Jazz et FM

Jazz et Franc-Maçonnerie

Par Géplu dans Divers

Yves Rodde-Migdal, qui se présente comme Jazzman et franc-maçon, nous livre ici un témoignage plus qu’un livre. Rempli d’anecdoctes par cet amoureux de la musique, fin connaisseur du jazz et, pour en comprendre les liaisons avec la franc-maçonnerie, de la maçonnerie américaine et plus particulièrement des loges de Prince Hall où furent initiés la plupart des plus grands jazzman américains. Il serait plus facile de dire ceux qui n’étaient pas maçons que les initiés, Yves Rodde-Migdal nous donnant une liste, non exhaustive, de près de 50 noms.

Dans sa préface, Philippe Foussier, Grand Maître du Grand Orient de France, nous explique :  (…) Assurément, la franc-maçonnerie anglo-saxonne en vigueur outre-Atlantique constitue un univers profondément éloigné de celui qui caractérise la franc-maçonnerie libérale et adogmatique que le Grand Orient de France incarne, avec de nombreuses autres obédiences à travers le monde. Continuant à pratiquer la séparation ethnique, cette maçonnerie aura pourtant offert aux Noirs américains des espaces et des outils d’émancipation dont on sait aussi, et depuis longtemps, le rôle que jazz y joua, y compris dans sa dimension spirituelle, voire religieuse. Il faut donc ici saluer l’exercice auquel s’est livré l’auteur, contribuant à éclairer utilement une part méconnue de l’histoire et du présent du jazz dans une Amérique qui, à beaucoup d’égards, continue à entretenir une relation singulièrement complexe avec les proclamations vertueuses dont elle se fait à l’occasion la spécialiste, y compris ses institutions maçonniques. (…)

Et l’auteur, dans son préambule, précise : (…) Ce n’est qu’au prix de luttes incessantes et acharnées de la part de militants noirs qui, dès le début des années 1700, vont prendre conscience de leur situation, que l’esclavage, la discrimination raciale, et le régime d’apartheid que l’on va nommer uniquement « ségrégé », vont enfin être aboli en 1964. Même si Lincoln proclame l’émancipation des noirs le 1er janvier 1863, il faudra encore un siècle pour arriver à une déclaration des Civil Rights Act et en 1965, le Voting Rights Act (droits civils et droits de vote). C’est dans ce terrible contexte que la franc-maçonnerie noire Prince-Hall va naître, prendre forme et s’installer durablement dans la société noire américaine. Mais cette franc-maçonnerie côtoiera la franc-maçonnerie blanche de façon à ce que leurs chemins et destins ne se croisent jamais, ou très exceptionnellement. Sauf pour les musiciens de jazz et nous allons essayer de voir pourquoi et comment. (…)

Jazz & Franc-maçonnerie, Une histoire occultée. Editions Cépaduès, chez Amazon ou de préférence dans la librairie la plus proche de chez vous. ISBN : 979-1090138582

samedi 13 janvier 2018 13 commentaires
  • 13
    LINEA RECTA 15 janvier 2018 à 19:02 / Répondre

    @ Captrane
    Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre. J’ai dû mal m’exprimer. Je suis ex-jazzman parce que j’ai cessé de jouer du jazz lorsque je suis devenu un adulte.
    J’ai comparé l’évolution de deux « structures » si l’on veut ; celle d’une forme de musique, qui est née, s’est développée, a atteint son paroxysme, et a amorcé sa dégénérescence.
    Je compare cette courbe de Gauss classique à celle de la maçonnerie, dont, pour moi, et je n’oblige personne à me suivre, l’avenir se trouve derrière elle. Au XVIIIe siècle. Tu as mal lu mon post 2.
    De plus, rien de « sexuel » dans tout ça. No wishful thinking !

  • 11
  • 10
    CapTrane 15 janvier 2018 à 02:28 / Répondre

    Il n’existe aucun rapport sexuel entre le Jazz évolutif et la Franc-Maçonnerie rétrograde. (voir Lacan).

