coing ou quarree

Pour en finir avec la vision fantasmée de l’opératif

Par Jean-Michel Mathonière dans Contributions

Certains des gentilshommes-maçons et savants écossais et anglais reconnus pour être les premiers francs-maçons spéculatifs au XVIIe siècle ont eu une expérience professionnelle liée à l’architecture, qu’elle soit pratique ou théorique. Le cas de Christopher Wren (1632-1723), architecte de la cathédrale Saint-Paul de Londres, est à cet égard exemplaire, de même que celui du savant et militaire écossais Robert Moray (v. 1607-1673), l’un des tout premiers initiés connus. Se mêlant d’ingénierie et de construction, ces premiers spéculatifs étaient-ils trop savants pour ne pouvoir être aussi considérés comme étant des hommes de métier ? Où se situe, en réalité, la frontière entre opératif et spéculatif ? Et possède-t-elle vraiment un sens à cette époque ?

L’admiration qu’il est de bon ton chez les spéculatifs d’avoir pour leurs ancêtres opératifs reste trop souvent entachée d’une forme assez palpable de condescendance : aux opératifs les talents manuels que l’on serait bien en peine de leur disputer, aux spéculatifs les connaissances intellectuelles qui manqueraient plus ou moins aux premiers. Or, à mon avis, pour progresser dans notre compréhension des racines historiques et symboliques de la franc-maçonnerie, outre de nouvelles ressources archivistiques, il nous faut également renouveler radicalement l’idée que l’on se fait des opératifs de cette époque déjà lointaine.

J’illustrerai cette tension entre l’opérativité fantasmée et l’opérativité réelle par la juxtaposition de deux images touchant à un thème symbolique fondamental, si ce n’est le thème fondamental par excellence du travail maçonnique, celui de la taille de la pierre brute pour la transformer en pierre cubique.

Dans l’image ci-contre, célébrissime, celle de l’apprenti franc-maçon illustrant les « bibles » du symbolisme maçonnique que furent durant la plus grande partie du XXe siècle – et encore aujourd’hui – les ouvrages d’Oswald Wirth, on voit un apprenti pensif, armé d’un ciseau et d’une massette, devant un bloc de ce que les spéculatifs appellent sans réserve une « pierre brute »… mais que les tailleurs de pierre nomment plutôt une « patate » quand il est aussi informe, non équarri ! Si cet apprenti est, par hasard, un sculpteur génial qui s’ignore, peut-être en tirera-t-il quelque chose de décoratif à partir de sa simple intuition et de son imagination… Mais, sans épure ou projet précis, livré à lui-même, un apprenti tailleur de pierre n’en tirera assez probablement qu’un tas de gravier et non un bloc d’équerre susceptible d’entrer dans la réalisation d’un édifice ! L’apprenti de l’image de Wirth offre en fait une vision totalement fantasmée du maçon opératif. Si « tout n’est que symbole », comme on le dit trop souvent en manière de pirouette dans le contexte spéculatif pour réduire à néant la moindre critique, il n’en demeure pas moins qu’il est essentiel de se fonder sur des symboles qui soient respectés quant à leur sens premier. Sinon, pourquoi conserver ces symboles ? Je dis souvent que puisque nous en sommes à honorer des « patates » dans nos temples, peut-être serait-il plus efficient d’aller jusqu’au bout et d’alors remplacer la pierre cubique (autre symbole maltraité) par une barquette de frites siglée d’un grand M (pour Maçonnerie), cela afin d’illustrer beaucoup plus concrètement la transformation de la matière en pourriture (on aurait ainsi le 3e grade parfaitement intégré au 2e).

Trêve de provocation et d’humour : dans la réalité, les tailleurs de pierre travaillent plutôt sur les blocs déjà bien dégrossis en carrière (le poids augmente le coût du transport), c’est-à-dire sur des blocs « capables » dont les dimensions sont assez proches des blocs finis et dont ils tireront éventuellement ensuite des formes plus complexes que le cube ou le parallélépipède.

