la flute enchantee

La véritable signification de la Flûte Enchantée de Mozart

Par Jean van Win dans Contributions

Après la publication ici lundi d’un article annonçant la présentation à Marseille d’une nouvelle mise en scène, très maçonnique, du célèbre opéra de notre Frère Mozart « La Flûte Enchantée », de nombreux Frères et Sœurs peu musicologues (dont moi) cherchent toujours à comprendre ce qu’il y a de si maçonnique dans cet opéra.
Jean van Win nous a autorisé à reproduire ci-dessous ce qu’il a écrit sur cette question. Il s’agit du chapitre « Le mystère de la grotte chez Mozart » de son livre « La loge secrète de Charles de Lorraine » (éd. Télélivre, Le Bandeau, 2018, pp. 77-91). Un texte qui s’appuie sur l’étude « Quelques mystères de la Flûte Enchantée », de Robert Wangermée, paru dans la Revue Belge de Musicologie, t.XXXIV-XXXV (1980-81) pp. 147-163. 

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Quelle est la signification profonde et initiatique de la Flûte Enchantée de Mozart ? La meilleure analyse qui a probablement été faite de cet opéra est due au grand professeur Robert Wangermée, qui est à la fois musicologue, grand connaisseur en maçonnerie, et professeur émérite à l’Université Libre de Bruxelles. Il fut administrateur général de la Radiodiffusion Télévision Belge d’expression Française. [1]

La Flûte Magique véhicule un message maçonnique de haute importance. L’opéra fut néanmoins incompris. Il fut même défiguré, au XXe siècle, par le critique Chailley [2] et par le producteur de cinéma Bergman. Il fut méprisé par les musicologues allemands du XIXe siècle. En revanche, il fut encensé par Wolfgang von Goethe, ce prophète de l’Aufklärung. De quoi est-il question enfin, sur la base des informations documentaires dont dispose de nos jours la critique historique ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet et d’accéder progressivement à sa surprenante conclusion, il convient de se nettoyer l’esprit en écartant deux thèmes largement répandus, hélas, et qui travestissent et dénaturent complètement la compréhension que l’on se fait souvent du contenu profondément philosophique de la Flûte Magique de Mozart. D’abord, voyons le livre bien connu de Jacques Chailley « La Flûte Enchantée » (1983). Ensuite, autopsions le beau film Trollflötjen ou la Flûte Enchantée d’Ingmar Bergman. [3]

Jacques Chailley est un célèbre musicologue français né en 1910 et mort en 1999. Résistant communiste actif, il rassemble néanmoins en 1940 les listes des noms des élèves juifs du Conservatoire. Retenons qu’il publie énormément (53 livres et 489 articles) mais surtout que, sans avoir jamais été franc-maçon, bien au contraire, il publie une exégèse célèbre de la Flûte Enchantée. Son érudition musicale, comme ses opinions catégoriques, lui valent une moisson d’honneurs et d’éloges, tant il est vrai qu’au pays des aveugles les borgnes sont toujours rois. Et pourtant, le livre de Chailley, qui figure dans nombre de bibliothèques de francs-maçons et de mélomanes, ne vaut pas grand chose, non parce qu’il manquerait d’information, mais, au contraire, en raison de son trop plein… Chailley adopte un parti-pris radical d’ésotérisme, négligeant le fait que cette œuvre s’adressait d’abord à des profanes d’un petit théâtre de banlieue, le théâtre Auf der Wieden (à ne pas confondre avec le futur théâtre An der Wien). Pour ce profane qu’est Chailley, tous les accessoires de ce Singspiel (opéra en langue populaire, c’est-à-dire allemande), sont doublés d’une valeur symbolique. Le serpent, le portrait, le cadenas, le glockenspiel, les Trois Dames, les trois enfants ; Chailley force la réalité pour la faire coïncider avec le schéma qu’il a établi et verrouillé a priori. Les trois enfants descendus du ciel sont les enquêteurs envoyés par la loge auprès du candidat Tamino ; tout le déroulement scénique se veut une transposition d’une tenue rituelle maçonnique au premier grade, dont Chailley ignore personnellement tout. Il perd de vue que le livret de Mozart et de Schikaneder n’est rien d’autre qu’une création théâtrale, et non pas une cérémonie maçonnique.

Autre exemple : si le décor d’un temple brisé représente le cabinet de réflexion maçonnique, comme le prétend Chailley, on ne comprend pas bien que les Trois méchantes Dames envoyées par la Reine de la Nuit y fassent irruption, sans crier gare, auprès du candidat soumis au silence et à l’isolement. Chailley poursuit péremptoirement son obsessionnel a priori. Les larges accords de l’ouverture représentent, affirme-t-il, une batterie maçonnique à cinq coups, soit – UN – DEUX TROIS –  QUATRE CINQ – qui était celle des loges d’adoption françaises au XVIIIe siècle. Il feint aussi d’ignorer le fait que cet ensemble d’accords était utilisé couramment par les grands compositeurs baroques tels Händel et Bach, afin d’exprimer la grandeur et la majesté. Chailley ignore aussi que la fiction de la Flûte se déroule au seul grade d’apprenti, puisque, après des épreuves liées à ce seul grade, elle se termine par une initiation de deux profanes. En résumé,  Chailley s’obstine aveuglément à décrypter les moindres détails du Singspiel pour les faire coïncider de force avec le cheminement initiatique du prince Tamino, et avec ses propres idées préconçues. Certains auteurs maçonniques sont coutumiers du fait, hélas.

Il est une autre œuvre prétendant reproduire le message de la Flûte magique, et qui jouit d’une notoriété internationale, c’est le beau film Trollflötjen d’Ingmar Bergman. Superbe film assurément, qui obtiendra un César en 1976. Il fut entièrement tourné et chanté en suédois, dans un délicieux théâtre du XVIIIe siècle conservé à Drottningholm, près de Stockholm. Ce film bénéficie de toutes les dangereuses séductions de la beauté. Les comédiens sont beaux, les gros plans sont délicieux, le décor envoûtant. Mais… ce film est un faux, un détournement moral et intellectuel de l’œuvre de Mozart et de Schikaneder. Dans leur Singspiel, ces deux professionnels du théâtre s’adressent à un Etre Suprême indéterminé, sous les pseudonymes d’Isis et d’Osiris, provenant des sources diverses qui, en amont, ont présidé à la conception du livret, sous l’influence de l’égyptologue et minéralogiste Ignaz von Born, ami de Mozart et Maître en chaire de la loge viennoise Zur Wahrheit (La Vérité). Décédé en juillet 1791, il aurait servi de modèle au Sarastro de la Flûte magique.

Car dans son beau film consacré à sa vision personnelle de La Flûte, Bergman détourne la profonde signification de l’œuvre en donnant au vieux Grand Prêtre Sarastro le visage d’un Christ jeune et barbu, qui rassemble, autour de ce Jésus imaginaire, les convives de la dernière Cène, et non les frères de la loge de Mozart ! C’est un détournement religieux pur et simple, une adaptation qui n’est qu’un plagiat  et une récupération, si l’on veut se permettre d’être très sévère. De plus, Bergman supprime toutes les allusions antiféministes que Mozart met intentionnellement dans la bouche des vieux prêtres misogynes, de même qu’il supprime bien entendu toute référence maçonnique. Il n’est pas question d’Isis et d’Osiris ; il est question de Dieu. Les épreuves que subira Tamino sont celles de l’enfer judéo-chrétien, encombré de damnés qui se tordent de douleur et s’enroulent en hurlant dans les flammes infernales, comme dans une danse macabre médiévale… En résumé, tout l’esprit de l’œuvre est faussé dans la volonté de Bergman d’intégrer le livret de Mozart dans une tradition chrétienne conformiste qui est fort bien implantée en Suède. Il vaut donc mieux oublier la confiance que l’on a peut-être faite à ces deux auteurs – Chailley et Bergman – le premier en raison de son incompréhension et de ses idées préconçues, le second pour cause de détournement intellectuel au seul bénéfice d’une religion établie.

