vagabondages

Vagabondages maçonniques

Par Géplu dans Edition

vagabondages maconniques« Vagabondages maçonniques, Réflexions », Le dernier livre de Jean-François Pluviaud (auteur aussi de Critique de la raison maçonnique et de Heurs et malheurs du Grand Architecte de l’Univers, tous deux également chez Dervy), frère de la GLDF bien ancré dans, et revendiquant sa pratique du REAA est surprenant. Avec une couverture « tête dans la lune » qui évoque plus l’humour que le sérieux, sans avoir l’air d’y toucher il nous fait partager simplement des réflexions profondes, issues de son vécu maçonnique. Dans son avertissement au lecteur il le dit : Seul le vivant transmet, et il ne transmet que le vivant. Ce qui selon moi préfigure notre action : la transmission de nos valeurs et de nos principes que nous aurons rendus vivants en les pratiquant.

Quinze chapitres, quinze réflexions indépendantes les unes des autres et pouvant être lues sans chronologie. En écho à notre article d’hier sur le livre de la collection « pour les nuls » de Jack Chaboud sur La Spiritualité (mais évidemment sans aucun lien), la dernière est aussi titré « Spiritualité », avec pour sous-titre « Avoir de l’esprit » :

Non, le mot spiritualité n’est pas un gros mot, ce n’est pas non plus un petit mot, mais c’est un grand mot, l’un des plus important peut-être du vocabulaire non seulement maçonnique, mais de tous les hommes, commence l’auteur, qui concentre évidemment sa réflexion sur l’aspect maçonnique de la spiritualité. A ses yeux (tous les chapitres du livre se terminent invariablement par cet avertissement « Dans ce qui précède, je n’ai exprimé que ma vision personnelle, seulement cela, bien entendu ! »), la spiritualité est un concept à géométrie variable et assez nébuleux, parce qu’il existe autant de perceptions de la spiritualité que d’individus. Une spiritualité qui est ici présupposée dans un rapport avec le divin, un divin, sacré, REAA et GADLU (un principe inconnaissable et inatteignable… qui sert symboliquement de point de focalisation à notre désir d’élévation) obligeant. Une spiritualité qui, peu à peu investissant l’individu, le transforme. Mais la spiritualité maçonnique, influencée comme la maçonnerie par la philosophie des Lumières puis par la pensée scientifique a ses spécificités : elle évolue avec la pensée des hommes. Il s’agit toujours d’une relation à l’esprit, mais le regard porté par les hommes sur l’esprit change…  La science qui nous dira un jour peut-être comment, faute de ne pouvoir jamais nous dire pourquoi. Il existe toujours chez les hommes le besoin incoercible d’apaiser leurs angoisses existentielles par une réponse irrationnelle, une demande de merveilleux. C’est une constante, donc la foi aveugle a encore de beaux jours devant elle. Mais, à côté, il y a aussi ceux qui représentent un nombre important d’hommes et de femmes qui, de plus en plus, revendiquent une autonomie de pensée et qui désirent se déterminer en toute liberté de conscience. Ils portent un regard nouveau sur la spiritualité, y cherchant la perfectibilité de l’homme mais en plaçant « l’humanitude » avant l’individu. Un projet altruiste comme dit l’auteur, rappelant qu’en maçonnerie, et à la différences d’autres démarches transcendantes, cette pratique n’est pas une fin, mais un moyen. Aux hommes et aux femmes de se les approprier et des les faire vivre en les pratiquant, afin de pouvoir les transmettre.

Jean-François Pluviaud conclut ce chapitre avec cette synthèse : La spiritualité maçonnique est un pari, un pari sur la perfectibilité de l’homme, sa capacité à se construire, sa capacité à être un homme vrai en toute circonstance, en mesure d’être un acteur efficace pour contribuer à la défense, à l’avancée et à l’épanouissement de l’humain.

Les 15 chapitres de ces vagabondages maçonniques concernent :
– Caïn, moi l’autre,
– Que la lumière soit !,
– Maçonnerie et poésie,
– Tant qu’il y aura des hommes,
– Le Grand Architecte a-t-il de l’humour ?,
– Les symboles : portes ouvertes sur l’infini,
– Le voyage initiatique,
– Les intellos,
– Le ternaire,
– La quête de la vérité,
– Les fildeféristes,
– Vivre ensemble,
– Le maçon et la mort,
– La maçonnerie racontée à Julien,
– Spiritualité.

On peut se procurer Vagabondages maçonniques chez Dervy, chez Amazon, ou dans toutes les bonnes librairies (ISBN : 979-1-02-420125-2).

mercredi 23 décembre 2015 1 commentaire
  • 1
    Peter Bu 23 décembre 2015 à 13:12 / Répondre

    Très belle présentation de l’ouvrage donnant envie de l’acheter.
    Cependant, je suis amusé par la description de l’auteur: « (…) frère de la GLDF bien ancré dans, et revendiquant sa pratique du REAA ».
    J’ai toujours été intrigué par cette revendication que l’on entend à toutes les réunions des loges pratiquant ce rite. Elle me semble étrange. Les loges travaillant suivant d’autres rites les respectent tout autant mais ne clament pas que le leur serait supérieur à tous les autres.
    La fierté des tenants du REAA serait-elle fondée sur la conception a-religieuse du « Grand Architecte de l’Univers » telle qu’elle est exposée par Jean-François Pluviaud ? En effet, détacher la spiritualité d’une foi aveugle en une divinité toute puissante est un grand pas, mais les concepteurs du REAA ne sont pas les seuls à l’avoir réussi.
    Tous les rites maçonniques diffèrent les uns des autres, mais, à mon avis, pas fondamentalement. Tous représentent le monde comme une organisation verticale, tous élèvent leurs membres vers l’idéal de l’acceptation mutuelle et de la fraternité (universelle)… et cela marche.
    Dans la mesure où presque toutes les les sociétés humaines s’organisent en des structures hiérarchisées, la notion d’une divinité – ou du « Grand Architecte de l’Univers » est très utile. L’Archimède n’a-t-il pas dit : « Donnez-moi un point fixe et un levier, et je soulèverai la terre. »
    Mais est-ce le seul et unique principe applicable ? L’homme et l’humanité ne seraient-ils pas capables de percevoir le monde autrement que sur le plan vertical ? Le fait de naître et grandir sous la protection des parents nous y porte mais tout de même…
    … à l’époque de la « globalisation », une vision horizontale ne devient-elle pas plus pertinente ?
    Autrement dit, la spiritualité maçonnique ne peut-elle tendre vers un autre « point fixe » que celui situé au-dessus d’elle ? La découverte « ce qui est un haut est comme ce qui est en bas » est une des plus profondes mais la franc-maçonnerie moderne nous apprend que « ce qui est autour (de nous) et comme ce qui est à l’intérieur (de nous) ».
    Pour plus d’explication, merci de vous reporter à mon récent commentaire de la conférence de de Patrick Viveret https://www.hiram.be/un-autre-regard-sur-la-fraternite/ – ou bien sur mon site web.

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