4eP 1

Le 4e Pilier invisible

Publié par Etienne Hermant

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mardi 6 janvier 2026
  • 11
    Olivier Rocher
    8 janvier 2026 à 10h06 / Répondre

    On pourra me trouver un peu « vieux jeu ». Je crois fermement que rien dans notre symbolique n’est dû au hasard ou élaboré un peu « à la légère ». Je vois ici une idée qui tend à affaiblir un symbole Ternaire fondamental pour le remplacer par du quaternaire (un peu ésotérique). Cela reviendrait à penser que le Ternaire en question est encore imparfait, inabouti…
    Dans mon GODF (et ailleurs) , il y a eu (et il y a encore) des défenseurs de la Laïcité à mes yeux un peu trop enthousiastes qui demandaient que l’on ajoute le mot « Laïcité » (une magnifique valeur, bien sûr) au triptyque républicain. Et ce dans nos acclamations comme au fronton de nos Mairies et édifices publics. Les deux triptyques « Force, Sagesse, Beauté » et « Liberté, Égalité, Fraternité » contiennent déjà l’entièreté, le Tout de leur domaine respectif. Y ajouter des valeurs qui y sont déjà présentes revient à affaiblir ce qui était fort. Imaginerait-on de clamer : « Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité, Respect de la Planète, Justice pour Tous, Droits de l’Homme, Bien-être animal… » ?
    Par contre, l’immense intérêt (entre autres) de cette étude purement maçonnique n’est pas seulement de nous permettre de délicieuses controverses : en interrogeant nos fondamentaux, nous nous interrogeons sur notre propre nature et, au final, sur nos espérances.
    Mais bon, ce que j’en dis…

  • 10
    frederic beatrix
    7 janvier 2026 à 14h10 / Répondre

    Pour abonder dans le même sens : En 1676, l’architecte du Roi, le Franc-Maçon Sir Christopher Wren* remet à la Loge St Paul trois chandeliers sculptés en Acajou formant les trois ordres d’architecture grec (dorique, ionique et corinthien). Cette dation est dûment notifiée dans le compte-rendu d’une réunion de la première Loge Maçonnique de Londres, la Loge Antiquity n° 2 (anciennement Old Saint-Paul) du 3 juin 1723. Nous y lisons : « Le jeu de chandeliers en acajou offert [5680 AL] à cette Loge par son digne ancien Maître, Sir Christopher Wren, doit être soigneusement déposé dans un coffret en bois doublé de tissu, qui sera immédiatement acheté à cet effet. »

    * L’appartenance de Sir Christopher Wren à la Franc-Maçonnerie fut définitivement établie par Pr James Campbell, AQC 125, 2012

    • 12
      Etienne Hermant
      10 janvier 2026 à 18h23 / Répondre

      -10- « En 1676, l’architecte du Roi, le Franc-Maçon Sir Christopher Wren* remet à la Loge St Paul trois chandeliers sculptés en Acajou formant les trois ordres d’architecture grec (dorique, ionique et corinthien) ».
      .
      La première apparition attestée des Trois Piliers en milieu spéculatif anglais se retrouve dessiné et explicité dans le MS « Simon and Philip » de 1723 où il est question de « trois grandes bougies sur de grands chandeliers en bois sculpté » en désignation de la Loge des « Moderns ».
      Un autre dessin émanant de ce même MS et reproduisant les mêmes positionnements en triangle des trois « candle » désigne « the form of the old lodges », sans datation pour ces anciennes loges, sans qu’il ne faille arguer qu’il s’agit ici de loges opératives, mais plutôt de loges non opératives marquées d’une ancienneté.
      Les maçons « antédiluviens » dans cette même veine de maçons en opposition aux nouveaux maçons à la Désaguliers, font état dans une coupure de presse de 1726, de « trois grandes lumières » en référence au « fabricant de chandelles près de Pall Mall ».
      .
      Si, en maçonnerie opérative, la « Baühutte » allemande fait état de Trois Piliers et les nomme, la maçonnerie opérative anglaise ne les mentionne pas (en maçonnerie écossaise, le « Register House » de 1696 fait état de » trois lumières » qui, on peut le déduire, sont trois chandeliers).
      .
      Il faut savoir -et il est capital de le mentionner- que les premiers registres de la Loge Antiquity N°2 (qui a pris cette dénomination en 1770) ont été perdus.
      Les minutes ne nous apparaissent qu’en 1721 et sont, de ce fait, fortement sujettes à interprétation.
      La datation de 1676 donnée ici fait partie de ces interrogations.

