

« Pour rester libre un média ne doit dépendre que de ses lecteurs »
Amis lecteurs, Frères, Sœurs, ou profanes,
La gestion professionnelle et indépendante d’Hiram.be, Le Blog Maçonnique a un coût, qui croît régulièrement. Aussi, afin d’assurer la pérennité du blog et de maintenir sa qualité, je me vois contraint de rendre son accès payant. Rassurez-vous, la somme demandée est très minime : 20 € par an !
De plus, afin de ne pas « racketter » les nombreux visiteurs occasionnels et de permettre aux nouveaux lecteurs de découvrir un peu le blog avant de s’y abonner, la consultation de trois articles est offerte aux non abonnés. Mais dans tous les cas, afin de pouvoir gérer ces gratuits et l’accès permanent, la création d'un compte est préalablement nécessaire.*
Alors, si vous aimez Hiram.be et êtes satisfaits du service d’informations maçonniques qu'il vous rend chaque jour, soutenez-le, créez votre compte et réglez dès aujourd’hui vos 20 € pour votre accès permanent et illimité d'un an au blog.
D’avance je vous en remercie.
Géplu.
* Je certifie qu’Hiram.be ne fera aucun commerce et ne transmettra à personne les données recueillies, collectées à la seule fin de la gestion de ses abonnements. Géplu.
Dans l’interview de Grégoire Brissé a été évoqué l’un des plus célèbres quatrains réputés prophétiques de Nostradamus : Centurie I, quatrain 35
Le lyon ieune le vieux ſurmontera
En champ bellique par ſingulier duelle
Dans caige d’or les yeux luy creuera
Deux claſſes vne, puis mourir, mors cruelle.
Selon la lecture prophétique- qui ne semble pas en la circonstance avoir été remis en cause- ce quatrain annoncerait la mort d’Henri II en juin 1559 lors d’une joute chevaleresque en affrontement du comte de Montgomery qui auraient porté tous deux un lion comme insigne et qu’on trouve repris dans la première phrase du quatrain.
Henri II reçut un tronçon de la lance de son adversaire à travers son heaume et eut l’œil transpercé. Il mourut dix jours plus tard.
On pourrait donc être a priori frappé par ces concordances.
Trois observations vont pourtant semer le doute :
1/ Il est, en effet, essentiel de noter que cette interprétation héraldique des deux lions (le jeune et le vieux) n’est en rien relayée par l’Histoire.
Il n’existe aucune preuve qu’Henri II portait spécifiquement un lion comme insigne, pas plus que le comte de Montgomery, même si cette idée est couramment évoquée comme étant acquise.
2/ Personne à l’époque ne fit le rapprochement avec la mort d’Henri II.
Le professeur de linguistique Bernard Chevignard note que « ni Blaise de Monluc, ni François de Vieilleville, ni Claude de l’Aubespine, ni Brantôme ne mentionnent une quelconque prophétie de l’oracle de Salon à ce propos [la mort d’Henri II], mais font état de leurs propres rêves prémonitoires ou d’une prédiction de l’astrologue napolitain Lucia Gaurico ».
Observons que Nostradamus lui-même n’en a pas fait état, alors qu’il aurait pu s’en prévaloir…
Cette interprétation n’est pas attestée avant 1614 !
Ce qui est souvent passé sous silence c’est qu’à l’époque de Nostradamus ses Prophéties n’intéressaient personne, et que c’est seulement un siècle plus tard qu’on s’y intéressa.
3/ D’autres interprétations peuvent être données de ce quatrain.
L’historien Pierre Brind’Amour nous livre une interprétation axée sur le passé.
On aperçut, en Suisse, en 1547 (donc bien avant les Prophéties parues en 1568) un prodige céleste (Nostradamus était selon ses propres termes « astrophile »), montrant un combat entre deux lions.
Nous sommes d’évidence en présence d’un biais rétrospectif qui consiste à ne pas tenir compte d’éléments qui jettent pourtant le discrédit sur des affirmations péremptoires, préférant laisser place à une légende urbaine qui défie le temps.