Jean-Pierre Servel, Grand Maître de la GLNF

Après les crises, Jean-Pierre Servel analyse le « PMF »

Par Géplu dans Interviews

Jean-Pierre Servel, avocat toulonnais, est le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française depuis décembre 2012, fonction dans laquelle il a succédé au très controversé François Stifani. Il a accepté de répondre aussi simplement que clairement, sans langue de bois, aux questions que je lui ai posé début février pour le Blog Maçonnique.

Des réponses qui peuvent aider à comprendre les raisons du rapprochement actuel de la GLNF et du GODF…

_______________________________

Géplu : Bonjour Jean-Pierre. Après ces deux crises consécutives, celle de la GLNF puis celle de la CMF, et maintenant que l’agitation semble se calmer, quelles conséquences, quelles leçons tires-tu des ces quelques années un peu folles que vient de vivre la maçonnerie française ?

Les Frères sont très attachés à certains principes qu’il ne faut pas trop s’amuser à modifier.

Jean-Pierre Servel : La première leçon à tirer, et il faut le faire avec humilité, c’est le problème de la fragilité des obédiences. On pense que les obédiences, parce qu’elles ont des effectifs élevés, des finances saines et une trésorerie intéressante sont à l’abri des maux. Or on s’est aperçu, notamment à la GLNF où on en a fait la triste expérience, qu’il y a une fragilité et que les Frères sont très attachés à certains principes qu’il ne faut pas trop s’amuser à modifier.

Il y a combien de Frères aujourd’hui à la GLNF, et combien y en avait-il avant la crise ?

On est à 26 000 aujourd’hui. Il y en avait plus de 40 000 avant la crise. Lorsque je suis devenu Grand Maître en décembre 2012 il était difficile d’avoir un chiffre précis. A la suite de la crise l’obédience n’était plus bien informée de la justesse du matricule de toutes les Loges. En fait à cette époque on devait être 22 ou 23 000.

Le retour de la reconnaissance a du aussi contribuer au retour de certains Frères ?

La reconnaissance : il faut l’avoir perdu pour réaliser à quel point elle était importante.

Oui, et je ne pensais pas à quel point les Frères de la GLNF étaient attachés à cet aspect des reconnaissances. Il faut l’avoir perdue pour réaliser à quel point elle était importante. C’était une de mes préoccupations premières que d’essayer de retrouver cette place sur le plan international.

A ce sujet des réintégrations, il se dit que les conditions que la GLNF mettrait pour accepter le retour d’anciens Frère se seraient durcies, rendant cette procédure plus compliquée si ce n’est impossible pour certains.

Non. Les conditions de retour ont été fixées bien avant le retour des reconnaissances, et nous ne nous sommes pas « barricadés » après le retour de celles-ci. D’ailleurs on a récemment simplifié la procédure du dossier de réintégration. Personnellement et bien avant mon élection j’avais exposé mes positions là-dessus, notamment qu’il relevait de la souveraineté des Loges de choisir les Frères qui la composent. Je pense que c’est là le premier élément de la souveraineté d’une Loge.
Les Frères qui veulent revenir à la GLNF doivent formuler une demande de réintégration sur laquelle la Loge vote comme pour une initiation. Ceci dit, il est vrai qu’il peut arriver que des crispations aient lieu. Il suffit de peu de boules noires et si des frères un peu aigris refusent des réintégrations j’en suis le premier peiné parce que lorsqu’il s’agit de Frères de qualité qui nous ont quittés dans des conditions honorables, je ne peux que me féliciter de leur retour à la maison. Mais je ne peux pas éviter que le vote dans certaines Loges soit parfois épidermique. Mais, Dieu merci, il y a aussi des Loges où les Frères accueillent avec joie ceux qui les ont quittés et les retrouvent.

As-tu des relations avec les Frères de la GL-AMF et de la GLIF ?

Au niveau des relations officielles, avec la GLMAF c’est plutôt distendu, même si évidemment j’ai gardé des relations avec certains Frères avec qui j’ai partagé des moments maçonniques. Je ne suis pas fâché avec tout le monde, loin de là heureusement. Avec la GLIF j’ai quelques relations, notamment avec son Grand Secrétaire.