    Le jazz c’est autre chose. C’est avant tout être dans sa propre histoire.

    C’est choquant de la part d’un critique ou musicien de dire, bien avant j »étais un jazzman. Et quoi, là tu es (Franc-Maçon)? Je suis ausi un Frère mais je ne mélange pas les objectifs. Comment tailler sa pierre? Comment tailler une pierre? Pour en revenir à Camus, comment dire non pour, dire oui à autre chose? Ce débat doit être prolonger ou alors c’est une nouvelle un coup dans l’eau. Dans le Jazz l’eau a très peu de place. 🙂

    • 12
      briand 15 janvier 2018 à 09:36 / Répondre

      Captrane, je ne comprends rien à ce que tu dis. Imbitable et un barbarisme franco-anglais pour dire incompréhensible. Je ne vois pas pourquoi tu parles de sexe, hormis le fait que le mot jazz voulais dire « baiser » à l’origine, encore que ce soit sujet à caution. Mais visiblement tu n’as pas lu cet ouvrage.L’auteur met parfaitement en évidence le rôle de la Maçonnerie noire Prince-Hall dans l’émancipation des noirs américains et de l’implication visiblement énorme des jazzmen dans cette obédience. Enfin si tu n’as pas compris le principe fondateur de la spiritualité dans le jazz, et les discours totalement dans ce sens de Coltrane, Ayler ou Sanders, alors on passe totalement à côté de cette musique. Lis le et après on en reparlera. Pour finir sur Imbert, loin de moi de critiquer un travail d’universitaire, mais le danger d’un tel ouvrage est de n’être accessible qu’à des initiés, ce qui est plutôt paradoxal. Celui dont on parle est exactement l’inverse, il s’adresse à tout le monde, d’où l’intérêt.

  • 7
    Leflaneur 14 janvier 2018 à 12:15 / Répondre

    Difficile, comme le fait le sous-titre du livre, de parler d’histoire occultée alors que Raphaël Imbert, jazzman, saxophoniste, a publié en 2014 une somme intitulée « Jazz suprême, initiés, mystiques et prophètes » (http://www.hiram.be/blog/2016/05/26/jazz-supreme-inities-mystiques-prophetes-a-gldf/). Merci à Captrane d’avoir donné un lien vers l’excellent article de Karol Beffa, pianiste et compositeur, au sujet de ce livre.

    • 8
      briand 14 janvier 2018 à 17:50 / Répondre

      Leflaneur et captrane. Le bouquin de Imbert est parfaitement imbitable pour qui n’est pas universitaire et a fait de l’anthropologie. Tous ceux qui ont essayé de le lire m’ont dit la même chose (y compris des copains journalistes spécialisés en musique). J’ai lu les deux, celui-ci étant hyper court, très concentré et facile à lire permet de comprendre rapidement le sujet et s’adresse au plus grand nombre, dont les profanes, qu’ils le soient en jazz comme en maçonnerie, et du coup c’est une excellente démarche. Bravo à l’auteur. Et en plus c’est pas cher donc démocratique.

      • 9
        CapTrane 15 janvier 2018 à 02:09 / Répondre

        Briand, quand tu nommes « imbitable », je n’arrive pas à en saisir les notes. Je perçois plus ou moins où tu désires en venir mais ce mot me semble déplacé du contexte (voir le fil). Au premier degré dans ce cas, l’universitaire et le mouvement anthropologique n’ont aucun sens. En quelque sorte, c’est comme en réduire la pertinence sur l’étude. Peux-tu m’éclairer sur le sens de tes mots? Ensuite, cette notion de « profane », correspond à la maçonnerie, devant….. En rapport de jazz on évoque mieux les compétences de l’audition, et encore….
        Le problème évoqué depuis les années 50 refait sans arrêt surface sur une seule question, celle de la modernité, le problème essentiel qui, donne un sens à un certain mouvement (jazz).

        La démarche, celle d’un engagement Maçonnique ne touche pas du tout la démarche du jazz. L’humanisme ne touche pas toutes les sphères Maçonniques.