Dans la seconde image, utilisée en illustration de l’article et provenant de L’Architecture des voûtes de François Derand, publiée en 1643, on voit quatre jeunes tailleurs de pierre, élégamment vêtus à la mode de leur époque, discuter de stéréotomie, c’est-à-dire d’application de la géométrie à la coupe des pierres, autour d’une épure déroulée sur un bloc de pierre. Leurs instruments, que l’on voit posés sur cette table à dessin improvisée, sont le compas, la règle et l’équerre, ainsi que le porte-mine et la plume pour dessiner. Car avant de tailler, encore faut-il pour un opératif disposer de l’épure de la pierre qu’il souhaite dégager de la matière brute, même lorsqu’il ne s’agit que d’une simple pierre « cubique ». À dire vrai d’ailleurs, tailler un bloc parfaitement cubique n’est pas du tout aussi simple qu’il y paraît. Ce qui est certain, c’est que la clé, c’est la géométrie et que l’apprenti tailleur de pierre ne peut s’en décharger totalement sur le compagnon qui dirige et surveille son travail… C’est à lui d’appliquer le trait sur la pierre avant que de se servir du maillet et du ciseau (et surtout du marteau taillant) ! En réalité, tailler la pierre brute, c’est moins transpirer à grosses gouttes qu’apprendre à réfléchir, à voir dans l’espace, à économiser la matière, le temps de travail et l’énergie… Comme l’illustre à la perfection cette gravure, nos quatre opératifs du XVIIe siècle sont tout d’abord de véritables spéculatifs ! Et même s’il s’agit bien sûr d’une « belle image », nos maîtres maçons, au sens primitif du terme, ne sont pas conformes du tout aux clichés ouvriéristes hérités du XIXe siècle (et eux-aussi nécessairement idéalisés) : ils portent vêtements à la mode et leurs instruments de dessin sont ciselés, manifestant la recherche d’un statut social le plus élevé possible. C’est au demeurant ce que traduisent explicitement les règlements et les usages des compagnons tailleurs de pierre français au XVIIIe siècle : ainsi, parmi les conditions pour être reçu compagnon figure, en bonne place, l’obligation de posséder un habit convenable.

La dimension intellectuelle est en réalité omniprésente dans la culture opérative des tailleurs de pierre et des charpentiers car, comme le disait déjà Anaxagore presque cinq siècles avant l’ère chrétienne, « l’homme pense parce qu’il a une main ». C’est bien pour cela aussi que les spéculatifs sont allés y prendre racine.

dimanche 13 octobre 2019 41 commentaires
  • 34
    Jean-Michel Mathonière 16 octobre 2019 à 15:44 / Répondre

    Pour ceux que les thématiques opératives non étroitement « maçonnico-maçonniques » intéressent, je conseille la lecture du catalogue de l’exposition « La règle et le compas » dont j’étais le commissaire au musée de la franc-maçonnerie en 2013.
    http://compagnonnage.info/blog/blogs/blog1.php/2018/03/20/laregleetlecompas-catalogue

    Gageons que cette tentative de sortir le poisson noyé (revenir au seul sujet initial de ce post) du torrent de commentaires de Désap incitera ce dernier à venir à nouveau en faire un, en réponse à celui-ci ou tout en haut de la liste, histoire de continuer à occuper le devant de la scène ! Les paris sont ouverts ! Y-a-t-il un franc-psychologue dans le temple ?

  • 26
    Désap. 16 octobre 2019 à 10:25 / Répondre

    25 – Une contribution ? Elle est là ma contribution, dans mes commentaires.
    Je n’ai pas remis en cause ta thèse, juste, qui décrit les compagnons tailleurs de pierre comme n’étant pas les analphabètes qu’estime l’une de nos sommités maçonniques à l’appui de sa théorie de l’emprunt.
    J’ai expliqué, référencé (Constitutions, rituel) et montré, il me semble, que le modèle du maitre maçon spéculatif est l’architecte médiéval ; j’ai montré également, par le texte de Recht, que ces architectes étaient les chefs du Métier, les autorités à la fois de l’opératif et du spéculatif et qu’en fonction de ces constatations il me parait plus que nécessaire que les franc-maçons d’aujourd’hui prennent connaissance ce qu’était un architecte médiéval et non en reste à considérer que les opératifs seraient représentés par les seuls tailleurs de pierre.
    Je n’ai eu que des quolibets en retour, ça te regarde.

    • 27
      Jean-Michel Mathonière 16 octobre 2019 à 10:37 / Répondre

      Définitivement incurable… Le syndrome du coucou…

  • 15
    Jean-Michel Mathonière 15 octobre 2019 à 13:58 / Répondre

    Ce qui est bien avec certains spéculatifs, c’est que non seulement ils arrangent l’histoire de la Maçonnerie selon leurs idées, mais c’est aussi qu’ils sont tellement savants en toutes choses qu’ils réécrivent l’histoire de la construction ! Nous sommes tous impatients de lire sur ce thème une prochaine contribution de Désap qui ne soit pas des commentaires donneurs de leçons aux contributions des autres 😉

    • 21
      joab's 15 octobre 2019 à 18:25 / Répondre

      Ce qui est interessant finalement est que le débat soit ouvert, quand bien même plusieurs souhaiteraient le refermer et imposer leur vision … du moment.
      Si on reste dans les evidences, semble-t-il incontestables des similitudes rituelles et organisationnelles.
      Mais s’enfermer dans cette idée et nier l’apport spirituel, esoterique des fdranges des religions, mais aussi l’apport de la Royal Society et des Newton, Desaguliers pour un monde plus généreux, humain et rationnel me semblerait un appauvrissement considerable de notre raison d’être des FM.

