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Oser bêtement un bulletin Macron : tenaille ou chantage ?

Publié par Géplu

Dans la perspective du scrutin de ce dimanche 7, nous avons publié hier un article de notre ami du blog maçonnique 3,5,7 et plus titré « un maçon ne s’abstient pas ».
Aujourd’hui c’est une analyse de Catherine Kintzler, toute aussi excellente, comme d’habitude, et publiée sur son blog Mezetulle que nous proposons à votre sagacité : « Oser bêtement un bulletin Macron : tenaille ou chantage ? »…

Merci Catherine et 3,5,7.

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Je fais partie de ceux (1) qui mettront un bulletin « Macron » dans l’urne sans faire d’état d’âme dimanche. Cela n’emporte pas l’adhésion aux propositions de ce candidat et c’est sans enthousiasme que j’irai au bureau de vote. L’enjeu me semble en effet se situer un cran au-dessous de la politique. On peut déplorer d’en être là, mais c’est loin d’être négligeable : on passe du niveau de la construction à celui des fondations ; c’est du politique qu’il s’agit. Et l’arithmétique la plus bête parle aussi en ce sens.

Mon propos ici n’est pas d’exposer en détail pourquoi le programme présenté (2) par Emmanuel Macron est très loin de recueillir mon adhésion (3 ) Par ce scrutin il ne s’agit pas en effet à mes yeux – et c’est le sens que je peux donner à l’usage de l’expression « front républicain » – de se prononcer sur des programmes. Se prononcer sur des programmes, se demander si l’un est préférable à l’autre, supposerait que leur comparaison soit pertinente : c’est déjà avoir consenti à les placer dans un champ politique homogène, à les considérer comme parties prenantes d’une même conception fondamentale de la cité. Or il s’agit cette fois de préserver les conditions même de possibilité du champ politique républicain, lequel non seulement rend possibles les désaccords mais est constitué par eux.

Voilà pourquoi la tenaille électorale dans laquelle nous sommes pris (que certains qualifient de « chantage »), nous ramène un cran au-dessous de la politique : nous sommes confrontés au politique tout simplement, à la question de la cité. Il y aurait effectivement « chantage » si ce scrutin était uniquement interprété en termes de choix d’une politique plutôt que d’une autre, et il appartiendra à Emmanuel Macron, s’il est élu, de se garder de cette interprétation (ne serait-ce que parce qu’elle lui serait politiquement coûteuse). Mais il y a, de toute façon, tenaille parce que le choix de dimanche concerne le soubassement même de l’objet politique, la manière dont il est conçu. Se sentir forcé de choisir un programme n’est pas la même chose que se sentir obligé de réaffirmer le moment politique républicain : la force est subie de l’extérieur, l’obligation est un devoir que l’on s’impose à soi-même. Cette réaffirmation n’invalide en rien l’opposition ultérieure à un programme, elle la rend plus exigeante même, mais elle n’est pas sur le même plan.

Je n’ignore pas que certains renvoient dos à dos, avec les programmes, les conceptions fondamentales, prétendant qu’il s’agirait, de part et d’autre, d’un « totalitarisme » – celui du « patron » n’ayant rien à envier à celui de la « patrie » version FN. C’est en vertu de la même confusion, cette fois inversée, qu’on banalise le totalitarisme islamiste et qu’on s’y rend aveugle en lui refusant le statut politique, le réduisant à du « crime » de droit commun. Rien d’étonnant à ce que ce soient parfois les mêmes qui accusent Macron de totalitarisme et qui regardent ailleurs s’agissant de l’avancée d’un mouvement politique évidemment totalitaire et meurtrier.

Une dernière remarque, de nature arithmétique. Le mot d’ordre « Pas une voix pour Le Pen » ne peut pas, sauf instrumentalisation du vote d’autrui, se traduire par une revendication d’abstention ou de vote nul. Sauf instrumentalisation : car les belles âmes qui entendent ne pas se salir avec un bulletin « Macron » comptent bien que tout le monde ne fera pas de même. Les petits malins aux mains propres raisonnent comme les fraudeurs dans les transports qui comptent sur la bêtise de ceux qui paient (4) ! Il faudra bien quelques millions d’électeurs pour oser dimanche la bêtise d’un bulletin « Macron », seul efficace pour éloigner le FN, ici et maintenant. Je suis au nombre de ces bêtes-là.

