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Connaissez vous l’ ouvrage « Origin of the English Rite of FREEMASONRY especially in relation of the Royal Arch Degree, with valuable appendices by William James Hughan,
Leicester, 1909 »
Cet ouvrage (1° édition en 1884) balaye en 193 pages les illusions françaises sur les différences de pratiques anglaises qui ne sont en rien comparables aux soi-disant « rites » français, mot qui ne s’applique outre-Manche (outre-Atlantique) qu’à une poignée de systèmes de hauts-grades.
Le maçon moyen britannique (anglais ou écossais) ignore ce qui se passe dans les chapitres de Rose-Croix et encore plus dans les Suprême Conseils de leurs deux nations. On ne voit jamais de décors, d’allusion à ces grades exotiques dans une Craft Lodge ou dans une tenue de Grande Loge, provinciale ou nationale. La situation française (deux ou trois SC) ou belge (trois SC) est totalement ignorée (en bref, ils s’en foutent). Lausanne est un autre monde dont ils ne parlent jamais. Dans les salons feutrés de Duke’s street, le sujet n’est qu’exceptionnellement évoqué.
Qui est le chef, de la GL ou du SC, est hors-sujet et n’appelle qu’indifférence polie.
Pour les maçons anglais ou écossais, c’est un fait oui, la maçonnerie écossaise n’est que de peu d’intérêt. Ce n’est pas le cas pour nos frères américains qui sont très nombreux à pratiquer le Scottish Rite.
Mais je perçois leur pratique comme bien différente de nos pratiques françaises : j’ai le sentiment sans en être certain que Pike compte outre Atlantique bien plus que Lausanne.
Parenthèse sur nos suprêmes conseils français, ils sont très nombreux : SC du 33e degré en France GCRREE GODF, Suprême conseil de France, SC du Droit Humain, SC féminin de France, SC mixte de France, SC pour la France, SC national de France, SC traditionnel de France, et tout ça uniquement pour les plus grandes obédiences françaises. Et il y en a bien d’autres …
Tout cela est vrai, mais entre la création de la Grande Loge écossaise de France en 1804 puis le Concordat d’union cette même année, et le rétablissement du SCDF en 1821 sous l’impulsion, notamment du ministre Decazes avec l’appui d’Alexandre de Grasse Tilly, il s’est passé la dénonciation du 1er concordat dès 1805, puis une foule d’évènements, d’accords, de ruptures, d’injonctions que l’on suppose impériales… Une histoire dont les échos se font entendre jusqu’à aujourd’hui où le GCRE et le SCDF continuent de se réclamer avec d’excellentes raisons (les leurs !) comme « propriétaires » du Rite en 33° ramené de Charleston.
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Quand au GODF, depuis la Commune de forts courants « libertaires » le traversait, ne pas oublier que c’est juste 2 ans plus tard que le pasteur Desmond fera voter son fameux texte par le convent, précédé par les belges.
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J’apprends par contre ici que le Grand Collège des Rites aurait été « sauvé » par ce Convent, je n’avais jamais lu cela nulle part. Je suis membre de la juridiction du SCDF mais je vais probablement acheter cet ouvrage histoire de diversifier mes sources sur une période cruciale.
Le mouvement déclenché par le convent de Lausanne est double je pense.
Côté GCDR ou plutôt GODF, il y avait avec cette IIIe République naissante l’envie de supprimer les grades dits supérieurs dont l’utilité n’était plus très bien perçue.
Du côté du SCDF les choses sont un petit peu différentes mais il ne faut pas occulter l’émergence de la Grande loge symbolique écossaise qui érige comme absolue la limite aux seuls 3 premiers degrés. Les frères qui sont restés au SCDF n’en ont pas moins obtenu en 1894 l’embryon de la GLDF dont l’indépendance réelle tardera néanmoins à venir. Si la GLDF n’avait pas été créé, le SCDF aurait pu exploser.
Bah, il faut appeler un chat un chat : avec la création de la GLSE en 1880, le SCDF avait effectivement en partie « explosé » ses ateliers symboliques (1,2 et 3°)… enfin… 12 Loges sur 90.
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Il y a un personnage clé dans cette affaire : Gustave Mesureur, c’est lui qui en tant que président de la GLSE a orchestré la réunification des ateliers symboliques écossais en persuadant les membres du SCDF d’accepter la création de la GLDF en 1894 puis en organisant en 1896 l’union avec la GLSE. Il fut 3 fois grand maitre de la GLDF dont de 1903 à 1911 au moment La GLDF acquiert sa complète indépendance du SCDF sur le plan administratif comme celui de la création d’ateliers symboliques, et qui a contribué à trouver un modus vivendi avec le SCDF en lui reconnaissant la maitrise du Rite et des ateliers « supérieurs ».
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Il ne faut pas oublier non plus que c’est une Loge issue de la GLSE (Les « Libres Penseurs » à Pecq) qui a initiée en 1882 Maria Deraismes sous la houlette de Georges Martin puis, la GLSE n’ayant pas adhérée au concept, qui a créé la première structure maçonnique mixte, embryon de ce qui deviendra plus tard l’Ordre du Droit Humain.
Les évolutions des obédiences sont parfois étonnantes.
La Grande Loge Symbolique Écossaise s’est créée en partie au moins par oppostion à l’omnipotence des grades supérieurs. Il en a résulté directement ou indirectement, la création d’une part, du Droit Humain et d’autre part, de la Grande Loge de France. Et dans les deux cas, avec le temps, leurs suprêmes conseils respectifs se sont imposés comme les maîtres en matière de rituels et d’orthodoxie maçonnique.