      • 22
        Jean-Michel Mathonière 15 octobre 2019 à 20:08 / Répondre

        Précisément, le problème est cette ouverture « pandoresque » qu’adorent les Maçons spéculatifs, en n’ayant finalement que des croyances en des similitudes rituelles et symboliques… dont précisément ils n’ont pas la connaissance précise ! Mon propos n’est autre que de simplement rappeler quelques points précis… Mais je n’ai aucunement l’intention de vous empêcher de croire. Et si vous pouvez me prouver que les anciennes loges opératives et les compagnonnages continentaux était « organisationnellement » structurés en trois grades d’apprenti, compagnon et maître, je serai ravi d’avoir tort 🙂

      • 23
        Jean-Michel Mathonière 15 octobre 2019 à 20:43 / Répondre

        En fait, ce qu’il faut comprendre Joab’s, c’est qu’une meilleure compréhension de la tradition maçonnique, dans son ensemble riche et complexe, c’est comme faire de la cuisine : on ne peut pas mélanger sans ordre tout les ingrédients, aussi bons soient-ils, en espérant qu’à la sortie cela sera digeste et même bon ! Il nous faut réaliser une recette pour tel ou tel plat, faire un choix, ne prendre en compte que certains ingrédients et les mélanger selon un certain ORDRE. Les apports de la Royal Society et d’autres milieux intellectuels et spirituels des XVIIe et XVIIIe siècles sont indéniables. Le problème n’est pas là : il est de mieux déterminer quels sont ces apports, à quelle date et pourquoi ils ont pu intervenir, etc. Et mon propos, dans mon modeste article qui a le don d’autant irriter Désap, ce n’est pas de réécrire toute l’histoire fabuleuse de la franc-maçonnerie, c’est juste de rappeler que nos tailleurs de pierre d’antan étaient sensiblement plus « spéculatifs » que ce que l’on a tendance à croire. Point. Peut-être publierai-je d’autres contributions dans les mois à venir pour traiter de tel ou tel autre point précis, limité, documenté, qui permettra de mieux appréhender telle ou telle pièce du puzzle. Mais il est clair que de lire certains commentaires hystériques ne donne guère envie de perdre son temps…

        Pour ceux que les thématiques opératives non étroitement « maçonnico-maçonniques » intéressent, je vous conseille la lecture du catalogue de l’exposition « La règle et le compas » dont j’étais le commissaire au musée de la franc-maçonnerie en 2013. Je pense y avoir réussi un certain équilibre entre une approche historique et des perspectives symboliques.

        http://compagnonnage.info/blog/blogs/blog1.php/2018/03/20/laregleetlecompas-catalogue

        • 24
          Désap. 15 octobre 2019 à 21:10 / Répondre

          23 – Et bien voilà cher Jean-Michel, tu ne parles plus « des opératifs », tu parles des tailleurs de pierre.
          Car si tu parles « des opératifs » il est nécessaire d’y inclure et de disserter sur les architectes qui sont les chefs, l’autorité de la maçonnerie opérative. Ils sont de plus ceux qui correspondent au grade de maitre spéculatif, ce qu’il est plus que souhaitable de préciser à l’adresse des spéculatifs envisageant de manière condescendante les opératifs.
          S’il est navrant, par ignorance ou prétention, de prendre les compagnons tailleurs de pierre pour des hommes bruts et incultes, ceci n’est en revanche pas possible vis à vis des concepteurs et directeurs de chantiers des cathédrales. Nous nous rejoignons certainement sur le constat qu’un grand nombre de spéculatifs ont une idée tout à fait fausse des opératifs.

          • 25
            Jean-Michel Mathonière 15 octobre 2019 à 22:27 / Répondre

            Tu es désespérant Désap. Dépêche-toi d’écrire une contribution au lieu de pondre tes œufs dans tous les nids, ça nous fera des vacances…

