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The Worshipful Society of Free Masons

Par Pierre Noël dans Contributions

Pierre Noël m’a transmis ce texte, me demandant s’il intéresserait les lecteurs du Blog Maçonnique Hiram.be.
Nous ne pouvons que l’en remercier. 🙂

__________________________________

The Worshipful Society of Free Masons, Rough Masons, Wallers, Slaters, Pavors, Plaisterers, and Bricklayers. (L’honorable Société des Maçons de Pierre Franche, des Maçons de Pierre Brute, des Constructeurs de Murs, des Ardoisiers, des Paveurs, des Plâtriers et des Maçons poseurs de briques).

La Société dont il s’agit (appelé communément « Les Opératifs ») n’est pas un organisme remontant au Moyen-Âge ni même à l’Âge Classique mais plus simplement au début du XX° siècle. Elle fut « réorganisée » à Westminster, en 1913, par onze membres de la GLUA dont le Dr. Thomas Carr, suivant les instructions de Clement Edwin Stretton (1850-1915), un ingénieur des Midlands spécialisé dans les locomotives. Il n’y eut au début qu’un Assemblage, celui de Channel Row à Londres (petite rue située en-face du palais de Westminster, près de Big Ben et à côté de l’entrée de la station de métro Westminster). Les débuts furent lents et il fallut la fin du siècle pour que ce système de grades « beyond the Craft » (réservés aux francs-maçons revêtus du grade/degré de l’Arche Royale et de celui de Marque) se développe mondialement (il est actuellement répandu partout où la maçonnerie existe).

Stretton, franc-maçon expérimenté de la GLUA (initié en 1871, PM et Grand Officier Provincial), et quelques autres étaient convaincus que les origines de la franc-maçonnerie spéculative devaient être trouvées dans les cérémonies et pratiques de la maçonnerie de métier (« opérative »). Celles-ci auraient subsisté jusqu’à la fin du XIX° siècle (à l’insu de la franc-maçonnerie « spéculative », celle qu’il vaudrait mieux appeler « de théorie » comme le fait très justement le Régulateur du Maçon) mais auraient disparu avec l’essor des Syndicats (Trade Unions Act de 1871) et les avancées technologiques qui avaient bouleversé l’enseignement du métier, rendant inutiles et obsolètes le recours aux guildes ou ce qui pouvait en rester. Ces cérémonies, Stretton assurait les avoir vécues dans sa jeunesse et en avoir reçu tous les grades du 1er au 7ème entre 1867 et 1908 (mais sans jamais en apporter la preuve assurée). En se basant sur ses indications rapportées dans une abondante (mais confuse) correspondance de 1909 et 1910, John Yarker (1833-1913), un franc-maçon enthousiaste (quoiqu’en froid avec la GLUA) et un ritualiste prolixe (voir John Hamill, 1996 AQC 109 : 191), écrivit les rituels dont il donna une ébauche dans « The Arcane Schools », 1909 (voir surtout les pp. 392 et suivantes). Ils furent régulièrement publiés dans la revue du DH britannique, « the Co-Mason » (plus tard « the Speculative Mason »), par les soins de Marjorie Cecily Debenham (chère au SC féminin de France) et Aimée Gothwell-Gosse qui avaient été toutes deux reçues dans la Guild Masonry. Les initiateurs du mouvement étaient convaincus de la valeur de ce qu’ils transmettaient mais aussi que les jours de cette maçonnerie d’autrefois étaient comptés. Ils ont voulu ainsi laisser une trace de son existence pour la postérité.

