement que ressentent les colonnes même si  ces idées prêtent à discussion. Après ce temps de réceptivité, les Maçons peuvent prendre la parole, sauf les Apprentis ; alors ils se placent en mode émissif. Cette possibilité d’alternance est un des joyaux de la Voie que l’on ne retrouve pas, à ma connaissance, dans d’autres rites de passage. L’animisme préfère la danse collective avec ou sans masques. La communion chrétienne ne laisse pas les enfants parler etc… C’est pour cette raison qu’il ne faut surtout pas changer cette si intelligente et pédagogique prise de parole [25].

Voici donc, grâce à l’andragogie, dont l’idée se répand vite dans nos Loges, une des portes effectives d’entrée vers l’UN mystique. Plus loin, sur ce chemin, on prend du recul par rapport aux seules connotations sexuelles. La fusion s’opère entre le réceptif et l’émissif. J’ai la conviction que, dans plusieurs années, nos Sœurs et Frères parviendront à cet état. Soyons clairs : je n’invente rien en évoquant la réceptivité des hommes ; non seulement c’est un fantasme que, parfois, le divan fait sortir ; mais la couvade est connue depuis la nuit des temps. Qu’est-ce ?  La couvade est un ensemble de symptômes semblables [26] à ceux de la grossesse ressentis par un homme lorsque sa compagne est enceinte. « Ça se soigne ! » éructent les médecins occidentaux sans se rendre compte de leur folle résistance inconsciente. Alors que dans plusieurs sociétés pas encore policées par le dualisme sexuel, la couvade est socialement acceptée, voire soutenue.

Je ne dirai rien en ce qui concerne les femmes ; même si S Freud définit, grossièrement, la femme comme celle à laquelle manque le phallus. Beaucoup de Sœurs que j’ai interrogées dénient cette hypothèse mais pas toutes. Pour les mâles, on pourrait soutenir : « Phallus dehors, utérus dedans ». Constatation physique lié à un ressenti psychique. Les « nouveaux pères » aujourd’hui ne craignent plus de cajoler leurs petits et de s’en occuper comme la mère. Un bon contexte pour que la Voie maçonnique crée la branche vers l’extase mystique de l’UN. Mais le fera-t-elle ?

Oui, d’après mon expérience, mais pas totalement. Explications en trois temps. D’abord le génie de la Voie actuelle, c’est de transformer le travail initiatique de la tenue en action sociétale dans le monde profane. Une sorte d’alchimie que les andragogues [27] ont du mal à caractériser. Mais le fait est là. Quand une Loge fonctionne très bien, ses membres font vivre nos valeurs, par leur exemple, leurs actions, leurs projets… C’est dire que la Voie est résolument tournée vers l’application, le concret, la pratique. Ce faisant, elle ne vise pas du tout la poursuite spirituelle, vers l’UN. Ensuite, une des tâches de l’initié, dès le début est de se connaître soi-même. Et cela passe en grande partie par sa propre reformulation de ce que l’on a découvert en soi. La conscience est aux commandes même si la découverte de ses émotions est au centre du processus ; ce que l’on oublie parfois. Enfin, nous manquons d’exemple de francs-maçons réputés pour leur réalisation spirituelle. Des fondateurs [28], oui mais pas des équivalents de François d’Assise, franc-maçon parfait avant la lettre. Enfin une erreur andragogique de taille. Elle gêne la naissance et le développement de la branche mystique : la place de l’agressivité et de la violence des mâles, avec le troisième degré. Il devrait être le deuxième. La croissance de l’enfant nous l’enseigne. Le degré de Compagnon, tourné vers l’Amour, une fois enrichi pourrait bien faire naître le chemin vers l’UN. En bref, une Voie de la gnose qui a des atouts pour développer la spiritualité à vocation mystique mais aussi des freins : le regard tourné vers les monde profane, le primat de la conscience, l’absence de référent. Alors que faire ? Car, nous l’avons vu, l’évolution considérable de la société humaine emmènera beaucoup d’humains sur les chemins de la spiritualité [29]. Pour le pire et le meilleur. Les francs-maçons pourront être dans le meilleur, je le crois.

