Patente baron von Hund
La patente du baron von Hund

L’avis d’André Kervella sur la patente de Hund

Par Géplu dans Divers

Après l’article de Pierre Noël sur « La patente du Baron von Hund » publié ici le samedi 12 octobre et qui a suscité à aujourd’hui 99 commentaires, André Kervella nous a envoyé cette contribution à la question :

Que George Keith, comte Marischall, soit l’auteur de la fameuse patente accordée au baron de Hund en 1751, cela ne fait guère de doute. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer cette patente avec des textes autographes. Le ductus est à chaque fois le même, c’est-à-dire la manière de conduire la plume sur le papier en y traçant les chiffres et les lettres. Bien sûr, dans la mesure où la patente est plus soignée, avec un effort de calligraphie, le mouvement de la main est plus maîtrisé, moins spontané, et les mots gagnent parfois en amplitude et en stabilité morphologique. Mais, aussi loin qu’on la pousse, l’analyse des détails est concluante.

Une première remarque externe s’impose. Marischall a l’habitude d’écrire des textes qui contiennent des parties chiffrées. Comme de nombreux autres exilés de la diaspora jacobite qui redoutent que leur correspondance soit interceptée par les espions au service du gouvernement hanovrien, il respecte un code préalablement établi par le secrétariat de Jacques III à Rome. Les informations banales sont en clair, tandis que les autres sont transposées à l’aide d’une grille où les noms propres sont souvent cachés par des pseudonymes ou des numéros, tandis que certains noms communs participant d’un secret à protéger sont composés d’une suite arithmétique. Cette grille peut changer d’une année sur l’autre.

Le code n’est pas identique selon que les textes sont politiques ou maçonniques. On ne peut donc envisager de l’employer indifféremment dans les deux cas. Cela nous faciliterait le travail, car les grilles politiques sont quant à elles désormais connues et d’un maniement simple une fois qu’on les a entre les mains. Tout porte à croire que Marischal se livre à un exercice presque ludique qui consiste à innover une méthode spécifique pour le système dont Hund devient grâce à lui le représentant en Allemagne. D’où, aussi, l’impossibilité de trouver dans les alphabets maçonniques déjà divulgués à l’époque une clef d’intelligibilité.

Cette méthode est pour le moment restée partiellement hermétique. On peut néanmoins en élucider quelques principes.

D’un point de vue d’ensemble, elle consiste à séquencer le texte en plusieurs parties pour appliquer sur chacune une grille différente. Autrement dit, en passant d’une séquence à une autre, il est nécessaire de changer de code. Ceci est évident quand on considère les passages exprimés selon une suite numérale. Tandis que l’opérateur + indique qu’il faut établir un enchainement entre les signes d’une même séquence, l’opérateur : indique une séparation en fin de séquence, parfois limitée à un seul élément. Pour ce genre de suite, il semble que 6 grilles au moins soient employées.

Il convient également d’être attentif à la marque d’abréviation figurée par un C majuscule à la fin d’une suite. Certains mots ne sont pas complets. Ils forment des apocopes. Cette pratique présuppose chez le lecteur une capacité à compléter les mots en fonction d’une culture qu’il possède déjà. En l’occurrence, il faut être latiniste, puisque la matrice de référence est le latin. Hund l’est.

C’est d’ailleurs pourquoi le texte ne comprend pas les lettres k et w, hormis que pour la restitution en langue germanique il faut quand même trouver une concordance avec le k contenu dans une partie du nom propre du baron (Hund von Alten-Grotkau). Dans ce cas, le 9 y pourvoit, et Alten-Grotkau donne P+10+8:14+8-C+10:3+5:9:9+19.

Le premier auteur à avoir assuré la transcription de la patente est Friedrich-Ludwig Schöder dans le second volume de ses Materialien fur Geschichte der Freimaurerei (p. 28-29). C’était en 1806. Il y a donc longtemps que les historiens se heurtent à l’énigme du déchiffrage. Mais, justement, une chose est une page imprimée, autre chose est un manuscrit. Quand on a affaire à un original qui peut renseigner sur son scripteur et a fortiori sur son créateur n’ayant pas sollicité un secrétaire, alors un premier grand pas est accompli dans l’enquête. En d’autres termes, pour reprendre une distinction bien connue des linguistes, la manière dont est marqué un signifiant peut, même dans l’opacité d’un signifié, renseigner sur celui qui tient la plume.

Dans le cas présent, l’identification de George Keith, comte Marischall, annule définitivement les hypothèses sur Wilhelm Marchall von Bieberstein, maréchal héréditaire de Thuringe, hypothèses ressassées dans de nombreuses études. Ce n’est pas lui qui communique au baron de Hund le pouvoir de développer en Allemagne le système connu sous l’appellation de Stricte Observance Templière, selon un usage tardif et au gré de quelques métamorphoses non prévues au départ. On ne sait d’ailleurs quasiment rien de Bieberstein, ni les circonstances de sa naissance, ni celles de sa mort, et c’est à peine si l’on peut accorder un quelconque crédit aux extrapolations contenues dans certaines notices biographiques lui prêtant une activité en faveur de l’Ecossisme à Naumburg.

D’abord, je suggère de cerner les chiffres. Le tableau ci-dessous comprend sur la première ligne ceux extraits de la patente, et sur la seconde ceux extraits d’une lettre du 1er avril 1740, dans laquelle le comte Marischall, étant à Madrid, propose à Jacques III un projet de reconquête des trônes perdus par son père (Stuart Papers, 221/128). Ce qui frappe en première approche, c’est l’inclination identique du tracé. Ensuite, à quelques variantes secondaires près, on devine aisément que la plume suit les mêmes courbes dans les chiffres qui s’y prêtent (6 et 9, entre autres) ou les mêmes lignes droites (1, 4, 7).