Cette initiative fit un certain bruit dans le Landerneau maçonnique, en Angleterre et en France. Des auteurs aussi connus que René Guénon, Claude Gagne, Jean Tourniac, Pierre Méreaux et Pierre Girard-Augry en ont parlé en termes divers, allant de la crédulité absolue (PM), du respect (JT) à la condamnation indignée (CG a parlé d’une « parodie du compagnonnage »). John Hamill (1996) s’est demande si Yarker fut ou non un charlatan (pour souligner en fin d’article qu’il était profondément sincère dans tout ce qu’il écrivait). Bernard Dat écrivit un long article bien documenté sur le sujet (RT 1999. 30 : 118), concluant que c’était une construction historiquement discutable (ce que personne ne conteste) mais de qualité, ne méritant pas le qualificatif de « forgerie » (une tromperie délibérée). De ces auteurs, David Kibble-Rees (2006, 2015), le seul qui ait du sujet une expérience personnelle, fut sans doute le plus nuancé et le plus utile, alliant critique sévère, indulgence bienveillante et enthousiasme personnel pour ce qui est le système de grades/degrés « après la maîtrise » le plus satisfaisant de la maçonnerie anglo-saxonne.

Le blason de l’honorable société serait d’après Stretton et Robert B. Grant (un de ses premiers collaborateurs) l’enseigne des tavernes où se réunissaient autrefois les maçons de métier. Aucune ne semble avoir survécu. Il semble évident que ce blason est un patchwork d’armoiries de différents métiers (Compagnies, Sociétés ou Fraternités) amalgamés dans un seul ensemble comme c’était le cas à Durham (N.E. de l’Angleterre). Ladite Compagnie ou Société avait reçu une charte de l’évêque du lieu en 1638 (Cas unique en Angleterre, l’évêque de Durham n’était pas seulement un chef spirituel mais aussi un seigneur laïc, le prince palatin de la province).

Sur le blason sont représentés les armes de ces métiers. On peut les décrire en sens horaire, en commençant par le coin supérieur gauche (je n’emploie pas le langage de l’héraldique, car j’en suis incapable) :
– Trois tours autour d’un chevron sur lequel est dessiné un compas ouvert (Compagnie des Maçons)
– Deux haches au-dessus d’un chevron, un maillet de bois par-dessous, sur fond noir. (Compagnie des marbriers).
– Trois dalles de pavements autour d’un chevron, sur fond rouge (Compagnie des paveurs)
– Deux haches entourant une fleur-de-lys au-dessus d’un chevron. Un fagot de lattes sous le chevron. Fond bleu foncé (Compagnie des Maçons poseurs de briques).
– Au-dessus d’un chevron gravillonné, une truelle entre deux marteaux. Sous le chevron, une brosse de plâtriers se terminant en quatre touffes. Fond bleu clair (Compagnie des plâtriers).
– Les armes des Constructeurs de mur et des ardoisiers n’ont jamais été incluses.

Il faut ajouter que la Worshipful Society n’emploie que le blason en noir et blanc (personne ne sait exactement pourquoi !).  Ces armes ou blasons sont inspirées de celles des authentiques Livery Companies, sans leur être identique. Ce ne sont pas celles qui étaient utilisées avant 1953, lorsque n’existait que l’Assemblage de Channel Row. Le blason était alors divisé en deux parties égales : à gauche, les armes de Westminster (une croix entourée de deux roses, surmontant une herse) ; à droite, les cinq segments précédemment décrits. 

Annexe : CHARTER GRANTED TO THE MASONS OF DURHAM, 16th APRIL 1638 Thomas by the grace of God Bishop of Durham To all persons to whom these p’sents shall come to be heard or scene sendeth greeting. Whereas the Citty of Durham is a very ancient Citty and hath in it sev’all companyes societies & fellowshipps of many arts crafts misteries & occupacons created ordained & constituted by my p’decessors Bishops of Durham and haue had their continuance for many years amongst Whom the societie & company of Roughmasons Wallers Slaytors Payers Playsterers & Bricklayers…

mardi 05 février 2019 25 commentaires
  • 25
    pierre noel 21 avril 2019 à 15:37 / Répondre

    La parenté évidente entre le rituel de compagnon du « Régulateur » avec les rituels de la maçonnerie « opérative » Stretton-Yarker amènent immédiatement aux relations entre la maçonnerie « moderne » anglaise et celle du GODF. Il est devenu banal d’affirmer que la maçonnerie « de rite français » est l’héritière directe de la maçonnerie londonienne de 1720-1750.