Pour finir, plaçons-nous dans la situation de l’hominidé dans la Nature. Il porte en lui l’émissif et le réceptif. S’il s’accepte profondément, l’androgynie lui apparaît comme naturelle. Mais s’il regarde, dans le silence de son âme, le ruisseau fuyant, la voûte étoilée, les tilleuls centenaires, la liberté dont jouissent, par rapport à lui, les animaux et tous les mystères enluminés de la Nature, alors il se prend de vertige et s’abandonne à la toute réceptivité. Oui, les vivants, les plantes, les montagnes et les vallées, tout est en pleine réceptivité. C’est la thèse d’Annick de Souzenelle [30]. Elle maintient et je sens comme elle, que, dans notre incarnation, la femme est celle qui sent intuitivement et consciemment cette réceptivité [31]. Mes Frères, nous avons du travail ; mes Sœurs, vous êtes l’avenir. Que n’inventez-vous un parcours initiatique qui évoque et symbolise votre génie réceptif ? Les Frères ont besoin de votre perception du monde. Aidez-nous ! Déjà, je songe que nous pourrions, dans le passage au 3ème degré, celui de l’ex-compagnon, isoler le candidat dans un autre cabinet de réflexion, mais celui-ci, chaleureux, calme. Il pourrait évoquer la béatitude fœtale. Et je propose aussi, après quelques phrases rituelles de l’ouverture d’une tenue, 9 minutes de méditation. Pour se sentir prêt au tout-accueil. Ce qui ne sera pas difficile à accepter, vu la tendance actuelle et favorable au recueillement.

L’ouvrage d’Annick, le regard de mes chiennes, la forêt épaisse et sombre, la voûte étoilée m’ont fait comprendre peu à peu ma place dans les univers, le multivers. Alors j’ai cherché chez mes confrères et consœurs puis en moi. Voici où j’en suis arrivé et ce que je propose. La toute réceptivité, c’est bien ce que nous avons éprouvé quand nous étions, blottis, au chaud, dans la matrice [32]. En cet endroit dont notre inconscient a gardé le souvenir extatique, nous avons confusément vécu l’UN, celui que nous recherchons. Quand l’UN boucle le passé au futur ; l’avant et l’après. Quand l’initiation nous fait renaître et nous lance vers l’Orient éternel. La physique quantique, entre autres, commence à explorer la vie après la vie [33]. Avant la naissance et après la mort. Vertigineux !

J’ai dit.

 