        Etre « Jazzman » n’implique aucun serment, que du contraire. Dixit, pour faire simple, penser à la structure du free-jazz fin des année 66 – il était question d’improviser et de recevoir la liberté d’interpréter ne serait jamais concevable sur le pseudo-initiatique.

        Maçonnerie et Jazz, comment concevoir de donner du sens de manière chaotique?

        Pour faire une conclusion provisoire j’invite les SS @ FF à écouter et entendre ceci.:

        https://www.youtube.com/watch?v=WKKvXgByfRI

  • 6
    CapTrane 13 janvier 2018 à 23:14 / Répondre
  • 4
    CapTrane 13 janvier 2018 à 22:01 / Répondre

    En tant que « jazzman »& Franc-Maçon je ne vois pas réellement l’intérêt de cet annonce. Oui, au niveau initiatique sur certains rapports (et encore). Je pense que (PENNANEACH S. BRUNO) est dans le bon sens, mais là encore: où se trouve le rapport?

    Je vous conseille de lire : Conversation de Coltrane & Kofky.

    http://www.lenkalente.com/product/conversation-de-john-coltrane-et-frank-kofsky

    Je vais acheter cet ouvrage par curiosité. Mais de prime, en sachant que la plupart des créateurs du jazz ne sont pas maçon. Je ne perçois pas la pertinence. L’homme du jazz sait ce qu’il a à faire ou pas. C’est donc une matière toute individuelle. La Maçonnerie n’a jamais été servie par le jazz. Le jazz n’a pas besoin de la Maçonnerie pour suggérer l’élan humaniste. Et pas mal de Jazzmen n’ont que faire d’une attitude « jazz » au travers de leur réflexion propre.

    Peut-on improviser en Maçonnerie? 🙂

    Pour finir (c’est rare que je poste ici):

    Le Jazz n’est ni un répertoire spécifique ni un exercice académique … mais une manière de vivre.
    Lester Bowie, pochette du CD The Odyssey Of Funk & Popular Music Vol. 1 (Atlantic), 1999

  • 3
    PENNANEACH S. BRUNO 13 janvier 2018 à 20:22 / Répondre

    Bruno S. PENNANEACH
    « LA MUSIQUE AVANT TOUTE CHOSE »
    Grand Merci à Yves Rodde-Migdal, jazzman et franc-maçon., qui nous montre que la musique et tout spécifiquement le jazz est une voie de LIBERATION et de PERFECTIONNEMENT de Humain. C’est dans la mesure o’u les Humains s’efforceront sans aucune discrimination d’aller vers cette libération , ce perfectionnement, qu’ils s’accorderont le mieux pour construire un monde de paix et de justice. Ils peuvent, ils doivent donc s’entendre en harmonie comme une bonne musique de jazz pour construire un monde plus juste et plus éclairé pour tous. .

  • 2
    LINEA RECTA 13 janvier 2018 à 12:44 / Répondre

    Je suis franc-maçon et aussi ex-jazzman. J’ai fait partie de deux orchestres amateurs de style Nouvelle Orléans, dont : « the Original Old Style Jazzband », qui gagna un deuxième prix européen à Paris en… 1954.
    Je pense écrire un jour une étude sur l’évolution de cette musique au fil du temps, l’analyse de ses sources, ses styles successifs sous des influences extérieures, et enfin son aboutissement dans le free-jazz, à comparer avec l’évolution de la maçonnerie depuis 300 ans. J’y décèle de bien curieuses similitudes.
    Historicisme dogmatique ou évolution émancipatrice ?!

  • 1
    Alain de KEGHEL 13 janvier 2018 à 10:14 / Répondre

    Bravo à l’auteur de cette si heureuse initiative qui ne peut que ravir tous ceux qui s’intéressent à cet univers maconnique américain riche de cette polymorphie également au travers de la musique. A l’évidence la musique adoucit les moeurs .Reste à espérer que la Maison Blanche en prendra aussi conscience …apres les dernières et plus recentes outrances .

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