    Je crois que ce n’est pas vraiment exact ! Héritière elle peut l’être mais bien infidèle. La maçonnerie « Modern » s’est véritablement envolée avec les dissertations de W.Hutchinson et les rituels de W. Preston, de J. Browne et de W. Finch (soit entre 1775 et 1802) qui n’ont jamais été repris par la maçonnerie française. C’est là notamment que se trouvent les développements complexes sur la Géométrie, l’Astronomie, les cinq Sens et les Arts Libéraux (lesquels n’étaient qu’évoqués fugacement dans les « Anciennes Constitutions » britanniques) et la description de la Chambre du Milieu avec son
    « Symbole Secret » (illustration du quatrain de S. Prichard, 1730 :
    « By Letters Four and Science Five
    This G aright doth stand,
    In a due Art and Proportion,
    You have your Answer, Friend ».) (1)

    Rien de tout cela ne se retrouve dans le « Régulateur ». Pas plus que ne s’y trouvent le mode de fonctionnement des loges anglaises du XVIII° siècle ni surtout la bonne humeur que reflètent les nombreuses Chansons d’après-tenue dont Anderson donne tellement d’exemples.

    1) Les « quatre lettres », c’est le Tétragramme ; la 5° science, c’est la Géométrie.

  • 23
    pierre noel 21 avril 2019 à 11:05 / Répondre

    Lors de la réception au grade de compagnon, le « Régulateur » 1786-« 1801 » (rite selon de GODF) prévoit cinq voyages représentant chacun une année d’apprentissage. On doit (ce qu’on ne dit jamais) remarquer que ses cinq voyages correspondent presque exactement aux cinq degrés du système de Stretton (revus par Yarker)
    – Premier voyage du « Régulateur » : apprendre la technique de la coupe et de la taille des pierres à l’aide du maillet et du ciseau. C’est le but de l’apprentissage. Les « Indentured Apprentices » (I° degré de Stretton) devaient « scrabble » (gratter ou griffer) au moyen d’un « gavel » (marteau dont une face est plate, l’autre biseautée) les pierres brutes apportées venant des carrières
    – Deuxième voyage (compas et règle) : apprendre à dégrossir la pierre et la tailler jusqu’à lui donner la forme requise. C’était la tâche du « Fellow of the Craft » (II° degré de Stretton
    – Troisième voyage (règle et levier): amener la pierre taillée sur le chantier et déterminer sa place dans l’édifice. Pour cela, il faut s’assurer que les pierres taillées s’emboîtent bien l’une avec l’autre. C’était la fonction du « Fitter » (« Fitter and Marker », III° degré de Stretton – à l’inverse du système anglais, le « Régulateur » ne parle nulle part de la Marque de la pierre qui est pourtant indispensable à la bonne exécution du travail à chacune de ses étapes!)
    – Quatrième voyage (équerre et règle) : élévation et pose des pierres à leur place dans l’édifice. C’est la fonction, essentielle, du « Setter Erector « , IV° degré de Stretton
    – Cinquième voyage : étude de la théorie. Mutatis Mutandis, cela correspond au V° degré de Stretton (« Intendent, Overseer and Warden » ») qui est un grade de direction et de supervision, à la fois de la qualité des matériaux proposés et de la compétence des ouvriers.
    La « greffe opérative » s’est faite tardivement en Franc-Maçonnerie française car ces développements « techniques », absents des premières divulgations et rituels français de 1730-1760 (elle ne prendra jamais en Allemagne), n’apparaissent que dans la deuxième moitié du XVIII° siècle (R Guilly parlait d’une « deuxième vague » d’influences anglaises). On discutera à l’envi de leur origine et de leur pertinence. Je m’en abstiendrai prudemment.