Le Singspiel, ou opéra populaire intitulé la Flûte magique.

Une zauberflöte est une flûte qui enchante. Traduisons donc par Flûte magique, ainsi que le fait, avec raison, tout le monde anglophone : the Magic Flute. Il s’agit d’une flûte qui enchante, ce qui permet à Tamino et Pamina de traverser toutes les épreuves et, par la musique, de rétablir l’harmonie du monde, mise en péril par « les mauvais » ! Un phénomène analogue se produit en faveur des « petites gens » que sont Papageno et Papagena, grâce aux vertus bienfaisantes du glockenspiel. Une adaptation de la baguette magique des contes de notre enfance.

Le livret fut composé par Mozart, déjà franc-maçon depuis huit ans en 1791, et par Emmanuel Schikaneder. Ce dernier avait été autrefois très brièvement maçon à Ratisbonne (Regensburg), mais avait été radié très rapidement suite à un comportement incompatible avec sa qualité et ses engagements maçonniques. Schikaneder est toutefois un homme de théâtre expérimenté et audacieux ; il ne s’est du reste occupé que des personnages « matérialiste » incarnés par Papageno et Papagena, ainsi que des épisodes ressortissant au répertoire des farces et attrapes, dont le public modeste des faubourgs était friand. Les parties du livret qui évoquent les aspects spirituels de l’œuvre sont dus à Mozart et à un ou des frères qui lui sont proches. Karl Ludwig Giesecke a prétendu avoir été l’auteur du livret, ce que dément Mozart, qui l’attribue à Schikaneder. Mais les séquences dites « solennelles et religieuses » de l’opéra s’adressent manifestement à une autre partie du public et non aux amis de Schikaneder.

L’argument, c’est à dire le scénario, est à première vue difficile à comprendre, et bien des spectateurs ne saisissent pas clairement ce qu’il se passe, et surtout pour quelles raisons les péripéties contradictoires s’enchaînent de cette façon. Il est vrai qu’il faut être attentif aux sous-entendus politiques de l’action dramatique ; il est vrai aussi que les intellectuels francs-maçons viennois de 1791 furent incontestablement favorisés dans leur compréhension de l’œuvre. Mais son expansion européenne sera foudroyante. De quoi s’agit-il donc dans cette féerie, qui est peut-être essentiellement une fiction amoureuse qui use de divers travestissements ? En voici les grandes lignes.

L’Argument.

A l’Acte I, Tamino, un jeune prince japonais ou égyptien, on ne sait trop, croit en la bonté de la Reine de la Nuit, et croit aussi les accusations que cette Reine de la Nuit porte à l’encontre du démoniaque Grand Prêtre Sarastro. Tamino la croit bonne et lui fait confiance. Le prince vient d’être attaqué par un gros serpent. Il est seul et s’évanouit. A son réveil, il voit apparaître un oiseleur, Papageno.

Des dames d’honneur de la Reine de la Nuit expliquent à Tamino que la Reine lui fait remettre un portrait de sa fille, Pamina. Les dames d’honneur expliquent que Pamina a été enlevée par le démoniaque et tout puissant Sarastro. Papageno devra accompagner Tamino dans la recherche et la libération de Pamina. Les dames de la Reine donnent alors à Tamino une flûte enchanteresse et à l’oiseleur un carillon magique (glockenspiel). Au château de Sarastro, son serviteur Monostatos, un Maure [4], cherche à obtenir les faveurs de Pamina ; Papageno le fait fuir. Il explique la situation désespérée de Pamina à Tamino, qui est déjà très amoureux du portrait. Le prince fait ensuite la connaissance de trois jeunes garçons qui lui imposent de rester ferme, patient et discret. Ils le conduisent vers trois temples : celui de la Nature et celui de la Raison lui sont interdits. Mais Tamino cherche à pénétrer dans celui de la Sagesse.

Pamina et Papageno s’enfuient du palais de Sarastro poursuivis par Monostatos. Papageno se sert de son carillon magique pour leur échapper. C’est à ce moment que Sarastro fait son apparition. Il se montre néanmoins compréhensif et punit Monostatos. Mais il refuse néanmoins de rendre sa liberté à Pamina qui ne pourrait être heureuse près de sa mère. Tamino est alors conduit avec Papageno vers le temple de la Sagesse, les yeux bandés, où il subira des épreuves.

A l’acte II.

Les Grands Prêtres sont réunis autour de Sarastro, qui annonce que Isis et Osiris ont décidé d’unir Tamino et Pamina.  Ce sont eux deux qui pourront arrêter la Reine de la Nuit dans ses sinistres projets  de détruire le Temple. Mais ils doivent pour cela traverser des épreuves difficiles. Deux prêtres les accompagnent et les laissent seuls. Les trois dames de la Reine de la Nuit apparaissent et cherchent à convaincre les deux candidats de les suivre. Tamino reste ferme et tient sa promesse. Les prêtres reviennent et emmènent Tamino victorieux, tout en réprimandant le faible Papageno. Surgit alors la Reine de la Nuit. Elle rappelle à sa fille qu’elle a perdu ses pouvoirs lorsqu’en mourant, le père de la jeune femme a transmis à Sarastro et à ses prêtres le Disque Solaire aux sept cercles. Elle donne à sa fille un poignard et ordonne à sa fille d’assassiner Sarastro. C’est ici qu’intervient le célèbre « Air de la Reine de la Nuit » , (qui est le pont aux ânes de toutes les cantatrices aspirant à une carrière internationale !). Mais Sarastro apparaît (dans les Singspiele comme dans les guignols, les personnages apparaissent et disparaissent à tout bout de champ. C’est une des conventions du genre). Sarastro explique noblement à Pamina qu’il ne compte pas se venger de sa mère.

Tamino et Papageno doivent ensuite faire face à une nouvelle épreuve. Trois jeunes garçons se manifestent et recommandent à Tamino de faire preuve de courage ; ils lui imposent un silence absolu. Voici Pamina ; elle se montre très heureuse de retrouver Tamino. Mais celui-ci, obéissant aux ordres, reste totalement silencieux ; c’est l’horreur, Pamina ne comprend pas cette attitude et est désespérée. Et voici Tamino présenté à Sarastro et aux Grands Prêtres. On lui annonce qu’il reste deux épreuves à traverser. « Ach ! ich fühl es »…. chante Pamina, les larmes aux yeux. Le désespoir féminin mis en musique. Un lied déchirant. Quelle connaissance de l’âme féminine  chez ce compositeur de 35 ans [5]

A ce moment, le Grand Prêtre sépare les deux jeunes gens. Pamina songe au suicide, mais sont geste fatal est arrêté par les trois jeunes garçons qui vont lui prouver l’amour que Tamino lui porte. Tamino est conduit par deux prêtres pour subir l’épreuve de l’eau et celle du feu. [6] Pamina le rejoint avec l’intention bien ferme de subir les épreuves avec lui. Le texte chanté par les deux gardiens du Temple est profondément maçonnique par ses paroles, et étonnamment œcuménique par sa musique. Il s’agit d’un choral luthérien datant de 1524, déjà utilisé par Bach dans une cantate. Le texte de Mozart précise que les candidats en seront « erleuchtet », c’est-à-dire « illuminés ». Voici ce texte :

Der, welcher wandelt diese Strasse voll Beschwerden
Wird rein durch Feuer, Wasser, Luft und Erden.
Wenn er des Todes Schrecken überwinden kann,
Schwingt er sich aus der Erde himmelan,
Erleuchtet wird er dann im Stande sein,
Sich den Mysterien der Isis ganz zu weih’n.

