La photo maçonnique du dimanche 10 janvier 2021

Publié par Géplu
Dans Photos

C’est notre Frère Yves Hivert-Messeca qui nous a envoyé cette photo, avec ce questionnement :

Pour ta rubrique la photo de la semaine, je t’envoie cette reproduction. Il s’agit d’un tableau qui se trouve sur le côté droit de la chapelle des Quatre Saints Couronnés, première chapelle à gauche, en entrant, dans la cathédrale Sainte Réparate de Nice (cf. mon article  Les Statuts de la Compagnie des Quatre Saints Couronnés de Nice, in Cahiers Villard de Honnecourt n° 117, 2020, p. 34/47). Le portrait est censé représenter Saint Séraphin de Montegranaro (c. 1540/1604), ouvrier maçon devenu moine capucin, canonisé en 1767 par le pape Clément XIII et considéré par certains comme un des patrons des gens du bâtiment. Or sur les dizaines de représentation dudit saint, il est toujours figuré chauve, barbu, nimbé, le regard fixe et doux, vêtu d’une simple tunique brun-marron, la bure, ceinte à la taille d’une corde avec trois noeuds et du capuchon triangulaire, un crucifix dans la main droite car chaque fois que quelqu’un voulait baiser sa main, par humilité, Séraphin lui tendait le Christ en croix. Or sur le tableau de Nice, Séraphin se présente imberbe, les joues rosées, guilleret, habillé de rouge avec bas de chausse et chaussure à boucle et surtout portant un étrange et long tablier à raies bleues et blanches. Le tableau est cependant en lien avec la maçonnerie par les outils qui se trouve aux pieds du personnage : auge, règle, truelle à bout rond, équerre, compas de proportion (ou d’épaisseur) en bois, burin (ou ciseau) et un marteau taillant. Toute interprétation du personnage en général et du tablier en particulier, même partielle mais sérieuse, sera la bienvenue. Merci.
Si tu peux la publier avec ce petit texte d’accompagnement, peut-être quelqu’un pourra élucider ce mystère.

Si vous aussi près de chez vous ou en voyage vous remarquez un bâtiment un objet ou une décoration maçonnique ou évoquant la franc-maçonnerie, n’hésitez pas à nous en envoyer des photos avec quelques explications.
Ces « témoignages » plaisent beaucoup aux lecteurs du Blog.

dimanche 10 janvier 2021
  • 2
    Jean-Michel Mathonière
    10 janvier 2021 à 11:29 / Répondre

    L’iconographie la plus répandue de saint Séraphin de Montegranaro, via l’imprimerie, procède en effet d’un modèle pieux du XIXe siècle le figurant en effet sous les traits d’un vieux moine capucin. Mais il serait intéressant de faire une recherche ciblée sur son iconographie italienne avant le XIXe siècle pour voir s’il n’existe pas d’autres modèles aujourd’hui méconnus, dont celui du jeune maçon qu’il faut avant d’entrer dans la vie religieuse.

    J’incline pour ma part à penser que cet habit rouge et ce tablier « palé d’azur et d’argent », pour employer volontairement le vocabulaire héraldique, était peut-être la tenue des confrères lorsqu’ils faisaient procession afin de bien marquer l’esprit de corps. Rien « d’étrange » donc pour l’époque et il n’est pas à exclure que ce tablier inhabituel fasse référence à l’armorial régional (que je ne connais pas dans le détail et pour lequel il conviendrait d’interroger les spécialistes locaux). L’habit rouge est en tous les cas celui que porte traditionnellement un autre bâtisseur d’origine modeste, saint Bénézet (celui du pont d’Avignon), ainsi qu’en témoigne, par exemple, la bannière de la confrérie des portefaix de saint Bénézet d’Avignon en 1779.

    Une précision enfin : parmi les outils posés au pied de saint Séraphin de Montegranaro, je ne vois aucun compas. De gauche à droite, il y a un baquet/auge, une règle, une truelle, un niveau ou une fausse équerre (la résolution assez faible de la photo ne permet pas d’en être absolument certain > je pense que c’est là le compas que voit notre Frère Yves Hivert-Messeca), une équerre, un fil à plomb (et non un burin) et un têtu-pic (plutôt qu’un marteau-taillant à proprement parler).

  • 1
    Pierre Mollier
    10 janvier 2021 à 10:31 / Répondre

    Rappelons que les « Quatre Saints couronnés » préférèrent le martyr plutôt que d’être infidèles à leurs serments. Comme quoi nos vieilles légendes sont encore pleine d’enseignements 🙂

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