  • 22
    pierre noel 9 février 2019 à 16:05 / Répondre

    John Yarker écrit (Arcana schools, p 374-5), “The Company of Masons of Newcastle-upon-Tyne, dated 1 September 1581, met yearly to choose Wardens, & … that whenever the general plays of the town called Corpus Christi should play the burial of Lady St Mary the Virgin” The Arms attached to this paragraph are : On a chevron between three Towers a pair of compasses extended, with the motto In the Lord is all our Trust.” De vieilles Compagnies de Maçons existaient donc dans le Nord de l’Angleterre (dans la lignée de la Compagnie des Maçons de Londres, voir le fil correspondant sur Hiram.be), participant aux Mystery plays habituels au Moyen-Âge, dont on a fait un précurseur du drame hiramique. Stretton en avait-il connaissance ? On ne sait pas, mais Yarker qui fut réellement la cheville ouvrière de la mise sur pied de la Worshipful Society était bien au courant (il vécut toute sa vie à Manchester, dans le N.O. de l’Angleterre).
    Il fut prendre cette Society pour ce qu’elle est : un chapitre instructif et passionnant de la franc-maçonnerie anglaise du XX° siècle, sans rapport aucun ni avec les Ancients ni avec York ni avec la GLUA. Elle n’a jamais prétendu réanimer les rituels des Opératifs (pour autant qu’ils aient jamais existé) mais seulement commémorer le souvenir de ces (possibles) ancêtres.

  • 20
    pierre noel 8 février 2019 à 18:30 / Répondre

    L’apparition du système Stretton (pas Stratton) en 1909 (Anderson, c’est 1723; les Antients , c’est 1751) est resté un phénomène très marginal de la maçonnerie anglaise (malgré le succès actuel de la Worshipful Society : un des derniers « Assemblage » fut créé à Buenos Aires). Il n’a jamais eu aucune influence sur l’attitude générale de la GLUA.
    Prétendre le contraire, c’est ne pas savoir de quoi on parle. Mélanger 1813, les Opératif de Stretton, la politique dominatrice de la GLUA (qui se tait dans toutes les langues depuis 20 ans au moins), la dévotion présumée des Antients, l’attachement aux Lumières des Moderns et y mettre le Brexit en prime n’a aucun sens.

    • 21
      joab's 9 février 2019 à 08:32 / Répondre

      vous faites un amalgame à vue de discredit bien etrange …Il n’est pas question de « mélanger » … ca n’engage que vous ! mais de mettre en perspective des époques, tendances, evolutions qui ont parcouru la FM anglaise.

  • 17
    joab's 8 février 2019 à 09:10 / Répondre

    « 1813 » (création de la GLUA fut un phénomène extrêment habile et ciselé, dicté par une efficacité profane pour accompagner l’emergence de l’empire britannique.
    Ainsi pour coller au monde de l’époque, le système politique était devenu monarchie parlementaire, permettant de jouer à l’extérieur les 2 partitions (democratie et monarchie) selon les inerlocuteurs.
    idem côté religieux, les guerres de religion étaient apaisées.
    Restait donc cette querelle maçonnique « antients » et « moderns », alors que la FM était vue commu un outil geo-strategique important.
    Il fallait donc « réconcilier » en un seul courant une demarche catholico-operative de fereveur avec une demarche dite « lumieres » déiste, voire agnostique, laïque, scientifique issue de la Royal Society. Oeration impossible à premiere vue, mais que le pragmatisme, combiné à la lassitude permit.
    Et nous sommes face à un dispositif plutôt bien construit (amais aussi bien hypocrite à un regard francais) du « rite style Emulation ». (le nom en lui même est déjà révélateur). Nous y trouvons ainsi une combinaison habile de fondements typiquement andersonien (moderns) et de pratiques religieuse « antients », chacun etant contournable et adaptable (les « working »).
    L’objectif était atteint : la FM apparaissait unifiée dans ce qui essentiel à l’extérieur (les apparences).
    Mais la FM GLUA est-elle adaptée aux nouvelles conditions de la société du 21e siecle ? Non ! Et la decroissance de ses effectifs considerable en est la preuve. Elle ne répond nullement ni à quête de spiritualité, ni aux moeurs d’aujourd’hui, ni aux attentes geo-politiques. Et le document « Freemasonery for the future » émis par la GLUA en est la preuve du desarroi masqué par les postures classiques.
    La GLUA est elle-aussi parcourue par le révélateur Brexit et sa déclinaison maçonnique, lutte entre un mode ouvert et un monde replié sur des « traditions », nostalgies.