Ce qui signifie en français : « Celui qui suit cette voie dangereuse devient pur par le feu, l’eau, l’air et la terre. S’il peut surmonter la terreur de la mort, il s’élancera de la terre jusqu’au ciel » . [7]

Grâce à la flûte de Tamino, le feu et l’eau s’écartent devant les impétrants ; le couple est enfin accueilli par les initiés. Papageno regrette maintenant d’avoir bavardé durant l’épreuve du silence. Mais les trois jeunes garçons lui conseillent d’utiliser son carillon magique pour faire apparaitre Papagena. Ils se retrouvent par la magie du glockenspiel et envisagent un avenir radieux entourés de nombreux enfants. A l’entrée du Temple, la Reine de la Nuit complote avec ses dames d’honneur et Monostatos afin de détruire le Temple et les initiés. Mais le ciel s’illumine et tous les cinq disparaissent dans les ténèbres. Sarastro et les prêtres rendent enfin hommage aux nouveaux initiés et remercient les dieux.

Et voici maintenant l’essentiel de l’opéra, c’est-à-dire la manifestation surprenante de la pensée profonde de Mozart. Tamino et Pamina pénètrent ensemble dans le Temple de la Sagesse. L’amour partagé et l’harmonie de la musique ont vaincu les ténèbres. Cette initiation conjointe constitue la fin, mais aussi essentiellement la finalité de l’opéra. C’est là une conclusion tout à fait inhabituelle et même profondément hérétique au plan maçonnique : Tamino et Pamina sont initiés ensemble et en même temps. Cela n’existait pas dans la maçonnerie de l’époque, pas même dans les loges d’adoption. Et cette hérésie, c’est une idée à laquelle Mozart, peu avant son décès inopiné en 1791, travaillait énormément, avec beaucoup d’enthousiasme et une volonté acharnée.

Nous abordons maintenant  le point essentiel de la Flûte Magique, et les musicologues qui ont compris cela sont peu nombreux….

Voici résumées les grandes lignes d’un livret particulièrement touffu avec un grand nombre d’apparitions et de rebondissements, les uns mineurs et comiques, les autres grandioses et religieux. Il est évident que cette histoire, un peu rocambolesque, est comprise à deux niveaux très différents par les spectateurs du théâtre auf der Wieden. Ce grand théâtre est situé au sud de Vienne et est fréquenté par un public essentiellement populaire. Leurs héros sont Papageno et sa Papagena. Leur plaisir est d’ordre bon-enfant et merveilleux. Mais la trame véritable de ce singspiel, plutôt complexe, est décryptée très différemment par l’élite des francs-maçons viennois et par le petit peuple des faubourgs en cette année 1791. Une lettre [8] de Mozart à sa « très chère et excellente petite femme » nous apprend que son ami Salieri a proclamé son admiration et a applaudi à tout rompre ce spectacle de qualité. Le grand maçon que fut Goethe l’apprécia tellement qu’il envisagea de lui écrire une suite.

Nous nous trouvons six ans après les profondes réformes imposées par l’empereur Joseph II, réformes qui ont modifié radicalement les structures de la maçonnerie autrichienne. Car l’empereur Joseph II est parfaitement au courant des événements terribles qui se déroulent en ce moment à Paris, dans l’entourage de sa sœur Marie-Antoinette et de son mari Louis XVI. La Bastille n’est-elle pas tombée en 1789, deux ans avant création de la Flûte ?! L’argument mérite donc d’être considéré de beaucoup plus près. Ce qui intrigue et frappe le spectateur, au premier abord, c’est le renversement total de situation qui se produit entre le premier et le second acte de l’opéra. Ceux que l’on nous a présentés comme les bons deviennent les méchants, soit la Reine de la Nuit et Monostatos, alors que ceux qui étaient perçus comme les mauvais, soit Sarastro et ses prêtres, sont en réalité les bons ! De nombreux musicologues n’ont pas manqué de ricaner à propos de l’incohérence du livret, et l’ont traité avec le plus grand mépris. Sauf le Frère Johann Wolfgang von Goethe, reçu parmi les Illuminés de Bavière en 1783 sous le nom d’ordre d’Abaris. Et pourtant, nous mettons désormais le doigt sur l’essentiel, qui est d’ordre initiatique.

Quel est donc le résultat des épreuves pour les deux candidats ?

Au début, Tamino est abusé et croit en la bonté de la Reine de la Nuit. Cette dernière accuse le méchant Sarastro. Dans sa recherche de la femme aimée, Tamino est animé d’un souci de perfectionnement moral qui lui fait accepter de subir toutes les épreuves, avec courage et détermination. En réalité, la Reine de la Nuit a toujours été la mauvaise. Le jeune prince Tamino a été abusé et lui a fait confiance. Et tout à coup, cette situation psychologique s’inverse radicalement, comme un iceberg qui bascule sur sa base…

Car précisément, l’intérêt moral et initiatique de cette œuvre de grande envergure réside dans la découverte progressive qu’a faite Tamino de ses propres erreurs, mais aussi dans la découverte de sa volonté inébranlable d’accéder à la vérité. Même au prix des larmes de Pamina…

L’inversion complète des idées toutes faites.

La trame dramatique n’est pas incohérente du tout, comme des musicologues profanes du XIXe siècle l’ont parfois prétendu. La Reine de la Nuit passe du signe positif au signe négatif, tandis que Sarastro suit une évolution exactement inverse. Et presque tous les personnages secondaires suivent chacun de leurs deux leaders, et changent eux aussi de camp. Seul Monostatos [9] ne cesse jamais d’être un monstre lubrique. De même, Papageno ne  cesse pas d’être un innocent personnage de farce, bien matérialiste.

Ce que Mozart met lumineusement en évidence est le dévoilement progressif de la réalité, grâce à un effort personnel qui triomphe des épreuves de la vie et donne accès à la véritable connaissance.

Mozart recourt tout au long de cette œuvre à une variété extraordinaire de styles musicaux. Sur la base d’un conte populaire, voici l’opéra buffa, l’opéra seria, les mystères sacrés, des petits lieder folkloriques, des ensembles variés avec des duos, des trios, des quintettes, de grands récitatifs dramatiques, des airs de très haute virtuosité, des cantiques pour chœurs et pour solistes. Rien n’est disparate dans ce foisonnement de styles musicaux. Et on y retrouve des procédés de langage semblables à ceux que l’on trouve dans sa musique maçonnique : accords triplés, tonalité de mi bémol, chœurs d’hommes en homorythmie, notes liées deux à deux, etc.

Mozart agit très intelligemment, en homme de théâtre et en maçon accompli. Il mêle à un divertissement populaire (que la censure de l’Etat ne pourra donc pas critiquer !) un message philosophique qui répond à la conception du monde des élites éclairées de la fin  du XVIIIe siècle, et ce en partie à Vienne, où la bourgeoisie est fatiguée, mais surtout à Prague, dont l’esprit est plus vif, et où on l’adorait. Cette combinaison est un chef d’œuvre de marketing ; elle lui permet d’atteindre le plus grand nombre. Et elle rend accessible, à la sensibilité plutôt qu’à la raison, les principes énoncés par Lessing dans ses célèbres dialogues de Ernst und Falk. C’est-à-dire une aspiration à la sagesse, à l’égalité en droits des êtres humains, à la compréhension, à la bienveillance et à la vertu. La lutte contre la Reine de la Nuit est un combat contre l’obscurité, contre le mal et contre l’intolérance.

