Le GODF victime d’une « fuite de données »
Ainsi qu’il l’a annoncé dans un communiqué dès ce jeudi 15, c’est-à-dire dès que « la fuite » a été décelée, le Grand Orient de France a été victime de ce qui est présenté comme une fuite de données. Une fuite de données étant, selon Microsoft, « une divulgation non autorisée d’informations sensibles, confidentielles ou personnelles des systèmes ou des réseaux d’une organisation à une partie externe. Les fuites de données peuvent être intentionnelles ou accidentelles (…) » :
Plusieurs documents attribués au Grand Orient de France circulent en ligne depuis ce jour. Le Grand Orient de France a déposé plainte. Une enquête est en cours.
Les vérifications techniques établissent que les systèmes d’information centraux de l’obédience, protégés par une double authentification, n’ont pas été compromis. Une part importante des fichiers diffusés correspond à des documents non sensibles : communiqués, discours, circulaires, documents conventuels, etc.
Le Grand Orient de France ne commentera pas davantage le contenu de ces documents tant que l’enquête est en cours.
Le site spécialisé FrenchBreaches explique que les documents fuités ne comportent pas, à une exception près (un fichier d’une loge d’Angoulême), de listes de noms mais uniquement des documents administratifs. Il dit aussi que « L’origine exacte de la fuite reste à déterminer », mais il précise que « La diffusion de cet ensemble documentaire est revendiquée par LunarisSec » ajoutant aussitôt que « Cette revendication ne suffit cependant pas à démontrer que les serveurs du Grand Orient de France ont été piratés » : « Un ensemble de fichiers authentiques peut être diffusé sans qu’il soit possible de prouver immédiatement l’existence d’une cyberattaque contre l’organisation concernée ».
Et FrenchBreaches conclut : « L’analyse menée par FrenchBreaches fait apparaître un ensemble de plus de 700 fichiers, couvrant près d’une décennie d’activités liées au Grand Orient de France. Parmi les éléments identifiés figurent des comptes rendus détaillés, des budgets, des comptes annuels, des circulaires, des travaux maçonniques et un document contenant des coordonnées personnelles » (le fichier Angoumois).
Contacté ce vendredi après-midi, le GODF dit qu’il encore trop tôt pour déterminer les causes de la fuite et qu’il convient d’attendre les conclusions de l’enquête de police. Mais la double identification qui n’existait jusqu’alors que pour les documents les plus sensibles (les fichiers, heureusement non concernés par la fuite) a néanmoins été immédiatement généralisée.
Sur son site Observatoire de l’antimaçonnisme Jiri Pragman fait une analyse très fouillée de l’incident, de sa divulgation revendiquée et de ses potentiels prolongements antimaçonniques : Fuite de documents au Grand Orient de France. A lire !