La photo maçonnique du dimanche 1er décembre 2019

Publié par Géplu
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C’est Jean-Louis qui nous a envoyé ces photos prises à Riga en Lettonie et ce commentaire qui est est plus une interrogation et un questionnement à ceux qui connaitraient mieux cette stèle :

Ci-joint quelques photos rapportées de Lettonie et qui ne peuvent qu’intriguer le franc-maçon que je suis et très probablement beaucoup d’autres. Elles représentent une stèle funéraire que l’on peut voir à Riga, dans l’ Eglise Saint-Pierre, juste devant l’accès à l’ascenseur qui mène à la haute tour. Cette stèle, comme il y en a quelques autres dans cette grande et belle église luthérienne, est celle d’un noble letton, Niclaus Fraunsch, mort en 1726, faisant probablement partie de ces familles de barons baltes d’origine allemande qui gouvernaient Riga et ses territoires.
Je me risque à traduire ce qui est écrit en allemand sous son nom : « Le christ est ma vie, la mort est ce dont je tire bénéfice ». Mais je peux m’être trompé et avoir fait un contresens. Nul doute qu’un meilleur germaniste que moi saura apporter une traduction plus juste.
Ce qui a bien sûr arrêté mon regard, ce sont le compas et l’équerre entrecroisés. Contrairement à d’autres stèles qui arborent des armoiries ou qui n’ont que des inscriptions, celle-ci se remarque avec la mise en avant d’une représentation très proche de nos symboles maçonniques. Mais à y regarder de plus près, il semble que les outils renvoient plutôt au travail du charpentier qu’à celui du maçon.
Riga était à l’époque une des villes les plus importantes de la Ligue hanséatique, dont Londres et d’autres ports de la Mer du Nord faisaient partie. Le travail et l’exportation du bois, la construction navale occupaient une place prépondérante dans l’économie de la ville. D’après un dossier de la revue Humanisme (numéro 308), la Franc-maçonnerie ne se serait installée sur le territoire de l’actuelle Lettonie qu’après 1750. Pourquoi ne pas imaginer cependant qu’un riche commerçant en bois de Riga, de famille noble, ait pu être initié à l’occasion d’un de ses voyages à Londres au tout début du XVIIIème siècle et qu’il ait ainsi voulu faire savoir son appartenance à la franc-maçonnerie en laissant quelques indices sur sa pierre tombale ?
Tout ceci n’est peut-être que le fruit de mon imagination. Je laisse donc les spécialistes ou ceux qui auraient déjà étudié cette pierre tombale apporter toute la lumière que cette stèle mystérieuse appelle.

Si vous aussi près de chez vous ou en voyage vous remarquez un bâtiment un objet ou une décoration maçonnique ou évoquant la franc-maçonnerie, n’hésitez pas à nous en envoyer des photos avec quelques explications.
Ces « témoignages » plaisent beaucoup aux lecteurs du Blog.

dimanche 1 décembre 2019
  • 6
    Désap.
    1 décembre 2019 à 22:48 / Répondre

    Notre TCF Jean-Louis nous indique qu’il s’agit de la stèle de « Niclaus Fraunsch, mort en 1726, faisant probablement partie de ces familles de barons baltes d’origine allemande qui gouvernaient Riga et ses territoires. »
    Peu de chance que ces symboles représentent un métier en particulier, bien plus de chance qu’il s’agisse d’une évocation maçonnique.

  • 5
    michel
    1 décembre 2019 à 22:05 / Répondre

    bonsoir à tous, personnellement je vois un maréchal-ferrant. C’est une intuition, je ne déchiffre pas le letton !
    Un compas avec 2 clous avec des têtes pour fixer le fer.
    Un enclume que l’on fixe en terre , une lime pour les sabots et un petit marteau de forge.
    Quand j’étais gamin, c’est moi qui tenait le cheval, je me souviens de l’odeur de corne brûlée ! Il manque des outils pour parer le sabot et une massette.
    Cette ligue hanséatique, me fait penser au compagnon dans un livre de notre regretté Vergez.
    En tout cas, cette photo est magnifique, merci à Jean-Louis.

  • 3
    Bilboquet
    1 décembre 2019 à 11:06 / Répondre

    Sans vouloir être affirmatif à 100 %, ma réflexion sur ces photos est proche de celui de Jean-Michel Mathonière.
    Les « Gesellen » (équivalent des compagnons) sont encore très actifs en Allemagne. Les pays Baltes ont très longtemps fait parties du St-Empire germanique. En tout cas des belles stèles …

  • 2
    PG
    1 décembre 2019 à 10:53 / Répondre

    Traduction de l’allemand :
    « Christ est ma vie,
    Mourir est mon profit. »
    Niclaus Braunschweig et ses héritiers

    • 4
      aymeri
      1 décembre 2019 à 12:26 / Répondre

      Magnifique !

  • 1
    Jean-Michel Mathonière
    1 décembre 2019 à 00:53 / Répondre

    Un premier point important, qui montre bien combien dans le monde spéculatif on est hélas trop souvent dans une vision fantasmée et pas dans l’observation factuelle : ce n’est pas une équerre qui est entrecroisée au compas, mais deux outils, peut-être des burins ou des outils de tourneur, qui sont disposés à l’équerre. Il y a donc bien une allusion à l’équerre, ce qui est notable, mais ce n’est pas la même chose. On trouve régulièrement ce genre de figuration du compas entrecroisé à deux autres outils disposés à l’équerre, par exemple dans le frontispice du traité de Jan Vredeman de Vries sur la perspective en 1604-1605, où l’on a d’un côté un compas entrecroisé à deux pinceaux, et de l’autre un compas entrecroisé à deux burins de graveur.
    Les trois autres outils entrecroisés sont, sans certitude absolue, une sorte d’enclume (sa forme m’avait d’abord fait songer à un marteau de tailleur de pierre), une hachette et une rape ou lime.
    Cela n’a bien sûr rien de maçonnique. C’est un emblème corporatif qui renvoie assez certainement à l’une des corporations de métiers actives à Riga à cette époque, sur le modèle des confréries professionnelles actives en Allemagne et dans tout l’ancien Saint-Empire germanique.
    De fait, le questionnement par rapport à la franc-maçonnerie n’a absolument aucun sens, sauf pour des francs-maçons français en mal de supposées origines opératives « acceptées » 😉 Soulignons aussi que la parenté graphique des emblèmes, notamment dans un contexte professionnel, ne traduit pas nécessairement une parenté des organisations.

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