La véritable signification maçonnique de la Flûte Magique.

Nombre d’œuvres de Mozart ont un caractère religieux. Ses ennuis avec des membres insupportables de l’Eglise catholique n’ont pas eu d’influence sur sa foi de franc-maçon et de chrétien. L’une renforce l’autre. Dans la Flûte, sous les noms d’Isis et d’Osiris, c’est à l’Etre Suprême de Robespierre et de Voltaire qu’il s’adresse, sans trop en être conscient. Cette ferveur religieuse n’est en rien incompatible avec les aspirations des Lumières. Mozart appartient à une loge progressiste et y fréquente des intellectuels éclairés, tels von Sonnenfels et von Born. Et Sarastro semble bien incarner un despote éclairé tel Joseph II, grand promoteur de réformes libérales, qui possède la sagesse, pratique la justice et apporte le bonheur sur la terre.

Réformer, voilà le maître-mot ! Il est urgent et indispensable de réformer la société, pense Mozart entouré de ses amis, à commencer par la franc-maçonnerie progressiste à laquelle il adhère activement. Ses trois opéras « contestataires » composés sur des livrets de Lorenzo Da Ponte – Don Giovanni, le Nozze di Figaro et Cosi fan tutte –  témoignent des coups de griffe acérés, mais pas encore mortels, que les deux compères portent à l’aristocratie viennoise. Chacun des livrets de ces trois opéras montre des audaces qui frôlent les limites de ce que le bienveillant Joseph II avait pu tolérer de son vivant. Mais les grands seigneurs, du style de Don Giovanni, sont dénoncés sans complaisance par Da Ponte et Mozart, sans aller aussi loin toutefois que Beethoven, qui écrira bientôt au prince Lichnowski : « des princes comme vous qui se donnent la peine de naître, il y en a des milliers, mais il n’y a qu’un seul Beethoven ! ».

Deux raisons, parmi d’autres, provoquent ces audaces mozartiennes. Elles émergent du livret de la Flûte magique. D’abord, la misogynie prononcée de vieux francs-maçons traditionalistes et réactionnaires, dont il fait une impitoyable caricature dans son Singspiel. Ecoutons-le s’exprimer sur ce sujet : « Je ne puis accepter cette ségrégation, qui est contraire à tout idéal d’égalité, de liberté, de fraternité. Si vous écoutez bien mon opéra, vous entendrez les propos misogynes des vieux prêtres de Sarastro. Ils abondent, et Schikaneder et moi, nous nous moquons de ces vieux réactionnaires. Par exemple, lorsque la Reine de la Nuit et les Trois Dames s’approchent du Temple, à l’acte II scène 7, les vieux prêtres s’écrient : « le seuil sacré est profané, que ces femmes soient englouties en bas, dans l’enfer ! » . Plus tard, l’Orateur conduit Tamino et Pamina dans le décor des colonnes brisées et leur dit : « défiez-vous de la ruse des femmes ! » . Et puis encore, lorsque Tamino recherche Pamina, un prêtre le met en garde « contre le bavardage des femmes ». C’est à l’acte I, scène 15. Je connais le livret par cœur, et ceci, c’est moi qui l’ai écrit, et non Schikaneder, qui est plutôt l’incarnation de Papageno ! Et même le grand sage Sarastro ne déclare-t-il pas à Pamina : « sans l’homme, toute femme le plus souvent s’égare et sort de son domaine de compétence ». Enfin, le comble est proféré par la Reine de la Nuit, qui conseille à Pamina : « ne cherche pas à pénétrer les choses inaccessibles à ton esprit de femme ! » . C’est à l’acte II scène 2.  Vous voyez donc bien, mes Frères, que pour les prêtres de la Flûte magique, la femme est moralement et intellectuellement subordonnée à l’homme. Et qui sont ces prêtres, engoncés dans leurs préjugés ? » [10]

Voilà donc comment, dans le livret de la Flûte magique, Mozart décrit certains maçons viennois, vieux bourgeois et aristocrates rabougris, dépassés par les innovations mozartiennes et qui sont bien loin de partager son enthousiasme et son impatient désir d’agir, afin d’atteindre à « l’extrême difficulté vaincue ». Cette misogynie est insupportable à Wolfgang. Il suffit de considérer avec quelle bienveillance et quel intérêt il s’intéresse aux femmes qu’il met en scène dans ses opéras, avec une très grande finesse, une profonde compréhension psychologique et une élégante connivence. C’est un connaisseur, depuis sa plus tendre enfance. Mais par-dessus tout, ses relations fusionnelles avec sa « très chère et excellente petite femme » le conduisent vers des projets « révolutionnaires » au sens maçonnique du terme. Ces projets, bien réels et inattendus, nous sont aujourd’hui connus par deux lettres de la main de Constanze, écrites l’une le 27 novembre 1799 et l’autre le 21 juillet 1800 aux éditeurs Breitkopf et Härtel, dont voici un extrait fort révélateur : « Mozart avait laissé un projet entièrement de son écriture qui concernait les statuts d’un Ordre ou une société qu’il voulait fonder, appelé Grotta. Je ne peux donner d’explication. Le clarinettiste de la cour, Anton Stadler, y a participé, mais hésite à l’annoncer, car il sait à quel point les sociétés secrètes sont haïes ».  Anton Stadler, l’ami et Frère de loge de Wolfgang, le confident, le complice en joyeuses sorties, le clarinettiste pour qui il composera deux chefs d’œuvre absolus pour la clarinette : le quintette KV 581 et le concerto KV 622.

On peut imaginer que Mozart, outre les statuts de cette Loge, se serait intéressé aussi à l’élaboration de son rituel, ce qui aurait constitué un document extraordinaire à plusieurs titres… mais ce document rituel n’est-il pas à lire déjà, presque en clair,  dans le livret de la Flûte magique ?  Quel fut ce projet tellement secret ? Quelle est la vérité sur la Grotte, qui prolonge le thème de la Flûte ? Car il s’agit bien d’une loge, ou d’une Grande Loge, à part entière, où, dans la conception de Mozart,  l’homme et la femme seraient initiés à égalité. Elle verrait principalement l’initiation de Constanze, « la très chère et excellente petite femme » de Wolfgang. Bref, il s’agit de l’accomplissement, dans l’esprit et dans les rituels de la maçonnerie européenne, du livret de la Flûte magique.

La Grotte : projet secret de Wolfgang Amadé Mozart.

Au XVIIIe siècle, le thème de la Grotte est un motif romantique largement répandu, grâce notamment aux rêveries d’un promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau. Quel plaisir de noter que ce type de paysage préromantique orna souvent les jardins et les parcs des francs-maçons européens aisés, qui pouvaient se permettre de les créer, dans un Ordre maçonnique qui n’était pas encore démocratique. C’est ainsi qu’à proximité de la France, dans l’ancien Hainaut des Pays-Bas autrichiens, se visite encore au XXIe siècle le très élégant château d’Attre, proche de Mons. C’est un bien familial depuis 250 ans. Il fut construit en 1752, et le comte de Gomegnies, chambellan et conseiller de l’empereur et roi Joseph II, y fit ériger des « fabriques » dont une mystérieuse grotte de type rousseauiste. Cet ouvrage, un amas de rochers « fabriqués » pour simuler des grottes, des monts et des ravins sauvages, s’élève à 33 mètres de haut et comporte 7 niveaux. Un visiteur régulier et de marque était le prince Albrecht Kasimir von Sachsen Teschen, un haut dignitaire de la Stricte Observance, à Dresde, qui, à Bruxelles, avait succédé en 1780 à Charles de Lorraine comme gouverneur des Pays-Bas autrichiens.