Notes

1- Et non pas de « cellezéceux ». Est-ce que quelqu’un pourrait expliquer au personnel politique que le genre dit « masculin » est non-marqué en français, et qu’il n’est pas besoin de diviser aussi obstinément l’humanité en deux ?
2 – Est-ce que quelqu’un pourrait lui expliquer – un professeur de français par exemple – qu’il existe quelques équivalents, selon le contexte, au verbe « porter » ? Il doit être très fatigué à force de « porter » tant de choses !
3 – Je me permets de renvoyer les lecteurs au sommaire des articles publiés sur Mezetulle, notamment en matière de républicanisme, de laïcité, de politique scolaire, de culture et d’humanités, de considérations sur le travail, et cela depuis 2005 date de création du site,.
4 – En mettant ce texte en ligne, je prends connaissance l’édito de Riss dans Charlie-Hebdo de ce mercredi 3 mai, qui se conclut sur le même argument : « Ce non-choix est en fait un choix. Celui de ne pas se mouiller et de laisser les autres le faire. Oui, il y aura toujours de bons couillons pour faire le sale boulot à la place des autres et glisser dans l’urne le bulletin du candidat qui déplaît pour en éviter un bien pire »… et d’enchaîner, lui aussi, sur un exemple inspiré du métro – plus grave cependant que le mien : « Un peu comme dans le métro lorsqu’une femme se fait agersser sous les yeux des passants indifférents qui se disent ‘il y a bien quelqu’un qui va s’en occuper, moi, je n’ai pas le temps’ »

© Catherine Kintzler, 2017.

vendredi 5 mai 2017
  • 13
    GépluAdministrateur
    7 mai 2017 à 09:28 / Répondre

    En raison de la journée électorale, aucun commentaire à connotation politique profane ne sera plus mis en ligne avant ce soir 20h.
    Je vous remercie de votre compréhension.

  • 12
    s
    6 mai 2017 à 21:55 / Répondre

    j’aurais du commencer par mézetulle , le blog de Catherine , j’aurais ainsi lu les commentaires , surtout ceux d’un certain toto inconnu , toto bien connu des lecteurs de CK , personnage très …intéressant , passionnant ? si vous voulez …..assez informé en général , allez donc sur son blog …..asseyez vous confortablement , avec de quoi boire et manger un morceau …et bon voyage …mais allez voter avant …..

  • 11
    s
    6 mai 2017 à 21:36 / Répondre

    J’ai , disons 4 bibles en ce moment , sur lesquelles je médite , M Bock_Coté , multiculturalisme , JL Mattèi l’homme dévasté , C Delsol , la haine du monde , A De Benoist au-delà des droits de homme ..
    Dans l’état actuel ? d’une coté le nationalisme , de l’autre la disparition de la nation , de la France historique pour un avenir à écrire , comme la nouvelle Europe
    En sortant des caricatures et de la bêtise électorale , le nationalisme est une certaine immobilité , une peur , normale car nous avons connu la paix , l’aventure ? à notre âge ?

    de l’autre une dilution ,,sans frontière dont ne profite actuellement que le marchand pour aller vite , ou le banquier
    Un peuple européen ? une mondialisation ? l’idée est attrayante , quoique l’individualisme à outrance présente des inconvénients certains , sans remèdes identifiés ou proposés ce jour
    Donc manque de visibilité , et dans le brouillard , il vaut mieux limiter sa vitesse
    Dans le cas de promesses non tenues , le risque est une colère vengeresse
    Alors chère Catherine ? si je peux me permettre ? ton avis sur la littérature ci dessus ?
    La modernité impose t elle la mort ou l’oubli du passé , d’une trajectoire imposée à coup de 49/3 ou d’ordonnances ? et les auteurs cités ? anges ou démons ? peu importe , mais leurs idées ou pensées ? totalitarisme ? on connait celui de la brute , mais celui du pervers ? des questions , et mes doutes ….