        • 30
          joab's 16 octobre 2019 à 14:41 / Répondre

          J’entends ce que tu avances, mon cher. J’y suis d’autant plus sensible étant passionné par la question de la taille des pierres des murs polyédraux de Cuzco, Olyantaytambo, mais aussi les pierres de Puma Punku.
          Ce que nous constatons est inexplicable, y compris avec des technologies d’aujourd’hui.
          Par conséquent, les annonces pontifiantes des archeologues ne laissent méfiant.
          Je crains toujours le biais des parti-pris, diabolisant ou sanctifiant une théorie préférée.
          Je ne suis pas sûr, et n’ai pas trop envie, de comprendre la controverse sur le dit sujet vis à vis de la FM.
          J’ai une idée qui s’est construite par mon ecoute et mon expérience et suis prêt à la remettre en question en fonction des apports de ceux qui ont approfondi plus que moi.
          Je connais un peu cette fixette de Desap sur ce sujet (et d’autres) et ce dont je suis certain est que les fixettes, clameurs peremptoires, partisianisme sont la garantie d’une enfermement, appauvrissement de la pensée.
          L’idée que nous avons tous, toujours à tailler la pierre me paraît cohérente avec l’esprit de la FM et l’idée d’un elitisme dispensant de travailler encore me paraît à l’inverse contraire.
          C’est d’ailleurs le spectable lamentable que donnent ceux qui ont pourtant été initié maçon et qui se comportent ici en militants d’obedience à l’identique de militants commerciaux, politiques, syndicaux et bafouant l’essence universelle et fraternelle de la FM.

          • 32
            Désap. 16 octobre 2019 à 14:55 / Répondre

            30 – Il ne s’agit pas d’arrêter de travailler, il s’agit de passer de la pierre à la planche à tracer, de l’équerre au compas.
            C’est le rituel du 3è grade.

          • 33
            Désap. 16 octobre 2019 à 15:22 / Répondre

            30 – « Par conséquent, les annonces pontifiantes des archeologues ne laissent méfiant. »
            Tu te rends compte de ce que tu dis ? Les archéologues sont des scientifiques, des universitaires, ils travaillent sur le concret, avec méthode, pas sur l’imaginaire.
            On n’a jamais rien prouvé en se basant sur l’imaginaire.
            Un exemple, tu sais tout ce qu’on raconte chez nous à propos des templiers, les documents retrouvés à Jérusalem, etc.
            Tout à été démonté par les historiens (les vrais, les universitaires) ; le Vatican, tellement content de mettre la FM à l’index, a sorti toutes les archives des templiers, il les a toutes sans exception. Il n’y a rien, pas de trucs ésotériques, des document comptables et militaires c’est tout. Normal, c’est un ordre religieux, ils n’allaient se saborder à pratiquer l’hérésie.
            D’ailleurs, ils n’ont jamais été condamnés pour hérésie.

            • 35
              joab's 16 octobre 2019 à 16:12 /

              C’est tout TON problème … Les jugements à la personne, à l’emporte pièce ou du prêt à gober ou alors être apostat.
              Les archépologues font un travail formidables meritant tout notre respect. Et le respect qu’on leur doit implique aussi de la méfiance à leurs conclusions, humaines.
              L’archeologie, comme toute science, à la difference des affirmations gourouesques se révise, se reforme en fonction de decouvertes successives.
              Je ne sais contre quel moulin à vent tu te bats cette fois-ci, mais des affirmations peremptoires n’enleveront pas la necesité SCIENTIFIQUE de s’interroger, face à des phénomènes, comme ceux exposés. Justement la science RECHERCHE des explications.. Aux sectes diverses de pontifier avoir déjà TOUT trouvé.
              Je te laisse ton discours sur les templiers … sans rapport avec les civilisations pre-inca.

            • 36
              Désap. 16 octobre 2019 à 17:09 /

              35 – sans vouloir être désobligeant, je te rappelle que tu as écrit « Par conséquent, les annonces pontifiantes des archéologues me laissent méfiant. »

            • 37
              Adriano 17 octobre 2019 à 10:38 /

              « On n’a jamais rien prouvé en se basant sur l’imaginaire. »
              > De la terre à la Lune -Jules Verne- 1865..
              > Et le résultat… 100ans plus tard
              C’est un petit pas pour Un homme, un bon de géant pour l’Humanité .
              Neil Armstrong (né en 1930) est le premier homme à avoir posé le pied sur la Lune le 21 juillet 1969.

              PS A penser détenir une vérité, on peu finir par perdre l’ouverture d’esprit.

            • 38
              Désap. 17 octobre 2019 à 11:33 /

              37 – Ah parce que Jules Vernes a prouvé qu’on pouvait aller sur la lune ? D’un point de vue scientifique ?
              Non, parce que aller sur la lune relevait de la science pour des raisons scientifiques et politiques en 1969, pas pour satisfaire un imaginaire développé 100 ans auparavant, pas plus que ce roman en constitue une quelconque motivation ou inspiration.
              Revoir l’Histoire de la guerre froide avant d’user de la réthorique dans l’espoir de prouver quelque chose.