  • 15
    pierre noel 7 février 2019 à 23:40 / Répondre

    « Quelle était la cérémonie des opératifs en la matière (installation du Maître de la Loge) ? Là encore rien de très concluant ! »
    Cette remarque n’a pas de sens dans le système de Stretton, où l’installation d’un « maître de la loge » est précisément décrite au moment voulu.

    • 16
      joab's 8 février 2019 à 08:51 / Répondre

      En effet le « système de stratton » est une tentative de légitimation a posteriori de pratiques de son temps. Celà témoigne plutôt de la fragilité des choix de UGLE en 1813.
      L’astuce « operatifs » est un moyen un peu simpliste de se donner une anteriorité. Les guildes operatives se prévalent-elles d’avoir « enfanté » la FM ? Il manque donc un pan essentiel dans la réthorique de tentative de légitimation des pratiques dites « antient » dans la FM actuelle.
      Si on fait un concours d’ancienneté (plutôt puéril) on peut faire remonter la maconnerie dite « modern » au début du christianissme dans ses aspects johanniques, gnostiques Ainsi la FM pourrait être une survivance des spiritualités opprimmées par l’Eglise. Il y a de nombreux indices qui pousseraient en faveur. Comme aussi le protestatntisme, voire les cathares.
      Peut être faut-il prendre de la distance face à ces tentatives de légitimisation a posteriori, d’autant plus si elles s’enveloppent de ton docte, d’arguments d’autorité, de notabilité (être Grand Officier comme Stretton n’est aucunement garantie de quelque pertinence ni probité !). Nous savons tous que la GLUA est une construction opportune et efficace, d’autant plus au 19e siecle, nullement une « vache sacrée ».

  • 13
    pierre noel 7 février 2019 à 18:05 / Répondre

    A 7, 8 et 10.
    Je crains qu’il n’y ait confusion entre le grade de Maître-Maçon et l’installation « secrète » (inner working) d’un Maître de Loge.

    • 14
      joab's 7 février 2019 à 18:50 / Répondre

      Right ! Cette confusion s’est introduite dans notre discussion au com 7, mais cette histoire que le rite des moderns ne comportait pas de grade de maître a largement prospéré … et a été laissé prosperer par ceux qui savaient. Et c’est encore le cas.
      Quelle était la cérémonie des operatifs en la matière (installation du Maître de la Loge) ? Là encore rien de très concluant ! La plupart du temps la loge « appartenait » au Maitre, souvent à vie. Ce rituel est un ajout … de je ne sais plus quelle date, mais comme nous le savons, plus historique, moral, ceremonieux qu’initiatique (à l’exception du RF).

    • 18
      DACIER 8 février 2019 à 11:32 / Répondre

      Il ne peut pas y avoir de confusion puisque
      « les signes, paroles et attouchements » du
      grade de Maître avec la mort d’Hiram sont
      totalement différents de ceux de l’installation
      du Maître de la loge (VM)…

      • 19
        joab's 8 février 2019 à 16:34 / Répondre

        La confusion est une confusion dans notre discussion pas dans la distinction des cérémonies.
        Ainsi dans votre com 7 vous affirmiez « ce qui a motivé la réaction des « Anciens », l’absence du grade de Maître  » alors que le grade de Maître était présent chez les Moderns !
        P Noël pense donc que vous confondez avec la « cérémonie secrete » d’insttallation VM.