Au sujet de la GLIF il se dit aussi en ce moment que beaucoup de ses membres seraient en train de revenir au bercail de la GLNF

Non, je ne puis confirmer. D’après ce qu’ils m’ont dit, les Frères de la GLIF sont heureux d’être ensemble et de continuer leur travail, et je n’ai pas noté de mouvements exceptionnels dans ce sens.

Maintenant que les 5 de Bâle ont quasi tous rétabli les liens avec la GLNF, quelles vont être tes relations avec ces obédiences qui ont tout de même essayé de vous court-circuiter ?

Oh, il faut oublier le passé et ne penser qu’au futur. Il ne faut surtout pas être rancunier, ce serait déplacé. En tout cas personnellement je ne le suis pas. Je ne vois ces retours qu’avec plaisir, même si je n’ai pas été tout à fait insensible à l’intervention de ces Grandes Loges sur le territoire français. Je leur ai dit souvent que moi-même je ne m’occupais pas de leurs affaires. Mais, bon, je crois qu’il faut savoir oublier les querelles du passé.

Alain Bernheim me disait ici même il y a quelques semaines que « Travailler de manière régulière, c’est ouvrir et fermer les travaux à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, avoir un Volume de la Loi Sacrée ouvert devant la table du Vénérable. Plus deux éléments essentiels : qu’il n’y ait que des hommes et que la loge ne prenne pas publiquement de positions politiques.» Es-tu d’accord avec cette définition de la régularité ?

Le Grand Architecte de l’Univers c’est Dieu

Il me semble qu’il manque à cette définition deux éléments importants, le premier étant la croyance en Dieu. Le Grand Architecte de l’Univers c’est Dieu, parce que s’il n’est qu’un symbole chacun peut y mettre sa propre conception ce qui n’est pas du tout le cas de la franc-maçonnerie régulière. Et puis il y a aussi le problème des intervisites qui n’est pas réglé non plus dans cette définition.

Au sujet des landmarks Alain Bernheim dit aussi « Il n’y a pas de règles immuables au sein de la Franc-Maçonnerie, les règles changent ».

Il y a un fond commun de règles qui définissent la franc-maçonnerie que l’on appelle pour cela « régulière »

Je laisse à Alain Bernheim la responsabilité de cette affirmation, moi je considère qu’il existe des landmarks. Tout le monde n’est pas d’accord, et il suffit de voir les différentes définitions qu’ont donné les auteurs, certains en retiennent 36, d’autres 6 ou 7. C’est vrai qu’il n’y a pas unanimité, mais il y a un fonds commun de règles qui définissent la franc-maçonnerie que l’on appelle pour cela « régulière ».

Au sujet des intervisites, problème sensible s’il en est, penses-tu qu’une évolution soit possible entre la GLNF et les autres obédiences françaises, ou est-ce totalement inconcevable ?

Où Bernheim a sans doute raison c’est de dire que tout peut évoluer, mais dans l’immédiat et dans les années à venir le problème des intervisites s’impose au regard des exigences de la règle que retiennent la grande majorité pour ne pas dire l’unanimité des Grandes Loges régulières, même si certaines sont moins à cheval que d’autres.

Lesquelles par exemple ?

Je préfère ne pas répondre à cette question car on pourrait penser que je veux régler des comptes…

Comment vois-tu l’avenir ?

Dans le PMF, je l’ai dit récemment, il y a deux pôles qui sont droits dans leurs bottes et qui sont clairs, c’est le GODF et la GLNF

Je vois l’avenir en rose, mais il faut être prudent. Ce que je souhaiterais, c’est qu’il y ait des choix qui soient faits plus clairement dans la mouvance des Frères qui se situent entre nous et le Grand Orient. Il y a des Frères qui sont attachés au débat sociétal, aux intervistes, voire à la mixité, et qui pourraient choisir d’être plus clair là-dessus, et d’autres qui paraissent intéressés par la reconnaissance et la régularité et qui pourraient me semble-t-il être plus clairs là-dessus aussi.
Dans le PMF, je l’ai dit récemment, il y a deux pôles qui sont droits dans leurs bottes et qui sont clairs, c’est le GODF et la GLNF. Au milieu, il a des obédiences que je respecte tout à fait, y compris la GL-AMF, mais qui ne sont pas très précises sur leurs fondements, leur avenir et sur les règles qu’elles s’apprêtent à respecter.