          • 39
            joab's 17 octobre 2019 à 17:48 / Répondre

            @37 adriano : desap discute sur un vision de la science pour profanes.
            Dans la réalité, la demarche scientifique inclut evidemment une demarche « déductive », un enchainement de phénomènes observés et expliqués par des théories démontrées.
            Mais ce serait un appauvrissement abétissant de se limiter à celà :
            La science est evidemment aussi « inductive », émettant des hypothèses, théories, conjectures et indiquant quel phénomène en démontrerait la véracité.
            Dans le cas de Jules Verne, son assertion d’apesanteur est evidemment fausse (telle qu’il la decrit) mais JV n’a jamais eu d’autre pretention que des romans, même si certaines anticipations peuvent être troublantes. idem pour le visage sur Mars decouvert par la sonde Viking … et figurant dans une BD en 1952 !

            • 40
              Désap. 17 octobre 2019 à 19:10 /

              39 – C’est cool ! J’ai bien rigolé 🙂 🙂

            • 41
              Adriano 18 octobre 2019 à 11:27 /

              Bonjour à tous,
              je ne suis pas un érudit, je suis arrivé(tombé? dans cette discussion simplement parce que la transmission du savoir et l’histoire m’intéresse.
              Et apparemment les Compagnons et les Francs Maçons ont cette tradition de transmission, parallèlement à la recherche d’arriver à une parfaite maitrise/perfection dans le domaine/métier/profession où ils ont choisi d’exercer.
              L’évolution de l’humanité c’est faite de découvertes, d’échanges, d’emprunts et d’oublis.
              D’où de grande discutions sur les bâtisseurs des Pyramides et des Cathédrales.
              Les discutions sur la période Médiévale ont un avantage, il existe des documents et traces écrites qui permettent d’échafauder des théorie sur le savoir, supposé empirique, de nos ancêtres.
              La genèse « Opératif », « Spéculatif » est très riche en discutions, mais peu documenté historiquement.
              Les périodes troubles et les secret de « savoir faire » ont fait de la transmission orale un rempart de protection.
              Les écrit restent, mais les paroles s’envolent.
              De tous ce j’ai pu lire pour l’instant, je n’en est retenus qu’il n’était souvent question que de poules et d’œuf.
              Apparemment le coq est absent de la basse cour.

              Désap.
              « aller sur la lune relevait de la science pour des raisons scientifiques et politiques en 1969 »
              Construire des Pyramides et des cathédrales ce sont aussi les défis technologiques des compagnons bâtisseurs et de l’égo du pouvoir politico-religieux des époques considérées.
              Rien n’a changé en 3000ans.

              PS Descartes aurait pu dire :> La rigueur scientifique est un « outil » qui ne sert à rien si celui qui l’utilise n’a ni imagination, ni curiosité…

  • 13
    Désap. 15 octobre 2019 à 12:10 / Répondre

    Mon frère David,
    Sur un chantier de cathédrale il y a deux architectes, la maitre de maçonnerie à la conception et l’appareilleur à réalisation, le second sous la conduite du premier tout autant qu’il informe le concepteur du résultat de la mise en oeuvre de manière à modifier les plans si nécessaire ; complémentarité parfaite, ce couple doit nécessairement ne faire qu’un homme, avec les mêmes valeurs d’exigence, de rectitude et une qualité indispensable, l’intuition de manière maintenir le moment où l’on sera pris au dépourvu à la seule nécessité de modifier les plans de conception. Si on est pris au dépourvu lors de la réalisation, l’édifice s’écroule.
    Outre la surveillance de l’exécution, les deux ne travaillent que le trait, l’un sur la planche, l’autre sur les pierres lorsque c’est nécessaire. Le concepteur ne travaille sur aucune pierre, si l’appareilleur taille une pierre ce ne peut qu’être exceptionnel et il ne tracera que les pierres très complexes, imaginons-nous ce que représente son activité principale, mener le chantier de réalisation d’une cathédrale. Les parpaing et les pierres complexes seront tracés et taillés par les compagnons.
    Ce n’est pas la taille de la pierre qui est complexe, c’est son traçage.
    Le modèle décrit par le rituel de maitre c’est ce couple, ce ne sont pas les compagnons.
    J’exhorte nos frères qui ont de l’audience et le don d’écriture de nous parler des architectes, les maitres en maçonnerie et les appareilleurs.
    Il est important de décrire la transposition opérative sur le spéculatif du point de vue du grade de maitre, parce que la maçonnerie est une et indivisible.
    Frat.
    Patrick