  • 9
    Kitusai
    5 mai 2017 à 21:26 / Répondre

    Catherine, en partage le message adressé par le président de l’Université relayé par mon labo.

    Objet : Message à la communauté universitaire avant le deuxième tour des élections présidentielles

    Cher(e)s étudiant(e)s,
    Cher(e)s collègues,
    Cher(e)s ami(e)s,

    Convaincu que la liberté de penser est synonyme de progrès et profondément attaché à la liberté d’expression, je me suis toujours interdit d’utiliser ma position de président d’université pour intervenir dans le débat politique, respectueux des idées de chacune et de chacun. Elu de tous, je n’ai jamais revendiqué une quelconque appartenance à un syndicat ou un parti et souhaite conserver cette neutralité.

    Ce même attachement à la liberté et au progrès me conduit pourtant aujourd’hui à sortir de ma réserve, considérant qu’au delà des idées politiques et de mes convictions personnelles, il est de mon devoir de président de l’université d’alerter ma communauté sur les conséquences potentielles du vote de dimanche prochain sur l’enseignement supérieur et la recherche, mais aussi sur le devenir de notre université.

    Le programme de Marine Le Pen et les idées du Front National qui le nourrissent ne sont pas compatibles, de mon point de vue, avec les valeurs universitaires que nous avons jusqu’ici défendues, ni avec nos ambitions pour l’Université. Comment défendre l’ouverture dans un pays qui fermerait ses frontières ? Comment prôner le progrès de la science et de l’éducation sous la tutelle de gouvernants qui peuvent nier l’Histoire et mettre en doute les résultats de la recherche ? Quel avenir pour une université française sortie de l’Europe et de ses programmes de recherche et d’éducation…

    Ma position n’est pas une position isolée ; elle s’associe à celle défendue par la Conférence des Présidents d’Université qui a appelé à « voter contre l’extrémisme que porte la candidature de Marine Le Pen », à celle des dirigeants des grands organismes de recherche dont les présidents du CNRS, de l’Inserm, de l’INRA et de l’Inria, à l’appel de la Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs, de la Conférence des Grandes Ecoles ou celui des universités de recherche (CURIF) dont nous faisons partie.

    Moi-même issu de l’immigration à une période où l’Espagne franquiste et les pays d’Europe ont dramatiquement souffert du populisme nationaliste, des discriminations et de la mise à l’écart des « élites », je ne peux me résoudre aujourd’hui à rester silencieux devant le risque de voir l’Histoire se répéter.

    Je n’ai aucune leçon à donner à quiconque et chacun doit garder son libre arbitre, pouvoir exprimer ses convictions. Il est néanmoins de ma responsabilité d’appeler la communauté universitaire à aller voter dimanche prochain et à faire barrage par son vote à l’accession de Marine Le Pen à la Présidence de la République Française.

