Gravure Picard
Gravure bien connue de B. Picart (1741) montrant une loge au travail.
La Table Mystique en équerre délimite l’espace rituel. Le Vénérable Maître porte l’équerre.
Au mur sont les armes des loges (ou des tavernes où elles se réunissent). L’une d’elle, n° 90, est à Paris,
au Louis d’Argent, dans la rue de Boucherie (sic). Une autre, n° 127, à Valenciennes in French Flanders (sic).
Dans le médaillon, Sir Richard Steele, un journaliste d’origine irlandaise, fondateur de The Tatler

La Maçonnerie anglaise du XVIII° siècle.

Par Pierre Noël dans Contributions

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La Maçonnerie anglaise du XVIII° siècle.

Elle a été récemment analysée avec finesse par Trevor Stewart (Prestonian lecture, 2004) qui décrit son évolution en deux étapes précédée par une stade proto-historique comprenant la lecture de l’histoire légendaire, celle des Devoirs de l’apprenti et du maître, une prestation de serment « sur le livre ».

Deux étapes « historiques ».

1° étape : telle que la montre les « Early Catechisms » (1696-1730) qui sont une succession de questions/réponses.

– Questions/réponses concernant les procédures (se déroulant) dans la loge (avec quelques éléments « symboliques » décrivant la loge et ses éléments constitutifs)
– Q/R concernant la réception du candidat
– Q/R sur la qualification de l’apprenti-entré pour un nouveau (2°) degré
– Q/R concernant le comportement hors de la loge (notamment

les procédures de reconnaissance (signes et attouchements) et la demande d’assistance financière ou autre.

2° étape (dont l’état le plus achevé est celui des syllabus des trois degrés (1772-1786) de William Preston dont la lecture et la connaissance sont indispensables à la compréhension de l’ensemble. Ils sont heureusement publiés dans Colin Dyer, « Preston and his work », 1987, pp 161-281) :

– La nomenclature concernant Dieu : « Great Architect » et « Grand Geometrician ».
– Dieu conçu, non comme « premier principe » à la Descartes, mais comme intervenant dans la direction des affaires humaines selon « Ses » propres lois
– Image de l’Univers comme un mécanisme céleste opérant selon des principes ordonnés et indépendants de l’activité humaine
– Importance récurrente de la Géométrie (des concepts mathématiques de grandeur et d’étendue, du point à la surface et de-là aux volumes de diverses formes, des polygones aux polyèdres).
– L’obsession de symétrie/asymétrie avec le recours récurrent aux ternaires symboliques.
– L’affirmation optimiste de la perfectibilité humaine
– La croyance (conforme aux idées de Hume) à l’homogénéité de la nature humaine s’accordant avec la confiance en une Maçonnerie « Universelle »
– Les règles morales conçues comme une mécanique éthique créatrice d’une harmonie interne et intra-personnelle.
– La croyance optimiste à l’association heureuse des loges comme symbole de l’association des peuples.
– L’emphase sur la notion d’un franc-maçon bienveillant, bienfaisant, naturellement bon (et de bonne humeur !) qui était un des thèmes populaires de la littérature anglaise du XVIII° siècle
– Le recours à des procédés de codage, de langage secret et de typologie à la mode depuis le XVII° siècle.

Tous ces thèmes ont pu surgir séparément mais c’est au XVIII° siècle qu’ils se sont agglutinés en un ensemble propre à la maçonnerie (anglaise) de ce temps. On comprend aisément que la deuxième étape ait pu se superposer à la première puisqu’elles n’étaient ni contradictoires ni conflictuelles.

On doit ajoute un élément supplémentaire mais postérieur : l’introduction du 3ème degré et de l’Arche Royale. La résistance des loges écossaises, encore largement opératives, à cette introduction suffit à montrer qu’elle n’est pas antérieure au XVIII° siècle.

Une des caractéristiques de la 2° étape est sa cohérence avec sa présentation graduelle toujours basée sur la succession des ternaires, donnant une impression de progression logique et d’achèvement final. La langue en est, soit celle des moralistes du XVIII° siècle, soit celle, archaïque, des nostalgiques des origines opératives.

Une autre caractéristique du discours est son éclectisme, depuis ses emprunts à l’astronomie et à la vision newtonienne de l’univers, ses évocations des mondes enchâssés les uns dans ls autres (vision encore ptolémaïque du monde), ses références à l’antiquité et particulièrement aux constructions bibliques, son obsession du monde méditerranéen (rien là que de bien normal si l’on se souvient que d’était l’âge de gentlemen fortunés faisant le « Grand Tour »). Il convient d’ajouter les développements sur les cinq corps platoniciens, les tétractys pythagoriciennes, l’emblème d’El Shaddai dans la chambre du milieu, la signification numérologique de l’escalier à vis et les quatre éléments primordiaux. Ils témoignent de préoccupations kabbalistiques ou hermétistes des fondateurs.