Le thème de la Grotte

Ce thème est associé à Mozart, dont on raconte, à Salzburg, qu’il acquit, avec Constanze, une petite maison d’été dans le parc de Aigen. C’est de toute façon en cette maisonnette du faubourg de Aigen que les musicologues Vincent et Mary Novello, en 1829, furent invités par Constanze. Le parc du château fut créé vers 1780 et fut, lui aussi, influencé par l’esprit des Lumières. La société des Illuminati s’y réunissait autrefois. C’est une rumeur qui circule encore à Salzburg. On y trouve un cimetière, mais surtout des cascades et une grotte, que Mozart a très bien connus. C’est dans  cette grotte que les Illuminati avaient l’habitude de terminer leurs initiations, assure-t-on. On voit bien la dimension européenne de ce mythe « maçonnico-rousseauiste »…

La grotte inférieure est appelée « trou des sorcières » ; pour y pénétrer, il faut entrer dans un ruisseau plus ou moins impétueux selon les caprices de la déesse Météo, et on progresse lentement en pataugeant dans l’obscurité absolue. Comment ne pas penser aux épreuves de la Flûte magique ! La sortie se fait face à une chute d’eau. Nous observerons enfin que l’iconographie de la Flûte magique, en 1820, nous montre le temple de la Reine de la Nuit curieusement logé dans une énorme grotte. La coïncidence n’est pas due au hasard, 

En conclusion :

la véritable signification de la Flûte magique réside dans l’intention ferme, très clairement développée dans le cœur et le cerveau de Mozart, qui prend forme dans sa volonté de réformer la maçonnerie, à la suite de Joseph II. Il est déjà accompagné par les sœurs von Thun, la sœur Pathon, les sœurs Bender et Orlando, la sœur Puffendorf, la sœur Matolay et bien entendu la sœur von Sonnenfels. Le mari de la sœur von Thun est un dirigeant franc-maçon de grande influence, haut dignitaire lui aussi de la Stricte Observance ; le comte von Thun soutient le projet. [11]

Mozart entend réformer la maçonnerie autrichienne, puis européenne et enfin mondiale, au nom de l’amour qu’il éprouve pour Constanze. Au nom aussi de la tolérance qu’il étend au genre humain. Mais c’est la musique, et la musique seule qui triomphe de tous les obstacles rencontrés sur la voie ardue de l’initiation. La plus humble des musiques, celle d’une petite flûte traversière. Imaginons que Mozart ait vécu, non pas jusqu’en 1791, mais jusqu’en 1820. Combien de chefs d’œuvres aurait-il encore composés jusqu’à 64 ans ? Quelle direction aurait prise la maçonnerie progressiste, sous le souffle puissant du romantisme ? Le Frère Goethe en avait été le prophète !

[1] « Quelques mystères de la Flûte Enchantée », Robert Wangermée, Revue Belge de Musicologie, t.XXXIV-XXXV (1980-81) pp. 147-163.
[2] « La Flûte Enchantée », opéra maçonnique, Jacques Chailley, Robert Laffont, 1991.
[3] « Trollflöjten », DVD,2h15, Ingmar Bergman, 2000.(le film est sorti en 1974-75).
[4] L’Autriche est alors en guerre contre l’empire ottoman. Rien n’est donc plus détestable qu’un Maure…
[5] L’interprétation de Dame Kiri Te Kanawa sur Youtube est bouleversante.
[6] C’est exactement comme cela que Mozart fut initié en 1784. Avec deux « éléments » traditionnels, selon l’évangile de Saint Luc, qui deviendront quatre dans la version de l’opéra datée de 1791, l’air et la terre ayant été ajoutés dans les rituels  révisés entre 1784 et 1791. Voir « Le rituel de réception de Mozart » publié dans les Acta Macionica n°11 de 6001,  et dans les Cahiers de Villard de Honnecourt n° 62 de 2006.
[7] Die Zauberflöte, 2 CD (ADD), Philharmonia Orchestra and Chorus, dir. Otto Klemperer,  EMI Records Ltd, 1989.
[8] Lettre de Wolfgang à Constanze du 14 octobre 1791.
[9] Son nom grec « mono statos » indique qu’il ne change pas et reste obsédé par une seule et même passion.
[10] Extrait de « La Loge secrète de Charles de Lorraine », Jean van Win, édité par Telelivre, le Bandeau, Belgique,  2018.
[11] P.A. Autexier : « La Lyre maçonne » , Detrad, 1997, p. 119

vendredi 04 octobre 2019 18 commentaires
  • 18
    pierre noel 10 octobre 2019 à 18:27 / Répondre

    Le film d’Ingmar Bergman de 1975 donne peut-être du livret de la Flûte une lecture fausse et orientée. les chants en suédois sont un peu faibles, d’accord.
    Mais je me souviens avoir beaucoup aimé le film, les images, la mise en scène … Ce fut un « enchantement » ! Je n’en dirai donc pas de mal.

  • 17
    Richard C, 10 octobre 2019 à 17:51 / Répondre

    Vous me donnez envie de visiter Bruxelles en 2020

  • 16
    JEAN VAN WIN 8 octobre 2019 à 18:38 / Répondre

    Les circonstances surnaturelles de la naissance de la Flûte sont connues par le livret. Ce qui me paraît important, c’est non pas tellement son caractère d' »enchantée », mais bien son « pouvoir » d’agir sur les éléments. Elle est donc, à mon avis, essentiellement enchanteresse ou enchanteuse, ce qui est très laid en français. Mais ne dit-on pas « Merlin l’enchanteur ? ». La Flûte magique précise mieux la capacité à enchanter que possède cette flûte surnaturelle.
    Le thème n’est ni neuf ni original. Une légende est née en Allemagne, à Hamelin, dès 1284, qui s’intitule : « le joueur de flûte ». Oyez donc. Des milliers de rats ayant envahi la ville, ils en sont expulsés par un joueur de flûte qui les fait déguerpir par « le charme » de la musique. Bien des dictionnaires traduisent Zauber par « la magie ».
    Il y a aussi bien des prédécesseurs à la Flûte magique. Dont, comme on le sait bien, « Lulu oder die Zauberflöte (1781) », un conte de Wieland, mais je dois vérifier.
    Un thème à la mode. Une musique unique au monde.

  • 14
    Mozart 8 octobre 2019 à 15:51 / Répondre

    Si l’Académie indique en effet que « enchanté » signifie « qui est sous l’effet d’un enchantement ; qui détient un pouvoir d’enchantement », « Zauber » se traduit au premier sens par « magique ». En l’occurrence, « magique » et « enchanté » sont synonymes dans les deux langues. Il est sans doute illusoire (et vain) de penser que par souci d’Authenticité (linguistique), « La Flûte Enchantée » devienne « La Flûte Magique », comme le Frère Philippe Autexier me le confiait déjà il y a bientôt trente ans.. A ma connaissance, c’est lui qui, le premier, a évoqué cette question à l’époque.

    • 15
      Joël 8 octobre 2019 à 16:12 / Répondre

      Bravo. C’est exactement ce que j’ai dit au post 2 n’en déplaise à Jean, Pierre, Paul et Jacques.