[1] Psychagogie : la pédagogie initiatique. Pour les spécialistes, elle est sujette à caution dans la Loge bleue.
[2] Ne pas dire « chiffre » en arithmologie.
[3] Bagagistes : Aucune nuance péjorative, loin de là ! La plupart d’entre nous nous sentons si bien dans ce cocon social qu’est la loge ; où circule la fraternité : la courtoisie, l’empathie, la transparence, la confiance et l’affection. Ce faisant les bagagistes transmettent sans relâche notre corpus symbolique, mythique et humaniste. Ils sont indispensables pour ceux et celles qui veulent aller plus loin.
[4] Pansophie. Pour Comenius, au XVIIème, la pansophie était conçue comme la connaissance des choses divines acquise en partant du monde concret, c’est-à-dire de l’univers entier. Je décris l’« appel pansophique » comme le besoin irrésistible de donner sens à sa vie, à la Vie, au-delà du monde matériel.
[5] La Franc-maçonnerie de style français. Je gage qu’elle est l’avenir de l’Ordre par rapport à la Franc-maçonnerie anglo-saxonne qui honore Dieu et, pour le rite Émulation, s’est figée en 1813. La Franc-maçonnerie française a « inventé », le tableau de loge, la circumambulation, l’office d’Orateur, les planches …Elle dépassera, je le crois, les frontières de l’Hexagone.
[6] Un peu de bibliographie, à mon sens, indispensable :« Humain, trop humain » de Friedrich Nietzche. Aujourd’hui, Frédéric Lenoir avec « La guérison du monde » Fayard. Et deux incontournables « Homo sapiens » et « Homo deus » de Yuval Noah Harari. Albin Michel. Il y en a d’autres….
[7] Anthropocentrée : c’est évident, pour les monothéismes mais pas qu’eux, l’Homme est le maître de la Nature et il en dispose à sa guise depuis 300 000 ans. La Franc-maçonnerie est un puissant vecteur de cette croyance. Elle changera là aussi sur ce point.
[8] GIEC :  Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Selon lui, les humains auraient dépassé le seuil de renouvellement des ressources naturelles en juillet 2019.
[9] Reliance : néologisme de plus en plus répandu qui émane de Marcel Bolle de Bal, sociologue réputé, et psychosociologue de l’Université libre de Bruxelles.
[10] Un livre-clef qui rapporte les témoignages de personnes influents sur notre avenir : Humain. Une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies. Monique Atlan et Roger-Pol Droit. Flammarion
[11] Elle en a besoin depuis plusieurs décennies.
[12]  Sauf dans un cas accessible à tous et que j’évoquerai dans un instant.
[13] « Sortir de la matrice » : une des lectures principales de la porte basse. Mais il y en a d’autres, bien entendu. J’y reviendrai largement à la fin de l’article.
[14] Rituels actuels : Nous sommes toujours dans le cadre de la Maçonnerie de style français. Avec les multiples versions des rites français, celles du REAA, sans oublier le RER et le Rite Opératif de Salomon.
[15] Je recommande, après l’ouverture de la tenue, neuf minutes de méditation en pleine conscience.
[16] Le peyotl est le champignon consommé par Carlos Castaneda dans ses livres si attachants où il devient le disciple de Don Juan, un sorcier yaqi (Mexique) :Le voyage à Ixtlan ;  L’herbe du diable et la petite fumée ; L’art de rêver….
[17] EMI : Expérience de Mort Imminente, qui est de moins en moins contestée par les scientifiques.
[18] Humanimal : un beau néologisme créé par mon maître Daniel Beresniak.
[19] Sexualité peu libérée. Il n’est que de voir, au cinéma, comment sont mis en scène les débats amoureux. Dans la plupart des cas, les draps sont pudiquement ramenés sur les seins des actrices. Quant aux acteurs, ils sont presque toujours affublés d’un slip, si ce n’est d’un pyjama, juste après l’amour ! Cachez ce sexe que je ne saurais voir, aurait dit Tartuffe. Je ne parle pas des chansons de variété qui ne cessent de nous raconter des amours merveilleuses ou tragiques. Et puis le succès des films porno. Et au bout de l’horreur, les femmes violées. Oui, la sexualité est une lourde clef de notre psychisme.
[20] Dialectique du Moi et de l’inconscient. 1933.
[21] Émissif et réceptif et surtout pas actif et passif, comme je l’entends souvent en tenue. Je me permets de le redire : c’est bien connu : le soleil est actif, il est masculin ; et la femme est passive, symbolisée par la lune. Et de là, des dérives insupportables sur les deux sexes. Le fort et le faible, bien entendu. Tu devines la suite. Avec ces deux adjectifs, on résume la position de l’Homme vis-à-vis de la nature, du monde qui l’entoure. Emissif caractérise les actions d’émettre, de décider au-delà de soi, de faillir, de pénétrer. Réceptif, quant à lui, se rattache aux verbes recevoir, accueillir, adopter une idée, ressentir, être pénétré. Faire physiquement est souvent à la fois émissif et réceptif.
[22] Les œstrogènes, des hormones sexuelles féminines présentes en petite quantité chez l’homme, pourraient être impliquées dans le vécu utérin, très enfoui, chez les hommes.
[23] Les animaux ne semblent pas vivre de forts orgasmes.
[24] Il est un cas exceptionnel d’orgasme recherché par certains hommes. (« Ma Sœur je n’ai pas la capacité à me prononcer à ta place »). Jouir avec son pénis et en même temps être pénétré, par son partenaire ou un godemiché. N’oublions pas que la prostate est un des points G du mâle. Il vit alors pleinement la fusion émissif/réceptif.  C’est, à mon sens, bien utile, dans la quête spirituelle ; mais pas du tout impérativement nécessaire pour avancer. Cela va de soi !
[25] Dans les rites de style français, qui s’adonnent aux planches.
[26] Prise de poids, nausées, inquiétude et joies aussi. Au moins de 10 à 30% des hommes.
[27] Andragogie : pédagogie des adultes. La France est rétive à employer ce terme pour tant nécessaire ;
[28] Des fondateurs comme Jean-Baptiste Willermoz (RER), et plus proches de nous Giuseppe Balsamo (Cagliostro), Frédéric II de Hohenstauffen et le Frère Giuseppe Garibaldi…
[29] Lire l’ouvrage éclairé et éclairant de Frédéric Lenoir : « La guérison du monde ».Fayard.
[30] Annick de Souzenelle. Le féminin de l’être. Pour en finir avec la côte d’Adam. Livre de poche.
[31][31] . La recherche de la sagesse :la sophiologie est un mot rare et ancien. Elle est de principe féminin ,car la sagesse divine est d’ordre féminin.
[32] Pour les anglicistes, de Terence Mc Kenna : « Food of the Gods. A radical history of plants, drugs and human evolution ». Ce livre assez incroyable pose que le fameux Age d’or a existé. Il était sous le signe de la toute réceptivité et, par là, du matriarcat. Pas encore de pyramides de pouvoir, mais un partenariat (partnership), qui n’est pas sans évoquer l’anarchie.
[33] Lire La physique de la conscience  Trédaniel, de Philippe Guillemant et Julien Morisson. Et les ouvrages indispensables, sur l’après-vie, de Jean-Jacques Charbonier.

