Philippe Meiffren, élu Grand Maître de la GLTSO le 28 février 2020

Interview de Philippe Meiffren, Grand Maître de la GLTSO

Publié par Géplu

Philippe Meiffren a été élu Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra le vendredi 28 février dernier. Il a accepté de répondre à quelques questions du Blog Maçonnique afin que nous le connaissions mieux.
Géplu

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Géplu : Philippe Meiffren, qui es-tu ?

Philippe Meiffren : J’ai 68 ans, marié, père de 4 enfants et à la retraite depuis maintenant 5 ans après avoir été Directeur général d’une organisation professionnelle patronale, la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics des Bouches-du-Rhône.

Sur le plan maçonnique, je suis rentré en franc-maçonnerie en 1991 dans une loge d’Aix-en-Provence qui pratiquait le Rite Ecossais Rectifié (Je suis aujourd’hui CBCS). J’ai ensuite été fondateur d’une loge sur Marseille où je suis resté 18 ans et où j’ai occupé tous les plateaux. On m’a ensuite proposé d’entrer au Conseil Fédéral, puis René Doux m’a choisi comme Grand Maître adjoint. Je le suis resté 4 ans, puis je suis rentré au Grand Collège où pendant 2 ans j’ai pu continuer à améliorer ma vision de l’obédience, et me préparer à la grande maîtrise. A ce titre j’ai été reçu au REAA, à Emulation, au Standard d’Ecosse et au Rite Français Traditionnel, parce qu’il m’a semblé que le Grand Maître d’une obédience devait connaître et vivre les Rites pratiqués dans celle-ci. L’ouverture du compas est ainsi beaucoup plus grande. J’ai été élu Grand Maître le 28 février 2020 pour une année renouvelable, et deux années ensuite si tel sera alors le désir des Vénérables Maîtres de l’Obédience.

Et tu as donc pris les rênes de la GLTSO au moment où, comme pour toutes les autres obédiences, le Covid-19 a mis à l’arrêt la vie maçonnique.

Elle n’est pas vraiment totalement à l’arrêt. Certes il n’y a plus de tenues, mais l’on continue de travailler ardemment, et j’incite l’ensemble des Frères à conserver des liens entre eux. Ils n’ont d’ailleurs pas besoin de moi pour cela. On voit fleurir sur les réseaux sociaux tout un tas d’échanges locaux, régionaux, nationaux, des visioconférences qui se développent, et des groupes de travail qui se forment, continuant ainsi à engranger un certain nombre de choses.

Peux-tu me dire quelles sont les spécificités de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra ?   

C’est une obédience qui est née en 1958 d’une séparation de la GLNF. Elle a été fondée par nos illustres prédécesseurs pour pouvoir au départ pratiquer sereinement le Rite Ecossais Rectifié, ce qui a été l’essence même de l’obédience qui voulait occuper ainsi une place singulière dans le paysage maçonnique français. Très vite les fondateurs ont souhaité transformer l’obédience en une fédération de rites, et ils ont amalgamé au fil du temps 5 rites complémentaires. Le RER reste le rite historique, officiel et majoritaire (entre 65 et 70% des Frères), mais aujourd’hui se pratique aussi au sein de la GLTSO le Rite Emulation, Le Rite Français Traditionnel, le Standard d’Ecosse, le Rite d’York et le Rite Ecossais Ancien et Accepté. La GLTSO est forte de 260 loges, qui représentent globalement 4 800 Frères, uniquement des Frères puisque nous sommes une obédience masculine et que nous entendons le rester. Ce qui ne veut pas dire que nous ne reconnaissons pas les obédiences féminines ; nous avons été parmi les premiers à signer des traités de reconnaissance avec elles et avec les obédiences mixtes, et nous accueillons nos Sœurs et partageons avec elles les travaux dans le cadre de Tenues inter-obédientielles qui sont réalisées chez nous une fois par an, parfois deux, par secteurs.

Au niveau du RER, quelle différence fais-tu entre le Rite et le Régime ?