  • 12
    pierre noel 5 octobre 2019 à 19:19 / Répondre

    Finalement, qui se préoccupe de tout cela ?
    Die Zauberflöte est une jonglerie pleine de belles images, de vieux sages et de benêts, avec une musique sublime. Personne ne comprend ce qu’on chante, même les Allemands de langue (heureusement depuis plusieurs années, on a introduit les sous-titres dans les opéras). Joseph II n’y a sans doute compris goutte.
    Le parc de Bruxelles est un endroit de promenade par beau temps, de passage le reste du temps. Les promeneurs, les amoureux ou les « navetteurs » pressés de prendre leur tram se fichent pas mal de l’éventuelle signification « symbolique » du lieu ou de l’intention de ses créateurs. Le vallon où se trouve le buste de Pierre le Grand est un repère de seringues vides et d’ordures de toute sorte, comme il s’en trouve dans toutes les grandes villes.

    • 13
      Joël 5 octobre 2019 à 21:01 / Répondre

      Un projet de rénovation du Parc de Bruxelles est prévu en 2020. J’ai demandé à la Ville le replacement des statues (copies) disparues. J’ai fait mon travail de citoyen parallèlement à l’étude. Ne pas tomber dans le « tout se vaut » et l’Histoire de la FM ou l’Histoire tout court n’a aucune importance. C’est malheureusement une vision bien bruxelloise du patrimoine que la vôtre. En France, c’est moins le cas.
      Normalement, cet échange devrait désormais être clos.

  • 11
    JEAN VAN WIN 5 octobre 2019 à 15:59 / Répondre

    Je pensais qu’il était de règle, sur ce blog, de ne pas s’adresser à des personnes, comme en loge, du reste. Un peu de décence ne nuit pas. Il s’agit, en principe, d’un débat d’idées !

  • 7
    JEAN VAN WIN 5 octobre 2019 à 11:09 / Répondre

    Le qualificatif « VERITABLE » apparaissant dans le titre de l’article repris par Géplu est de moi, et non de Robert Wangermée. Je l’ai délibérément utilisé dans un MDA donné en ma loge. Je souhaitais attirer l’attention de mes FF sur l’idée maîtresse de la Flûte magique, ou enchanteresse, càd celle d’une initiation « à parfaite égalité » (titre distinctif de loge très usité au XVIIIe), d’un homme et d’une femme de qualité. Papageno et Papagena ne seront pas reçus.
    (Véritable : qui établit la conformité de ce qu’on dit avec ce qui est. In omni re vincit imitationem veritas (Cic.) pour faire pédant…).

    Initiation mixte qui est fort hérétique en maçonnerie, déjà bien avant 1791 et toujours en 2019, (sauf exceptions bien connues), certaines obédiences masculines remettant de façon récurrente cette hérésie sur le « tapis aux disputes » depuis au moins 60 ans. J’ai toujours connu ce débat qui semble agiter encore bien des frères et des sœurs.

    Conforme donc à la Vérité, qui est celle de Mozart, et pas nécessairement la mienne. Je me suis efforcé de faire comprendre ce qu’il a voulu faire, avec la Flûte magique et avec la Grotte, dont le projet est attesté par les deux lettres de Constanze aux éditeurs de son défunt mari et que je cite.

    Je ne reviendrai plus sur les carabistouilles relatives au parc royal ésotérique de Bruxelles, etc. Je les laisse volontiers à ceux qui considèrent que la maçonnerie est une activité ludique. C’est leur droit, après tout. Notons toutefois qu’AUCUN architecte-urbaniste de la Ville de Bruxelles n’accrédite cette hypothèse invérifiable. J’arrête pour ma part ici ce débat qui se dirige, une fois encore, vers une polémique indigne de nos milieux.

    • 8
      Joël 5 octobre 2019 à 14:12 / Répondre

      Par votre dernier paragraphe, c’est vous qui relancez la polémique. Ouvrez vos yeux, vous qui n’avez même pas pensé à la présence envisagée d’un obélisque orné de 8 sphinges et de Minerve-Hermès au bassin du Parc et encore moins la « Vérité cachée » dans les buissons du Parc due au FM Vinçotte. Encore moins au fronton du Palais de la Nation, rue de la Loi, de Godecharle et éminemment maçonnique.
      Voici les commentaires de quelques universitaires et maçonnologues à propos de mon étude « Le Quartier Royal, une forêt de symboles ». Est venu s’y ajouter un commentaire positif d’un Grand Prieur (RER), un Régime qui vous est cher :

      Pour conclure ma réponse à la réfutation de Jean van Win, voici quelques-uns des commentaires de mon article émanant d’historiens ou de maçonnologues, sans compter l’article du Cercle d’Histoire de Bruxelles.
      Hormis Jean van Win, je n’ai pas rendu les expéditeurs identifiables, mais ils sont certifiés sincères et véritables sur mon honneur et ma conscience :
      1. « J’ai beaucoup apprécié ton travail sur Saint Jacques sur Coudenberg, et depuis cette lecture, meliora praesumo à ton égard ! Je pense néanmoins que tu te trompes en ce qui concerne le rôle de Starhemberg en sa qualité de maçon aux Pays-Bas autrichiens, et je vais approfondir ce point-là sur base de documents plus crédibles que ceux produits par les ineffables Cordier, Duchaîne et Vander Schelden, tous antérieurs à l’avènement de la critique historique, et affabulateurs notoires. »
      Jean van Win, 2 décembre 2017
      2. « C’est un début qui me paraît prometteur. Quant aux quelques remarques, elles ne remettent absolument pas en cause le fond de ton article. De plus, l’objectif n’était-il pas d’avancer des arguments solides afin de susciter la réflexion ! In tempore non suspecto, je dirais que tu auras des réactions qui apporteront de l’eau à ton moulin en étayant les arguments avancés par d’autres preuves ou faits. Il y aura certainement des critiques mais je ne pense pas qu’elles ébranleront tes hypothèses. »
      3. « J’ai fini de relire votre texte. Je le trouve fort documenté et très convaincant. Peut-être connaissez-vous les travaux que je vous adresse en pièce jointe. Ils vous permettraient sans doute de procéder à des comparaisons. L’empire austro-hongrois date de 1867, auparavant il vaut mieux parler de l’Empire, ou de l’Empire des Habsbourg. Pour la loge Minerve aux trois palmes, elle ne s’est pas encore ralliée à la SOT au moment où Starhemberg y est reçue (je l’ai vérifiée sur la matricule de la loge), car la SOT n’existe pas à cette date. »
      4. « La démonstration me paraît convaincante. J’ai mis quelques observations sur des points de détail, entre autres, la thématique aigle/pélican pourrait être amplifiée en rapport avec le grade de Rose-Croix. »
      5. « Je profite de ce dimanche matin pour répondre à votre mél… Merci de m’avoir fait parvenir le résultat de vos travaux historiques sur le symbolisme maçonnique de Bruxelles. Tout cela me semble bien documenté, j’y ai appris beaucoup de choses et vous félicite pour le sérieux de votre démarche.
      Il est bien d’avoir rétabli le rôle important de la SOT en ce qui concerne Charles de Lorraine. Le rôle de la maçonnerie templière et chevaleresque a été trop longtemps ignoré ou sous-estimé par de nombreux maçons, notamment en Belgique. »
      6. « Je vous remercie pour votre article fouillé (ndr : ébauche de mon étude). C’est en effet un sujet complexe et polémique. L’appartenance de Starhemberg est un élément intéressant (est-ce bien un document d’époque qui en atteste ?), mais il est peu probable qu’un ministre plénipotentiaire prenne ce genre de « liberté » sans l’approbation du gouverneur général, en l’occurrence Charles de Lorraine. Plusieurs éléments que vous relevez sont interpellants, mais je reste toutefois sceptique en l’absence d’une mention explicite dans les archives (mention, même implicite, que je n’ai jamais trouvée malgré les centaines de documents dépouillés) car s’il y a plusieurs cas connus de symbolisme maçonnique dans des jardins privés, il est très rare au 18e siècle que des symboles maçonniques se retrouvent, comme ici, dans l’espace public. De plus, les archives témoignent bien des nombreuses contingences topographiques (relief, bâti ancien, réseau viaire existant) qui ont en grande partie déterminé les choix de plan, notamment l’orientation des allées latérales. Quant à la patte d’oie, c’est une forme très populaire dans l’art des jardins, surtout depuis Versailles. Pour l’équerre et le compas sur la statue, c’est là aussi une iconographie extrêmement répandue qui le plus souvent à l’époque évoque plutôt les beaux-arts que l’Art royal… Pas simple. Bref la question me semble ouverte et vous avez raison de rouvrir le dossier surtout si de nouveaux éléments venaient à éclairer le dossier ! » (ndr : entre-temps, l’article est passé d’une dizaine à 64 pages)
      7. Je vous remercie pour l’envoi de votre étude qui me paraît solide et apporter des arguments importants à cette discussion. Je ne suis spécialiste ni de maçonnerie ni de jardin, mais votre étude exigera une réponse circonstanciée. À titre personnel, et sans être, comme je viens de le redire, un spécialiste, cette interprétation maçonnique m’avait toujours paru assez évidente, rien que par les plans. Existe-t-il en fait d’autres parcs ayant cette structure ? Il me semble qu’on ne peut la réduire ici à une simple patte d’oie, en tout cas.
      8. « Ton dossier sur le Parc me semble mature désormais et la critique peine à te mettre en défaut. Ce serait sympa de pouvoir diffuser le fruit de tes recherches auprès d’un plus large nombre ! » (juin 2018)
      9. Le Parc de Bruxelles, un espace maçonnique ? sur le site de Christophe De Brouwer, 15 août 2018