Chaque prélèvement est livré tel quel, sans faire l’objet d’un nettoyage numérique qui aurait permis d’éliminer les traces parasites mais en risquant d’altérer l’image.

Les lettres attirent les mêmes observations. Qu’elles soient majuscules ou minuscules, les concordances sont nombreuses. Il serait fastidieux d’exposer l’un après l’autre les résultats obtenus pour la totalité de l’alphabet. Si la patente ne contient qu’un nombre limité de majuscules, ce qui limite les investigations, les minuscules couvrent l’éventail des possibles, restriction faite des k/w. Contentons-nous de quelques exemples.

Comme ci-dessus, la première ligne des majuscules contient les informations fournies par la patente. La deuxième ligne est composée aussi à partir des Stuart Papers (volumes 251 et 256), ainsi que de la correspondance du comte avec Francis Sempill (Archives du MAE, volume 90).

La calligraphie a pour effet d’accentuer les jambages, de dessiner des boucles là où l’élan d’une cursive ordinaire tend à les escamoter ou les amoindrir. Les minuscules sont à cet égard moins travaillées, si bien que les similitudes sont plus flagrantes. On le voit bien dans certains enchainements qui coulent de source, pour ainsi dire. On trouve même un mot dans la patente (1ère colonne) qui présente l’avantage d’avoir un équivalent anglais (2e colonne).


Ce n’est là qu’on échantillon qui pourrait être amplifié si l’espace le permettait. En guise de complément rapide, observons seulement que, dans la patente, nombreux sont les O portant une épaisseur ponctiforme en leur sommet, légèrement décalée vers la droite. Elle marque la fermeture de la boucle, avec ou sans lettre à suivre. Le scripteur appuie sa plume. C’est là une caractéristique de Marischall que partagent peu de ses contemporains, si l’on en juge par les abondants échanges épistolaires constituant la majeure partie des Stuart Papers.


D’autres détails pourraient être signalés comme la manière de placer des lettres en exposant ou des traits horizontaux, très fréquemment à la même hauteur. Mais il est temps de passer sinon à la signature proprement dite, du moins au groupe de séquences chiffrées qui désignent l’auteur.


En laissant provisoirement de côté le litige concernant Equae, j’emprunte l’essentiel de ces transpositions à Schröder (p. 29) qui semble avoir eu connaissance au moins des grilles relatives aux nombres. En raison des nombreux commentaires qui circulent du vivant de Hund, nous aurions alors affaire à un certain George Wilhelm, Chevalier du Soleil d’Or, Maître du Temple (ou des Templiers). Malheureusement, cette interprétation ne satisfait qu’à moitié. En effet, le mot Tfac demeure inexpliqué. Schröder propose de l’entendre comme « Ordi etc. » (Dieser Tfac kann nichts anders bebeuten als Ordi etc.). Cela donnerait par conséquent : George Wilhelm, Chevalier du Soleil d’Or, maître de l’Ordre du Temple.

Une autre opinion est possible. Tfac semble une contraction de temporis facto, qui dénote l’idée de tenir un office ou un travail pendant un intervalle de temps donné. Moyennant quoi, nous aurions plutôt « George Wilhelm, chevalier du Soleil d’Or, faisant fonction de Maître du Temple (ou des Templiers) ». Cette lecture est corroborée par d’autres qui ne prêtent à aucune équivoque. En effet, quand Hund signe lui-même des documents institutionnels, par exemple en 1755 ceux relatifs à la réglementation disciplinaire au sein de l’Ordre naissant, il écrit « frère Charles de l’épée, pour le temps Provincial ». C’est pareillement le cas de son adjoint, Ernst Gottlob von Kiesenwetter, « frère Ernest Chevalier du Diamant pour le temps chancelier »[1]. En français, la formule « pour le temps » admet une équivalence avec temporis facto.

On en déduit que Marischall n’est pas le dirigeant suprême ou ne se considère pas comme tel. Celui-ci, je suis enclin à le deviner au milieu du blason peint au deuxième folio de la patente. L’écu central comprend en effet un portrait. Il manque malheureusement de finesse, une ombre disgracieuse lui donne même l’air de porter une moustache, si bien que je me garde bien d’être catégorique. Cependant, allez savoir pourquoi son profil évoque celui de Charles-Edouard, tel qu’il se présente sur des gravures inspirées par le buste réalisé par Jean-Baptiste Lemoyne en 1746.

Le débat est ouvert sur ce point. Il n’empêche que la patente porte en suscription « To Mr Andrew Lumesdek [lire Lumisden] actual secretary to his Britanic Majesty. » Rien de crypté dans cette courte phrase. Après avoir été secrétaire de Charles-Edouard pendant l’expédition manquée de 1745-1746, Lumisden s’exile à Rouen où les jacobites forment une communauté nombreuse. A la fin 1749, il passe à Rome où il devient en 1751 l’adjoint de James Edgar, secrétaire de Jacques III. Il traite surtout la correspondance privée, officieuse. Qu’il soit destinataire non de la patente mais d’une copie ou d’un double est plausible.

Ainsi, les principaux arguments de cette courte étude confirment que George Keith, comte Marischal, en est l’auteur. D’ailleurs, il est en Allemagne au moment où Hund la reçoit. Il est sur le point de se rendre à Paris pour remplir les fonctions d’ambassadeur de Frédéric de Prusse. Qu’il soutienne à ce moment les projets jacobites est indiscutable.