Tout cela semble un long chemin depuis les chantiers des tailleurs de pierre médiévaux, les « Old Constitutions » britanniques et les catéchismes primitifs du XVII° siècle jusqu’aux loges anglaises du siècle suivant. La question se pose ; comment est-on passé de la 1ère à la 2ème étape (en laissant de côté le passage au 3ème degré) ? On ne peut y répondre qu’en suivant les textes intermédiaires dont tous ne sont pas connus (ils sont de toute façon trop nombreux pour les décrire dans ce court article) mais on peut en donner une brève idée. Les témoins de cette évolution sont les deux éditions des « Constitutions » d’Anderson (1723 et 1738, à prendre avec les précautions d’usage), Le « Pocket Companion » de William Smith (1735) qui donne la première version du « Charge to the new admitted brother », Le « Book M or Masonry triumphant » (1736) publiée par un autre William Smith à Newcastle (qui donne la première allusion à la tradition Harodim). Plus tard viendra « The Spirit of Masonry in Moral and Elucidatory lectures » (1775) de William Hutchinson. Il faut ajouter plusieurs documents (dont certains sont discutés sur Hiram.be), la préface de « Long Livers » (1722), le discours de Francis  Drake (1726), celui d’Oakley (1728), l’allocution de Martin Clare (1735) pour n’en citer que quelques-uns. On retiendra aussi l’introduction d’ « Ahiman Rezon » de Lawrence Dermott, à partir de la 2ème édition (1764).

Ces développements sont toujours très présents dans les rituels anglais actuels. Ils se trouvent bel et bien dans les explications des tableaux successifs, dans les Charges aux nouveaux reçus (dans chaque grade), dans les allocutions des Principaux d’un chapitre d’Arche Royale. Certains ont peine à les discerner et c’est là qu’intervient la méthode allusive chère à Jan Snoek (AM 1999). Ne peut comprendre le sens caché d’un texte A que celui qui connaît le texte B auquel A fait allusion !

Certains remarqueront sans doute que tout cela ne se trouve pas dans « Le Régulateur du Maçon » (édité par Pierre Mollier, 6004, avec des notes explicatives)  de « 1801 » ou son modèle de 1786 (Rituels du RF moderne, 1991, préface de Daniel Ligou, postface de Guy Verval). C’est exact et cela montre que la maçonnerie française (« selon le régime du GODF ») n’est pas la copie (exactement) conforme de la Maçonnerie de la Première Grande Loge d’Angleterre.

Cette Maçonnerie prit son essor dans une Angleterre profondément inégalitaire, corrompue, déchirée par les luttes des partis Whigs et Tories, menacée par le danger (jacobite) de retour à l’absolutisme de droit divin et dont les habitants (ceux de la métropole en tout cas) se considéraient (et se considèrent encore) supérieurs à tous (surtout aux irlandais et aux Ecossais). Elle était aussi une société fraternelle et joyeuse (dans la tradition de la « Merry England » !). Les réunions maçonniques s’y tenaient dans la bonne humeur et se terminaient dans la joie et l’harmonie Anderson, 1723, Charge VI § 1 et 2) comme le relate allègrement le Rév. George Oliver dans ses « Révélations d’une équerre » (1855, à lire de toute urgence, esprits chagrins s’abstenir ! On le trouve aisément sur Internet).

Pierre Noël

lundi 08 avril 2019 44 commentaires
  • 43
    Désap. 13 avril 2019 à 14:22 / Répondre

    Marc Aurèle ne comprenez pas la dévotion des chrétiens, avec raison il la craignait, visionnaire il considérait qu’elle mènerait ces gens au fanatisme, travers inconnu dans l’antiquité parce que combattu de fait par les principes de l’initiation.
    Il fallut l’inculte et opportuniste politique Constantin pour que nous bradions notre culture et notre connaissance au profit de l’adoption de croyances venant de sectes prosélytes issues d’un peuple qui ne l’était pas et qui ne demandait rien d’autre que le droit d’exister sur une terre promise à l’étendue modeste, sans autre velléités de conquêtes que leur indépendance de corps et d’esprit.
    Sectes prosélytes qui prônaient la destruction de tout ce que nous étions et qui finit par la mettre en oeuvre avec l’aval du médiocre empereur. Il obtiendra bien naturellement l’exact contraire de ce qu’il espérait quelques cent vingt cinq ans plus tard.
    Au risque de paraitre outrancier, et pourquoi pas ridicule, je m’en excuse par avance, je réponds à ceux qui qualifient Anderson de plagiaire, d’emprunteur, d’opportuniste et j’en passe, qu’ils ne l’ont pas compris.
    Par ces Constitutions, Anderson rétablit l’esprit des constructeurs de cathédrales, dont le livre de chevet était plus surement le Vitruve qui, outre des descriptions de techniques d’un niveau exceptionnel, prône l’éveil de la conscience, l’intérêt pour les arts libéraux, la philosophie, les sciences, la nécessité d’une connaissance approfondie de la société humaine, de son organisation et de ses besoins, le respect et par dessus tout la Responsabilité.
    Oui, plus surement qu’une Bible liberticide, intrinsèquement superstitieuse et d’aucune utilité pour leur édification et leur Mestier.
    Je me permets de vous conseiller la lecture du Vitruve, y compris sa partie technique. C’est un traité initiatique au sens le plus noble du terme.
    Fraternité.