On voit bien effectivement les difficultés que vient de traverser la GLDF

Après 50 ans d’intervistes on ne peut pas du jour au lendemain dire c’est fini

L’exemple de la GLDF est effectivement significatif. Je ne leur lance pas la pierre. Je conçois que l’on soit tenté par les reconnaissances internationales et la régularité. C’est vrai que cela permet de rejoindre malgré tout 90% des maçons de la planète et que cela élargit le débat. Mais, d’un autre côté, on ne peut changer les règles ainsi, du jour au lendemain au sein d’une obédience. Je le pense et je l’ai dit aux 5 depuis le début. J’ai des amis intimes qui sont à la GLDF. Je connais leur fonctionnement. Les intervisites avec le GODF ou d’autres, c’est leur vie, et leur demander d’arrêter ça du jour au lendemain cela n’avait pas de sens. Certains le vivaient comme une sanction.
Quant une obédience se construit sous le signe de la régularité, comme c’est le cas de la GLNF, l’interdiction des intervisites est naturelle ou s’intègre facilement, mais après 50 ans d’intervistes on ne peut pas du jour au lendemain dire c’est fini. Et je pense que Marc Henry a été très lucide finalement de ne pas mettre ce sujet sur la table. Cela aurait pu faire éclater la GLDF et je crois que le premier devoir d’un Grand Maître c’est d’éviter l’éclatement de son obédience.

Tu parlais de ce que tu considères comme les deux pôles de la maçonnerie française, celle adogmatique du GODF et celle régulière de la GLNF. Quelles relations la GLNF entretient-elle avec le GODF ?

Les mêmes qu’avec les autres obédiences. J’ai rencontré les Grands-maîtres du GODF, de la GLDF, de la GLTSO à plusieurs reprises, de même avec la Grande Maîtresse de la GLFF avec laquelle j’entretiens des relations courtoises et précieuses. J’ai, je pense, de bonnes relations avec tout le monde.

Est-ce que tu considères que le GODF est une obédience qui propose un parcours initiatique digne de ce nom à ses membres ?

Oui, il y a une part au Grand Orient très marquée par le parcours initiatique. Il y a des loges qui travaillent uniquement dans cette perspective, je crois que personne ne l’ignore.

Et le travail sociétal pour toi n’est pas un travail maçonnique ?

Non, pour moi ce n’est pas un travail maçonnique. Mais moi je suis le Grand Maître de la GLNF, il ne faut pas m’en vouloir. Ce n’est pas pour cela que je conteste au GODF sa qualité de grande obédience très représentative et brillante. Il suffit d’ailleurs de faire l’inventaire de leurs conquêtes sociétales pour mesurer l’intérêt de cette obédience. Je ne me permettrais jamais de la critiquer. Nous en parlions avec Daniel Keller. Il vaut mieux insister sur nos points communs qui sont multiples que sur nos différences.

Par exemple ?

Chacun peut trouver son bonheur dans les différentes obédiences, quelles qu’elles soient.

Le principal, c’est l’attachement à un système de valeurs, à une éthique, qui me paraît beaucoup plus important que la nature même des travaux. Après, on est dans des voies différentes, et je n’ai jamais dit que la mienne était meilleure que les autres. Chacun peut trouver son bonheur dans les différentes obédiences, quelles qu’elles soient.
La GLDF par exemple a tout à fait sa place dans le paysage. Elle était cohérente avec elle-même, les divisions qui sont apparues sur des options de réforme ne doivent pas masquer l’unité qui régnait dans cette obédience.

Concernant l’ouverture de la GLNF, fermée par l’obligation de respect de ces landmarks…

Non, nous ne sommes pas coupés du monde ni refermés sur nous-mêmes. C’est tout le contraire. Nous faisons partie des 2 millions et demi de francs-maçons réguliers du monde. Certes, on est un peu coupé des obédiences françaises parce que l’on n’obéit pas aux mêmes règles. Peut-être qu’il y aura une évolution, un assouplissement des landmarks, tout peut arriver, mais je ne pense pas sous ma grande maîtrise.

Par ce « peut-être », tu veux dire que cela ne dépend pas de la GLNF, mais de la GLUA ?

De la GLUA et des autres, mais ils n’ont pas le même problème que nous. Ils n’ont pas souvent ce problème de coexistence dans leur pays avec des loges dites irrégulières.