 

 

 

 

[1] Bibliothèque Municipale de Lyon. Fonds Willermoz, manuscrit 5939. Statuts concernant la manière et la façon de remédier aux démêlées qui peuvent survenir dans l’Ordre, et de la punition infligée aux infracteurs des lois, du 15 février 441, f° 14.

dimanche 03 novembre 2019 36 commentaires
  • 36
    André KERVELLA 7 novembre 2019 à 20:22 /

    Livre sur les Stuarts, texto (p. 270-271):
    – « Un quiproquo tenace tourne autour de la notion de complot. Est-ce que les loges jacobites ont été conçues pour planifier des actions subversives ? Est-ce que leur principale activité n’a pas été celle-là, moyennant quoi les aspects rituels n’auraient jamais été que des artifices de théâtralisation ? Pour avoir une opinion équilibrée là-dessus, une comparaison peut être faite avec les anciens ordres de chevalerie. Les pionniers stuartistes de la franc-maçonnerie la conçoivent un peu sur le même modèle. On est fait maçon comme on était fait chevalier. Une fois adoubé, celui-ci n’avait pas besoin d’assister régulièrement à quelques réunions entre pairs pour entretenir, si j’ose dire, son esprit chevaleresque et disserter sur les valeurs associées. Éventuellement, assister à la réception d’un néophyte, cela suffisait en guise de retrouvailles collectives. Dès lors, aucune circonstance n’était favorable pour fomenter un quelconque complot. S’il y en avait un, ce n’était pas à cause de la chevalerie, ni grâce à elle. Pour comploter, il fallait un groupe stable, en liaisons constantes, accordé sur des objectifs et des méthodes. Le défaut d’assiduité, disons de complicité, était un empêchement irrémédiable En temps de guerre d’abord, comme en temps de paix par conservation des distinctions acquises, la chevalerie situait un homme dans une échelle de valeurs éthiques, sociologiques. Avec discrétion, la franc-maçonnerie ne procède pas autrement. Elle ne vit pas de conciliabules ; elle n’organise pas de mauvais coups. Voilà, sans exprimer un quelconque sentiment sur l’histoire récente, ce qu’enseigne l’étude des implications individuelles dans l’espace de la sociabilité européenne, avec ou sans rumeur de batailles en arrière plan. Autrement dit, on ne complotait pas parce qu’on était chevalier ; on ne complote pas davantage parce qu’on est franc-maçon. Quiconque complote, c’est pour une autre raison. »
    – Il me semble que ce point de vue ne coïncide pas avec celui que Pierre No*el m’attribue. Je laisse donc aux lecteur de ce blog le soin d’apprécier l’écart.

  • 33
    pierre noel 7 novembre 2019 à 11:57 /

    A l’attention de # 31

    AK se plaint de ne pas savoir où je veux en venir ! Serait-ce un manque de discernement de sa part ou une maladresse d’écriture de la mienne ? En revanche, je comprends fort bien où lui veut en venir !

    Depuis 20 ans, il répète la même chose. La « Passion Ecossaise » est tournée chez lui en idée fixe.
    L’histoire occulte du XVII° et XVIII° siècles ne serait qu’un long complot pour le maintien puis le rétablissement des Stuarts sur les trônes d’Ecosse et d’Angleterre (puis sur celui du Royaume-Uni). Cela commencerait avec Charles Ier (époque où se passe « Vingt Ans après ») et se poursuit jusqu’au décès de Charles-Edouard (époque de « Joseph Balsamo »). La maçonnerie en serait l’expression conventionnelle, la couverture … et rien d’autre ! (Seuls quelques benêts accordent encore de l’importance à ses jeux de rôle puérils)
    Tout n’y est que réunions secrètes, sorties nocturnes, correspondance chiffrée, rencontres programmées, messages énigmatiques, ordres chevaleresques ou badins, entreprises hasardeuses (se terminant en fiasco) …. fomentant sombres desseins et projets d’invasion foireux.
    Le complot s’étendait à toute l’Europe, France, Hollande, Allemagne, Suède, Russie. Le commanditaire en était la dynastie déchue, les deux frères Keith en étaient l’âme damnée (tellement machiavéliques que l’un poussa la malignité jusqu’à se faire nommer GMP par l’ennemi de toujours, la GL d’Angleterre ; l’autre parvint à obtenir le pardon du 2° roi hanovrien (pour mieux cacher son jeu sans doute). L’ordre templier allemand n’était que fumée couvrant le complot jacobite, tellement opaque qu’à par Hund, tous ses membres semblaient l’ignorer.
    Cela ne serait pas très grave si AK ne se voulait le gardien de la flamme jusqu’à fustiger avec sévérité quiconque se permet de ne pas prendre ce roman de cape et d’épées pour argent comptant.

    • 34
      Breizh 7 novembre 2019 à 14:14 /

      L’influence du jacobisme sur la FM à ses débuts me paraît évidente. Jusqu’à quelle époque, elle a survécu : mystère. J’ai lu les œuvres de Kervella et peu de choses me semblent farfelues dans sa démonstration. Il s’appuie toujours sur des archives peu explorées…