  • 42
    pierre noel 13 avril 2019 à 10:46 / Répondre

    # 34 « il n’y a rien à redresser des pratiques lorsqu’il s’agit de RF 1785 ou REAA 1804. On ne va pas se mettre à faire des prières en loge  »

    Dans le rituel d’apprenti de la GL générale écossaise (1804), on lit après l’entrée du candidat au 1° degré (il est à genoux devant le 2° surveillant):
    « Prière
    Mes ff.·. humilions nous devant le souverain arbitre des mondes ; reconnaissons sa puissance et notre faiblesse ; contenons nos Esprits et nos cœurs dans les bornes de l’Equité ; et, en marchant dans des voies sûres, élevons nous jusqu’au Maître de l’univers ; il est un, il subsite par lui même, c’est à lui que tous les êtres doivent leur existence, il opére en tout et partout. Invisible aux yeux des mortels, il voit lui même toutes choses, c’est lui que j’invoque, c’est à lui que j’adresse mes vœux et mes prieres.
    Daigne, ô Grand Architecte de l’univers, je t’en conjure, protéger les ouvriers de paix que tu vois réunis ici ; échauffe leur zéle, fortifie leur ame de la lutte fatiguante des passions, enflamme leurs cœurs de l’amour des vertus et décide de leurs succés, ainsi que celui de ce nouvel aspirant qui désire participer à nos augustes mysteres.
    Prête à ce Candidat ton assistance et soutiens le de ton bras puissant au milieu des épreuves qu’il va subir. Amen »

    • 44
      pierre noel 14 avril 2019 à 12:30 / Répondre

      Je ne comprends que trop bien que cette prière déplaise à beaucoup et qu’ils désirent l’oublier (et l’omettre des rituels actuels), mais il serait intellectuellement malhonnête de prétendre qu’elle ne se trouvait pas dans le rituel « écossais » de 1804.

  • 41
    Désap. 12 avril 2019 à 19:20 / Répondre

    38 – Je regrette, il n’y a rien à redresser des pratiques lorsqu’il s’agit de RF 1785 ou REAA 1804.
    On ne va pas se mettre à faire des prières en loge pour singer des pratiques ancestrales, qui de plus n’étaient le fruit que d’obligations de soumission à une autorité temporelle et totalitaire.
    C’est certainement cela le réel apport d’Anderson, qui avait compris l’importance que revêt l’indépendance absolue du métier de la destination des bâtiments qu’il produisait.
    Ont sait Les Opératifs peu fidèles à la religion notamment en France, pays qui a fourni le principal des contingents d’architectes et sculpteurs qui ont construit les cathédrales.
    La maçonnerie dévote irlandaise est une exception. Elle ne saurait être un quelconque fondement sur lequel il faudrait s’appuyer.

  • 39
    pierre noel 12 avril 2019 à 14:39 / Répondre

    Ni le Graham ni les ms Sloane ne sont des « rituels » au sens usuel du terme, pas plus que l’Edinburgh register house ou le Chetwode Crawley et tant d’autres.

    • 40
      David taillades 12 avril 2019 à 16:16 / Répondre

      En effet, mais ils sont les témoins de l’existence de ces rituels qu’il était interdit d’écrire… un autre catéchisme, non cité ici, et qui est bien antérieur, apporte un éclairage magistral sur le sujet…

  • 36
    Désap. 12 avril 2019 à 10:42 / Répondre

    Puisqu’il semble de plus en plus évident que les Anglais ont un peu trafiqué les choses, à quand une étude approfondie du métier français « post-cathédrales » et de sa pratique spéculative à partir de 1725/30 ?
    Idem pour ce qui concerne le Saint Empire ?

  • 30
    pierre noel 11 avril 2019 à 19:06 / Répondre

    Je lirai avec grand intérêt le bouquin de D. Taillades.
    Etant familier de ses deux précédents opus, je me permettrai un certain esprit critique.

    • 32
      david taillades 12 avril 2019 à 09:18 / Répondre

      La confrontation des connaissances, des idées et des croyances est un bon moyen pour mettre à l’épreuve ses travaux. J’ai toujours accepté la critique construite et argumentée, c’est elle qui m’a fait avancer. Mes deux premiers ouvrages, très largement perfectibles, montrent qu’il y a une autre façon d’approcher l’histoire. Le dernier opus vient CORRIGER certaines datations, compléter et affermir ce qui a été toujours mis en avant jusqu’alors. Bien entendu, il est aussi perfectible… mais celui-là à le mérite d’être une grande synthèse de TOUT ce qui a été publié sur les Old Charges…

      • 35
        Désap. 12 avril 2019 à 10:30 / Répondre

        Belle promotion d’un compte rendu que j’attends également de lire.
        J’aime bien ton approche du sujet, cher David.
        De ce sujet en particulier, parce que j’ai lu ton « Hiram » et je le trouve bien trop biblique, bien que je ne sois pas athée.
        Je maintiens que le crime est celui de la réalité, plutôt que de la vérité d’ailleurs, exécutée par le dogme dont la Bible est la plus précise des expressions. Je pense que là est bien ce qu’exprime le rituel qui dit : « ici tout est symbol » ou « vous ne prendrez pas pour vérité ce qui vient des Hommes ».
        Dont acte !

  • 28
    Désap. 11 avril 2019 à 17:49 / Répondre

    Merci à vous deux de votre patience.
    Grand intérêt la dernière réponse de David Taillades (26).
    Les historiens maçonniques devraient comprendre la nécessité pédagogique.