    • 14
      DT 15 octobre 2019 à 13:31 / Répondre

      TCF Desap,

      Je ne connais pas l’histoire du métier en France. Ce que tu me décris ne reflète pas ce que j’ai lu sur les maîtres maçons en Angleterre. Ces derniers faisaient les plans mais exécutaient également les tailles les plus complexes : les sculptures ornementales. Le MM (architecte) était en effet généralement sculpteur, c’est ce que précise l’ouvrage que j’ai utilisé en référence dans mon précédent post. Enfin, quand LE maître maçon n’était pas là, ses surveillants (des maîtres maçons) prenaient le relais pour faire avancer le chantier selon ses directives.
      Frat
      David

      • 16
        Désap. 15 octobre 2019 à 13:58 / Répondre

        14 – L’ appareilleur, architecte de réalisation, et ses adjoints, oui nécessairement. L’architecte de conception est en revanche unique.
        Ce dont je parle est la maçonnerie médiévale, gothique, dont plus des deux tiers des architectes sur plus de trois siècles sont Français. A ce propos, la construction gothique est nommée l’Art français.
        Je conseille la lecture de ce texte qui illustre l’ensemble de mes commentaires.
        https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2006_act_17_1_1124

        • 17
          Désap. 15 octobre 2019 à 14:16 / Répondre

          Ce texte est de Roland Recht,
          Historien d’art, Conservateur en chef, directeur général des musées de Strasbourg (1986-1993). – Directeur de l’Institut d’histoire de l’art (1993-2001), professeur au Collège de France (en 2001). – Membre de l’Institut national du patrimoine, et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (2003).
          Voilà les personnalités qu’il faut lire, ils redoutent le fantasme et la subjectivité comme la peste.

          • 18
            Jean-Michel Mathonière 15 octobre 2019 à 15:55 / Répondre

            La qualité de tels historiens ne protège hélas pas contre les mauvaises orientations de leurs lecteurs, surtout lorsqu’ils sont hors-sujet de l’article qu’ils commentent simplement pour étaler leur tablier sur la table 😉

            • 19
              Désap. 15 octobre 2019 à 16:21 /

              18 – Hors sujet ? l’article de Recht est hors sujet ? C’est surréaliste de lire ça, sans oublier un nouveau procès d’intention.
              Il évoque l’organisation du chantier (Ch. effondrement du coeur de Beauvais), les méthodes, la géométrie, etc, bref, de maçonnerie opérative sur des thèmes qui englobent l’ensemble de ceux de ton article.

            • 20
              Jean-Michel Mathonière 15 octobre 2019 à 17:08 /

              Ce sont tes réponses qui sont hors-sujet Désap ! Une dernière fois, relis ma contribution et cesse de faire le coucou avec tes commentaires qui n’ont pour seul but que d’occuper le devant de la scène (ce que tout le monde aura je pense compris). Si tu as quelque chose d’intéressant à dire sur le statut des architectes médiévaux et leur rôle dans la constitution du grade maçonnique de maître, propose une contribution à Géplu plutôt que de polluer un article qui n’avait d’autre prétention que de parler de la taille de la pierre brute…

  • 7
    Joab’s 14 octobre 2019 à 10:36 / Répondre

    Dans le cas des murailles de Cuzco et autres pre-incas, nous sommes face à des problèmes de taille infiniment plus complexes : pas seulement des cubes aux angles et côtés constants mais de polyèdres irréguliers et systématiquement changeants. Et pourtant precision au 1/10e mm.

  • 6
    Désap. 14 octobre 2019 à 09:49 / Répondre

    4 & 5 !! – De quoi parlez-vous avec votre procès d’intention ? J’exerce un métier artisanal, depuis l’âge de 16 ans, j’en ai 55, je suis chef d’entreprise, maitre artisan inscrit à la Chambre des Métiers et je forme des apprentis. Est-ce le cas de JM Mathonière ? J’ai la prétention de savoir exactement de quoi je parle, oui la prétention.
    D’autre part et c’est le plus important, de quel point de vue nous plaçons-nous ? Exclusivement du point de vue maçonnique.
    De ce point de vue et uniquement de ce point de vue, sur qui sont levés tout soupçon, qui lui confère son grade et la qualité de maçon ?
    Le Maitre travaille-t-il sur la pierre ? NON ! Il ne travaille QUE sur la planche à tracer.
    D’apprenti et tailleur de pierre, celui-ci change de métier, ou de qualification si on préfère, il devient architecte, son travail s’exerce exclusivement sur la planche à tracer et il est l’unique responsable du chantier, précisément tel cela se passait sur les chantiers médiévaux.
    Je n’affirme rien, n’invente rien, c’est le RI-TU-EL.
    Alors certes, tailleur de pierre un jour, tailleur de pierre toujours, mais bien évidemment ! ce qui est acquis doit l’être définitivement, cependant la taille des pierres N’EST PAS la fonction du maitre.
    Le maitre est l’architecte du chantier, le maitre d’oeuvre, il est chargé d’établir les plans de l’édifice, d’organiser le chantier et il sera le seul responsable du résultat face au maitre d’ouvrage lors de la réception.
    Bon sang ! C’est le rituel et c’est ce qu’indique très précisément les Constitutions de 1723, relisez les deux !
    C’est vous qui êtes dans une fausse modestie parfaitement inutile et qui fausse la réflexion, pas moi qui ferais preuve de condescendance. Je suis maçon et reconnu comme tel depuis 1996, date de mon élévation.
    Et comme je suis membre d’une confrérie, je respecte ses Constitutions, son rituel, ses obligations et la responsabilité qui oblige mon grade, ceci sans fausse modestie car ce qui est faux est faux, inutile et nuisible au chantier, à la confrérie et à la juste transmission de l’Art.
    Je vous laisse bien volontiers le choix de faire de la philosophie intellectuelle, celle qui consiste à faire preuve d’une humilité erronée.
    En substance, voilà bien la preuve indiscutable qu’il est impérieux de travailler profondément le grade de maitre, au lieu de de le circonscrire à sa cérémonie pour passer plus rapidement à une chevalerie totalement fantasmé n’ayant rien de commun avec la réalité de la Maçonnerie.