  • 31
    André Kervella 6 novembre 2019 à 07:56 /

    Le problème avec Pierre Noël est qu’on ne sait pas où il veut en venir. Il présente un document dont on espère qu’il fasse une analyse méthodique, car c’est quand même lui qui a pris l’initiative, mais c’est pour passer d’un bond à une opinion consistant à réputer de billevesées et calembredaines tout ce qui a rapport à l’histoire de la franc-maçonnerie jacobite. Quand on ressasse un tel a priori à longueur de blogs, à quoi cela sert-il de réclamer le décryptage d’archives qui résistent à sa sagacité? Difficile de comprendre une démarche consistant à refuter ou récuser avant même d’examiner.
    Il fait beaucoup de bruit pour rien. On ignore ce qu’il pense de la patente. Il se contente de reprendre des généralités et des contrevérités de compilations qui ne sont étayées par aucun document solide. Hormis l’enfumage du déni, on ignore sur quelle recherche personnelle il fonde sa propre position. Il cite des auteurs disparus comme on brandit des parapluies, s’insurge quand on lui demande poliment de répondre à des questions techniques, louvoie, digresse, et finalement veut nous faire accroire que le plus beau voilier du monde est un esquif sans coque auquel il manque le mât, le gouvernail et la boussole.
    Pas un mot sur la seconde patente publiée dans ce blog. Il est donc assez probable qu’il va considerer cet autre document à suivre avec la meme indifference. Mais, en présumant qu’il réagisse ainsi, ce don’t j’espère cependant un démenti, les autres lecteurs seront moins frileux:
    « Nous George Guillaume, Chev. du Soleil d’Or, Gd Maitre de tous les T……… ers, au très Révérendissime très haut et magnanime Gr. Maitre Prov. du pays de l’Elbe et Od: Charles Baron de Hund, Chev. de l’Epée notre cher frère et ami salut et contentement.
    Nous avons reçu fidèlement votre rapport du VI Août concernant l’Assemblée du très louable Chap.. prov., des promotions et introductions dans icelui.
    Ayant lieu d’être satisfait de vous et de vos frères, nous vous assurons, vous et vos frères personnellement de notre contentement général.
    Et comme nous sommes bien aise de vous donner une marque évidente de notre estime et considération, nous vous donnons mon fr. en vertu de la présente autorité par le Gr. Conseil la charge de Magnus Visitator Ordinis, avec tous les prérogatives et émoluments y annexés et en même temps liberté plénière d’entreprendre tous ce que vous trouverez a propos pour l’agrandissement et le lustre de l’ordre dans les pays soumis a vos ordres et des autres non compris, sans attendre dans l’exigeante promptitude notre consentement ou réponse, voulons cependant que vous nous fassiez fidèlement rapport des succès de vos entreprises.
    En outre nous vous permettons par grâce spéciale de nommer à la IX Com: vacant réservée de droit à nous, et nous transmettons nos droits avec l’approbation du Gr Cons. sur vous pour le temps de notre vie.
    De même nous conférons au Chev. du Lion rouge votre Pr.. 1a Charge de Maréchal de l’Ordre et voulons qu’il lui soit donné le titre de S[upér]ieur par la chancellerie de l’Ordre.
    Et comme nous agréons votre proposition à nous faite de revêtir le Doyen du Chap. prop. comme anciennement des Charges de Provisor Domorum et Visitator perpetuus Ordin. provinc. nous vous exhortons a lui expédier vos patentes pour cela, au surplus nous voulons réserver le mot de Révérence uniquement pour le doyen du Chap. prov. comme cela est jusqu’a present.
    Nous ratifions aussi tout ce qui a été fait et conclu dans le Chap. prov., de même que les promotions et introductions que vous avez faites comme aussi le rétablissement de1a charge de chancel: et le choix que vous avez fait du Chev: du Diamant, voulons conformément à votre rapport que le dit Chancel: soit pourvu de l’anneau d’or tel qu’il était autrefois en usage, qu’excepté les assemblées du Chap. prov. et ses délibérations en convent il jouisse partout ailleurs du pas devant les Gr. Commandeurs, immédiatement après les supérieurs et nous lui accordons a cet effet qu’il lui soit écrit en tout où il ne s’agira pas de sa commanderie dans les mêmes termes qu’à un Sous-prieur.
    Nous confirmons par la présente les armoires données au chap. de Droisig et voulons qu’il lui soit expédié par vous des lettres patentes pour cet effet que nous ferons contrôler dans le registres de l’ordre.
    Au reste comme nous n’avons rien plus à coeur que la propagation de l’ordre, nous vous exhortons mon frère a continuer a lui incorporer des sujets aussi dignes que ceux que vous lui avec procurés jusqu’ici.
    Pour nous, nous vous assurons, mon frère, de notre amitié et nous serons toujours prêt a vous rendre, autant qu’il dépendra de vous, tous les services agréables, étant votre très affectionné frère et ami.
    Datum ex Decreto Supremi Consilii
    Lond: die St. Catharinae XXV Nov. CDXII.
    Georgius Vilhelmus eq. a Sole aureo Supt. T. pl. Mag.
    In pleno vidi
    Rob. Chev. de l’Etoile flamb.
    Gr. pr.
    ad mandatum Supr. Consil.
    Edouard Chev. du trait »

  • 30
    pierre noel 5 novembre 2019 à 20:52 /

    Il est exact qu’une maladresse informatique m’a fait égarer le début de # 24. Je ne le reprendrai pas devant la futilité croissante de l’échange et l’inintérêt général pour les détails.
    Je conclurai sans plus :
    – Le retour des Stuart, donc le succès du complot jacobite, fut redouté pendant trente ans (de 1715 à 1748 environ) par le gouvernement britannique et il employa toutes les ressources de son contre-espionnage et de sa diplomatie pour l’empêcher.
    – A posteriori, le complot n’avait pourtant aucune chance d’aboutir, ne fût-ce qu’en raison de l’obstination dévote du Vieux Prétendant, de la légèreté fantasque du Jeune, mais surtout de l’immobilité de la seule puissance militaire susceptible d’influencer le cours des événements (la France).
    – La franc-maçonnerie n’a joué aucun rôle déterminant dans ce conflit car Il y avait autant de maçons d’un côté que de l’autre.
    – Hund a toujours été convaincu qu’il avait été nommé Heermeister de la VII° Province des Templiers par la famille Stuart. Il prit son engagement à un tel point de sérieux qu’ll ne voulut le dire à personne. Sinon la curiosité (à Altenberg et à Kohlo), aucun de ses quelques 1000 ou 1500 noblions (recrutés en dix ans par Schubart et Zinnendorf avant qu’ils ne le quittent) n’accorda vraiment d’importance à cette lubie de Hund ou à la cause jacobite, trop préoccupés qu’ils étaient par le plan économique et ses retombées financières (imaginées surtout par Schubart). Quant au baron, il mourut avec son idée fixe que personne n’eut encore jusqu’aujourd’hui (laissons Charles de Sudermanie à ses rêves).
    « Die Strikte Observanz ist ein system das durch eine besonders günstige Verkettung von Umständen einen über seinen geistigen Inhalt weit hinausgehenden Einfluß auf die deutsche Freimaurerei erlangte. Sie starb zur rechten Zeit », bel éloge funèbre de Lennhoff & Posner.