    Bien à vous,

  • 8
    Tartuf_rit
    5 mai 2017 à 21:04 / Répondre

    En lutte contre le FN et son avatar qui permit l’entrée de JMLP au Parlememt (le mouvememt de Nicoud pour les plus anciens) ainsi que contre l’extrême droite forcément économiquement libérale, bourgeoise et tout ceci. Je suis fondamentalement pour les partageux contre les agents fe la propriété privée qui a permis au Conseil Constitutionnel de retoquer une proposition de loi visant à interdire ceux de confort. Conséquence la montée du FN patallèlement à la montée du libéralisme d’une gauche qui n’a plus rien de sacré sauf le fric, lorsque je vois la voir royale offerte par cette pseudo gauche obéissant factotum du MEDEF. Alors non pas de voix à l’un ou à l’autre comme je suis adversaire résolu du fascisme, même à visage prétendument humain parce que féminin, je ne voters pour Mme Marine, comme je ne voterai pas pour Mr Macron car l’expérience grecque made en musique par les agents de Goldman Sachs, partout en Europe, me suffit. Et malheureusement je maintiens que c’est ce qui nous attend et ne venez pas pleurer lorsque ce sera à Mme Marion Maréchal que vous penserez à l’évocation de « Maréchal me voilà –il n’y a pas de faute–)
    Dernière petite chose. Marseille qui a mit en tête La France insoumise, Mantes la Ville passée au FN lors des dernières municipales et qui là encore a mis en tête la France Insoumise (nettement) démontre que rien n’est perdu mais il faut que les petits bourgeois trop nombreux parmi nous comprennent enfin que ceux qui vivent (horreur!!!) avec moins de 1600€ net avant impôt par mois ont le droit de ne pas être d’accord. Je fais partie des rares qui ont hurlé lorsque le gouvernement Jospin a entamé la reduction des impositions directes. Et je ne donnerai plus jamais ma voix à ceux qui font que je suis allégé de la solidarité qui est au Coeur de nos préoccupations. Si ces mesures n’avaient pas été prise au total de la communauté nationale cela aurait réglé nos problêmes au profit de la solidarité. Mais je l’affirme je suis d’a cord pour que l’on remette mon imposition à l’état ex ante (soit plus 1500€/an ). Mais les sociaux libéraux sont plus intéressés par la défense soit de leurs petits intérêts soit, pire, par la défense des intérêts des malheureux membres du MEDEF. Je n’ai pas voulu m’exprimer mais trop c’est trop. Continuez à être complices et laissez moi ma liberté de conscience d’économiste. Et de ce pas je vais voir comment aider La France Insoumise à preparer les législatives c’est là que se situe le vrai combat. La démocratie aussi pétulant soit-il. J’ai écrit

    • 10
      yasfaloth
      6 mai 2017 à 15:03 / Répondre

      Et bien mon cher Tartuffe, je ne l’espère vraiment pas, mais je serai curieux de voir ta tête si demain soir c’est celle de Marine qui s’affiche sur nos écrans avec un beau 50,4 % dessous…
      .
      A un moment donné les pudeurs de gazelles et les raisonnements d’ados en rupture ça suffit !
      .
      Pour ce qui concerne la Grèce je ne saurais trop te conseiller d’aller visionner le débat de grande qualité (enfin !) qui a eu lieu sur Médiapart hier soir où Emmanuel Macron y a exprimé une opinion qui t’étonnera probablement… ce n’est pas pour rien qu’il a le soutient de Yanis Varoufakis !

  • 7
  • 5
    yasfaloth
    5 mai 2017 à 14:37 / Répondre

    Il faut bien avoir conscience que si Marine Le Pen est élue dimanche elle détruira outre l’Euro, l’idée Européenne. Son « Europe des nations » c’est l’Europe des nationalismes retrouvés, et à terme celle d’une concurrence douanière, économique et sociale exacerbée entre ses composantes. Le tout sous la bienveillante tutelle des USA (actuellement de la maison Trump), l’œil satisfait de Poutine et les frottement de mains de la Chine qui pourra user de tout son poids sur des états petits ou moyens… en tout cas infiniment plus vulnérables.
    .
    Dans cette perspective, et même si on ne l’aime pas, il faut voter Macron, car ce qui existe, on peut le changer, le faire évoluer… reconstruire ce que Marine Le Pen se propose de détruire, et que l’on a mis 60 ans à construire sera, dans le monde de demain, une mission presque impossible !

  • 4
    Semeteys
    5 mai 2017 à 13:35 / Répondre

    Un f.M. doit ou ne doit pas !!! je suis un homme libre et de bonnes moeurs donc je ne suis que ce que mon coeur me dicte et non pas ce que l’on veut me dicter.

  • 3
    Luciole
    5 mai 2017 à 10:54 / Répondre

    Dans cet ordre d’esprit, une femme s’est faite agresser et tuer aux Etats-Unis il y a quelques mois sur un parking ouvert, sous les yeux d’une trentaine de témoins d’appartements qui regardaient par la fenêtre ou de leur terrasse et dont pas un seul n’a téléphoné à la Police ou n’est intervenu chacun pensant qu’un autre l’avait fait!

    On devrait rappeler l’histoire de l’incendie et du colibri aux abstentionnistes.