vendredi 20 septembre 2019 8 commentaires

Étiquettes : ,

  • 6
    Fontaine Jacques 23 septembre 2019 à 17:46 / Répondre

    À Yasfaloth, en réponse ouverte ses lignes du 20 septembre; Mon Frère, tu me blesses vraiment avec ton jugement lapidaire. Tes mots visent le texte mais moi aussi . Je suis désappointé de lire ces insultes car je crois, et d’autres aussi, que je ne suis pas »en déroute », « onaniste,, « comique, en dérive new-âge…Un de nos préceptes est « connais-toi toi-même. Alors je te propose de te poser deux questions qui peuvent t’aider, car elles portent sur TES émotions et non sur des raisonnements : 1) Demande -toi ce qui repousse intérieurement , dans l’article, à réagir ainsi. 2)Interroge-toi : pourquoi j’ai besoin d’agresser l’autre anonymement? Quelle déchirure au fond de moi?. Quelque soit l’âge, et le tien est avancé, nous avons toujours à progresser dans la découverte de nos démons ». Je ne retiens pas ta méchanceté mais ton audace. Sois donc assure ,à défaut de mon affection, de ma fraternité inaltérable; Jacques

    • 8
      de Flup 23 septembre 2019 à 20:02 / Répondre

      Mon très cher Fr.,tu ne devrais pas te sentir blessé:c’est celui qui t’insulte qui a des problèmes,c’est lui qui porte une plaie…

  • 5
    Camille 22 septembre 2019 à 18:16 / Répondre

    Unité ou unicité? Mon TCF Jacques, je ne vois pas dans ton texte le mot « unicité ». Or, la formule « Un le Tout » qu’on trouve au 1er degré se réfère à l’unicité et non à l’unité. Cela fait toute la différence, car l’unité appelle irrésistiblement la dualité et la suite des nombres, le discontinu, le limité, le fini (ou tout au plus l’indéfini: cf. Guénon!), le temps, etc. Alors que l’unicité exclut tout nombre et se réfère au continu, à l’infini, à l’éternel.