      D’après la liste des loges dressées en 1729, c’est 1691 qui est la date de création de la Loge St Paul, future Loge Antiquity N°2.
      .
      Concernant ces « trois chandeliers sculptés en Acajou formant les trois ordres d’architecture grec (dorique, ionique et corinthien) », je ne trouve aucune trace dans les annales d’Anquity N°2 que ces « chandeliers » représentaient ces « trois ordres d’architecture grec ».
      .
      Je trouve, par contre, cette désignation donnée par la Loge anglaise Felicity n° 58, consacrée en 1737 et qui est un apport récent (aucun texte rituel maçonnique ne fait mention de cet usage qui s’est transmis depuis la fin du 18e siècle) : « trois chandeliers faits suivant les trois ordres, à savoir dorique, ionique et corinthien, et en acajou ».
      .
      Concernant la reconnaissance de la qualité de « Franc-maçon » de Christpher Wren, il convient de noter que John Aubry fait état, en date du 18 mai 1691, non pas de « Franc-maçon » dans son chef, mais de « Maçon adopté ».
      .
      Cette désignation peut faire appel, soit à un titre honorifique, peut-être décerné lors de la création de St Paul en 1691, en référence à la qualité d’architecte de Wren qui restreint lui-même le terme d’architecte aux francs-maçons (voir par ailleurs les « Parantalias » où il est fait état d’une « fraternité d’architectes »), soit à une désignation maçonnique opérative afférente à « La Compagnie de Francs-maçons » de Londres dont il était affilié, et plus difficilement à un « Accepted Mason », qui est une désignation très spécifique, sans qu’une preuve définitive ne soit donnée.
      .
      Concernant l’appartenance de Wren au courant spéculatif londonien, aucun document n’en fait état, et aucun témoignage direct, aussi mince soit-il, ne permet de croire qu’il ait exercé une quelconque responsabilité en la matière.
      Il meurt en février 1723 à l’âge, plus que canonique pour l’époque, de 91 ans, l’année de la parution des « Constitutions » dites d’Anderson.
      Si le « Post Boy » et le « British Journal » parlent à cette occasion de « respectable Franc maçon » et « d’honorable franc-maçon », on n’est pas plus avancé sur ce que renferment ces désignations.
      Si Wren était présent à l’installation de Montagu le 24 juin 1721, il se retrouve à la 16è place de la liste des présences ce qui ne montre pas une quelconque implication dans la constitution de la « New Masonry ».
      .
      Si Anderson parle de lui comme « Grand-Maître », cette terminologie n’apparaît nulle part avant la maçonnerie spéculative dite de 1717 et ne se trouve pas répertorié dans le registre de la Loge Antiquity N°2.
      .
      Peut-on, dès lors affirmer, au vu de ce qui précède, que « L’appartenance de Sir Christopher Wren à la Franc-Maçonnerie est définitivement établie » comme annoncé ?
      Encore faudrait-il savoir de quelle Franc-Maçonnerie on parle ?
      On l’a vu, les options ne manquent pas et les certitudes font cruellement défauts.

  • 9
    Oscar
    7 janvier 2026 à 11h44 / Répondre

    Yes !

  • 8
    Henri CAICEDO
    6 janvier 2026 à 19h55 / Répondre

    Je prends connaissance de cette contribution, bien documentée, qui a pour objectif de développer une démonstration de quelque chose qui n’a pas lieu d’être: le 4e Pilier !
    Combien de tentatives pour faire croire qu’il n’y a jamais 3 sans 4 ! Sans compter qu’on a oublié qu’il y avait du symbolisme dans ce qui nous réunit !
    Un Temple maçonnique tient place et lieu sur le parvis du Temple de Salomon historique, donc à l’extérieur et de ce fait les trois piliers en question ne soutiennent rien du tout car au-dessus de ces piliers se tient la voûte étoilée
    Aller chercher un 4e Pilier s’avère bien inutile !
    Donc les chandeliers (préférés aux piliers) représentent symboliquement sagesse, forec et beauté comme support symbolique
    Et Jules Boucher d’affirmer que « Les Piliers Sagesse, Force et Beauté correspondent aux Sephiroth Chochmah, Géburah et Chesed »
    Alors que leurs significations correspondent à sagesse, force et miséricorde !!
    Comme souvent en FM littéraire, beaucoup d’histoires inventées de toutes pièces !