  • 27
    pierre noel 11 avril 2019 à 17:48 / Répondre

    [Désap #23 écrit : « Quel était l’intérêt d’Anderson de détourner de leur objet et de leurs principes des loges de métier ? »],
    Qui fait l’effort de lire ce qui est écrit ici a compris que de l’avis général (s’il est inexact, il faudra le démontrer) les loges de Londres (comme celles de York, de Chester, de Chichester ou d’ailleurs) n’étaient pas des loges de métier en 1700-1720.
    Elles avaient sans doute été composées d’hommes de métier au siècle précédent, sans que ce soit le lieu où ils pratiquaient leur métier, mais plutôt un endroit de détente où ils rencontraient leurs collègues (avec quelques autres privilégiés comme le montre l’exemple d’Elias Ashmole). Ils y étaient par la suite devenus minoritaires.
    Dans les années 1720 -1725, bien peu d’homme de métier sont cités dans la liste des membres de la « vieille » loge St-Paul, Thomas Morris est le seul tailleur de pierre mentionné.
    Anderson n’a pas eu à « détourner les loges de métier de leur objet ». C’était fait depuis belle lurette.
    Nb : je ne parle pas de l’Ecosse où le processus ne sera jamais achevé de la même façon au XVIII° siècle.

    • 29
      Désap. 11 avril 2019 à 18:46 / Répondre

      Ils n’y pratiquaient pas de rituel ?
      Ils n’ouvraient ni ne fermaient de Travaux ?
      Mais était-ce des loges alors ?

      • 31
        pierre noel 11 avril 2019 à 22:34 / Répondre

        Pourquoi diable faudrait-il un « rituel » ? Tout était connu et dit très naturellement car allant de soi (comme aujourd’hui d’ailleurs). Les premières « ouvertures » écrites sont connues dans les années 1760.

        • 34
          david taillades 12 avril 2019 à 09:27 / Répondre

          31 – Ce n’est pas parce que nous avons des écrit de 1760 qu’il n’y avait rien de tel avant ! Une absence de preuve écrite directe n’est que la preuve de l’absence d’une preuve 😉 On tourne en rond avec ce genre d’approche complètement dépassée en recherche.

          Les visions divergent ici, grandement, car pour ceux qui pensent que la FM est une invention du 18e siècle, les rituels ne sont que jeu théâtral où l’on vient passer du bon temps car on n’a rien de bien plus important à faire.

          Pour d’autres, la maçonnerie est traditionnelle (elle s’inscrit dans une tradition), c’est-à-dire une transmission ininterrompue (mais s’il y a des altérations), et les rituels sont « sacrés » : ils mettent en oeuvre l’invisible pour que l’Homme se relie au GADLU.

          Nous avons des preuves de rituels bien avant 1760, même sans les ouvertures avec le Graham qui a été recopié vers 1672 et dont une partie du contenu remonte aux années 1620. Il y a aussi le Sloane 3329, avec les 3 « grades » que l’on peut dater assurément, aujourd’hui, d’avant 1686 ! et qui a été probablement recopié en 1659 en même temps que le 3323.

          • 37
            DACIER 12 avril 2019 à 11:41 / Répondre

            Le caractère opératif de l’ancienne Maçonnerie
            est une certitude pour ceux qui se placent dans une perspective traditionnelle. Malheureusement,il semble difficile de reconstituer ce qui a été perdu et que l’on retrouve intégralement dans d’autres organisations initiatiques comme la Kabbale ou le Soufisme sans parler de l’Hindouisme et du Bouddhisme tibétain…Jean Tourniac avait fait une excellente approche de cette question dans son ouvrage sur les tracés de Lumière.

            • 38
              david taillades 12 avril 2019 à 12:57 /

              Tout à fait. La tâche de reconstruction s’annonce difficile, mais on doit pouvoir redresser certaines pratiques rituelles… car tout n’a pas été détruit.

              D’ailleurs, avec des Old Charges classés dans le « bon » ordre et avec une datation correcte (c’est à dire par rapport aux information qu’il contient et non pas à l’encre, le style d’écriture ou le papier), on voit qu’un catéchisme nous éclaire sur ce qui se passait en loge entre 1547 et 1553… à découvrir dans un mois. :o)

      • 33
        david taillades 12 avril 2019 à 09:21 / Répondre

        Ces questions ont tout leur sens ! Heureusement, il y avait les Antients… qui ne sont pas des « jaloux » ou des « exclus » qui auraient inventé leur maçonnerie. Non, ils pratiquaient l’ancienne maçonnerie dont on sait, pas écrit, qu’elle spéculait en loge déjà du temps Holme III (ca 1665), mais avant avec le Livre de la compagnie londonienne. Ils se sont battus contre le projet « novateur » des Moderns, un pseudo revival qui ne visait qu’à éradiquer l’ancienne FM pour en faire tout autre chose…

  • 23
    Désap. 11 avril 2019 à 11:09 / Répondre

    Si vous me le permettez, je continue mes interrogations :
    Quel était l’intérêt d’Anderson de détourner de leur objet et de leurs principes des loges de métier, de réécrire, d’instrumentaliser en quelque sorte (action assez perverse), les constitutions d’un métier n’ayant jamais eu d’objectif politique, ni l’ambition de changer la société, n’ayant au surplus jamais prétendu à l’universalité hors de son périmètre professionnel ?
    Ce qui intéressait les bâtisseurs était de construire, former de bon ouvriers et bénéficier d’une certaine liberté d’organisation de leur métier ; il ne me semble pas qu’ils avaient d’autres exigences que celles-ci.
    N’aurait-il pas été plus simple, moins polémique, moins étrange, plus adéquat de créer un club philosophique fermé et recrutant par cooptation ? Les objectifs poursuivis n’en n’auraient pas été moins bien mis en oeuvre ?
    A moins qu’il s’agisse d’une demande des gens du métier formulée à Anderson ? Mais dans ce cas, fallait-il que ces maçons soient dotés d’une capacité prospective conséquente. Mais aussi, pourquoi Anderson ? Pourquoi pas plutôt un dirigeant du métier, ceci bien plus naturellement et d’une logique qui tombe sous le sens malgré tout.
    Une manière bien plus sure de sauver de la disparition des loges, du métier de la construction, par l’établissement d’une proto-activité commerciale visant à prospecter de manière à obtenir des chantiers ?

