La faillite des élites

Par jissey dans Contributions, Interviews

Face aux « rassemblements » autour d’une commune origine, réelle ou mythique quelle attitude adopter ? A l’harmonie abstraite d’un unanimisme de surface est en train de succéder une harmonie conflictuelle. L’auteur s’interroge : ne faudrait-il pas plutôt accompagner cet idéal communautaire que le dénier ? L’ouvrage s’en prend à l’élite déconnectée et à ses incantations sur l’individualisme galopant. Ce qui est en jeu, dans la mutation sociétale en cours c’est le refus de la verticalité propre à « la loi du père » qui est celle du « sachant »,  de « l’expert »,  du détenteur dogmatique de la Vérité, au profit de « l’ère des tribus » et de la « loi des frères ».

Michel Maffesoli, co-auteur du livre avec Hélène Strohl, est un sociologue français. Ancien élève de Gilbert Durand et de Julien Freund, professeur émérite  à l’Université Paris-Descartes. Il a développé un travail autour de la question du lien social communautaire, de la prévalence de l’imaginaire et de la vie quotidienne dans les sociétés contemporaines, contribuant ainsi à l’approche du paradigme postmoderne. Il est membre de l’Institut Universitaire de France depuis septembre 2008. Fondateur de la revue Société des Cahiers européens de l’imaginaire, il est également directeur du Centre de recherche sur l’imaginaire (MSH). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment : LE TEMPS DES TRIBUS – DU NOMADISME – LA PAROLE DU SILENCE  & ECOSOPHIE. Michel Maffesoli a été initié en franc-maçonnerie dans les années 1970, dans une loge  du Grand Orient de France à Lyon.
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vendredi 08 novembre 2019 6 commentaires
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    Maffesoli Michel 8 novembre 2019 à 18:15 / Répondre

    Le « légalitarisme » est le propre de ces « démocrates » si peu « démophiles » . L’aristocratie populaire qui est en train de renaître dans les multiples soulèvements contemporains, et ce un peu partout de par le monde est autrement plus riche et prospectif L « La crise du monde moderne  » de R.Guenon peut nous aider, justement, à penser les profondes mutations en cours

  • 3
    réboussié 8 novembre 2019 à 15:09 / Répondre

    c’est vrai que la conception égalitaire « extrémiste » qui consisterait à établir l’égalité des revenus et des biens pour chacun , ça peut heurter ceux qui ont beaucoup , et exciter ceux qui n’ont et ne sont rien de l’autre coté du périph. ..le problème actuel ou la question n’est pas la lutte contre les élites , on se demande juste si le conducteur du bus avait déjà vu un bus avant de s’assoir sur le siège conducteur ? car vu l’état du bus et la ….tête de certains passagers , et la future retraite chapeau , le titulaire du permis de conduire est parti en courant avec sa trottinette
    autrement dit pour être clair ? l’élite des chirurgiens ? ce ne sont pas exactement ceux qui abattent les animaux dans nos abattoirs régionaux
    l’égalité ? voir la corruption , les fraudeurs du fisc et les autres ..de l’autre coté du périph , on n’ a que rarement un compte au paradis fiscal …
    oui , je pense et je crois à une aristocratie , bien réelle , mais comme disait Coluche ,je crois , l’aristocratie qui provient de mes ancêtres ? c’est le discours des pommes de terre , et des énarques ?? des bureaucrates , mais le tiroir (du bureau ) n’est jamais précisé …
    l’élite politique et médiatique ? il n’y a qu’a les écouter , surtout les débats ,pour mesurer le niveau , bien souvent ??? et le niveau ? on connaît ? non ??
    pour le populisme ? le populiste n’est que le démocrate qui refuse de mourir assassiné …dans l’indifférence générale , je ne sais plus, de qui mais j’ai,bien aimé la formule
    la fin de la démocratie ?chercher à qui profitera le crime …comme dans tout roman policier ..