  • 10
    pierre noel 7 février 2019 à 14:29 / Répondre

    Stretton ne parle nulle part de Dermott et ni de la Grande Loge « selon les anciennes Institutions », d’inspiration anglo-irlandaise, dont Dermott fut le très influent grand secrétaire. Par contre, il n’épargne pas le malheureux Anderson. Ses affirmations/condamnations seraient basées sur un registre « de la vieille loge St-Paul ». Anderson, prétend Stretton, aurait été chapelain de cette loge opérative (à partir de 1710) mais en aurait été exclu pour y avoir reçu des étrangers au métier. Ce registre, personne ne l’a jamais vu (au XX° siècle) à part lui, Stretton, puisque sa consultation n’est « autorisée qu’à un maçon opératif du VII° degré » (c’est la réponse qu’il fit à une demande pressante de W.J.Hughan, l’historien des Old Charges, d’au moins savoir où il se trouvait). Autant dire qu’il faut croire Stretton sur parole !
    Yarker parle de Dermott, mais sans relation avec la « Guild Masonry ». Il fait plusieurs allusions à un « Old York Ritual », que beaucoup voudraient celui de la Grande Loge « de toute l’Angleterre » de York, qui disparut vers 1795. Mais ce rituel énigmatique, véritable monstre du Loch Ness de la maçonnerie anglaise, dont la copie a été retrouvée dans les papiers de Yarker, n’a en fait rien à voir avec le système de Stretton. Il ne faut pas perdre de vue que si Stretton a donné les indications nécessaires telles qu’il les avait gardées en mémoire, c’est Yarker qui a écrit les rituels. On ne peut qu’être frappé à leur lecture par les emprunts aux rituels anglais (Craft, Mark, Royal Arch, Side degrees) en usage de nos jours, enrichis d’ajouts nombreux, éclairants et inédits qui sont l’intérêt majeur du système. En particulier, chaque degré présente une « lecture » (conférence) qui explique souvent certains des points énigmatiques des rituels « spéculatifs ».

    • 12
      joab's 7 février 2019 à 17:50 / Répondre

      Peut être devon-nous prendre quelque distance avec les commérages, reglements de compte, dont helas les FM sont si friands pour discrediter ceux qui contrarient leur action.
      Il est évident que l’approche andersonienne primitive contrariait l’approche bigotte des loges irlando-ecossaises où la FM devait être annexe à une ferveur religieuse. Donc les attaques à la personne d’Anderson sont à classer dans ce registre.
      En terme de rituel nous avons incontestablement la divulgation « Masonery disected » qui temoigne que les pratiques épurées issues de la RSociety etaient bien presentes dans les premieres années.
      Nous retrouvons curieusement ces mêmes desirs de nos jours à vouloir « religioser » la FM, ce qu’en effet Anderson excluait.

  • 6
    pierre noel 6 février 2019 à 16:49 / Répondre

    L’ensemble du système de Stretton est décrit dans un texte de 20 pages, « Tectonic Art, Ancient Trade Guilds and Companies. Free Masons’Guild », daté du 19 avril 1909. Paru dans le Melton Mowbray (1) Times, en mai 1909, il fut réimprimé sous forme d’un livret. Devenu extrêmement rare, il fut reproduit par Bernard Dat dans RT (1999), puis dans A.Heidle et J. Snoek (Women’s Agency and Rituals in Mixed and Female Masonic Orders, Brill, 2008). Stretton y décrit entre autres, le mode de fonctionnement de la Square Masonry (maçonnerie de l’équerre) et de l’Arch Masonry (maçonnerie de l’arc).
    La description des 4 ou 6 chantiers (yards or lodges) successifs (soigneusement fermés aux grades inférieurs) où étaient dégrossies, puis taillées, puis ajustées et enfin érigées les pierres avant d’être intégrées au bâtiment proprement-dit, suffit à montrer qu’il s’agit d’une vue de l’esprit et non de l’organisation effective et praticable d’un chantier de construction. Si l’image de tels chantiers successifs, de forme rectangulaire, peut vaille que vaille être imaginée dans la maçonnerie d’équerre, il n’en va plus de même pour les chantiers de la maçonnerie de l’arc dont Stretton nous dit qu’ils étaient disposés « en cercles ou anneaux » (circles or rings) concentriques dans lesquels étaient progressivement travaillés les colonnes, voussoirs, voûtes, escaliers en colimaçon, arches de pont … Bien entendu, les deux organisations étaient, d’après Stretton toujours, étanches et seulement accessibles aux maçons de l’un ou l’autre groupe (l’aspirant maçon devant nécessairement choisir l’une ou l’autre voie). On se demande où pouvaient transiter les pierres qui alliaient lignes droites et courbes!
    Comme l’écrit Kibble-Rees, il n’y a pas la plus petite évidence que les maçons opératifs aient été jamais divisés en maçons de l’équerre et de l’arc. Tous les maçons, tailleurs de pierre, poseurs, sculpteurs, graveurs, « imagiers » … étaient de même inscrits dans les archives et rôles des chantiers d’autrefois, sans distinction entre Square et Arch Masons.
    1) Melton Mowbray est une localité située à 10 miles de Leicester.