    • 8
      Jean-Michel Mathonière 14 octobre 2019 à 11:42 / Répondre

      Je suis navré mon TCF Patrick d’avoir manifestement un jour heurté ton ego et d’ainsi provoquer en réaction, dès que tu vois mon nom, de telles crises d’affirmation de ta légitimité et de ton savoir infiniment supérieur au mien qui ne suis qu’un vil intellectuel se targuant d’un peu connaître le monde opératif auquel il semble donc que tu appartiens. Je pense qu’il serait bon que tu relises ma contribution à tête refroidie afin de comprendre l’exacte portée de mes propos — qui ne menacent en rien ton piédestal : y ai-je parlé du Maître maçon spéculatif ? Y ai-je parlé d’autre chose que du fait qu’il serait utile, quelque soit le grade atteint, de fonder sa réflexion quant à un symbole on ne peut plus fondamental, la taille de la pierre, sur une meilleure connaissance de la réalité du métier et de l’histoire ? Non, tu vitupères, tu fulmines, tu noies le poisson sous un flots de paroles, tu instilles le poison en faisant un procès d’intention…
      Tu voudras bien noter mon Frère si peu fraternel que je ne répondrai plus à aucune de tes diarrhées verbales.

      • 9
        Désap. 14 octobre 2019 à 13:16 / Répondre

        8 – Cher Jean-Michel, mon premier commentaire était paisible et argumenté sur les principes de nos textes maçonniques.
        Je me vois qualifié de condescendant sans autre forme de procès, je réponds.
        Je continuerai à donner mon avis sur tes textes, toujours sur le fond, pas sur toi.
        Si tu ne veux pas répondre sur le fond, tant pis.
        Je ne vois pas où je serais si peu fraternel ?

    • 10
      GURY 14 octobre 2019 à 15:22 / Répondre

      Votre commentaire est uniquement polémique, à l’égard de Jean-Michel Mathonière.
      Avez-vous pris suffisamment le temps nécessaire pour comprendre véritablement le sens de son article ?
      Essayez de ne pas trop vous prendre au sérieux, car souvent ceux qui ( comme vous ) donnent des leçons seraient bien avisés d’en prendre pour de bon.
      La richesse et la qualité de ses travaux ne méritent certainement pas une critique aussi injuste de votre part.

      • 11
        Désap. 14 octobre 2019 à 18:42 / Répondre

        10 – Mes commentaires n’expriment pas mon avis ou mon opinion, aucunement, pas plus qu’une critique ad personam.
        Je rappelle le rituel, point. Est-ce se prendre au sérieux que cela ?
        En synthèse, chaque fois qu’il est question d’Opératifs on ne traite que des tailleurs de pierre. C’est regrettable, il manque les architectes, responsables du Métier et des ouvrages, pour les raisons constitutionnelles et rituelles évoquées et parce que c’est déterminant pour comprendre ce que l’on entend par filiation opératif/spéculatif. Si j’ai tord, il faut l’expliquer de ce point de vue.
        J’y suis allé un peu fort, certes.
        J’ai la plus complète considération pour mon Frère et ses travaux.