    • 26
      david taillades 11 avril 2019 à 12:11 / Répondre

      On ne peut que faire des supposition, puisqu’il n’y a rien d’écrit dans ce sens… mais beaucoup d’éléments semblent converger désormais.

      Les « moderns » on fait des réunions du côté de Spalding pendant un temps (vers 1714)… peut-être pour roder leur « association ». On y trouve des futurs « grands maîtres » des Moderns et autres personnages influents. Mais il n’y avait pas de rapport avec la maçonnerie selon les registres que nous avons.

      Or, il y avait de nombreux clubs à cette époque à Londres (notamment l’Ordre des Druides), et ces clubs attiraient les anglais qui n’avaient pas tournés le dos à ce qu’Anderson et ses amis pouvaient qualifier de pratiques « superstitieuses ».

      Il fallait donc donner un vernis d’ancienneté à ce qu’ils étaient en train de faire. La maçonnerie était un bon choix, puisqu’ils allaient construire un nouveau monde (celui des Lumières)… mais il fallait raser ce qu’elle contenait de « catholique » et stuartiste…

      On pense que cela a permis de faire survivre les loges car on n’a pas de traces de beaucoup de loges à cette période. L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence d’un fait, surtout quand on connaît l’obligation de secret des maçons et le respect qui y était accordé à cette époque.

      Beaucoup de choses restent encore à découvrir, à prouver et à écrire… mais quand on cherche dans la bonne direction, on trouve plein de choses ! Or, cela prend du temps de vérifier, valider et surtout faire entendre que la musique peut être différente. Par chance, Outre-Manche les FF sont très ouverts à leurs histoires et plusieurs adhèrent déjà (et sponsorisent même) mon approche, celle qui est dans mon prochain bouquin, pub ! 😉

  • 20
    pierre noel 11 avril 2019 à 09:10 / Répondre

    Ce n’est un secret pour personne qu’Anderson (avec Désaguliers, Delafaye, Birkhead, Payne et sans doute d’autres) a changé en profondeur le visage des loges londoniennes en modifiant, adaptant, altérant le texte des Constitutions d’antan et leur sens en une version revue pour des maçons d’un nouveau type. Le titre général de 1723 dit : « The Constitutions … of the Accepted Free Masons collected from their general records and theit faithful traditions ». Mais le sous-titre introduisant les « Charges » emploie le terme « extracted from the ancient records ».
    Dans un cas , il n’y a que « réunion en un ensemble », dans l’autre « extraction » donc sélection.
    Nous en avons déjà parlé ici lorsque nous avons comparé les Constitutions d’Anderson (1723) et celle de Roberts (1722), résumé fidèle, lui, des anciennes Constitutions Gothiques (dont la première date du règne d’Henri VI, donc du temps de Jeanne d’Arc, repère chronologique qui peut être utile).
    Il ne faut pas présenter le fait comme une « découverte » de dernière mlnute !

    • 21
      David Taillades 11 avril 2019 à 09:44 / Répondre

      La « découverte » c’est qu’on peut prouver aujourd’hui, par l’analyse des Old Charges, que la tradition « initiatique » a toujours été dans le métier – comme ce qu’on appelle aujourd’hui le « 3e grade » – et que les Moderns et les gentlemen des Lumières n’ont pas ajouté un quelconque ésotérisme dans les pratiques des artisans. Ceux-ci ont toujours « spéculés » sur leurs outils et leur métier, et ils avaient des pratiques rituelles, comme on le découvre dans un manuscrit dont on parle trop peu : Harris No 1.

      Il ressort enfin, du point de vue historique, que la maçonnerie spéculative d’aujourd’hui n’a pas plus été inventée en Ecosse par Schaw qu’en Angleterre par Anderson et ses collègues… ça c’est la grande découverte !

      Si l’école « authentique » avait été moins idéologique, nous n’aurions pas perdu 100 ans de recherche d’un original « unique » des Old Charges qui n’a jamais existé… et d’une classification totalement déconnectée de l’histoire des îles britanniques.

      Il faut dire que Begemann, malgré le respect qu’on doit lui accorder vu le travail d’analyse qu’il a fait, a considérablement tordu l’approche de l’histoire… alors qu’il avait toutes les preuves sous les yeux déjà à son époque. Mais non, il préférait conclure « je pense que » ou « je crois que » alors qu’il venait de donner les preuves du contraire… des preuves qui ruinaient ses thèses, notamment celle de l’invention du 3e grade entre 1725 et 1730 ! Un mythe renforcé par les idéologues qui ont suivi sa démarche sans jamais lire ce qu’il y avait dans les textes, écartant ceux trop gênants (préférant donner des dates au doigt mouillé !) et en oubliant progressivement ce qu’avait découvert l’allemand.