  • 1
    yasfaloth 20 septembre 2019 à 09:19 / Répondre

    Les déblatérations d’un maçon en sortie de route… je ne vois rien d’insolent, juste peut être, par moments… comique… c’est juste une compilation de dérives new-age, de scientisme, d’idées pseudo politiques et d’onanisme intellectuel : relire Jean Verdun : « vertige des intellectuels séparés » !

    • 2
      de Flup 20 septembre 2019 à 14:15 / Répondre

      « onanisme…dérives »Qu’advient il du respect maçonnique que nous devons avoir pour le travail des autres, même s’il n’y a pas correspondance avec notre propre approche?

      • 3
        Maxime 20 septembre 2019 à 17:34 / Répondre

        Tu vois, mon Frère Jean-Jacques, c’est à ce genre de réflexion que mène le Rite Français quand il est vulgarisé à l’extème.
        Je suis un héritier de Guilly et de Zavaro, mes maîtres dans ce domaine.
        Pour un athée, comme moi, le rituel est le « feu de camp » de ma jeunesse, ce que les croyants nomment « l’égrégore »
        Rien de mystique, simplement la communion avec la nature dont nous sommes un élément
        Il ya, dans ton texte, plein de choses qui me plaisent…et d’autres qui me déplaisent.
        La vie a inventé le(s) sexe(s), donc l’évolution, sinon nous serions encore des amibes siscipares et/ou éternelles.
        Et je te l’ai déjà dit, pour moi GADL’U signifie « Grande Architecture de L’Univers », c’est un féminin, et je n’ai rien à cirer d’un hypothétique archi … tecte.
        Pour ne pas être trop long : Le GIEC me rappelle étrangement mes prises de bec avec un certain « professeur » PELERIN, tu sais, celui qui prétentait que le nuage de Tchernobyl n’avait pas franchi la frontière.
        3 BBB

        • 4
          lazare-lag 21 septembre 2019 à 17:03 / Répondre

          Je ne suis pas tout à fait certain que le fait, en maçonnerie j’entends, d’utiliser le terme « égrégore », catalogue ipso facto l’utilisateur du mot comme croyant.
          J’ai pour ma part appris le terme et le concept dans ma loge mère, du G.O.D.F.,rite R.E.A.A., de FF:. qu’on ne peut pas explicitement considérer comme croyants,ils en seraient eux-mêmes surpris, et chaque fois qu’un développement a pu être fait en ma présence autour de cette notion d’égrégore, en loge bleue, comme ailleurs, il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’elle puisse être évoquée sous l’angle d’un quelconque rapport à une religion, si l’on part du principe que, lorsqu’on parle de croyants, on aborde une croyance à une quelconque religion, à une foi déïste.

          • 7
            Maxime 23 septembre 2019 à 19:39 / Répondre

            Je te demande d’essayer de comprendre ce que je’écris, pas ce que tu crois lire.
            Donc, pour que le mot ait le même sens pour nous deux, je te suggère d’ouvrir un dictionnaire.
            Mais je peux me tromper.

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, calomnie, injure, incitation à la haine ou à la discrimination y sont d'application. Les formules de salutation et abréviations maçonniques ne sont pas admises.

Les pseudonymes sont libres, mais pour être publié un commentaire doit provenir d'une adresse authentique et vérifiable. Lors de la première proposition d'un commentaire vous recevrez une demande de confirmation d'adresse, à valider.

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Signaler un contenu abusif
eget dolor. justo Nullam porta. libero. quis, ipsum at dolor efficitur. tristique