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Laïcité sur la Seine, crèche de noël sur la Loire ?

Publié par Géplu
Dans Divers

Charles Arambourou, Membre du Bureau National et responsable de la Commission laïcité de l’UFAL, et depuis cette année Conseiller de l’Ordre du Grand Orient de France, vient de publier sur le site de l’UFAL cette intéressante, mais évidemment aussi militante que partisane, réflexion sur l’application de la loi de 1905 en France. Un coup de gueule contre ce qu’il constate être « une justice administrative à géométrie variable ». Comme toujours en maçonnerie on peut être d’accord ou ne pas l’être, et chacun a le droit de s’exprimer. Alors, si vous avez quelque chose à ajouter ou à répondre… les commentaires sont faits pour ça.
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une justice administrative à géométrie variable

Les élus locaux de droite et d’extrême droite comptent beaucoup sur l’affichage de crèches de la Nativité dans les locaux publics pour relancer la « France chrétienne » (le petit Jésus étant de race blanche…) à l’approche des élections régionales. D’où le prurit d’installation de crèches constaté en 2014 : Conseil général de Vendée, Mairie de Melun, Mairie de Béziers. Évidemment, en contradiction totale avec la loi de 1905, qui interdit l’apposition de tout « signe ou emblème religieux sur les monuments publics ».

La FNLP (fédération nationale de la libre pensée) dans les deux premiers cas, connue pour ses combats souvent décisifs contre le cléricalisme catholique, et la Ligue des Droits de l’Homme à Béziers, ont contesté ces initiatives devant le tribunal administratif. Premier juge, première surprise : à Melun et à Béziers, la crèche n’était plus un signe religieux, mais une décoration traditionnelle — et la Mairie à peine un bâtiment public. Donc, il n’y avait pas infraction à la loi de 1905. En revanche, le Conseil général de Vendée a dû retirer sa crèche, en application de la même loi.

Deuxième surprise : le second juge n’a pas fait mieux ! Suite aux appels de la FNLP pour Melun, du Conseil général pour la Vendée, les cours administratives d’appel de Paris et de Nantes ont annulé la décision du premier juge. Donc, situation identique, mais inversée : une crèche interdite à Melun, une autorisée en Vendée. Laïcité-bondieuserie : un partout, balle au centre ?

C’était compter sans l’Observatoire (gouvernemental) de la laïcité, qui, arbitre impartial, a sifflé une pénalité… contre la laïcité, en publiant le 13 octobre un « guide » soutenant qu’une crèche pouvait constituer une « simple exposition culturelle et traditionnelle », donc être autorisée. Peu lui importe apparemment que la CAA (Cour Administrative d’Appel) de Paris ait dit exactement l’inverse 5 jours plus tôt ! Ni que l’incontournable Robert Ménard (FN, Béziers) ait proclamé sa volonté de réitérer cette année la crèche en Mairie « pour rendre hommage à la naissance du Christ » !

Toutes nos félicitations à la FNLP pour sa ténacité à Melun, et nos sincères condoléances pour l’échec de Nantes, qui est celui de la laïcité et de la République.

Nous reviendrons plus en détail sur la portée de cette dérive supplémentaire. Mais d’ores et déjà, la divergence des deux CAA citées interpelle sur la capacité de la justice administrative à appliquer le principe de laïcité. Il y a lieu de craindre que le Conseil d’État, s’il était saisi en cassation, ne vienne confirmer que, contrairement au simple bon sens (et au respect que la République affirme pour « toutes les croyances »), une crèche de la Nativité n’a rien de religieux. Si l’on avait envie de rire, on protesterait contre cette « déchristianisation » forcée !

samedi 17 octobre 2015
  • 3
    guillaume
    18 octobre 2015 à 12:40 / Répondre