    • 32
      Joël 6 novembre 2019 à 10:35 /

      En français,cela donne : « La stricte observance est un système qui, par un concours de circonstances particulièrement favorables, a eu une influence sur la franc-maçonnerie allemande qui allait bien au-delà de son contenu spirituel. Elle est morte au bon moment. »
      Brillant post 31 de Kervella.

  • 26
    JEAN VAN WIN 5 novembre 2019 à 15:32 /

    Posts @20-12-14
    Chacun sait que les textes Wikipédia sont composés par des rédacteurs nombreux, divers et indépendants. Je ne me qualifie donc pas de « maçonologue ». On (je ne sais qui) m’a qualifié de la sorte.
    D’autre part, M. Goffin, francolâtre, traite les auteurs belges par-dessus la jambe. Des « compilateurs besogneux ». Surtout Pierre Noël et moi. Il distribue des bons et des mauvais points à ses interlocuteurs, selon qu’ils entérinent ses extravagances ou non.
    Cette opinion fort dévalorisante va faire grand plaisir à Hervé Hasquin, John Bartier, Jacques Charles Lemaire, Jacques Willequet, Marcel De Schampheleire, Fernand Clément, Victor G. Martiny, André Uyttebroeck, Roel J. (pour Bruxelles) et Fernand Borné, de la GLB. Tous ont publié ou publient à propos de l’histoire maçonnique de notre pays, au cours des trois derniers siècles.
    Sans oublier une superbe brochette de collaborateurs, francophones et néerlandophones, qui, depuis 1991, publient chaque année des textes inédits dans les Acta Macionica.
    Et je trouve particulièrement malvenu de tenter de jeter l’opprobre sur une communauté linguistique dont on ne parle pas la langue. N’exportons pas nos querelles politiques idiotes.

    • 28
      Joël 5 novembre 2019 à 16:30 /

      « Et je trouve particulièrement malvenu de tenter de jeter l’opprobre sur une communauté linguistique dont on ne parle pas la langue. » Peu compréhensible, à moins que vous ne fassiez allusion au flamand que je pratique (certificat du Selor). Quant aux bons points distribués, vous n’êtes pas en reste. Enfin, je ne suis pas francolâtre, mais le nationalisme flamand arrive comme un tsunami que vous feignez de ne pas voir venir. Même dans les Loges flamandes, il y a des partisans de la N-VA et du Vlaams Belang (extrême droite). Sam Van Rooy, l’étoile montante du Belang, est fils de Maçon : le philosophe Wim Van Rooy.
      Il est plus que temps que les Soeurs et Frères de France multiplient les contacts avec leurs homologues de Wallonie.

      • 29
        Désap. 5 novembre 2019 à 18:52 /

        28 – Juste pour sourire, tout en étant sérieux parce qu’il ne faut jamais prendre à la légère la progression de l’extrême droite.
        Au début de cette histoire des Flamands qui veulent désunir la Belgique, les Wallons avaient envisagé, dans ce cas, un rattachement à la France.
        J’y suis très favorable et les sondages faits en France à l’époque révélaient qu’une forte majorité de Français l’était également.
        Donc, mes frères Wallons (maçons ou pas, tous les wallons) pas d’inquiétude, on est là et on vous aime !

    • 35
      Joël 7 novembre 2019 à 15:30 /

      Le terme « maçonnologie » a été supprimé de votre fiche wikipédia conformément à ce que vous dites au post 26.

  • 24
    pierre noel 5 novembre 2019 à 00:48 /

    (Prague) étaint pharamineux, ceux de Dredser aussi. Schubard de Kreefelt le promoteur voulais étendre ses acitvités au Danemark, à la Curlande à la Poméranie. les comptes de la préfecture de Praue sont éloquente. Abafi les détaille minutieusement. les trous étaient sans fond. Ca devait marcher un temps, tant que l’attraiyt le cliquant, la somptuosité des cérémonies donneraient l’impression d’une force mais ce ça ne devait avoir qu’un temps. lorsqu’on, s’apercevrait que l’argent ne rentrait pas, qu’ Hund était à bout de souffle, alors les sujets se retourneraient contre lui et lui demanderaient : qu’est-ce qu c’est’ que cette connerie, ces supérieurs inconnus évanescents, cette course vers l’avant qui ne mène à rien.. Il n’y avait pas de Stuart qui tienne, pas de fonds pour lever des troupes, affraiter un navire, acheminer des armes de l’autre côté de l’europe afin de remettre sur son, trône un prétendant que personne ne voulait (la guerre de sept ans était finie, George bien établi sur son trône). Et ce fut Kohlo, Hund fut dépouillé de ses prérogatives, la place fut prise par Brunswick et charles de Hesse. Hund de trouva marginalisé et c’est alors qu’il se tourna vers la France, avec Waechter, mais s’il y eut un certain succès , ce fut au dépens de la cause jacobite dont les Français n’avaient rien à cirer. IL devait mourir peu après. L’affaire dura encore quelques années puis tout fut déballé à W’bad, l’inanitè de la fable templière, celle du support jacobite. C’est là que le livre de Hammermayer prend tout son poids et rend compte de l’agonie d’un système qui avait duré 30 ans pour rien..

    • 25
      André Kervella 5 novembre 2019 à 09:36 /

      Là, quelque chose m’échappe. Il manque probablement le début du texte (qui nous éloigne beaucoup de la patente).

      • 27
        Joël 5 novembre 2019 à 16:02 /

        Un colle-lapsus ?

