Le Rite Ecossais Rectifié

Par Jiri Pragman dans Edition

La collection Que sais-je? des Presses Universitaires de France (PUF) ont l’avantage de fournir en un nombre réduit de pages (mais avec une police serrée) des informations rédigées par des spécialistes et mises à la portée de tous.

Pour ce Que sais-je? consacré au Rite Ecossais Rectifié, il a été fait appel à Roger Dachez, président de l’Institut Maçonnique de France – également coauteur dans la même collection des 100 mots de la franc-maçonnerie -; et de Jean-Marc Pétillot, ancien Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra.

Le titre du livre est bien Le Rite Ecossais Rectifié même si les fondateurs avaient choisi l’appellation de Régime Ecossais Rectifié. Les auteurs, en introduction, précisent: On dit maintenant plus couramment, quoique incorrectement, Rite Ecossais Rectifié. Ecossais donc même si le lien avec l’Ecosse est plutôt mythique ou symbolique et propre à conférer une dignité particulière aux Grades qui s’en réclament. Par ailleurs, si le RER utilisait une disposition « écossaise » des colonnes (…), tous les autres marqueurs de la tradition « Moderne » étaient présents (…).

Bien entendu, on ne peut évoquer le RER sans faire référence à la légende templière et à la Stricte Observance (avec le baron von Hund). Selon les auteurs, la conviction qu’un enseignement secret était dispensé aux Templiers et qu’il existait un « ésotérisme du Temple », source de l’ésotérisme maçonnique (…) n’a jamais reçu la moindre confirmation documentaire et tous les spécialistes de l’histoire de l’Ordre du Temple s’accordent aujourd’hui pour n’y voir qu’une légende tardive et sans fondement.

Quant au 3e pilier historique du RER, après l’écossime et le templarisme, les auteurs le trouvent dans l’illuminisme maçonnique, cet illuminisme qui « met l’accent sur la recherche d’une « lumière intérieure », d’un feu secret d’origine divine, enchâssé et comme mis en veilleuse au plus profond de l’homme, mais susceptible de s’éveiller à nouveau et de reprendre tout son éclat, pourvu que l’on reçoive l’enseignement approprié.

Impossible d’évoquer le RER sans faire référence aux pères fondateurs:

  • Martinès de Pasqually (?-1774), maçon théurge et prophète improbable (il est noté qu’il était porteur d’une prétendue patente maçonnique d’une invraisemblance absolue
  • Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824, archiviste impeccable, organisateur sans égal, infatigable « homme de désir »
  • Louis-Claude Saint-Martin (1743-1803, le « Philosophe Inconnu » décrit par Joseph de Maisre comme « le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes ». A noter: en 1790, il demandera à être rayé définitivement de tous les registres maçonniques où, pour ainsi dire, il n’avait jamais figuré que de nom.

Confidentiel au temps de son âge d’or c’est-à-dire pendant la décennie précédant la Révolution française, l’Ordre rectifié ne dut sa réapparition en France pendant la période 1910-1913 qu’à l’intervention d’Edouard de Ribaucourt (qui allait quitter le GODF pour créer la Grande Loge nationale indépendante et régulière pour la France et les colonies françaises), et Camille Savoire.C’est en 1935 que celui-ci créa le Grand Prieuré des Gaules. Diverses ruptures allaient survenir après 1958 et le paysage rectifié d’aujourd’hui est pour le mons éclaté. Ses effectifs ‘en ont pour autant jamais été aussi nombreux (le nombre de 8.000 Frères et Soeurs est ici avancé).

Dachez-Pétillot observent la culture de l’ambiguïté du RER avec une dissimulation de l’Intérieur de Ordre Intérieur. Les auteurs approchent les Grades et l’Ordre Intérieur; on regrettera par contre qu’ils ne fournissent pas d’éléments particuliers (ou comparatifs) sur le Rituel lui-même.

Pour le duo d’auteurs, le RER est d’abord, au sens plein du terme, une démarche maçonnique. Et ils posent la question du martinésisme (qui) revient sans désemparer: héritage ou fardeau? Leur réponse se veut claire: Héritage, à n’en pas douter: à préserver, à défendre, à cultiver, car il s’insère dans la grande histoire de la théosophie chrétienne, mais avant tout à situer et à comprendre.

Reste, comme ils disent, la question du christianisme. Réponse: la réponse tient en un mot: le RER est chrétien!

mardi 15 mars 2011 1 commentaire
  • 1
    zorba6 15 mars 2011 à 21:15 / Répondre

    Excellent condensé que je recommande à tout cherchant

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