      Heureusement les écrits restent et quand on se donne la peine de les retrouver… et d’y passer du temps, sans idée préconçues sur le sujet, alors émerge une toute autre histoire de la FM, bien plus intéressante et pertinente que l’insipide théorie de l’Emprunt de Ward.

      • 24
        Désap. 11 avril 2019 à 11:24 / Répondre

        21 – Cher David, il me semble que tu es en contradiction avec ce que tu avances en 19.
        Tu contestes là la théorie de l’emprunt, tout en écrivant auparavant : « Anderson et ses amis ont fait un club (réservé à l’aristocratie protestante) qui devait servir à véhiculer les idées de la RS… »
        Il faut expliquer là, parce que moi, je regrette, je ne comprends plus rien. Où est la cohérence ?

        • 25
          david taillades 11 avril 2019 à 12:00 / Répondre

          24 – Tu as raison Désap, je vais être précis.

          La tradition maçonnique spéculative était bien présente chez les opératifs. Elle a été détournée et vidée de sa substance par Anderson et ses amis… car leur objectif n’était pas de spéculer sur la géométrie mais de porter les idées des Lumières.

          La théorie de l’Emprunt de Ward consiste à dire que les artisans n’avaient pas de pratique spéculative et que les Moderns ont seulement « emprunté » les outils du métier et quelques rituels (qui n’auraient pas contenu de symbolique) pour y glisser un ésotérisme grâce à leur grande érudition.
          Il n’y a pas Emprunt dans ce sens-là (celui de Ward). Cette thèse est sans fondement.

          Il est plus juste de dire qu’il y a « détournement et reconfiguration », avec effacement de ce qui dérange.

          Plus clair? 😉

  • 14
    Désap. 10 avril 2019 à 21:52 / Répondre

    Pierre Noël et David Taillades, pourriez-vous chacun décrire en quelques lignes la GL de L&W de 1720/30, préciser sa pratique et le / les objectifs poursuivis par ses fondateurs ?
    Je vous remercie par avance, ceci de manière à éviter l’interprétation erronée de vos théories respectives.

    • 16
      David Taillades 10 avril 2019 à 22:37 / Répondre

      Cher Désap, mon prochain ouvrage sort le 15 mai prochain -> Franc-maçonnerie, l’histoire retrouvée (Dervy). Tu trouveras (peut-être) quelques éléments de réponse dedans… qui sait 😉

      • 17
        Désap. 10 avril 2019 à 23:22 / Répondre

        En un mot, club ou maçonnerie ?

        • 19
          David Taillades 11 avril 2019 à 07:25 / Répondre

          Anderson et ses amis ont fait un club (réservé à l’aristocratie protestante) qui devait servir à véhiculer les idées de la RS…

  • 11
    pierre noel 10 avril 2019 à 20:33 / Répondre

    On sait (puisque Anderson le dit) que 14 frères furent désignés par le GM Montagu pour examiner le projet de Constitutions.
    Parmi eux devaient se trouver plusieurs « épiscopaliens » (« Anglicans » comme Désaguliers, donc des catholiques à l’ancienne), quelques uns « de la vieille religion » (des catholiques à la romaine), des protestants (calvinistes) à l’Anderson et quelques « je-m’en-foutistes » (latitudinaires) comme les Anglais peuvent l’être (Folke, Richmond et d’autres en seront).
    Quoi d’étonnant à ce que le célèbre article I (célèbre en France surtout), synthèse de leurs caucus, soit ce qu’il est ?

    • 13
      David Taillades 10 avril 2019 à 21:12 / Répondre

      Sans provocation aucune, « puisque Anderson le dit », je me garderai bien de dire « on sait » 😉 Il a quand même tordu l’histoire dans bien des sens différents…

      • 22
        pierre noel 11 avril 2019 à 10:07 / Répondre

        Si Anderson ne l’avait écrit(1723, p 73, on ne le saurait pas.

  • 7
    Désap. 10 avril 2019 à 18:51 / Répondre

    4 – Anderson altère l’ancienne tradition du métier, ou bien rend-il le métier praticable de manière exclusivement théorique et par tout un chacun, par définition étranger au métier ?
    Un chose aussi un peu étrange, un protestant radical qui crée une GL excessivement libérale en terme de religion.
    En définitive, et c’est qui m’ennuie, je ne sais pas si ce que je lis des différentes analyses ne colle pas, ou si je trouve que ça ne colle pas parce que je voudrais comprendre ce que j’ai envie de comprendre.
    Pourtant, je prie chacun de croire que je ne suis pas dans une critique systématique, j’essaye au contraire d’être le plus ouvert et objectif. Mais il faut bien que chacun reconnaisse que vos différentes positions sont assez radicalement opposées de sorte que je vous assure : on s’y perd, on finit pas ne plus rien comprendre.
    Il devrait y avoir un minimum de consensus sur un minimum de choses, il me semble. Trop de divergence tue la cohérence de chaque théorie.

    • 9
      David Taillades 10 avril 2019 à 19:07 / Répondre

      Désap,

      Anderson ALTERE drastiquement les Old Charges et la tradition du métier. Il coupe ce qui dérange et il ajoute des choses qui n’existaient pas. On a des traces des « étrangers » aux métiers bien avant Anderson.