Le Rite c’est ce que l’on pratique en loge, c’est le support qui sert à l’organisation et au déroulement des tenues, aux grades d’Apprenti, Compagnon, Maître et Maître Ecossais de Saint-André. C’est à ce quatrième grade que se termine au RER l’enseignement maçonnique. Après, on rentre dans un Ordre chevaleresque avec les grades d’Écuyer Novice et de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte. Le Régime, c’est l’ensemble du dispositif qui pourrait gérer ces différents échelons, sauf que chez nous on ne fonctionne pas en Régime puisque les loges bleues sont gérées par l’Obédience. L’obédience ayant la fonction de former les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres pour constituer un véritable creuset dans lequel les Juridictions, qui gèrent les ateliers supérieurs, vont pouvoir effectuer le recrutement des éléments qui seront jugés dignes de poursuivre leur instruction dans ces grades.

Quels sont tes projets et tes objectifs de nouveau Grand Maître ?

On peut les regrouper en 3 grandes priorités : Premièrement je veux continuer à apporter à l’ensemble des Frères qui appartiennent à la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra la sérénité à laquelle chacun aspire pour effectuer son parcours dans les meilleures conditions possible. Deuxième point, je pense qu’il faut que l’on poursuive notre adaptation administrative. Une obédience de bientôt 5 000 membres ne peut se passer d’avoir un fonctionnement administratif irréprochable. Et le dernier point est que nous ayons pour ambition de conforter le rayonnement de l’Obédience.

Pour atteindre ces objectifs, les Conseillers Fédéraux et Grands Maîtres adjoints vont épauler plus et mieux les Vénérables Maîtres dans leurs missions. Il y a 27 conseillers fédéraux, chacun responsable d’un secteur, et 6 grands maîtres adjoints, responsables des régions, plus un septième responsable de l’Italie où nous avons une dizaine de loges. Pour cela nous avons besoin de renforcer notre chaîne de communication interne afin que celle-ci soit la plus fluide et rapide possible et que de véritables relations de confiance s’établissent entre les uns et les autres. Pour la communication externe, il faudra développer une réflexion sur la façon de nous présenter, notamment aux profanes et aux jeunes de 25/35 ans qui nécessitent une approche et un discours adapté à leur mode de vie et à leurs aspirations. Il n’y a pas à rentrer dans une guerre concurrentielle avec les autres obédiences, mais je pense que chacun peut avoir un rôle à jouer et une place à tenir dans ce recrutement des jeunes générations, car la maçonnerie attire toujours. Il a toujours une aspiration à un rassemblement, un développement de valeurs, à une recherche de morale voire de spiritualité, et il faut que nous francs-maçons, puissions répondre à ces aspirations. Pour cela il faut que l’on apprenne à mieux communiquer. J’ai donc décidé de créer un groupe 25/35 au sein de l’obédience, et je m’investirai personnellement dans ce dossier.

Au niveau communication externe, on vient aussi de refondre complètement notre revue « epistolae latomorum », dont le nouveau numéro vient de sortir.

Après je veux que l’on poursuive et amplifie nos actions de bienfaisance et de solidarité, parce que ce sont l’une des plus belles signatures de notre Grande Loge.

J’ai aussi pris l’initiative face au Coronavirus de solliciter l’ensemble des grandes obédiences de la maçonnerie française afin que l’on unisse nos efforts et que l’on puisse apporter un soutien au personnel hospitalier et sanitaire. Cette action est en cours et devrait aboutir assez rapidement. Pour ce qui nous concerne nous GLTSO nous avons déjà recueilli des dons suffisamment significatifs pour pouvoir offrir plusieurs respirateurs et des milliers de masques et de combinaisons.

Toujours à propos de la crise sanitaire, j’ai aussi demandé aux dignitaires de l’obédience, Grands Maîtres adjoints et membres du Grand Collège de mener une réflexion sur les évolutions que l’on devra conduire pour l’après-crise parce que la situation sera difficile pour les individus, mais probablement aussi pour nos structures. Pour cela la meilleure façon c’est d’anticiper, et donc d’y réfléchir dès à présent.