C’est vrai que l’immense majorité des Grandes Loges régulières vivent dans des pays où elles sont quasi seules. Cette cohabitation avec une maçonnerie adogmatique n’existe que dans quelques pays d’Europe continentale. Ce problème, si tant est que c’en soit un, n’existe qu’ici.

Je ne serais pas opposé à la création d’une Grande Loge Unie de France

Oui, c’est un peu ça, et c’est vrai que pour nous c’est se priver des visites de Frères certainement intéressants. D’ailleurs, je l’ai toujours dit, je ne serais pas opposé à la création d’une Grande Loge Unie de France, voire à une confédération, mais j’ai toujours dit aussi que cela ne pourrait exister que si chacune des composantes respectait les principes de la régularité. Mais il me semble difficile dans le contexte français d’y arriver rapidement. Les faits l’ont malheureusement prouvé récemment.

Quelles seraient les caractéristiques de cette GLUdF ?

Être fidèle aux landmarks que tu évoquais tout à l’heure en ajoutant les deux que Bernheim avait oubliés.

Refaire une CMF autour de la GLNF ?

C’eut été un beau projet que la GLDF fut dans une confédération aux côtés de la GLNF

Non, pas autour, le beau projet ça aurait été avec la GLDF. C’eut été un beau projet que la GLDF fut dans une confédération aux côtés de la GLNF avec peut-être la GL-AMF. Dans quelques années, quant les blessures auront cicatrisé, pourquoi pas. Mais cela risque de passer par une scission de la GLDF, ce qui n’est pas souhaitable pour elle.

Une telle initiative ne peut venir que de la GLNF.

Non, l’initiative ne peut venir que des autres, puisque moi je respecte les landmarks.
Récemment la GLDF n’avait pas mis à l’ordre du jour les vraies questions. Elles n’y étaient pas toutes car il restait tout de même le problème de la croyance en Dieu, même si les 5 mettaient surtout l’accent sur les intervisites. Mais la GLDF dont le Grand Maître a l’honnêteté intellectuelle de dire qu’elle est composée de Frères qui ne sont pas tous croyants, ne peut pas imposer la croyance en Dieu. On n’oblige pas quelqu’un à croire sur une injonction !
Le problème, encore une fois, est celui des conditions de naissance et d’évolution des obédiences. Lorsque les règles sont fixées depuis le départ, elles ont des chances de s’appliquer. Lorsque l’on a vécu selon des modèles différents, il est difficile de changer, en cours de route, du jour au lendemain, le modèle fondateur. Évidemment.

Merci Jean-Pierre. Pour conclure, as-tu quelque chose à ajouter, un message à faire passer ?

Mon petit message c’est toujours le même, évitons de nous critiquer entre obédiences, vis-à-vis de profanes notamment, car nous donnons une image dévalorisée. Insistons plutôt sur nos points communs que sur nos différences.

samedi 14 février 2015 20 commentaires

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  • 20
    GILLES M 8 août 2015 à 23:33 / Répondre

    LES MYSTÈRES DE L’ÉVIDENCE…
    Il est de première évidence que l’on ne fédère pas en n’opposant ses différences, mais en les transcendant.

    Après il faut aussi dissocier l’acte politique de la pensée ou du sens premier de l’union.
    De là, quel est l’intérêt premier à travers cette volonté de représentation unique ou fédérée… C’est tout le sens de l’action comme tout acte fondateur.

    Dieu « Universalis » ou religieux. Il est évident que depuis l’acte fondateur républicain de la séparation de l’église et de l’état cela conduit directement au mot Laïque. Alors soyons tous réguliers et francs du collier, admettons seulement que le dénominateur commun à tous peut être un créateur universelle, peut importe son nom de baptême. Mais aussi pensons universellement que les agnostiques existent sans autre besoin de représentation quelconque, l’ouverture d’esprit nous l’impose !

    Sommes nous si seuls dans ces milliards d’étoile et d’univers en croissances permanentes. Présomptueux non !

    Que nous dit l’histoire… ? Plutôt que nous perdons facilement la mémoire. Nous ne connaissons pas grand choses de nos anciennes civilisations. Ou peut être pourrions nous juste nous dire qu’il s’avère qu’elles fûtes plus en avance que nous selon certaines traces laissées, aux différents lieux de la planète. Ou encore enfouies sous les mouvements de sols telluriques et de l’histoire de la formation de notre planète bleue. Des mouvements de sols permanents que savons nous en à peine quelques millénaires…. Où toutes les traces et la mémoire s’en trouvent effacées et longues à reconstituées.