  • 23
    André Kervella 4 novembre 2019 à 22:51 /

    Tiens donc ! Une autre patente ???? Mais pour qui???? Et établie par qui ? That is the question….
    « Prinz Carl gry: Ibildet St. Homply Oirblslut gorque prosit Prenzbop Lenr: Cornultan ro Algno qa Doroma ma Barin Sustt: Spl: Bironop qa mu obtl Flot Soldurn pdrucerlarib Aogit qa blitten Pusilius ilg: prn: Lomrofiphr Kallenbigeausis Lom: Zittlig: Thruab: qu Histobl.
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    – NB. Un trait sur le premier X ne peut être tracé dans le format ici employé. Ne pas l’omettre par conséquent, si l’on veut décrypter.

  • 21
    André Kervella 4 novembre 2019 à 20:05 /

    Je ne suis pas maçonnologue non plus,. Je laisse aux autres ce titre pompeux produit par une parténogenèse digne du père Ubu. J’ai même l’avantage de le répéter depuis mon premier ouvrage. Cela me met d’autant plus à l’aise pour constater que’à chaque fois où Pierre Noël n’est pas en mesure de répondre à des questions gênantes, il les répute inquisitoriales et redouble d’esquive.
    Quand on lui demande s’il s’est confronté aux archives, il cite toujours un auteur tiers. Après Hammermayer et Roberts, voici Runkel. Bientôt, il va convoquer Alfred Engel. Il aurait dû pourtant commencer par lui, car c’est le seul qui ait produit un article substantiel. Cela confirme que PN n’est pas en mesure de nous dire pourquoi il adopte, par emprunt à autrui, une transposition bizarre des dernières lignes de la patente.
    Ce qui m’intrigue le plus est que PN affiche une modestie qui tranche avec le ton catégorique qu’il utilise dans les commentaires qui se rapportent aux jacobites. Il y a là un contraste saisissant. Il lit pour le plaisir, sans traiter méthodiquement un sujet, ce qui est parfaitement son droit. Mais comment peut-il alors émettre une opinion sur des archives qu’il n’a pas consultées ou analysées avec méthode? Tantôt il avance un propos en se posant en spécialiste, et dès qu’il est dans l’incapacité de justifier un point de vue, il objecte ne l’être pas.
    A toutes fins utiles, il n’est pas superflu de préciser que les passages fournis par Runkel ne sont pas des transpositions ou traduction de la patente, mais des recompositions imaginées à partir d’elle. Le piquant de l’affaire est que Runkel les cite en français. Oh oh !!
    En matière de débat constructif, il n’y a d’arguments recevables que ceux qui vont à la chose-même, examinée dans sa matérialité la moins transformée possible.
    Félicitons nous, quand même, que les Stuart Papers deviennent enfin accessibles en ligne. Au moins les sceptiques pourront avoir un accès direct aux documents, au lieu de sautiller de paraphrases tronquées en extrapolations fuligineuses.

    • 22
      Joël 4 novembre 2019 à 22:22 /

      Réponse très subtile…

  • 19
    pierre noel 4 novembre 2019 à 18:49 /

    N’étant ni « maçonnologue » (je ne sais pas vraiment ce que c’est) ni quoique ce soit d’autre d’ailleurs, n’ayant aucune compétence particulière, je me contente de lire pour mon plaisir.
    Je trouve dans Runkel (1931) vol I pp 364-365 la traduction des hiéroglyphes qui sont l’objet de quelques questions inquisitoriales qui me sont adressées : « Nous George Guillaume Chev. du Soleil d’or, gr. Mai. de tous les Temples etc. etc. Au tres Reverendissime tres haut es Maganime gr. Mait. Prov. des pais de l’EL. et Od. etc …. Charles baron de Hond Chev. de l’Epe notre frere et ami salut et contentement » (première version, 1751 ou plus tôt même).
    La même adresse, en 1755, serait devenue « Nous George … grand Maître de tous les templiers etc etc au très Reverendissime …. Grand maître provincial des pays….. ». Cest à partir de cette année que von Hund se dit « HeerMeister » (littéralement, chef de l’armée) et qu’il se crut investi par la Maison des Stuart, qui aurait cessé ensuite toute activité si l’on en croit ce qu’il déclara au convent de Brunswick (mai 1775) : « Das durchgängig dafür gehaltene, als mit dem Gross-Meister Amt bekleidete Stuartische haus hat sich schon seit vielen Jahren mit den Ordens Geschäften weder einlassen noch wollen, daher dessen tacita renunciato hingänglich wäre, einen andern zu erwählen » Ibid, p 361).
    C’est là que se trouve (pp 364-365) la reproduction de la patente de Hund, qui ouvre ce fil, et pas dans l’article danois bien plus tardif, cité par AK.

    NB Runkel distingue la copie déposée au château de Dégh (Hongire) de l’original de la patente qui est à Copenhague comme chacun sait (je le répète : je l’y ai vue de mes yeux innocents).

  • 7
    olivier farcis 3 novembre 2019 à 19:43 /

    Kervella nous confirme, avec talent ,que la FM européenne a une origine
    stuartiste puis hanovrienne, donc, en grande partie, politique et religieuse.

    • 8
      Désap. 3 novembre 2019 à 22:37 /

      7 – Cette origine est en tout point contestable, sauf établir que la FM (européenne ?? Que peut-elle être d’autre ?) est un complot.
      En effet, cette théorie est contraire aux seuls textes ayant qualité maçonnique que sont les Constitutions 1723 &1738 et les rituels bleus.
      Il s’agit en quelque sorte d’une confusion entre la FM et son instrumentalisation.
      Ceci n’enlève rien de la qualité des travaux de A. Kervella.
      Je ne doute pas qu’ils aboutissent à démontrer que les degrés n’ont qu’un très vague rapport avec la maçonnerie, et à mon sens aucun.

    • 10
      Joël 4 novembre 2019 à 10:11 /

      Exactement !