      Le problème vient du fait qu’on veut croire que les « origines » de la FM ont été écrites et que maintenant on sait. Or, la théorie des origines, celle dominante, ne repose sur rien de solide, les datations des textes (les Old Charges) étant pratiquement toutes fausses !

      Je viens de finir l’étude de + de 70 Old Charges… les dates ont été données en fonction du papier et de l’écriture. Or ce sont des COPIES ! Donc le contenu (ce que raconte le texte) est plus ancien que la date que nous donne le support. Si le contenu des Old Charges avait été étudié en détail (par le mots, comme l’a fait Begemann, mais la structure des textes) alors des choses seraient apparues depuis bien longtemps…

      Une fois que les dates seront « fixées » avec des repères fiables, alors on pourra avoir comment l’histoire s’est déroulée… même si cela n’expliquera pas tout.

  • 6
    pierre noel 10 avril 2019 à 18:40 / Répondre

    L’examen dépassionné du passé de l’institution, pour les années 1670-1740, montre la permanence discrète de loges constituées de l’élite de la « Compagnie des Maçons de Londres » (maçons de métier, tailleurs de pierre … devenus patrons, maître d’œuvres et architectes), élite « gentrifiée» et se retrouvant dans l’ « Acception », milieu fermé et élitiste de ladite Compagnie (voir la discussion sur hiram.be), ayant beaucoup des caractéristiques du « club anglais » (un cercle privé offrant à ses membres un lieu où se rencontrer et discuter des choses les plus graves aux plus futiles, sans craindre les importuns). Au siècle suivant, il ne restait plus de cette époque qu’une poignée de loges (dont la mieux connue était celle, discutée sur hiram.be, se réunissant auprès du parvis de la cathédrale St-Paul), dont la plupart recrutait des membres de condition modeste, petits commerçants et artisans de toute sorte (ces loges n’avaient plus depuis longtemps sur le métier de la pierre ou de la brique aucun pouvoir de direction ou de formation, même si certains de leurs membres le pratiquaient encore). D’autres attiraient (celle située à côté du palais royal en est l’exemple connu mais il y en eut bien d’autres) une assistance plus huppée, quelques nobles mais surtout des membres du Barreau, de la magistrature, de l’administration et des milieux aisés.
    L’évolution avait plusieurs raisons qui restent discutées : la libération des métiers du bâtiment de l’autorité (encore médiévale) de la Compagnie, la diminution de l’offre d’emploi lorsque Londres eut fini d’être reconstruite, la mainmise progressive des milieux d’affaire de la City sur l’organisation économique devenue globale avec l’extension aux terres lointaines qui deviendront l’Empire Britannique. A tout cela s’ajoutent la recherche des secrets du passé (Stukeley) et l’effet de mode, inévitable (et connu de tous temps) quand des « vedettes » du temps (Montagu, Richmond, Stanhope, Désaguliers…) s’y montraient ouvertement et y occupaient les fonctions les plus en vue.
    Même à Londres, ces loges au recrutement privilégié restèrent minoritaires et fermées (elles devaient l’être par définition) mais elles furent évidemment singées dans leurs manières par les autres, avant de déclencher la réaction tout aussi inévitable des Antients (cette fracture sociale n’a d’ailleurs pas changé au XXI° siècle comme peuvent le confirmer ceux qui connaissent un peu le système ).
    Un problème n’est jamais évoqué par les commentateurs ! L’insécurité d’une métropole déjà surpeuplée (notamment par l’afflux de migrants venus des provinces ou d’Irlande) et sans éclairage public. Les rues étaient loin d’être sûres à la nuit tombée. Les larcins et agressions étaient nombreux (S. Pepys en parle dans son journal) or on sait par certaines divulgations que les loges se réunissaient à 7 heures du soir en hiver et à 9 h en été pour se terminer vers 11 h ou minuit. Comment faisait-on pour rentrer chez soi sans risque, de St-Paul à Whitehall par exemple ? La célèbre gravure d’Hogarth (La Nuit) montre ce qu’était une promenade nocturne dans Londres. Encore faut-il ajouter que cela n’était vrai qu’autour de la pleine Lune ! Que dire lorsque c’était autour de la nouvelle Lune ? (Les tenues de Grande Loge et l’Assemblée Générale annuelle se tenaient pendant la journée, mais pas les loges privées.)

    (J’avoue être très intrigué par ce genre de détail qu’évoque rarement les tenants de la Tradition et les admirateurs des temps anciens.)

    • 8
      David Taillades 10 avril 2019 à 18:58 / Répondre

      Cette « acception », que l’on trouve notée « accepcon » en 1630 dans les livres de la Compagnie des Francs-maçons de Londres (c’était encore son nom à l’époque) nous apprend que cette pratique date de bien avant 1670. C’est d’autant plus vrai que ce livre nous permet de descendre à 1620 et de conclure qu’une telle pratique était antérieure. Il se trouve en effet que ce dont parle Ashmole dans son journal a toujours existé dans le métier.
      Les Antients, comme ils l’ont toujours clamé, se revendiquaient de cette maçonnerie-là.

      • 12
        pierre noel 10 avril 2019 à 20:46 / Répondre

        Ce que vous avancez, très justement d’ailleurs, est connu depuis toujours et discuté sur Hiram.be lorsqu’y sont discutés la Worshipful Company et livre (1900) de Conder à son sujet.