  • 7
    Remi
    6 janvier 2026 à 19h13 / Répondre

    J’ai beaucoup apprécié ce travail bien fouillé de notre F Etienne Hermant. En revanche je ne vois pas l’intérêt de discourir, sur quelque chose qui n’est pas représenté.

  • 6
    Yvan d'Alpha
    6 janvier 2026 à 18h02 / Répondre

    J’aime beaucoup cette contribution par Etienne Hermant, détaillée et précise, qui explique clairement.
    J’aime l’idée que nous ayons 3 chandeliers (plutôt que 3 piliers) chandeliers disposés en équerre faisant ainsi symbole autour du tapis. Et pour ma part, le symbolisme s’arrête là pour les chandeliers afin de ne pas verser dans la symbolatrie ou le délire symbolico-maniaque et voir du symbole au delà du symbole.
    Je me souviens à ce sujet d’un vieux frère qui s’était mis en tête de concevoir un tableau de loge dans lequel il voulait remplacer chaque composante par son symbole. Alors jeune apprenti, j’avais demandé si on allait dessiner des lunettes de soleil et un bonnet de nuit pour remplacer le soleil et la lune …

  • 5
    Joab’s
    6 janvier 2026 à 16h46 / Répondre

    Sagesse, Force, Beauté…
    Sagesse, oui c’est ce que nous essayons.
    Force : pourquoi pas, même si présomptueuse.
    Beauté : de quoi s’agit -il?

  • 4
    Joab’s
    6 janvier 2026 à 15h40 / Répondre

    Que voilà un sujet comme je les aime !
    Qui a animé des discussions sans fin, déconnectées du monde réel.
    À aborder en FMs. En effet, dans le monde matériel, 3 piliers en triangle rectangle ne suffisent pas à maintenir solidement un édifice.
    Par contre, on notera que mathématiquement, géométriquement c’est ce qui définit un plan (3 points). un degré ?
    N’est-ce pas un element maçonnique que ce déséquilibre apparent qui est en fait fondateur ?

  • 3
    MANON
    6 janvier 2026 à 9h37 / Répondre

    Quelle superbe analyse, parfaitement documentée !

  • 2
    Dom Liberte
    6 janvier 2026 à 7h50 / Répondre

    En s’interrogeant sur un hypothétique quatrième pilier caché, Étienne Hermant nous propose une érudite exploration de l’histoire des trois piliers dans la symbolique maçonnique, et c’est passionnant ! Quelle contribution !

  • 1
    ERGIEF
    6 janvier 2026 à 0h37 / Répondre

    Au RER, en loge bleue, on ne parle pas de piliers mais de trois hauts chandeliers. Ils sont disposés aux angles du tapis de loge comme au REAA (par exemple). En revanche si un passage du rituel nomme bien la Force, la Sagesse et la Beauté c’est en lien avec le GADLU. Aucune relation n’est faite avec les chandeliers. Au 4eme grade, celui de Maître Ecossais de Saint André qui fait aussi partie des loges symboliques, il n’est plus question de hauts chandeliers mais de lumières de sol aux 4 angles des tableaux de loge successifs prévus par le cérémoniel.
    J’ajoute qu’en dehors de nos rites spéculatifs une interprétation opérative de la signification des piliers (colonnettes?) m’a été donnée il y a fort longtemps par un vieux FM qui était aussi Compagnon du Devoir. Tout ceci compte tenu de mon age profane remonte donc à assez loin dans le temps pour les plus jeunes d’entre nous 🙂 Les 3 piliers visibles seraient le recrutement, la formation et la direction des ouvriers, le 4e pilier immatériel représentant le Secret du Métier. Belle image is’nt it ?

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