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Géplu.
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Il est surprenant que l’équerre et le compas ne soient pas entrelacés !
Et pourquoi donc ?
Avez-vous cherché ?
Non car j’évite de passer trop de temps sur les niaiseries maçonniques ou compagnonniques habituelles !
La soi-disant « règle » voulant qu’au grade de Compagnon (franc-maçon) équerre et compas soient entrelacés est relativement récente et elle a peu de chances de s’appliquer à un emblème compagnonnique. Ça fait partie du zozotérisme maçonnique post Oswald Wirth…
Au demeurant, côté compagnonnique, j’ai inventorié des centaines de « blasons » de tous métiers et de toutes époques, etc. Une seule règle se dégage : il n’y a pas de règle absolue, toutes les dispositions existent. Sans oublier que l’artisan qui a réalisé ce balcon n’était pas nécessairement un compagnon serrurier du Devoir de Liberté ou un compagnon forgeron du Devoir, qui auraient pu avoir leur idée sur la question de la « bonne » manière d’entrelacer ou non l’équerre et le compas…
Bref, il faut rester attentif aux détails mais ne jamais en faire matière à pontifier 😉
Cette « règle » n’apparaît-elle pas pour la première fois dans ‘Three Distinct Knocks’ de 1760 ?
Voir : A. C. F. Jackson, English Masonic Exposures 1760–1769, p. 43.
Certes… mais nous ne sommes là ni dans le contexte maçonnique, ni en Grande-Bretagne ! Il est vraiment grand temps que les francs-maçons cessent de regarder les compagnonnages français par le mauvais bout de la lorgnette maçonnique.
Pour ceux que les vraies-fausses ressemblances entre compagnonnage et FM intéressent, un flash de publicité pour mon dernier livre : https://www.amazon.fr/%C3%89crits-sur-compagnonnage-s-franc-ma%C3%A7onnerie/dp/B0HDDB4F78
Comme je n’aime pas rester à mi-chemin dans une recherche, j’ai poursuivi quelque peu celle-ci concernant Alphonse Vidal.
Paulin Alphonse Vidal est né le 24 mars 1849 à Génolhac, de Vidal Jean-Baptiste et de Genoyer Marie Rose. Il s’est marié le 18 février 1873 avec Eulalie Irma Polge, à Sénéchas dans le Gard. Il est décédé le 02 octobre 1941 à Génolhac.
Tenant compte de sa date de naissance et de son origine languedocienne, on peut légitimement supposer que c’est lui qui figure sur la base de données généalogiques du Musée du compagnonnage de Tours sans mention de prénom en tant que « Languedoc le Triomphe du Devoir de Liberté », dont la date et le lieu de réception sont inconnus mais dont on sait simplement qu’il fut le « Premier Compagnon » à Nantes de la Sainte Anne à la Noël 1869. De fait, il aura vécu l’extinction de sa société compagnonnique à la fin du XIXe siècle par absorption dans l’Union Compagnonnique, puis, peut-être, son réveil durant les années 1930 par le compagnon Pierre Louis (1906-1986), « Limousin Cœur Fidèle ».
La date de son décès à un âge avancé coïncide avec une triste période de l’histoire compagnonnique et il est peu probable que, outre les difficultés liées à la guerre, les compagnons aient pu lui rendre les honneurs lors de son enterrement : la fondation de l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir en mai-juillet 1941 sous la protection du maréchal Pétain s’accompagne d’un anti-maçonnisme exacerbé de la part de son fondateur, Jean Bernard, tout spécialement tourné vers les « Gavots » (les compagnons menuisiers serruriers du Devoir de Liberté) et les membres de l’Union Compagnonnique suspectés d’accointances maçonniques (voir l’article abject de Jean Bernard dans le n° 3, décembre 1941, des « Documents maçonniques »).
Merci de ces précisions Jean-Michel. Je savais pouvoir compter sur toi. 😉
Encore une fois « l’habit ne fait pas le moine » tout comme » la tablier ne fait pas le Maçon »
Avant de lire les explications de Jean-Michel, je me disais que cette photo ne faisait pas maçonnique, mais plutôt opératif
Les Compagnons ont l’habitude de signer leurs œuvres ou de tracer leur passage…
Merci Jean-Michel.
Un petit tour sur Google Street View m’a permis de trouver cette demeure située place des Aires et d’après les recensements de 1896 et 1910, le menuisier habitant dans ce quartier est Alphonse Vidal. Une exploration rapide de la base de données généalogiques du Musée du compagnonnage de Tours ne fait pas ressortir de compagnon menuisier du Devoir de Liberté portant ce prénom, mais les sources documentaires restent lacunaires… Je laisse le soin à d’autres d’approfondir.
Il ne s’agit pas d’un emblème maçonnique et il n’orne pas le bâtiment d’une ancienne loge : c’est un blason de compagnon menuisier du Devoir de Liberté (C M DDL) et il orne le balcon de ce qui était très probablement sa demeure. Une recherche dans les archives locales permettra sans difficulté de retrouver le nom de celui-ci (initiales AV), notamment en se référant aux recensements de cette époque à partir de l’adresse du lieu. Il en a été effectué un en 1896 et il est assez certainement en ligne.
Bon dimanche à tous et à notre S. Douce.