    • 12
      DT 15 octobre 2019 à 09:05 / Répondre

      TCF Désap,
      Le maître maçon était l’architecte des édifices médiévaux du fait de ses connaissances en géométrie, certes, mais il exécutait également les tailles les plus complexes (voir Nicola Coldstream, Les artisans du Moyen Âge, Les maçons et sculpteurs, Brepols, 1992).
      Bien à toi.
      David

  • 5
    Yannick 14 octobre 2019 à 01:21 / Répondre

    Jean Michel, j’aime beaucoup tes propos, ils me semblent plein de bon sens.
    En tant que tailleur de pierre, souvent au tasseau, chaque bloc mérite réflexion, projection du travail achevé face à des défauts du bloc d’origine, observation attentive des dégradations dues aux diverses manipulations en amont, et par rapport à Desap, si mon statut de sachant (sans avoir la prétention de Maîtrise) était qq chose de définitivement acquis, je n’utiliserais plus aucun outil de contrôle pour vérifier le bon déroulement de ma réalisation.
    Je n’ai jamais vu aucun TDP travailler sans règle et équerre!!
    Ma culture compagnonnique m’ayant souvent enseigné que les architectes anciens étant souvent des hommes de métier distingués par une intelligence plus vive que celles de leur entourage, les spéculatifs dans le milieu des cadres de la construction me paraissent logiquement suivre une carrière opérative… et d’autres, n’ayant pas forcément pratiqué physiquement ont pu suivre.
    Quant aux militaires, il ne viendrait à l’idée de personne de mettre en doute les capacités d’architecte ou d’ingénieur d’hommes comme Vauban.
    Pour terminer avec les pierres brutes, il m’est arrivé en Italie d’avoir à tailler des blocs de « génération spontanée », qui remontaient dans les champs.
    Il y a véritablement un travail de réflexion en amont, le 1er pour s’assurer que la pierre est saine, ensuite que le volume brut enserre le volume fini, et enfin, par quelle face commencer pour s’économiser un maximum de travail, car tailler une pierre brute est un ouvrage éreintant et demandant beaucoup de concentration.
    Merci Jean Michel

  • 3
    Désap. 13 octobre 2019 à 17:21 / Répondre

    Pour en finir avec l’erreur qui consiste à faire du tailleur de pierre la représentation du franc-maçon.
    1 – la taille de la pierre ne concerne que l’Apprenti.
    2 – elle concerne accessoirement le Compagnon sur laquelle il travaille l’art du trait de sorte également de guider les gestes de taille de l’Apprenti.
    3 – le Maitre n’est plus concerné par la taille de la pierre, il surveille les App. et Comp. et travaille exclusivement sur la planche à tracer où il établit les plans de l’édifice ; en d’autres termes le Maitre est architecte.
    4 – seul celui ayant acquis l’intégralité des droits maçonniques est reconnu maçon.
    Ce qui est acquis est et doit être définitivement acquis, c’est une exigence absolue de tout métier artisanal, il ne doit surtout pas être nécessaire d’y revenir.
    Ainsi le mythe de l’éternel apprenti est une absurdité redoutée par tout artisan.
    Ce qui qualifie la maitrise est l’architecture, pas la taille de la pierre.
    Que l’on cesse de parler des tailleurs de pierre et que l’on s’instruise des architectes, on comprendra ainsi d’autant mieux ce que les maçons raisonnables entendent par filiation, nécessairement et exclusivement d’esprit et de principes, avec les bâtisseurs de cathédrales.
    Tout ce qui est exposé ci-dessus est très concrêtement exprimé par le rituel et les Constitutions de 1723.
    J’en ai soupé d’entendre sempiternellement parler des tailleurs de pierre ; je ne suis plus Apprenti et aucun maçon n’a pour vocation de le rester, ce serait la marque d’une incapacité.

    • 4
      Jean-Michel Mathonière 13 octobre 2019 à 22:58 / Répondre

      C’est bien ce que je disais à propos de certains spéculatifs : « une forme assez palpable de condescendance »… Comme le dit Désap, « que l’on s’instruise des architectes » ! Et qu’il commence par le faire lui-même…

  • 2
    Norbert Verdon dit Armanjac 13 octobre 2019 à 11:30 / Répondre

    Très bien, des nuances bienvenues qu’on n’imaginait pas toujours…Pour le moins très interessant, merci beaucoup!

  • 1
    Ronan LOAEC 13 octobre 2019 à 10:39 / Répondre

    Voilà ! Merci Jean-Michel… voilà qui nous change avec bonheur de « l’histoire sainte » inspirée de Wirth, hélas!, mais aussi des spéculations zozotériques des amateurs de physique quantique qui, évidemment, n’ont pas la moindre idée de ce dont ils glosent, on l’a vu récemment ici même ! Amitiés et au plaisir de te recroiser… Il faudra que tu viennes plancher à Colmar un jour prochain : je lance l’idée aux amis, par ici !:=))

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