Jacques Viallebesset
Alain-Jacques Lacot, alias Jacques Viallebesset. (1949-2025)

Alain-Jacques Lacot est décédé

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Publié par Géplu
Dans Divers

Né en 1949, notre Frère Alain-Jacques Lacot est passé à l’Orient éternel ce 30 décembre 2025 des suites d’une longue maladie, comme l’on dit.

Longtemps très impliqué dans la vie maçonnique parisienne, membre du Grand Orient de France il avait notamment été éditeur chez Dervy et travaillé avec Roger Dachez à l’Institut Maçonnique de France avant de se retirer voici déjà quelques années dans sa région natale, près de Clermont-Ferrand pour se battre contre le cancer.

Grand amateur de poésie, il avait écrit de fort belles pages sous le nom de plume de Jacques Viallebesset. Lisez ici un ses très beaux poèmes : Un feu secret que nous avions publié en 2020, et auquel il avait répondu en en ajoutant un autre, La tribu nomade, le précédent de ce commentaire : En général, ma poésie n’est pas strictement « maçonnique » même si elle contient nombre d’allusions à la symbolique maçonnique. Je vous offre ci-dessous un poème qui, par exception, est strictement maçonnique.

La tribu nomade

A minuit, ils se mettent en marche et lèvent le camp
Pour retrouver la lumière dans le soleil levant
Pour tout langage ils n’ont que de simples outils
Pas plus de trois principes et quelques utopies

L’ architecte se dresse vertical entre ciel et terre
Du niveau à la perpendiculaire d’aplomb et d’équerre
Le compagnon cherche ailleurs l’étoile en son sein cachée
L’ouvrier balbutiant construit marche à marche son escalier

Midi plein les voit tous rassemblés sous le soleil
Artisans et chevaliers si différents et tous pareils
Ils essaient d’appréhender ensemble le sens de leur vie
Et à comprendre, humaine condition, ce qui les unit

Ils bâtissent alors dans le vent des temples éphémères
Dont ils posent à chaque fois la pierre angulaire
Se transmutant ils coagulent le sel le soufre et le mercure
Pour que la joie demeure dans le creuset des cœurs purs

A Minuit la tribu se disperse sur la surface de la terre
Chacun offrant à qui veut un brandon du feu élémentaire
Ils et elles pérégrinent en doutant sous la voûte étoilée
Prononçant d’étranges mots secrets Eros Philia Agapé.

Extrait du recueil LE POLLEN DES JOURS. Editions Le nouvel athanor.

Plusieurs Frères m’ont fait part de leur émotion à la nouvelle de sa disparition :

Alain Bauer : Alain Jacques restera dans les mémoires comme un attachant compagnon de métier, auteur, éditeur, publiciste, entouré de son nuage de fumée en presque toutes occasions.
Il restera comme un de artisans essentiels du 275eme anniversaire de la franc-maçonnerie Française.
Il sera sans doute unanimement mais véritablement regretté.

Philippe Foussier : Ce que je retiens d’Alain-Jacques, c’est d’abord son immense culture, tant littéraire et poétique que maçonnique. Il était un excellent connaisseur de la franc-maçonnerie, de son histoire, de ses rites, de ses obédiences. Membre du Grand Orient de France, il était ouvert et curieux de toutes les autres sensibilités maçonniques. Il était tout le contraire d’un sectaire, comme on en croise hélas dans toutes les obédiences.
Au-delà, Alain-Jacques avait un regard acéré sur les réalités de la franc-maçonnerie française et comme il était franc et direct, cela lui a parfois valu quelques inimitiés. Tout le contraire d’un flagorneur ou d’un lèche-bottes – une catégorie finalement assez répandue dans les obédiences – l’acuité de ses analyses quant aux caractéristiques de la vie maçonnique et de ses dirigeants manquera. Il ne cherchait pas à plaire. Même s’il était un peu retiré de la vie maçonnique active depuis quelques années, sa lucidité demeurait intacte.