    Il y a là pourtant aussi un point commun, les différentes formes pyramidales témoignant au quatre coins de notre planète, et ailleurs aussi, que des civilisations ont existé. Avec des dimensions impressionnantes et des constructions dont le secret de fabrication semble encore difficile à établir tellement l’ouvrage semble disproportionné à l’homme. Serait-ce vraiment fait de ses seules et propre mains… ?

    La question reste encore posée ! Seules des ébauches de réponses pour l’instant peut crédibles essaient d’en établir la réalité. Mais de là, n’est elle pas empreinte d’un autre témoignage que l’on se borne à ne pas voire. Il me semble que des témoignages existent sérieusement en ce sens. Mais rien ne semble indiquer que cela est force d’une symbolique empreinte de toute évidence par divers mouvement ésotérique ou de pensées. Il ne peut représenter là que la simple projection qu’ils font de la pensée à travers un objet ou un monument, ou du témoignage qu’il lui attribue.

    Il me semble en tout état de cause, que cela est aussi très loin du tombeau comme première réponse apportée, et que la réponse à ces monuments semble plus directement liée à d’autres usages et fonctions nettement plus sophistiquées et plus subtile. Comme le témoignage d’une présence et d’une infrastructure très orientée mais aujourd’hui démantelée. Nous n’en diront pas plus…

    Mais alors, quelle union ou forme de réponse cherche tout un chacun dans cette pénombre permanente des ténèbres ? D’être les détenteurs d’une vérité, de vérités.. ? Existe(ent) elle(s) sous cette forme. Du fameux St Graal… ? Ou sommes nous une forme plus quantique, comme des esprits ou entités intelligentes… ? Libre et cherchant à se délivrer de toute matière ou forme matérielle ? Cela vaut le coup d’y réfléchir, car de toute évidence, notre cerveau fonctionne déjà ainsi, et l’usage de ses capacités ne sont que très souvent quasiment inexploitées.

    L’homme à travers la technologie, en développement constante, comme l’univers, ne fait qu’imiter sa propre projection et conception personnelle de l’avenir, du passé et du présent, à travers sa propre idée de lui même et de sa représentation personnelle de la chose.

    Dans sa vie en société, celle-ci se fait à travers tout cela et il évolue ainsi…

    Mais il ne cherche pas toujours dans les meilleurs directions, se trompant souvent avant de trouver la bonne voie.

    C’est ainsi que nous sommes liés à notre destin, à travers de celui des autres qui nous ont précédés et ceux qui nous y succéderont.

    Mais pourquoi alors sommes nous ici… ? Chance et phénomène du hasard, volonté d’un Dieux, concours heureux dans la réaction en chaîne du Big-Bang.. ? Œuvre d’esprits libres ou mondes parallèles… ? Une sacrée question.. !

    En l’état, on voit que la réponse peut prendre quelques millénaires encore. Alors l’Union… la Fédération, l’Internationalisation. Quelques soient ces formes, répondent elles bien à un véritable enjeux… ? Ou simplement volonté « politique », au sens de Métro-polis ? Est ce bien la bonne direction… Bien des réponses restent encore à apporter, uniquement en ce sens, mais sans trop nous tromper de direction.. ! Et avons nous tous, simples terriens, bien cerné l’enjeu sans futilités.. ?

    Sommes nous de grands enfants, ou devrions nous réellement le redevenir… ?
    C’est quoi alors un secret de polichinelle, à côté de toutes les questions qui antes réellement notre univers et notre simple présence sur cette si belle et magnifique planète bleu.