    La tradition de la crèche de Noël telle que nous la connaissons aurait été instaurée par Saint François d’Assise au début du XIIIe siècle. Chaque année le Vatican installe une crèche sur la place Saint-Pierre, inaugurée par des prières, parce que c’est « un emblème religieux spécifique » (reproduction de la scène de la naissance de Jésus de Nazareth, telle que décrite dans l’évangile selon Luc). Mais le pape Benoît XVI ignore lui-même quand ce Jésus (mythique) est né et situe sa naissance 6 ou 7 ans avant Jésus-Christ. (20.11.2012) – lefigaro fr « Benoît XVI remet en cause la date de la naissance du Christ ».
    Mais tout cela a peu d’importance parce que l’exorciste en chef du Vatican a confirmé que des cardinaux et des évêques au sein même du Vatican, ne croient pas en Jésus. Cela n’est pas du tout étonnant. Qui peut croire qu’un Dieu tout-puissant doit engendrer « miraculeusement un fils chez une petite vierge », pour ensuite 33 ans plus tard le clouer sur une croix, sans quoi le Tout-puissant ne pouvait pas pardonner les péchés que nous n’avons pas commis? Un Dieu aussi cruel qui peut l’adorer, à moins vénérer le crime perpétré par un père sur son fils? Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce mythe – voir Jésus Christ: Mythe ou réalité – bible.chez-alice.fr). On l’appelle bien Jésus de Nazareth mais aucune source ne confirme que cette ville existait au premier siècle (Nazareth, la Ville créée par la théologie -.ville perdue – jesusneverexisted.com). Dire que la crèche de la Nativité n’est pas un emblème religieux est une tromperie pour contourner par un artifice, la loi. L’article 28 de la loi du 9.12.1905 est clair:: « Il est interdit, à l’avenir ; d’élever ou d’apposer « aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public » que ce soit, à « l’exception » des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions. » La mairie n’est ni un musée ni un lieu servant au culte, y placer des crèches de Noël c’est méconnaître la liberté de conscience, assurée à tous les citoyens par la République, et la neutralité du service public à l’égard des cultes quels qu’ils soient. « L’administration doit être neutre à l’égard de tous les citoyens, il ne peut être fait exception pour « une seule religion ». On peut comparer cette jurisprudence administrative autorisant des crèches dans les mairies à un arrêt de la Cour suprême d’Ottawa jugeant qu’une dague de 20 cm. (poignard), appelé kirpan et porté par un enfant sikh de 12 ans à l’école « n’était plus un poignard » dès lors qu’il est qualifié « d’objet religieux », (cela s’appelle maintenant des accommodements raisonnables) Résultat: Un poignard n’est donc pas un poignard et la crèche de Noël n’est pas un emblème religieux. Que des tribunaux administratifs de Nantes et de Béziers, rendent des jugements contradictoires est sans doute le fait que l’un juge ne veut pas faire un déni de justice et estime que la crèche est bien un « emblème religieux spécifique » et que l’autre juge fait fi de la loi de 1905 et rend un jugement qui tombe dans ce qu’on appelle maintenant « les accommodements raisonnables » en faveur d’une religion déterminée. Il est nécessaire que les tribunaux apparaissent impartiaux, pour éviter qu’on soupçonne les juges adhérer ou de favoriser un système de croyance ou une conviction par rapport aux autres. Des jugements aussi contradictoires peuvent le laisser supposer éventuellement et mettent en cause la crédibilité de la justice. La puissante Eglise catholique se manifeste jusqu’à la CEDH. Celle-ci avait d’abord jugé que les crucifix partout dans les écoles publiques étaient contraires à l’article 9 de la Convention, mais par une volte-face spectaculaire, en appel devant la Grande Chambre, la CEDH trouvait que les milliers de croix ornant les écoles publiques en Italie ne sont pas illégales et les journaux très chrétiens de Berlusconi, exultaient suite à ce revirement de jurisprudence européenne. La même tactique (artifice) on la retrouve dans l’affirmation des islamologues. Dounia Bouzar, une musulmane, présidente du Centre de Prévention des Dérives Sectaires liées à l’Islam affirme que la majorité des candidats djihadistes seraient des Français de souche, souvent athées. (lefigaro.fr 20.11.2014 – Djihadistes français: les faux-semblants du rapport de Dounia Bouzar). C’est bien trouvé de la part de cette spécialiste des dérives sectaires, pour disculper les fanatiques musulmans, ce sont des « athées qui décapitent pour créer un califat – un état islamique ». A chaque attentat islamique on nous répète que cela n’a rien à voir avec l’islam, que ce ne sont pas des musulmans, même l’état islamique IS n’aurait rien à voir avec l’islam, ce sont sans doute des athées qui rêvent d’un califat islamique.
    Même au 21ème siècle les jugements des tribunaux peuvent varier en raison de l’influence de la religion sur un juge. On ne doit toutefois pas confondre des crèches dans les mairies avec les marchés de Noël. Les marchés de Noël, sont autorisés comme tout autre marché et sont de véritables « rassemblements populaires » où l’on ne fait pas uniquement du commerce avec des statues de la Vierge, des petites crèches ou des crucifix (comme à Lourdes) et il est libre à chacun d’y aller ou pas. Sur ces marchés on peut acheter du tout, du vin, de la bière, des alcools, et de véritables marchands-épicier y vendent du miel, de la confiture, des fromages, du jambon, etc. On y vend toutes sortes de nourriture (gastronomie locale). Ces marchés sont fréquentés par tout le monde et qu’on y fait du commerce avec des statues de la Vierge ou des croix de Jésus c’est tout à fait normal, même si on ne vendait que des objets religieux cela ne changerait rien, c’est un commerce comme les autres et ne dérange personne, c’est un marché très temporaire autorisé sur la VP, comme tout autre marché. Je pense qu’aucun athée ou laïque ne voit une atteinte à la loi de 1095 dans pareil marché, parce la vente d’objets religieux est tout aussi autorisée que la vente de tout ce qui n’est pas religieux sur ces marchés de Noël. Tout le monde visite ces marchés qu’on soit croyant ou pas. On ne doit donc pas du tout comparer les marchés de Noël aux crèches érigées dans les mairies, (pouvoirs subordonnés) où tout les citoyens « doivent » se rendre obligatoirement pour des raisons diverses, cela reste une violation flagrante de la loi de 1905.

  • 2
    Luciole
    17 octobre 2015 à 20:23 / Répondre

    Jésus n’était pas de pure race blanche si né en Palestine,et le christianisme, n’existait pas lors de ses premières années donc on peut raisonnablement considérer comme traditionnels la crèche et accessoires.
    Il y a surement mieux à faire que de se focaliser sur ces affaires qui font le bonheur des enfants même si les légendes suivent.
    La FM entretient bien celle d’Hiram et de Salomon sans y mettre de connotation religieuse.

  • 1
    Jean-Luc
    17 octobre 2015 à 10:49 / Répondre

    En laissant à tous les croyants le droit de faire leurs installations religieuses dans leurs propres lieus de culte en ouvrant à leurs guise les portes de leurs « temples », avec des animations sur les parvis et même des musiques célestes, ce serait prouver que nous n’interdisons aucune célébration cultuelle. Les églises sont en surnombres, sous-exploitées et ont souvent pignon sur rue.
    En ce qui concerne le citoyen athé que je suis épris d’art, d’architecture, de lieus de cultes, j’aurai sans doute plaisir à les visiter.
    Mais boutons les des espaces de la République: « l’église chez elle et l’Etat chez lui ».

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