JP Guilhem

Un beau portrait maçonnique acquis par le Musée de la franc-maçonnerie

Par Pierre Mollier dans Contributions

Musée
Un Frère d’autrefois rejoint le Musée de la franc-maçonnerie

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Contrairement à l’Angleterre par exemple, en France les « portraits maçonniques » sont peu fréquents. Sans doute en raison de la place très différente des loges dans les sociétés anglaise et française, il semble que les Frères français aient été réticents à se faire représenter avec les attributs de l’Ordre.

Il y a bien sûr des exceptions comme cette magnifique série de portraits des Vénérables de la loge parisienne L’Amitié peints par Garneray, l’un des premiers élèves de David [1]. C’est dire l’intérêt – et pour être sincère l’excitation – qu’ont suscités l’apparition sur le marché du portrait de Jean-Pierre Guilhem (1765-1830), Vénérable de la célèbre loge brestoise de L’Heureuse Rencontre au début du XIXe siècle. Revêtu de son habit de député, il arbore son sautoir de Rose-Croix et la croix « templière » en feutre rouge que portaient à l’époque les Chevaliers Kadosh.

Non seulement la pièce est exceptionnelle, mais le Frère qu’elle fait revivre à nos yeux est un homme de bien et un Maçon qui honore l’Ordre. Notre ami Jean-Yves Guengant, l’historien de la Maçonnerie brestoise, a reconstitué son parcours [2]. Négociant, armateur, il fut aussi à Brest le chef incontesté des libéraux anticléricaux. Il est élu député du Finistère en octobre 1818. Il siège au centre-gauche, dans la minorité libérale, proche de Benjamin Constant. Il est réélu en 1820 et devient la bête noire des royalistes Ultras. Il soutient les combats pour l’émancipation des noirs et la Société pour l’instruction élémentaire, qui promeut l’enseignement mutuel. Sur le plan maçonnique, il est le principal animateur de L’Heureuse Rencontre de 1785 à 1818. Il relance le chapitre de L’Heureuse Rencontre en 1801 et crée aussi à Brest un chapitre d’Hérédom de Kilwinning en 1802.

[1] Pierre Mollier, « Portraits secrets : les œuvres maçonniques du frère François-Jean Garneray », Revue des musées de France-Revue du Louvre, juin 2011.
[2] Jean-Yves Guengant, « Brest, 1802 : les francs-maçons écossais et français à la recherche de l’unité maçonnique », Chronique d’Histoire Maçonniques, n°75, Paris, 2015.

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Musée de la Franc-Maçonnerie 16 rue Cadet 75009 Paris.
Ouvert du mardi au vendredi : 10h00-12h30 / 14h00-18h00, samedi : 10h00-13h00 / 14h00-19h00,
dimanche : 10h00-12h30 / 14h00-18h00. Fermeture les lundis et jours fériés.

samedi 25 mars 2017 Pas de commentaires

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