    • 4
      Maffesoli Michel 8 novembre 2019 à 18:07 / Répondre

      mais sont ces « démocrates » si peu « démophiles » ? Il voient du populisme là où il n’y a que sagesse populaire

  • 2
    deriemont 8 novembre 2019 à 07:40 / Répondre

    Je partage presque totalement les thèses de Michel Maffesoli à une réserve près. Si les appartenances multiples et éphémères peuvent être une nouvelle manière de faire « société », celles qui assignent à « résidence sociétales » et qui exigent l’exclusivité doivent être combattues.

    • 5
      Maffesoli Michel 8 novembre 2019 à 18:10 / Répondre

      En effet, l’exclusivisme est le fondement même du totalitarisme et de l’inquisition son bras séculier. L’on est en train de passer d’une logique de l’identité aux identifications multiples ( ce qui est le propre de la postodernité). De la République Une et Indivisible à la « res-publica » plurielle

  • 1
    Anwen 8 novembre 2019 à 03:44 / Répondre

    La faillite des élites, conséquence du simulacre de la démocratie.
    Rappelons les grands principes de ce « bien public » qu’on appelle la démocratie.
    La démocratie avilit en abaissant les bons, c’est une tyrannie qui s’exerce par un mouvement de traction morale, de bas en haut ; elle fait descendre, elle empêche les meilleurs de s’élever, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empêchant ainsi l’éclosion des types supérieurs, elle supprime le respect et rend les petits insolents.
    Toute élévation du type humain demande un régime aristocratique.
    René Guénon, sur la démocratie et ses élites, nous rappelle : « il nous faut encore insister sur une conséquence immédiate de l’idée démocratique qui est la négation de l’élite entendue dans sa seule acception légitime ; ce n’est pas pour rien que « démocratie » s’oppose à « aristocratie », ce dernier mot désignant précisément, du moins lorsqu’il est pris dans son sens étymologique, le pouvoir de l’élite. Celle-ci, par définition en quelque sorte, ne peut être que le petit nombre, et son pouvoir, son autorité plutôt, qui ne vient que de sa supériorité intellectuelle, n’a rien de commun avec la force numérique sur laquelle repose la « démocratie », dont le caractère essentiel est de sacrifier la minorité à la majorité, et aussi, par là même, la qualité à la quantité, donc l’élite à la masse. Ainsi, le rôle directeur d’une véritable élite et son existence même, car elle joue forcément ce rôle dès lors qu’elle existe, sont radicalement incompatibles avec la « démocratie », qui est intimement liée à la conception « égalitaire », c’est-à-dire à la négation de toute hiérarchie : le fond même de l’idée « démocratique » c’est qu’un individu quelconque en vaut un autre, parce qu’ils sont égaux numériquement, et bien qu’ils ne puissent jamais l’être que numériquement. Une élite véritable, nous l’avons déjà dit, ne peut être qu’intellectuelle ; c’est pourquoi la « démocratie » ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité n’existe plus, ce qui est effectivement le cas du monde moderne. Seulement, comme l’égalité est impossible en fait, et comme on ne peut supprimer pratiquement toute différence entre les hommes, en dépit de tous les efforts de nivellement, on en arrive, par un curieux illogisme, à inventer de fausses élites, d’ailleurs multiples, qui prétendent se substituer à la seule élite réelle ; et ces fausses élites sont basées sur la considération de supériorités quelconques, éminemment relatives et contingentes, et toujours d’ordre purement matériel. On peut s’en apercevoir aisément en remarquant que la distinction sociale qui compte le plus, dans le présent état de choses, est celle qui se fonde sur la fortune, c’est-à-dire sur une supériorité tout extérieure et d’ordre exclusivement quantitatif, la seule en somme qui soit conciliable avec la « démocratie », parce qu’elle procède du même point de vue. » (La crise du monde moderne)
    La théorie « égalitaire », si chère au monde moderne, est contraire à tous les faits les mieux établis, et est même démentie par la simple observation courante, puisque l’égalité n’existe nulle part en réalité.
    L’égalité, en vérité, c’est la fin d’une race, « tous dégénérés », « tous fous », tous égaux dans la bêtise ou dans la bassesse, c’est le courant d’eau qui éteint toutes les lumières, sous prétexte qu’elles éblouissent.

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