    • 10
      Joël 5 octobre 2019 à 15:47 / Répondre

      Les indices que Jean van Win n’a pas vus dans son ouvrage « Bruxelles maçonnique, faux mystères et vrais symboles, Marcinelle, Ed. Cortext, 2008 (ISBN 9782874300479). (Nouv. éd. revue et augmentée Bruxelles, Ed. Télélivre, 2012 (ISBN 9782930331096)).

      1. Le prince de Starhemberg, membre de la Stricte Observance Templière, est le maître d’œuvre du Quartier Royal (et non Charles de Lorraine qui n’a aucun pouvoir effectif).
      2.Tous les dirigeants autrichiens à Bruxelles sont à l’époque Francs-maçons (un léger doute subsiste pour Charles de Lorraine, mais il aurait été initié à Paris). Le chancelier Kaunitz à Vienne est également Maçon. Il est apparenté aux Starhemberg.
      3. L’obélisque du Franc-maçon Godecharle n’a jamais été placé au bassin rond du Parc, comme c’était prévu. L’Allégorie : Minerve-Athéna, Mercure-Hermès, Abondance/Isis-Cérès-Déméter, Aigle pyrophore et 8 sphinges. Ce qui prive le Parc de sa représentation symbolique fondamentale. Houdon, membre de la célèbre Loge Les Neuf Sœurs, s’était proposé de dessiner le bassin « qui devait faire parler le monument. » La « pierre angulaire » de l’ensemble urbanistique comme il est dit dans les échanges épistolaires de l’époque.
      4. Le monument au plan gravé avec enfants munis du compas, de l’équerre (Maître), du ciseau et du maillet (Apprenti), le chef-d’oeuvre du Compagnon étant le plan du Parc.
      5. Un kiosque au Phénix installé au bassin rond en 1841.
      6. L’importance de l’allée oblique vers la Place Royale.
      Le coucher de la Saint-Jean d’Hiver (ou le solstice du 24 au 27 décembre), fête d’obligation maçonnique au 18e siècle, est ciblé.
      7. Le trophée de la « Toison d’Or » à l’entrée du Parc, rue Royale.
      8. Le trésor de la Toison d’Or (pierre philosophale, élixir de Longue Vie) dans l’axe du Parc (Chambre héraldique, détruite).
      9. La présence d’un « Passage des Colonnes » à l’Occident symbolique (rue de la Régence, détruit).
      10. L’allégorie de la Justice au fronton du Palais de la Nation dans l’axe du Parc et son titre emblématique de la Franc-Maçonnerie du 18e siècle : « La justice punissant les vices et récompensant les vertus ». Delta rayonnant, colonne tronquée, etc.(cet article était en hyperlien dans mon texte que Jean van Win a dû lire).
      11. Les bas-fonds avec Marie-Madeleine (Maçonnerie opérative) dans une grotte à l’entrée du Parc. Ils font office de grotte initiatique ou de cabinet de réflexion.
      12. Mise en exergue sous forme d’allégories dans le Parc de la « Vérité », cachée par des buissons, et de la « Charité » (sculptures) et au fronton du Palais de la Nation de la « Justice et de la Vertu », quatre concepts éminemment maçonniques en cette fin de 18e siècle.
      13. Un Christ-Hermès (Christ-Lapis ou pierre philosophale) parmi les « Hermès » du Parc.
      14. L’église Saint-Jacques-sur-Coudenberg est un décalque du Temple de Salomon (tel que le conçoit la Franc-Maçonnerie du 18e siècle). Sur la toiture : croix templière et de Malte (Maçonnerie chevaleresque, voire templière très prisée par les Autrichiens).

  • 6
    FABRICE 5 octobre 2019 à 10:35 / Répondre

    J’ai trouvé la longue analyse de Van Win intéressante bien que décevante et, pour tout dire, un peu tirée par les cheveux.

    Van Win livre une interprétation « maçonnico-politique » de la Flûte enchantée alors que Schikaneder, maçon en rupture, s’est librement inspiré de contes de l’écrivain souabe Wieland. Mozart a mis en musique. Je dois relever que Wieland a été initié dans la loge de Goethe, à Weimar, en 1809, 4 ans avant sa mort et 18 ans après la mort de Mozart !

    Je ne dis donc pas que la pensée maçonnique soit absente de l’opéra de Mozart, qui est une libre adaptation de contes, mais je pense que l’on a tort d’en faire la colonne vertébrale de l’oeuvre.

    La Flûte enchantée un opéra populaire, un divertissement qui a été créé pour le peuple (d’où l’usage de l’allemand) et qui s’est joué devant celui de Vienne au moment où le compositeur autrichien, criblé de dettes, miné par les excès et notamment par l’alcool, était en train de mourir.

    Certains y verront une oeuvre philosophique (c’est ainsi qu’elle est vue majoritairement), d’autres une provocation, d’autres encore un moyen de trouver un public et de vendre des entrées.

    Si Mozart avait voulu délivrer un message d’émancipation, je crois qu’il s’y serait pris de manière plus directe en s’adressant aux têtes couronnées de l’époque puisqu’il les fréquentait depuis que son père l’avait exhibé comme un animal de foire dans toutes les cours d’Europe.

    • 9
      Désap. 5 octobre 2019 à 15:14 / Répondre

      6 – Merci cher Fabrice. Cette Flutte Enchantée « maçonnique » de Mozart m’a toujours fait penser à ces symboles et autres décorations photographiés au détour des cimetières, façades ou encorbellements que l’on destine souvent rapidement, aidé d’une d’imagination fertile.
      Je n’y vois de maçonnique que l’auteur de la « bande son » comme on dit d’nos jours 😊

  • 4
    pierre noel 4 octobre 2019 à 17:49 / Répondre

    Existe-t-il une VERITABLE (sic) signification de la Zauberflöte ? Que vient faire ce mot dans une discussion d’idées ?
    On retrouve dans ce texte toute la passion de Jean Van Win, celle qu’il a mise dans tout son parcours maçonnique, dans toutes les loges qu’il a fréquentées, de ses premières armes en « bord de Senne » jusqu’à ses dernières entreprises en d’autres lieux. Cette passion l’a rendu insupportable à certains, attachant à d’autres (dont je suis!). Dans tous les cas, il n’est jamais passé inaperçu!