  • 4
    DACIER 6 février 2019 à 11:33 / Répondre

    Je pense que l’oeuvre de Clément Stretton relève du courant de la Maçonnerie opérative auquel appartenait Laurence Dermott, « auteur » de AHIMAN REZON publié à Londres en 1756 et destiné à rectifier les Constitutions d’ANDERSON. Sans entrer dans les détails, on peut dire que ce manifeste de la Grande Loge des Anciens a abouti à l’Acte d’Union de 1813 (avec la Grande Loge des Modernes fondée en 1717) avec la fondation de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Le point de vue des Anciens a prévalu avec la réintégration du grade de Maître et l’Arche Royale de Jérusalem. C’est une phase très importante de l’histoire maçonnique mais qui est relativement peu connue des Maçons continentaux.

    • 5
      joab's 6 février 2019 à 16:03 / Répondre

      Ceci reste l’objet de controverses. Les Antints ont-ils prévalu ? Selon les apparences, oui, position des officiers, rappels religieux, mais ils ont surtout prévalu sur des déviances tardives des Modern. L’esprit initial andersonien a continué à se perpétuer dans la FM.
      Il me semble aussi qe nous devons être prudents : même s’il y a des recoupements recouvrements, la filiation « antients » et la filiation operative sont 2 notions bien differentes.
      Les « antients » ont surtout ramené à une devotion religieuse qui contraste avec l’ouverture d’esprit anderson-newton-Rsociety et qui peut être considérée comme dénaturante de la FM.
      En 1813, la fusion n’a pas abouti à un effacement de l’esprit « modern » mais à le perpétuer sous des ceremonies « antients ». Rappellons les lumières « modern » toujours presentes dans Emulation, l’insistance sur la geometrie, l’astronomie.
      Donc cette idée de défaite des « moderns » n’est pas une réalité, mêmme si elle est couramment propagée dans les obediences francaises « religieuses » pour des raisons partisannes.

      • 7
        DACIER 6 février 2019 à 16:51 / Répondre

        Certes, on peut considérer que l’état d’esprit
        des « Modernes » s’est perpétué mais il n’en
        demeure pas moins que ce qui a motivé la
        réaction des « Anciens », l’absence du grade de
        Maître et l’Arche Royale essentiellement, a
        été rétabli en 1813. C’est ce qui importe
        pour ce qui est de la Maçonnerie à proprement
        parler. Mais il est certain que les origines
        des différentes branches des organismes
        maçonniques actuels sont très complexes et diverses.
        Vaste problème…

        • 8
          joab's 6 février 2019 à 18:00 / Répondre

          Pourtant le manuscrit Prichard(1730, modern donc) est bien anterieur à loge des Antients(1750) et explicite le grade de maître ? D’ailleurs ce grade n’est-il pas typiquement « modern » dans son esprit ?

          • 9
            DACIER 7 février 2019 à 11:47 / Répondre

            Le Masonry Dissected de 1730 dans sa traduction
            française de 1743 fait effectivement état de la
            « Réception et Qualités Requises d’un Maître
            par l’examen. ». Mais les gens de 1717 ne pouvaient transmettre un grade qu’ils ne possédaient pas. Que s’est-il donc passé entre
            1717 et 1730 et qui était Samuel PRICHARD ?

