Questions à propos de la triangulation

Publié par Jiri Pragman
Dans Divers

En ce qui concerne la triangulation de la parole lors des échanges en Loge, un visiteur du Blog Maçonnique aurait-il des éléments de réponses aux questions suivantes :

  • Cette triangulation de la parole était-elle pratiquée dans les Loges opératives ou dans les débuts de la Franc-Maçonnerie spéculative ?
  • Si non, quand cette pratique de la triangulation serait-elle apparue ? Et qu’en est-il du terme « triangulation » lui-même ?
  • Le terme « triangulation » fait-il partie du vocabulaire maçonnique dans d’autres langues ? Si oui, quelle est sa traduction ?
mercredi 1 octobre 2008
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  • 8
    new
    17 septembre 2014 à 11:07 / Répondre

    ouai je trouve que c’est génial ce que tu dis ah les histoires je suis trop d’accord c’est fou la vie INTO THE DARKNESS 😉 de la part de SO CUTE

  • 7
    HRMS
    4 octobre 2008 à 19:27 / Répondre

    Tout d’abord le terme triangulation est utilisé comme cela a été dit en géodésie et/ou topographie. C’est un barbarisme pour signifier une circulation de la parole triangulaire, c’est à dire entre trois intervenants. Pour bien comprendre la franc-maçonnerie il faut toujours regarder au plus près de son origine, car tout ce qui s’en éloigne ne peut être que le résultat d’altérations le plus souvent. C’est ce qu’a très justement fait Laure Caille en citant les rituels du XVIII et XIXème siècle. Pour en revenir à ce mode de circulation de la parole, il pourrait être un vestige des fonctions de diacres, qui ont existé jusqu’au XiXème siècle dans certaines obédiences. Les diacres étaient chargés de transmettre aux Surveillants et au Vénérable Maître diverses informations. Lors de leurs disparitions il a bien fallu continuer mais alors de vive voix ce qui se faisait via les diacres. Je voudrais aussi rappeler que dans la légende du grade de Royal Arche on trouve aussi des éléments à dominante ternaire où l’absence d’un des protagonistes remet en cause le fonctionnement global de leur réunion.

  • 6
    zorba06
    3 octobre 2008 à 08:37 / Répondre

    Je crois qu’il ne faut pas trop se torturer sur ce point, encore un néologisme. Personellement je suis d’avis que la demande et la réponse triangulaire sont apparues avec les premiers conflits en tant que résultantes de l’idée d’éviter toute confrontation verbale et que la symbolique s’est greffée dessus. Quant à l’idée de Liberty je la prends mais en tant qu’opératif familier des chantiers à l’envers. Il est vraisemblable que les ouvriers de base faisaient remonter leurs demandes par des compagnons chefs d’équipe (lire à ce sujet un très beau livre d’un architecte romancier  » les pierres sauvages de Fernand Pouillon) et redescendre les instructions en sens inverse. Par contre le Maitre d’Oeuvre du chantier devait se déplacer d’une activité à l’autre en permanence. Qui a jamais pu suivre un chantier en se fiant aux yeux des autres?

  • 5
    Apprenti63
    2 octobre 2008 à 18:41 / Répondre

    Je suis d’accord avec Prieur : l’emploi en maçonnerie du mot « triangulation », qui a une signification technique bien précise, est un abus de langage. Mais on voit bien ce qu’il peut désigner lors des travaux en loge :
    – la circulation de la parole, ou plutôt les points qui relient le Surveillant de colonne, le Frère qui sollicite la parole, le Vénérable Maître qui autorise le Surveillant à donner la parole… L’idée d’un échange « angulaire » est très stimulante, car elle reprend l’idée de rectitude comprise dans le symbolisme de l’équerre.
    – les triangles formés par les Officiers dans l’organisation spatiale symbolique du Temple : Triangle de l’autorité (VM, 1er et 2d Surveillants), triangle de la mémoire et de la connaissance (VM, Orateur et Secrétaire), triangle « financier » (VM, Trésorier, Hospitalier).
    Mais après tout, l’idée de triangulation associée au repérage dans l’espace, aux coordonnées qui permettent de se situer dans l’univers, est aussi très cohérente avec le travail maçonnique : « Prenez place, mes Frères », oui, mais quelle place? (cf. le livre d’Alain Pozarnik sur les « Mystères et actions du rituel d’ouverture en loge maçonnique »).

  • 4
    Liberty
    2 octobre 2008 à 14:38 / Répondre

    Triangulation maçonnique : ce « périple » de la parole n’est triangulaire que par la disposition du Vénérable Maître et des Surveillants en Loge.
    Une autre explication, pourrait être, une évocation symbolique de la transmission des instructions lorsque les opèratifs travaillaient sur un chantier de construction réel..!
    En effet le « Maître  » ( qui ne portait pas ce nom au XIIème et XIIème siècle ) n’avait pas toujours une vue directe sur ses subalternes, en sus des éventuelles distances sur les chantiers d’importance, se devait de transmettre ses instructions à portée de voix, ainsi ce sont ses adjoints les plus direct qui constituaient, ainsi, un relais jusqu’aux exécutants… compagnons et apprentis.!

  • 3
    EMEREK
    2 octobre 2008 à 14:35 / Répondre

    Pour ma part c’est la première fois que j’entends ce mot de « triangulation » en maçonnerie.

    Pourtant je comprends bien ce que cela peut signifier pour certains maçons.