Roger Dachez : J’ai bien connu Alain-Jacques et travaillé avec lui pendant des années sur l’organisation du Salon maçonnique du Livre de Paris et sur les prix littéraires de l’Institut maçonnique de France (IMF). C’était un véritable amoureux des lettres et, bien sûr, de la poésie. C’était d’ailleurs avant tout un poète doté d’un réel talent – et les poètes sont parfois difficiles à comprendre. Il fut aussi un éditeur avisé, avec une connaissance excellente de la littérature maçonnique et ésotérique, et nombre d’auteurs dans ces domaines lui doivent beaucoup.
Au demeurant une personne d’une réelle qualité humaine qui accueillait la vie avec une fausse désinvolture. Sa disparition, prévue depuis de longs mois, attriste ceux qui l’ont côtoyé mais éveille aussi en eux plein de souvenirs nostalgiques et le plus souvent souriants.

Jean-Philippe Hubsch : J’ai connu Alain-Jacques au début de ma Grande Maîtrise. C’est Philippe Foussier qui me l’a présenté.
Ce frère, à la belle voix grave, et au rire communicatif, foisonnait d’idées. Il connaissait parfaitement l’obédience et plus généralement la franc-maçonnerie française. Il avait une culture impressionnante et c’était un merveilleux poète.
Alain-Jacques est venu me proposer l’idée des Universités Populaires Maçonniques, que nous avons créées ensemble et que nous avons ensuite développées en province, jusqu’à ce que le Covid nous arrête. Je garde des souvenirs magnifiques de ces conférences et de nos discussions philosophiques nocturnes autour d’un dernier verre.
Alain-Jacques était un homme rare, car franc et direct, passionné et sensible, toujours optimiste et positif.
Comme beaucoup, je le savais très malade depuis plusieurs années, mais il se battait avec courage et continuait à avoir des projets.
Ce frère aimait passionnément la vie. Il nous manquera beaucoup.

Ci-dessous une des dernières vidéos d’Alain-Jacques, lors des Rencontres Culturelles Maçonniques Lyonnaises de novembre 2024.

dimanche 4 janvier 2026
  • 4
    fafa mama
    4 janvier 2026 à 18h13 / Répondre

    2 choses :

    La première une pensée triste et émue pour Alain-Jacques qui a su être là il y a presque 15 ans pour m’aider à faire éditer un livre qui me tenait énormément à coeur.

    La seconde est par contre beaucoup plus critique vis à vis d’Hiram.be. Pourquoi ne pas rendre public cet article qui rend hommage à un grand monsieur de l’édition, à un poète et à un Frère émérite ?

    • 5
      GépluAdministrateur
      4 janvier 2026 à 19h10 / Répondre

      Pourquoi pas.
      Je viens de rendre l’article libre d’accès.

  • 3
    Jean-Michel Mathonière
    4 janvier 2026 à 8h57 / Répondre

    Je ne saurai rien ajouter de pertinent à ce qu’ont exprimé Alain Bauer, Philippe Foussier et Roger Dachez. J’ai tardivement croisé Alain-Jacques par le biais de Dervy, où j’ai pu apprécier à plusieurs reprises ses connaissances éditoriales et ses capacités, pour ainsi dire, « opératives ». Nous partagions par ailleurs un enracinement auvergnat.

  • 2
    Remi
    4 janvier 2026 à 6h44 / Répondre

    Un Frère regretté que je n’oublierais pas.

  • 1
    lazare-lag
    4 janvier 2026 à 4h32 / Répondre

    Pour ceux et celles qui découvriraient Alain-Jacques Lacot seulement aujourd’hui, on peut leur suggérer de faire une recherche ici-même sous son nom ou son nom de plume, Jacques Viallebesset.
    Ils y trouveront tous les articles qui le concernent sur Hiram.be.
    Il a été très actif, en de nombreux domaines et en de nombreuses manifestations maçonniques.
    Une personnalité attachante, une figure.

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