    Courage, la route à beau être longue, elle est riche d’enseignements…

  • 17
    rigo 13 juin 2015 à 17:37 / Répondre

    Les réactions des athées sont pour certaines amusantes… Il y aurait un tas de choses à leur rappeler… Que Servel s’appuie sur la franc-maçonnerie britannique dont la GLNF tire sa régularité. Que la GLUA s’appuie sur ses propres Constitutions, Landmarks et règles et qu’elle a, par exemple, revisité deux fois les Constitutions d’Anderson, la troisième fois en 1815, et que cela donne un texte assez différent dans l’esprit du texte initial. Que les maçons français viennent d’une tradition portée par l’Être Suprême, le scientisme et le positivisme, tradition radicalement différente de la tradition anglaise. Un franc-maçon français régulier, voire reconnu, observe médusé les pensées de Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon et d’Auguste Comte, eux qui influencèrent fortement les élites de la nation au XIXè siècle, dont en particulier ceux qui passèrent par l’École Polytechnique, et qui continuent à influencer les maçons adogmatiques. Il leur préfèrera par exemple Henri Bergson et Charles Péguy… Les différences des approches sont de taille, on en conviendra, ce qui n’empêche pas de se parler et de se respecter.

  • 16
    séfandji assou 30 avril 2015 à 20:55 / Répondre

    bonsoir mes très frère et sœur

  • 14
    Oscar 19 février 2015 à 02:47 / Répondre

    Croire en un Être Suprême et pratiquer une religion sont deux choses complètement différentes !
    L’Être Suprême qui est Dieu, le Grand Architecte de l’Univers en Maçonnerie, n’est pas forcement rattaché à une des trois religions monothéistes ni à quel qu’autre religion que se soit, et il existe des tas de personnes dans le monde qui croient en l’Être Suprême sans pratiquer aucune religion.
    A la GLNF on reçoit… éventuellement… tous ceux qui croient en l’Être suprême et pas seulement ceux des religions. Il en est de même dans toute la Maçonnerie régulière et reconnue qui rassemble 90 à 95% des Maçons du monde.
    Et encore une fois il va donc falloir comprendre qu’il n’est pas nécessaire de faire partie de quelque religion que se soit pour croire en l’Être suprême, qui est Dieu, Le Grand Architecte de l’Univers.

    • 18
      rigo 13 juin 2015 à 20:46 / Répondre

      A la GLNF on ne reçoit éventuellement que ceux qui croient en Dieu et pas seulement en un Être Suprême déiste et robespierriste, ceci pour rappeler la différence fondamentale avec le GODF et d’autres obédiences adogmatiques. Ceci étant dit, tout n’est pas si simple, même chez les adogmatiques dès que l’on souhaite accéder à certains rites tel le RER… Ou alors les rituels auraient subi de très profondes transformations, mais celà je l’ignore.

  • 13
    brutus 17 février 2015 à 23:14 / Répondre

    Jean Pierre Servel persiste sans complexe dans sa bigoterie.

    Il déclare chez HiramBe:
    «Le Grand Architecte de l’Univers c’est Dieu, parce que s’il n’est qu’un symbole chacun peut y mettre sa propre conception ce qui n’est pas du tout le cas de la franc-maçonnerie régulière»

    Et bien oui chez nous à la Glamf ou dans la CMF « chacun peut y mettre sa propre conception » parce que ce n’est pas un modeste avocat Toulonnais qui pourrait prétendre à gouverner nos consciences pour nous imposer Sa vision de Dieu (au demeurant contraire à celle de nos illustres Frères qui firent rayonner la FM aux temps glorieux des Lumières)

    On ne s’étonnera pas que ce calotin ait dédaigné de manière si marquée la journée du 11 janvier 2015.
    Les intégristes sont solidaires dans leurs communes détestations.

    Reconnue ou pas cette Glnf qui veut violer les âmes, demeure une tâche pour la FM. 

    • 15
      Dalton 16 avril 2015 à 12:52 / Répondre

      Je n’ai pas pour principe de polémiquer mais, je me permets cet encart à l’adresse de Brutus. Ce que je peux constater dans certains commentaires et en particulier ceux de Brutus qui d’ailleurs au même titre de l’époque de la (Crise) GLNF où il sévissait déjà, apporte comme arguments des propos toujours très Fraternels et bienveillants… Je voudrais simplement vous rappeler très cher Maçon, que lorsque après une guerre (fut-elle Fratricide) on devient aussi vils que des barbares et qu’on se retire avec les biens de ceux que l’on a combattus on ne se comporte pas mieux que des pillards. Rendez déjà tous ceux dont vous vous êtes appropriés et en particulier au-delà des décors et mobiliers, les patentes et les rituels qui ne sont pas vôtres et ensuite peut être en les chargeant d’un peu de Fraternité et de bienveillance, vos propos pourront être acceptables.