          • 11
            joab's 7 février 2019 à 16:34 / Répondre

            désolé, mais pas seulement ! Il decrit exactement la cérémonie comme nous la connaissons. Nous n’avons pas de trace en 1717 en effet. Il y a quelques allusions mais rien d’evident dans les minutes de 1723. Mais le point que nous evoquions est la pretendu absence du « grade de maître » chez les modern, ce qui n’est manifestement pas le cas.
            Simplement, il me semble evident que le mystere H..m n’est pas lié aux antients. Prichard a divulgué, ce qui n’est pas souhaitable, mais le point n’es pas e faire son procès mais de rechercher nos racines, hors de prefrences partisannes.

      • 24
        Désap. 21 avril 2019 à 12:55 / Répondre

        A la faveur d’une nouvelle intervention de Pierre Noël, je relis ton excellent et très juste commentaire, mon cher Joaben

  • 3
    joab's 6 février 2019 à 10:57 / Répondre

    Cette question polémique (pour certains) de la lignée operative de la FM est une grande classique. Car elle est souvent analysée au travers de passions, attachements particuliers à des questions de « classe » (au sens marxiste du terme). Les textes maçonniques sont pourtant clairs :
    – la maçonnerie operative a apoorté l’ ORGANISATION (voir discours historique Rit Primordial)
    – plus brutal : 2 sortes de maçons, les franc maçons et les « ouvriers du bâtiment ».
    L’ambiguité vient probablement (entre autres) de la notion d’ « acceptés » qui consistait à accepter comme membres de loges operatives des non profssionnels d’un métier. ce qui aurait ouvert la voie (à mon avis c’est une erreur d’analyse) à la Franc Maçonnerie du 18e siecle.
    Erreur car, si ces réalités d’acceptationq ont créé des circostnces favorables, il ne s’agit nullement des fondements de la FM, en particulier au sens où nous la vivons aujourd’hui.
    Les fondements profonds proviennent de la Royal Society et le devellopement d’une « spiritualité scientifique » qui dut pactiser avec la « spiritualité révélée ». Et l’organisation des guildes et loges operatives fut le modèle pour le fonctionnement.

  • 2
    pierre noel 5 février 2019 à 19:02 / Répondre

    Stretton a détaillé les dates des réceptions aux sept degrés de la « Square Masonry », mais n’a jamais dit ni où ni par qui il fut reçu, pas plus que le nom de ses éventuels « co-initiés ».
    Il établit, en 1908, une loge « Mount Bardon Hill n°110 » où aurait été reçu une vingtaine de membres (Yarker en était membre, sur le papier), appartenant pour la plupart à une seule famille dont le patriarche, Robert Bennet Grant, était le manager des carrières du mont Bardon, une colline située à une dizaine de km de Leicester, qui n’est autre qu’un volcan éteint et le site d’une carrière dont on extrait depuis plusieurs siècles des pierre de granit (le stade de Wembley en est fait). Grant, supervisant quelques centaines de travailleurs, devint tout naturellement « Superintendent of Works » (équivalent du Maître de Cérémonies dans les loges actuelles) dans le système de Stretton (il n’y eut, sur le papier, que deux loges dans le système, la n° 91 de Leicester, dite fondée en 1761 dans la division de York, et la Mt Bardon Hill n° 110)
    Stretton est mort en février 1915 et est enterré dans un cimetière de Leicester.

  • 1
    DACIER 5 février 2019 à 18:35 / Répondre

    Il faut faire remarquer que Guénon avait beaucoup de considération pour Clément Stretton dont le point de vue rejoignait le sien sur l’importance de la Maçonnerie opérative dont la forme spéculative ne représentait qu’une dégénérescence… D’autre part, il y a de nombreux comptes rendus du « Spéculative Mason » qui ont paru dans les Etudes traditionnelles sous la plume de René Guénon et qui présentent un intérêt certain pour les amateurs de symbolisme.

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