    La régle symbolique de « trois » est très commune en maçonnerie ,ce terme de triangulation me semble être une sorte de « néologisme »voulant illustrer la circulation de la parole en Loge,mais n’apporte rien de neuf.(sans jeu de mot 🙂

  • 2
    Prieur
    2 octobre 2008 à 04:17 / Répondre

    Bonjour Jiri,
    De façon générale, la triangulation est un concept en géodésie, topographie ou navigation.
    Je prends ce dernier point que je maîtrise correctement.
    Supposons que je navigue en vue des côtes et j’observe un phare que j’ai correctement identifié. Avec un compas dit de relèvement (une sorte de « boussole » spécialisée), j’observe quel est l’azimut de ce phare, c’est-à-dire sa distance en degré depuis le nord. Supposons qu’il soit au 90 (plein est), je peux tracer sur ma carte nautique un trait passant par ce phare. Je sais que je suis quelque part sur cette ligne à l’ouest du phare (forcément, puisque je le vois à mon est, le phare « me voit » à son ouest). Cette information est insuffisante pour me dire où je me trouve.
    Au même moment, j’observe une bouée à nouveau correctement identifiée. Je la relève au 180, plein sud. Je trace un trait sur ma carte depuis cette bouée vers le nord. Cette ligne va croiser la précédente tirée depuis le phare. Je dois me trouver sensiblement à l’intersection de ces deux lignes. Mais il ne faut pas oublier d’une part qu’un compas de relèvement peut-être très approximatif surtout si la mer est formée et, d’autre part, que mon bateau a avancé entre les deux observations. Pour assurer mon point, il me faut trouver un troisième « amer » (point remarquable en nautisme). J’observe un château d’eau que je connais bien. Je le relève au 225 (sud ouest). Je tire un trait sur ma carte depuis ce château d’eau vers le nord-est. Le croisement de mes 3 lignes va former un triangle de taille variable selon les erreurs inhérentes aux observations même et au déplacement du bateau. Je vais dire que je me trouve au centre de ce triangle avec une bonne approximation.
    La triangulation, en l’occurrence, tient au fait de relever l’azimut de 3 points remarquables et connus. Le croisement de ces 3 azimuts devrait, idéalement, se résoudre en un point unique indiquant exactement la position de l’observateur.
    La triangulation, toujours en nautisme, peut servir à localiser un bateau dont on ignore sa position.
    Je me trouve pas trop loin d’une côte mais hors de vue. J’ai une grosse voie d’eau et mon GPS a rendu l’âme. J’appelle par radio VHF le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage), je lui indique mon avarie et mon besoin d’assistance. Mais j’ignore quelle est ma position. Le CROSS va me faire parler et il va relever l’azimut de mon émission radio. Il sait que je me trouve quelque part sur cette ligne. Il va demander à 2 autres sémaphores d’agir de même. En croisant les 3 azimuts ainsi relevés, le CROSS va déterminer un petit triangle (mon bateau se déplace et les 3 relevés ne sont pas forcément simultanés) au milieu duquel je me trouve. Il pourra alors indiquer correctement aux secours ma position. C’est la raison pour laquelle un téléphone portable n’est pas suffisant pour assurer la sécurité en mer. Le CROSS saura dans quelle cellule se trouvera le téléphone (téléphone portable = téléphone cellulaire) mais il sera incapable de déterminer la source de l’émission radio.
    Cette méthode de triangulation était largement employée par la GESTAPO pour repérer en ville les émetteurs radio clandestins.
    Enfin, la triangulation était utilisée en géodésie pour localiser exactement de proche en proche des objets remarquables et de dessiner une côte. Le principe est exactement le même que pour relever la source d’une émission radio. On a trois observateurs un peu éloignés sur le terrain en des lieux parfaitement connus de la côte. Tous les 3 relèvent l’azimut d’un point qu’ils voient au même moment mais qui n’est pas encore repéré sur une carte. Le croisement de ces 3 relèvement positionnera exactement sur la carte l’emplacement de cet objet. Il sera alors localisé.
    D’après moi, le mot « triangulation » est totalement inapproprié en maçonnerie où la prise de parole est alors « triangulaire » avec quelque réserve. En effet, un frère ou une sœur signale à son surveillant qu’il souhaite prendre la parole. Le surveillant en informe le VM. Le VM indique son accord au surveillant qui donne la parole à celui qui la demande. Il n’y a pas de triangle car, dans cet échange, à aucun moment le VM parle directement avec le frère ou la sœur sur les colonnes. Je dirai que l’échange est angulaire. Le triangle se fermera lorsque le membre qui parlera s’adressera directement au VM et à lui seul.
    Voilà mon idée bien sèche sur ce qu’est la triangulation. Tu peux jeter un œil sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Navigation_c%C3%B4ti%C3%A8re
    Bonne journée,
    Dominique

  • 1
    laure caille
    1 octobre 2008 à 22:57 / Répondre

    Dans les loges opératives, les seules activités initiatiques qui soient attestées sont un échange de questions -réponses sur les colonnes du Temple et la possession du ‘Mot du Maçon’. Une triangulation n’est pas plausible.
    Aucun texte ( à ma connaissance) n’évoque la triangulation au début du 18e .
    En revanche, les rituels français de 1786 , repris par le Régulateur de 1801 précisent explicitement que ‘cette formule de faire circuler par 3 les annonces faites en loge est de rigueur en toutes circonstances et détermine le caractère essentiel des travaux réguliers’.
    Le mot ‘triangulation’ lui même doit être beaucoup plus récent .
    Il paraît peu probable qu’il ait un sens pour les Francs-Maçons ne pratiquant pas le rite des Modernes. Mais, linguistiquement parlant, ‘triangulation’ en anglais , triangulacion en espagnol, etc, me semblent très compréhensibles.

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