      J’ai dit

    • 19
      rigo 13 juin 2015 à 20:48 / Répondre

      Brutus porte bien son nom et du coup ses frères ne le reconnaissent pas comme tel…

  • 9
    jean Rosen 16 février 2015 à 09:01 / Répondre

    Bonjour,
    Lorsqu’un GM se met au diapason de son obédience et sert les valeurs qui sont le fondement de sa communauté, c’est la voix de la FM que l’on entend., c’est fort, c’est sage et c’est beau…
    Jean

  • 7
    Raingeval Christian 15 février 2015 à 13:49 / Répondre

    Ces propos m’attristent: si la croyance en Dieu est le critère essentiel qui sépare plus que l’appartenance aux valeurs de la Franc-maçonnerie, je suggère un chapitre dans le livre de Michel Houellebecq » la GLNF islamique »

    • 8
      abibala 15 février 2015 à 19:21 / Répondre

      Christian, la Franc maçonnerie a été créée avec la croyance en dieu, depuis le début c’est comme cela…libre à ceux qui en court de route on voulu modifier cela et naturellement ou mécaniquement, ils sont devenus irrégulier ou plus reconnue, par plus de 90% de la maçonnerie mondiale. Mais c’est tout à fait respectable et je suis persuadé que leur voie est admirable.

      • 10
        Lionel MAINE 16 février 2015 à 09:40 / Répondre

        Mon Très Cher Frère ABIBALA,
        Bonjour,
        Reprends la première version des Constitutions d’Anderson, tu relativiseras peut-être tes croyances.
        A cette époque, l’esclavage était légal; quelles conclusions en tirer ?

        • 11
          abibala 16 février 2015 à 12:03 / Répondre

          Que l’esclavage n’a pas de liens avec la FM ;)ce sont des hommes qui ont créés cela pas des maçons…

    • 12
      Marih 17 février 2015 à 11:45 / Répondre

      Constitutions d’Anderson (1723)
      I – Concernant Dieu et la religion : Un Maçon est obligé par sa tenure d’obéir à la Loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux.
      Mais, quoique dans les temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays d’appartenir à la religion de ce pays ou de cette nation, quelle qu’elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des hommes bons et loyaux ou hommes d’honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances qui puissent les distinguer ; ainsi, la Maçonnerie devient le centre d’union et le moyen de nouer une véritable amitié parmi des personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement éloignées.

  • 5
    danielDH 14 février 2015 à 13:54 / Répondre

    Très beau dialogue très clair, qui appelle le respect et qui me conforte dans mon appartenance au DH.

  • 4
    Marih 14 février 2015 à 13:08 / Répondre

    Un entretien de haut niveau. Des réponses honnêtes, claires et précises. J’aime beaucoup la dernière réponse de Jean-Pierre Servel. Enfin des propos sensés et maçonniques. Nous sommes tous des Francs-maçons libres et égaux.
    Un Frère du GODF.

  • 3
    Oscar 14 février 2015 à 11:52 / Répondre

    Remarquable de concision et de clarté !
    C’est simple la Maçonnerie régulière, quand elle est expliquée dans le respect de la règle et sans arrière-pensées.
    Et on est là très très loin des discours alambiqués de quelques GM de certaines GL ou autres entités pseudo régulières qui manient l’ambiguïté et l’intox. à un point que c’en est complètement immoral

  • 2
    Lionel MAINE 14 février 2015 à 10:30 / Répondre

    Je confirme ! Total respect.
    Le gadlu tel que postulé par la régularité est clairement réaffirmé, contrairement à certains adeptes de la C.M.F qui , maintenant, étendent la possibilité de libre interprétation de ce symbole au mot « dieu » même.
    Que chacun reste authentique dans sa Voie, manifestement, n’empêche pas de comprendre l’autre; là réside l’Esprit de la Franc-Maçonnerie.

  • 1
    abibala 14 février 2015 à 08:33 / Répondre

    Respect…rien à dire de plus fraternellement 🙂

    • 6
      abibala 15 février 2015 à 09:10 / Répondre

      Merci mon Frère GEPLU, c’est un beau geste de rendre cet article gratuit, en effet je pense aussi que cette déclaration est importante !

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