Conséquence indirecte : la situation atypique en France d’un REAA pour les 3 premiers degrés symboliques, curiosité qui n’existe généralement pas ailleurs dans le monde là où le REAA est dominant après la maîtrise (York aux USA, émulation en Angleterre et dans le Commonwealth).
Emulation en Angleterre !!!
Voila qui dénote une certaine ignorance de la maçonnerie de nos amis de l’autre côté du Channel.
Le Emulation working est le rituel d’une loge d’instruction (à côté d’autres) de Londres, enseignant une forme particulière du Craft pratiqué surtout dans la périphérie de Londres.
C’est ainsi que la majorité d’entre nous l’appelons, rite émulation, sans doute à tort, de ce côté ci du Channel. Pour autant, si les loges françaises qui travaillent au rite anglais style émulation – comme aime l’appeler notre frère Roger Dachez, connaît-on des loges françaises qui pratiquent des traductions des styles ou plutôt d’un working Stability, West End, Taylor ou d’autres ? D’ailleurs, nos frères anglais ont-ils l’impression de travailler au rite anglais ? Tout au plus un working. Mais un rite ?
Bref, tu l’auras compris aisément mon BCF Pierre, parler de rir émulation est un raccourci intelligible.
Les rituels anglais emulation stability, taylor, west end (londoniens) passés à la moulinette de la traduction semblent identiques à l’oreille franchouillarde d’où l’amalgame, l’identité factice … mais si vous vous trouvez à Poole, Portsmouth, Bristol, Manchester, York ou Alnwick, c’est une autre paire de manche car il n’y a pas de rituel standard (obligatoire!).
A QC, chaque officier parle « sa » langue ! L’effet est assez cocasse.
1894 ne fut pas une « création », tout au plus un « rebranding », doublé d’une mise en conformité, car comme tu le dis, partout ailleurs dans le monde anglo-saxon les Suprêmes Conseils ne gèrent que les grades 4 à 33.
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Sur ce plan le DH fait d’ailleurs figure d’exception, car si je ne me trompe pas il n’y a chez eux qu’une seule structure et une seule direction du 1er au 33ème degré.
A 11. Une anecdote à ce sujet. Début des années 2010, alors jeune apprenti, j’accompagne mon VM et parrain à l’allumage des feux d’une nouvelle loge du DH..
Très heureux de découvrir le symbolisme de cette cérémonie d’allumage (que je mets immédiatement en lien avec le symbolisme d’une tenue funèbre) je suis surtout surpris de découvrir des cordons et des tabliers de toutes les couleurs, des bleus et blancs, des rouges et blancs bizarres, des noirs mais surtout des blancs à l’orient. Pire, ces frères et sœurs sont là explicitement pour représenter des ateliers supérieurs. Je n’y croyais pas. Je savais qu’au GODF nous avions une stricte déconnexion entre les loges bleues et les juridictions post magistrales.
Quelques semaines plus tard, mon VM refusait l’entrée du temple à un égyptien qui se présentait comme 90° avec ses décors …
Par ailleurs, merci pour cet échange fort instructif.
15 ans pour passer d’apprenti à 30ème : ça ne traine pas au GO ! 🙂
16 ans en réalité avec progression régulière tous les 2 ans en moyenne. Ça ne va pas aussi vite normalement mais je fais partie des serial plancheurs et je livre des travaux assez fréquemment, que ce soit des travaux personnels ou des synthèses sur les questions annuelles. Je prends également des plateaux et je suis assidu. Je lis beaucoup, je me documente et je sollicite la parole en tenue. Tout ça contribue probablement à franchir les degrés un peu plus vite que la moyenne.
A moins que son nom ait échappé a mon attention, je m’étonne de ne voir nulle part apparaître dans cet article le nom d’Adolphe Cremieux qui fut ́le grand artisan de ce convent. Il le convoqua, défendit pied à pied la notion de Grand Architecte de l’Univers et proposa la formulation « Principe créateur » élement essentiel de la rédaction finale du texte, la seule admise par le SCDF et à ma connaissance par le SCPLF. Rappelons par ailleurs que le nîmois (mon compatriote) Adolphe Cremieux fut un tres grand homme politique.
D’où la communication d’André Combes, qui a publié il y a quelques années une belle biographie d’Adolphe Crémieux, et qui se concentre ici sur sa stratégie autour du Convent de Lausanne dont il a en effet été l’un des principaux instigateurs.
Une coquille à corriger « son emprunte » « empreinte ? « .
Le contexte est important. Au moment du convent de Lausanne, on a d’un côté un Grand Orient de France dont les loges travaillent quasiment toutes au rite français, version Murat. Donc une version imprégnée de religiosité. Le GO est doté d’un Grand collège des rites qui administre les rites et ateliers supérieurs qui sont tous écossais, avec un parcours qui commence directement au 18e grade. Le Grand collège est né de la transformation du premier Suprême conseil de 1804 qui s’est transformé à la chute de l’Empire.
De l’autre côté, on a un Suprême Conseil de France instauré en 1821 par une minorité de frères écossais de 1815 qui refusent la centralisation du Grand Orient et veulent leur indépendance. Ils créent des ateliers bleus écossais au sein du Suprême conseil et peaufinent progressivement les grades bleus originaux dont ils se sont dotés, calqués au départ sur The Three distinct knocks mais qui ont ensuite énormément évolué pour donner cette spécificité française de 3 premiers degrés au REAA. Ces loges bleues seront regroupées en 1894 dans la nouvelle Grande Loge de France, avec désormais un SCDF limité aux grades supérieurs et à la doctrine de l’ensemble.