  • 6
    André kervella 3 novembre 2019 à 19:39 /

    Pierre Noël manie souvent le paradoxe. Il se demande si je suis graphologue, ce qui signifie sous sa plume qu’il faut en quelque sorte une expertise en ce domaine pour réaliser une analyse d’écriture. Je lui retourne le compliment en lui demandant s’il est historien. A t-il a une expertise à faire valoir pour légitimer ses commentaires ? S’il dit ne l’être pas, j’en déduis, conformément à sa tirade sur la graphologie, qu’il excède son champ de compétences.
    Sur ces prémisses, le débat pourrait être clos avant d’être ouvert. Oui ou non ? Personnellement, je n’accorde aucun poids à de tels arguments, souvent fourbis ad hominem pour éluder les questions de fond..
    Soyons constructif. En premier lieu, il est inutile, bien entendu, de relever le truisme consistant à dire que la graphologie n’est pas une science exacte. Elle ne l’est pas plus que l’histoire. Pas plus que toutes les disciplines qui, universitairement parlant, participent des sciences humaines. Pas plus que les sciences dites « dures » dont l’épistémologie rappelle les indéterminations. N’est-ce pas Heisenberg ? La notion d’exactitude n’est jamais absolue mais toujours relative à un champ d’acceptabilité conventionnelle.
    Disons seulement que, dans l’éventail des enseignements infligés aux historiens en herbe, il y en a un qui concerne la paléographie. La moindre des choses est d’avoir des rudiments, ou davantage, sur la manière d’aborder un texte ancien. PN qui n’a peut-être pas suivi une formation d’historien ignore sans doute ce détail.
    Pour ma part, j’aborde la patente en paléographe. Il me semble que PN a quelques lacunes en la matière. La démonstration est facile à faire. Dans l’original il y a trois signes numériques qui comportent en leur sommet une barre transversale. La photographie du texte publiée sur ce blog permet de le vérifier : fin de la 3e ligne, le 5, début de la quatrième ligne, en 4e chiffre, encore le 5 ; puis à la fin du corps de texte le 1er X. PN n’en indique pas l’existence. Or, ils ont du sens.
    Il y a d’autres bizarreries dans le texte transcrit par PN qui va un peu vite en insinuant que je reconnais « de facto » que ce qu’il en a « raconté ou exposé n’est pas faux ». Et d’ajouter : « S’il l’avait été, il n’aurait pas manqué d’en donner la transcription exacte. » La preuve du contraire vient d’être administrée. Mais est-ce vraiment la vocation d’un débat de s’épancher dans le pointillisme ? PN le souhaite, apparemment.
    Alors, attardons-nous sur ce qui pourrait faire l’objet d’un litige important. Je pose la question : qu’est-ce qui autorise PN à proposer en transposition de la toute dernière partie chiffrée du texte la formule suivante :
    – Georgius Vilhelmus 
eque a sole aur. 
supr. temp. magister
    A-t-il lui-même assuré un déchiffrage, ou bien l’a-t-il emprunté à un prédécesseur ? S’il l’a déchiffré, il doit pouvoir nous dire comment.
    La transposition de l’ensemble de la patente ressemble curieusement à celle qu’on trouve sous le lien suivant :
    https://www.mogensolofsen.dk/frimureri/9-niels-aarups/19-von-hund-s-patent
    Cet internaute danois omet d’ailleurs aussi les barres transversales signalées plus haut.
    – Enfin, je ne sais ce que veut dire PN par cette phrase: « Les lettres des Windsor papers sont généralement explicites. » Pour oser écrire cela, il faut les avoir lues, ces lettres, ans oublier celles conservées aux Ministère français des Archives étrangères. Est-ce le cas de PN ? Une réponse affirmative serait déconcertante pour 2 raisons au moins:
    1°) Beaucoup de lettres sont chiffrées. Par surcroît, avec de la patience, au détour d’une liasse, on découvre une grille employée par les correspondants, si bien que le décryptage est un jeu d’enfant.
    2°) Quiconque a pu consulter les cartons des Stuart Papers s’aperçoit rapidement d’une chose qui ne peut pas échapper à son attention, à savoir que l’écriture de Marischall se reconnaît aisément. Celle qui lui ressemble le plus est de James Edgar, secrétaire en titre de Jacques III, mais des détails graphologiques (justement !) empêche de les confondre.
    Le litige porte sur l’apocope supr. Comment PN en arrive-t-il à le donner comme exact, puisque c’est son propre vocabulaire ? On aimerait comprendre.

    • 9
      Joël 3 novembre 2019 à 22:54 /

      En matière de maçonnologie en Belgique francophone, je pense qu’il y a beaucoup de compilateurs besogneux. Un peu de rigueur française leur ferait du bien après le blocage ultime avec les Flamands qui s’annonce. Pour mémoire, pas de gouvernement depuis décembre 2018.

      • 11
        de Flup 4 novembre 2019 à 11:26 /

        Remarque niveau école maternelle.Un minimum de rigueur maçonnique serait quand même souhaitable dans ces colonnes…

        • 12
          Joël 4 novembre 2019 à 13:37 /

          Je suis franco-belge et je confirme que la plupart des maçonnologues belges sont des compilateurs besogneux contrairement à leurs collègues français qui bénéficient sans doute d’une autre formation en matière de recherche historique. Pour preuve, à peu près aucun Belge ne connaît l’Histoire de son pays. Dites à un Belge qu’il a été autrichien pendant un siècle, il ne vous croira pas. Idem pour la la Fête nationale qui devrait rendre hommage aux combattants de 1830 et qui a été déplacée au 21 juillet par Léopold II pour rendre hommage à son papa (prestation de serment) et plaisir à ses nouveaux amis, les Néerlandais. L’Etat tampon Belgique contre la France et avec la bénédiction de l’Angleterre est en voie d’évaporation : the job is done, comme l’a titré un journal anglo-saxon.