        • 15
          David Taillades 10 avril 2019 à 22:35 / Répondre

          Tout à fait, et les éléments que vous avez apportés à ce sujet son très précis et très précieux. Il se trouve que l’analyse des Old Charges fait ressortir que cette pratique « acception » qui consiste à faire des maçons (to made masons » (ou att the makeing of masons) comme on le lit est depuis toujours présente dans le métier… donc… ce que nous faisons aujourd’hui existait déjà il y a très longtemps…

          • 18
            Désap. 10 avril 2019 à 23:35 / Répondre

            E.Universalis explique qu’en France au XVIè sc. sont initiés des étrangers au métier, notamment des imptimeurs et relieurs, peut-être à leur demande après avoir lu des traités d’architecture qu’il avait la charge de mettre en forme ; que sait-on à ce propos et, d’une manière générale, que sait-on de ce qu’il se passe en France à la Renaissance et durant le Grand Siècle ?

    • 10
      Désap. 10 avril 2019 à 19:17 / Répondre

      Pardonnez-moi, mais qu’est-ce que l’insécurité de Londres a à voir avec la réalité de ce qui se pratique dans les loges ? En quoi cette insécurité déterminerait-elle le caractère club ou au contraire maçonnique de la première GL ?
      D’autant que cette insécurité n’est pas apparue dès la fin du chantier de reconstruction de Londres, cela a toujours était le cas et partout en Europe, Paris était un véritable coupe gorge crasseux.

  • 2
    David Taillades 10 avril 2019 à 13:56 / Répondre

    Merci Pierre Noël pour cette synthèse.
    La lecture minutieuse des Old Charges, placées dans leur temporalité, à la lumière de leur contenu et non pas du papier, de l’encre ou de la calligraphie, met en exergue que tout cela est présent dans la maçonnerie anglaise déjà au milieu du… XVIe siècle. Mais on peut même remonter un siècle plus tôt avec un écrit qui n’a pas vraiment retenu l’attention des chercheurs…
    Quant à El Schaddai, il est déjà présent dans le plus anciens des Old Charges…
    Anderson et ses amis n’ont inventé que la maçonnerie protestante du 18e siècle, pas celle qui l’a précédé et dont ils ont tordu l’essence pour coller à leur « projet » de société… la démonstration écrite, avec tous les textes et les références, dans quelques semaines 😉

    • 3
      Désap. 10 avril 2019 à 15:55 / Répondre

      Ce qui montre que Anderson et ses frères n’ont pas établit un club mondain huppé, mais bien une grande loge maçonnique soumise à toutes les obligations attachées à cette qualité.
      Par ailleurs, je ne vois pas quelle essence Anderson a pu tordre en comparaison de ce qui existait auparavant, sauf à considérer que la maçonnerie opérative était une émanation de la Réforme ou du Catholicisme pour ces période antérieures.
      Or ceci me parait inexact, la destination des bâtiments construits ne saurait définir l’essence du métier ; On construit des bâtiments complexes depuis les temps les plus reculés de l’antiquité, certains d’apparence simple, mais à la technique encore incomprise aujourd’hui, moins encore au XIIè sc. ou au XVIIè écossais cher à Stevenson. Ce qui, soit dit en passant, fait de la construction des cathédrales un exercice certes remarquable pour l’époque, mais non un acte extraordinaire, tant du point de vue technique que des délais de réalisation, comme a pu l’être le plateau de Gizeh trois mille six cents ans en arrière.
      Revenant à Anderson, il me semble que le seul caractère différent que l’on puisse relevé est en effet sa teinture protestante. Je pense que ceci va de pair avec la volonté affichée partout en Europe depuis déjà un bon siècle et demie de défaire le pouvoir exorbitant de la papauté.
      D’autre part, je pense également que la prise de contrôle de la GL de L&W par la haute noblesse anglaise était un des moyens pour elle de construire l’Empire à venir, vexée qu’elle était de s’être faite évincer d’Amérique … par ces ruffians de Français ! :))

      • 4
        David Taillades 10 avril 2019 à 16:48 / Répondre

        Merci Désap pour ce commentaire.
        Bien au contraire, l’analyse minutieuse des textes montrent parfaitement comment les Moderns altèrent l’ancienne tradition du métier. Mais la maçonnerie avait déjà été « réformée » par le passé. Celle d’Anderson est dans cette continuité, mais vise plutôt des objectifs politiques.
        PS : Anderson est plus que protestant… il est presbytérien, c’est un radical.

      • 5
        Désap. 10 avril 2019 à 18:29 / Répondre

        Au temps pour moi ! Le marquis de La Fayette n’était pas nait. La dernière partie de ma dernière phrase n’a pas lieu d’être.
        Mille excuses.
        :))

  • 1
    pierre noel 8 avril 2019 à 17:47 / Répondre

    L’article VI § 2 d’Anderson « Behaviour when the Lodge is over and the Brethren not gone » dit :
    « You may enjoy yourselves with innocent mirth, treating one another according to your abilities, but avoiding all Excess… »

    Cet article fut traduit par Mgr Jouin comme suit : « Vous pouvez vous divertir d’une façon innocente, en vous traitant les uns les autres suivant vos moyens, mais en évitant tout excès ».

    « Mirth », d’après l’Oxford dictionary, signifie gaieté ou allégresse allant jusqu’au rire (il n’est pas rare en loge outre-Manche de voir une véritable hilarité et des applaudissements).

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