L' « Obligation » signée par Louis Germain à l’issue de son initiation au Grand Orient de France en 1907

Albert Camus et la franc-maçonnerie : un « scoop » dans La Chaîne d’Union

Publié par Pierre Mollier

Nous vous avons offert hier la première partie d’un article de « La Chaîne d’Union » sur le passage sous le bandeau supposé d’Albert Camus. En complément, Pierre Mollier nous apporte la précision suivante :

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Deux hommes ont eu une grande influence sur le destin du jeune Albert Camus. Le premier est Louis Germain, l’instituteur qui repéra ses talents à l’école communale de la rue Aumerat à Alger et le fit entrer au Lycée. Le second est son oncle Gustave Acault, boucher, érudit, anarchiste, voltairien… et traditionnellement présenté comme franc-maçon.

Avec l’hommage que lui a rendu Camus lors de la remise de son prix Nobel, Louis Germain a été à l’époque « le plus célèbre instituteur de France ». Maître d’école dans un quartier pauvre, il n’hésite pas à donner de sa personne pour pousser les jeunes un peu doués vers un Lycée qui leur était en général fermé. « Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé » déclare le grand écrivain à son vieux maître. Vous êtes « un des deux ou trois hommes à qui je dois à peu près tout », lui assure-t-il encore en octobre 1945.

En préparant la publication de l’essai d’Eric Amis « Albert Camus sous le bandeau » dans La Chaîne d’Union, l’équipe de la revue s’est interrogée sur l’éventuelle appartenance maçonnique de Louis Germain. Elle n’est jamais évoquée par les biographes du grand écrivain, à la différence de celle de son oncle, Gustave Acault, souvent mise en avant. Voilà pourtant une question légitime s’agissant d’un « hussard noir » de la « République Radicale ».

Or en effet, après quelques recherches, il apparaît que Louis Germain a été Maçon. En 1907, il est en poste à Miliana et c’est le 16 juin 1907 qu’il est initié au sein de la Loge L’Union du Zaccar. Il passe au grade de Compagnon le 24 juin 1908 et est élevé à la Maîtrise le 8 décembre 1908. Il est membre actif de la Loge jusqu’à la guerre de 14. En revanche, on n’arrive pas encore à retrouver sa trace en Loge lorsqu’il s’installe à Alger à son retour des tranchées. Les pièces ont-elles disparu d’archives particulièrement abîmées par l’histoire et malheureusement bien incomplètes ? A-t-il été visiteur occasionnel des Loges algéroises sans pour autant s’y inscrire ? A-t-il tourné la page de la franc-maçonnerie ? Nul ne sait.

dimanche 6 décembre 2020
  • 1
    Hembise Marc
    7 décembre 2020 à 09:55 / Répondre

    Très intéressant article concernant Albert Camus,merci beaucoup!

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