Il y a un dernier point qui pourra être remis en question en fonction des circonstances, c’est celui de notre politique immobilière. Indépendamment de notre siège de Levallois, on a fait ces dernières années l’acquisition de locaux à Villeurbanne à côté de Lyon ainsi qu’à Saint-André les Lille, et on avait des demandes fortes sur certains bassins dans laquelle la densité de nos loges est importante. On avait donc envisagé l’acquisition de biens dans la région toulonnaise et dans celle de Toulouse, mais ça, pour l’instant, il faudra attendre un peu.

Quelques mots personnels pour terminer ?

Ce que je souhaite avant tout, c’est que l’esprit d’amour qui nous unit les uns aux autres perdure et se renforce. Il faut que l’on ait en permanence le souhait de maintenir notre esprit en harmonie avec l’enseignement maçonnique que nous recevons, quel que soit le Rite que nous pratiquons. Il faut savoir descendre régulièrement au fond de nous même pour y retrouver l’état d’harmonie et de quiétude, de sérénité exempt de tensions afin que nos vies se déroulent dans la dignité et la sagesse à laquelle nous aspirons tous.

samedi 9 mai 2020
  • 7
    Laurent
    13 mai 2020 à 09:14 / Répondre

    Dommage que les commentaires soit axés sur le passé et non les propos d’avenir du nouveau GM.
    Toutefois j’ose penser que ce ne sont pas les idées initiales de vos propos.
    Bel esprit représentatif de l’obédience au travers de l’interview de Philippe Meiffren.
    Apprenons, aimons et travaillons.

  • 4
    Vaysse
    10 mai 2020 à 11:23 / Répondre

    La crise que nous traversons est un moment opportun pour la réflexion et le sens à donner à notre vie de l’après confinement, j’aime cette réflexion de Philippe Breton d’un certain paradoxe (d’une société qu’il perçoit fortement communicante et faiblement rencontrante.)
    La présence de l’homme est d’abord celle de la parole elle est aussi inéluctablement celle de son silence, un sentiment de recueillement, de bonheur tranquille. Dans la communication au sens moderne, il n’y a plus de place pour le silence réparateur.
    Notre engagement maçonnique doit nous aider dans ce que nous recherchons à partir de notre introspection et le sens à donner à notre vie.
    Merci pour vos publications 🤔

  • 3
    Momo
    10 mai 2020 à 06:03 / Répondre

    🙏Excellent parcours 👏👏👏

  • 1
    basil
    9 mai 2020 à 06:41 / Répondre

    pas un mot pour Pascal BERJOT … dommage !

    • 2
      Lazare-lag
      9 mai 2020 à 14:40 / Répondre

      @ Basil (1):
      Ici nous sommes sur un site public, d’une part, et il n’y a pas que des francs-maçons qui nous lisent.
      D’autre part, tout en étant franc-maçon soi-même, chacun n’est pas supposé tout connaître de la GLTSO, de ses arcanes, de ses personnalités; on peut donc appartenir à une toute autre obédience et être dans l’ignorance de détails propres à une autre obédience que la sienne .
      Il peut donc être préférable d’être parfois davantage explicite, ou davantage pédagogique, si l’on veut être compris.
      Peut-on cependant raisonnablement penser que Pascal BERIOT était le précédent G.M. de la GLTSO?
      Ou cette interprétation n’est toujours pas la bonne?
      D’avance, merci de me corriger si j’ai mal compris.

      • 5
        Basil
        10 mai 2020 à 16:12 / Répondre

        Je n’appartient pas à la GLTSO !

        • 6
          Lazare-lag
          10 mai 2020 à 16:41 / Répondre

          Moi non plus, je n’appartiens pas à la GLTSO, (je suis au G.O.D.F.) mais la question n’était absolument pas celle-là.
          Si tu viens parler ici de Pascal BERIOT, dont tu dis toi-même qu’il ne bénéficie d’aucun mot dans l’article, alors t’est-il possible de nous en dire plus sur ce Pascal BERIOT qui te tient tant à coeur.
          Sinon ton message n°1 demeurera totalement incompréhensible, totalement énigmatique.
          Tu ne crois pas?

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