    • 5
      Joël Goffin 4 octobre 2019 à 20:36 / Répondre

      Moi aussi, je ne suis pas passé inaperçu (cf. google), mais je n’affirme jamais rien. Il s’agit toujours d’une hypothèse que je développe dans le respect de mon contradicteur. Notre F. van Win devrait prendre quelques leçons relatives aux libre-examen. Il n’est jamais trop tard, lui qui m’a traité de fantasmeur et de psycho-rigide à propos du Parc de Bruxelles « maçonnique ».
      Pour mémoire, j’ai planché une dizaine de planches sur ce sujet dans les diverses Obédiences : beaucoup de F. et S. convaincus et des points critiques très rares…

  • 3
    Cyrus 4 octobre 2019 à 11:11 / Répondre

    Bonjour,
    À défaut de savoir si l’interprétation de Jean Van Win est LA VÉRITABLE signification de la Flûte enchantée de Mozart, ne faudrait-il pas un peu d’humilité quand tant de grands connaisseurs passés et présents de Mozart ne partagent pas ses vues ? Cela ne représente qu’une signification maçonnique ou non parmi tant d’autres !
    Un FM y verra telle signification, un catholique pratiquant telle autre, un simple mélomane telle autre encore…
    À ce propos, je signale la parution prochaine (prévue le 15/10/2019) aux éditions Detrad AVS d’un ouvrage collectif intitulé : La flûte enchantée : Un opéra maçonnique ou initiatique ? Voilà peut-être encore une autre véritable signification de cet opéra.
    Il en va de même du parc de Bruxelles : Un FM l’a construit, on y trouve des symboles véritablement maçonnique (VITRIOL), on y trouve aussi des symboles interprétables différemment selon que l’on soit FM, profane, chrétien, musulman… Ce n’est pas pour cela que ces différentes interprétations personnelles seraient erronées ou fautives. Cela relève de la capacité des symboles d’être polysémiques et de traverser le temps et les cultures. Vouloir se mettre aujourd’hui à la place du concepteur de ce parc et déterminer aujourd’hui quelle était la volonté exacte et univoque de celui-ci, surtout qu’il est resté silencieux sur ce fait, serait totalement présomptueux. Pourquoi ne pas simplement y voir ce qu’on veut y percevoir, comme devant une oeuvre d’art ? Pourquoi serait-il si différent d’interpréter sa signification que celle de l’énigmatique sourire de la Joconde ou d’une oeuvre de Cézanne ou d’un cubiste ?

  • 2
    Joël 4 octobre 2019 à 11:00 / Répondre

    Je vais me replonger dans l’article de Wangermée pour voir ce que vous apportez de nouveau. En effet, ce texte ne m’a quasi rien appris. Petite approximation : Saxe-Teschen, frère de Loge de Starhemberg, et reçu à Prague, a bien succédé à Charles de Lorraine en 1780, mais il n’est arrivé qu’un an plus tard. Starhemberg aura les pleins pouvoirs à Bruxelles jusqu’à son retour à Vienne en 1783. En réalité, il les avait déjà depuis 1773-1774. Le chancelier Kaunitz, également Maçon, était son parent : ce sont les Kaunitz qui ont intrigué pour entrer par le mariage du futur chancelier dans la prestigieuse famille autrichienne. Prestigieuse parce que l’oncle de Starhemberg et Sobieski avaient repoussé les Ottomans qui faisaient le siège de Vienne en 1683.
    Enfin, le Freihaustheater à Vienne appartenait aux Starhemberg : c’est dans ce théâtre « populaire » que fut représentéé plus de 200 fois La Flûte enchantée de son Frère Mozart.
    Note : La Flûte enchantée n’est pas une mauvaise traduction.
    Enchanté : « qui détient un pouvoir d’enchantement »
    Enchantement : « Opération magique consistant à enchanter son effet »
    Quant à la traduction anglaise, ce n’est jamais que du français mal prononcé (démarquage d’une citation de Clemenceau).

  • 1
    Anwen 4 octobre 2019 à 10:23 / Répondre

    Trophées, emblèmes et histoire de flûte.
    Il fut un temps où la moitié de la Terre était féministe, l’autre masculiniste, Tour à tour vainqueurs ou vaincus, on voyait les deux partis sans cesse en lutte. Ils couvrirent pendant plusieurs siècles toute l’Asie, l’Afrique, l’Europe de ruines sanglantes.
    Ils prenaient pour emblèmes les objets qui rappelaient l’origine de la lutte.
    Les Féministes avaient pour symbole La fleur de lotus (ou lotos), qui représentait la Yoni des Hindous, le cteis des Grecques.
    Chez les Celtes, la fleur de lys sera l’emblème féminin et restera longtemps le symbole du pouvoir légitime. Mais les hommes s’en empareront sans penser que la chose qu’il représente n’appartient pas à leur sexe.
    La Rose, que les anciens appelaient « la splendeur des plantes », est aussi un emblème qui représente la Femme. Elle est dédiée à Vénus et ceux qui se soumettent à sa loi sont appelés sub rosa.
    C’est la rose mystique que nous retrouvons en Egypte dans l’ordre de la « Rose-Croix ».
    Mais les hommes raillaient, blasphémaient, ridiculisaient la Yoni. Chez les Celtes, on la représentait par une grenouille (et les anciennes coutumes bretonnes nous apprennent qu’il a existé longtemps un jeu qui consistait à « écarteler la grenouille »).
    Les masculinistes arborent le « lingam » aux Indes. On les appelle « Lingajas ». Chez les Grecs, c’est le Phallos, et chez les Latins, le Phallus.
    Les Féministes, à leur tour, ridiculisent cet emblème, le représentent sous la figure d’une oie, d’une grue, d’une cigogne, de tout oiseau dont le long cou émerge de deux ailes déployées, et en font le symbole de la bêtise.
    Plus tard, les hommes ennobliront l’emblème et en feront le cygne de Léda, les oies sacrées du Capitole, et enfin l’aigle impérial.
    Dans les vieilles légendes germaniques, c’est la cigogne qui apporte les enfants au monde.
    Cependant, quand, plus tard, ils voudront renvoyer à la Femme ses injures, c’est elle qu’ils appelleront grue, oie, croyant ainsi l’insulter, sans penser que la signification symbolique de ces mots ne s’applique pas plus au sexe féminin, que la fleur de lys au sexe masculin.
    Le chameau, qui a deux bosses et un long cou, représente aussi le Phallos.
    Le chêne deviendra un emblème mâle, à cause de la forme de son fruit, c’est pour cela qu’il symbolisera la force de l’homme.
    On lui opposera l’Acacia, qui deviendra un emblème féminin à cause de la forme de sa fleur et restera le symbole de la science primitive perpétuée dans les sociétés secrètes (notamment dans la Franc-Maçonnerie).
    La signification des symboles se voilera dans l’hermétisme et quelques-uns deviendront énigmatiques, tels que la flûte de Tubal-Caïn, ce triste instrument qui amène la dégénérescence de l’homme qui devient expert dans l’art de s’en servir. Et les traducteurs naïfs nous diront : « Tubal-Caïn ou Jubal découvrit les instruments de musique ».
    Cordialement.

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