          • 17
            de Flup 4 novembre 2019 à 15:11 /

            Le complexe de supériorité de pacotille présenté comme vertu maçonnique…

      • 13
        Jean-François de B 4 novembre 2019 à 13:44 /

        Si j’ai bien compris, en Belgique à part l’immense Joël Goffin, rien que des bricoleurs ?…

        • 14
          Joël 4 novembre 2019 à 13:57 /

          C’est mon constat. Je ne suis pas maçonnologue. En tout cas, je n’en ai pas la prétention. Le principe du plaisir (gai savoir) a toujours guidé mes recherches. Donc, je ne me mets pas en avant dans ce post contrairement à ce que vous prétendez. Qui veut jouer dans la cour des grands en Belgique francophone ? Pierre Noël et Jean van Win. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Des personnalités comme André Kervella les démonte aisément.

        • 18
          Joël 4 novembre 2019 à 16:25 /

          J’écris pour mon plaisir sur divers sujets, surtout littéraires. Je n’ai produit qu’une brochure à caractère maçonnique. Je ne me prétends pas maçonnologue. Je ne dois rien à personne.

    • 15
      pierre noel 4 novembre 2019 à 14:52 /

      The Stuart Papers were acquired by George IV when Prince Regent following the death of Henry Benedict Stuart, Cardinal York, and were originally kept in the Prince’s Library at Carlton House.

      Comprising 541 bound volumes with a further eleven boxes of material, the Stuart Papers are an invaluable collection detailing the fortunes of the last Stuarts after the exile of James II in 1688. The majority of these papers concern the period 1713 to 1770, and provide an insight into Jacobite attempts to regain the throne, while later papers concern Cardinal York’s relations with the Vatican until his death in 1807.

      The Stuart Papers are now digitised and available to view on State Papers Online (institutional subscription required, or available to view at The National Archives).

    • 16
      pierre noel 4 novembre 2019 à 15:06 /

      Suite au précédent.
      Présentation sur le site des Royal Archives :

      The Stuart Papers bring together the private and diplomatic correspondence of James II; his son, James Francis Edward Stuart, nicknamed the Old Pretender; and his grandson, Charles Edward Stuart, better known as Bonnie Prince Charlie; as well as telling the story of their wives and mistresses, loyal followers, courtiers and spies. A significant proportion of the papers are wholly or partly in cipher, often with the translation written above each line.

  • 4
    pierre noel 3 novembre 2019 à 13:08 /

    L’intérêt de l’article de Kervella est indéniable et on y retrouve son talent habituel, mais j’y relève néanmoins plusieurs choses qui me gênent un peu
    1) Kervella est-il compétent en graphologie ? Peut-il comme il le fait identifier des écritures ? La graphologie, même professionnelle, n’est pas une science exacte (comme l’a constaté le capitaine Dreyfus!). En tout cas, sa « démonstration » ne convainc pas le béotien que je suis.
    2) K reconnaît en fait que le texte de la patente n’a jamais été déchiffré !! (au passage, il reconnaît de facto que ce que j’en ai raconté ou exposé n’est pas faux !). Si’il l’avait été , il n’aurait pas manqué d’en donner la transcription exacte.

    3) Il parle de codes secrets multiples élaborés par le secrétariat du Prétendant, mais utilisés par Keith. Par Keith plus qu’un autre ? Les lettres des Windsor papers sont généralement explicites.
    4) George Keith aurait donné la patente à Hund après l’avoir forgée de ses mains ! Pourquoi attendre 1751 et dans quel but ? Keith n’était pas en Ecosse avec Charles en 1745/6 (il n’avait donc pu assister à la « cérémonie » qui n’a sans doute jamais eu lieu, de septembre 1745 à Holyrood) et le rêve jacobite n’était plus que souvenir depuis le traité d’Aix-la -Chapelle.
    Malheureusement pour lui, Hund a tellement pris au sérieux ses engagements (que ce soit à Keith ou à un autre) qu’il n’a jamais voulu dire à personne ce que disait cette patente, même pas à ses amis les plus proches !! Personne n’en a donc jamais rien su., sinon son existence.
    5) Rapprocher la tête de l’écu de la patente et un profil de Charles -Edouard ? N’est-ce pas un peu tiré par les cheveux ?

    Pour K, Keith est le Deus ex Machina de toute l’histoire secrète de la fm du XVIII° siècle. Il aurait écrit le grade de R+, le grade de Prince du Royal Secret … il aurait tiré toutes les ficelles du monde sous-terrain du XVIII° siècle (Faut lire le chapitre « Marischal incontournable » (p 91) des « Sources secrètes du REAA »).
    Dans toutes cette affaire, rien n’est jamais dit clairement puisqu’un agent secret ne parle que par code, métaphores, noms d’emprunt, chiffres, jusqu’à s’y perdre soi-même !! Donc on peut tout comprendre, tout et son contraire.
    Permettez-moi de ne pas croire à cette si belle histoire que K. nous raconte (avec le brio et le talent qui ne sont qu’à lui), depuis près de 20 ans.

    PS : Les Windsor Stuart papers sont aisément disponibles depuis longtemps. Aucun historien « sérieux » ou compilateur maçonnique n’a publié ce qui serait la démonstration finale de la thèse d’AK : un ou des documents prouvant que la fm du temps était une composante (essentielle ou non) du « complot » jacobite qui couvrait l’Europe.

  • 3
    Bilboquet 3 novembre 2019 à 11:47 /

    Intéressant !

  • 2
    de Flup 3 novembre 2019 à 10:58 /

    Etude absolument remarquable.Petite coquille: « bebeuten » au lieu de « bedeuten » dans la phrase »Dieser Tfac kann nichts anders bebeuten als Ordi »

  • 1
    Jean-François de B 3 novembre 2019 à 01:57 /

    Je ne sais pas si Kervella est graphologue, mais moi je ne vois pas beaucoup de similitudes entre les exemples montrés. Pas convaincant tout ça…

    • 5
      André kervella 3 novembre 2019 à 19:23 /

      Encore un pseudo?

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