  • 2
    Patricia Saunier
    5 mai 2017 à 10:50 / Répondre

    Pour moi c’est juste du chantage comme en 2002. Pour ma part je ne vote plus depuis le 23 avril dernier car, au fond, qu’avons-nous eu comme choix dimanche ? De pitoyables pantins serviteurs de la finance mondiale pour certains, d’imbus mystificateurs idolâtres de Chavez, Castro et compagnie pour d’autres (c’est vrai qu’il y a plein d’endroits où le communisme a fait ses preuves…) nous préparant l’Alliance Bolivarienne, en passant par Fhaine de tout ce qui n’est pas blond aux yeux bleus…. Voilà, voilà. Au fond de l’embarras du choix que nous aurions dû avoir, compte tenu du nombre de bouffons en lice, il ne nous est resté que l’embarras. J’ai cotisée au PS et j’ai même fait campagne (entre autres) pour celui qui confond ami et ennemi quand il parle de la finance en période électorale. En 2013 j’ai démissionné de tout cela parce qu’avant même d’être socialiste je suis profondément Humaniste. Alors dimanche j’ai fêté mes 57 ans et pour la première fois je ne suis pas allée voter pas plus que je n’irai le 7 mai. J’avoue que j’avais les larmes aux yeux car je sais, comme beaucoup d’autres, que nous n’avons absolument plus le droit de vote seulement le droit de croire que nous l’avons encore. Ceux qui s’amusent sur toutes les places boursières du monde (les patrons de ceux qui sortent vainqueurs des urnes) font la pluie et le beau temps, ils sèment la mort comme la vie, la misère pour certains comme la richesse pour eux. Ils vendent des armes, jouent à la guerre mais pas avec leur infâme petite existence mais avec la vie des peuples. Quand un soldat, un policiers, un gendarme meurt un bel hommage national lui est rendu… juste pour que les enfoirés qui sont complices et ou responsables de ça puissent venir parader devant des caméras drapés dans leurs manteaux de mansuétude et d’indifférence glacée.
    Je les accuse de n’être patriote que dans le verbe, de n’aimer notre drapeau que dans le geste, de ne faire que semblant de porter les valeurs de notre République.
    Je refuse de voter contre quelqu’un si mon vote n’est pas, avant toute chose, un vote d’adhésion.
    J’ai bien conscience que le drapeau noir du fascisme est agité devant nos yeux pour que la peur nous contraigne à nous en remettre à un ersatz de sauveur mais je refuse de jouer dans cette comédie, je ne le veux plus, je l’ai trop fait et j’y ai trop cru.
    Je suis Franc-maçon, Rosicrucienne, homosexuelle, j’ai des amis (es) de toutes origines et de toutes confessions religieuses (mais pas d’extrémistes), je crois en un principe créateur, en la réincarnation et jamais, jamais je ne me cacherais de ce que je suis.
    Advienne que pourra mais le jour de gloire n’est certainement pas pour demain. Carpe Diem.
    J’ai dit !

    • 6
      Blazing Star
      5 mai 2017 à 16:10 / Répondre

      On a le sentiment que la politique évolue à part du monde réel, avec ses codes, ses règles. Ce n’est pas nouveau et ce n’est pas propre à la France. De plus les citoyens sont devenus des consommateurs instantanés d’événements savamment distillés par les médias. C’est pourquoi le suffrage universel est entre les mains de ceux qui contrôlent l’information , les hommes politiques qui réussissent le savent bien, les autres restent petits-candidats. Que tu aies le sentiment d’être manipulée par des gens sans conscience, cela s’explique. Vote pour le moins moche en examinant, si tu le peux,le détail de son parcours.

  • 1
    ALJA
    5 mai 2017 à 10:27 / Répondre

    Le fait qu’une partie de l’électorat soit prête à se réfugier dans l’abstention ou le vote blanc, la tentation du « ni-ni » disent mieux que tout à quel point le discours du FN s’est banalisé. Banalisé au point de ne plus se rendre compte que le FN, son discours, son comportement, ses méthodes, sa démagogie, le situent hors du champ républicain.
    C’est dire aussi à quel point le sens civique s’est évaporé en 15 ans. Etre capable de renvoyer dos à dos un candidat, libéral, certes, mais républicain tout de même, montre à quel point nous sommes entrés dans une ère du relativisme (où tout se vaut et est « égal ») et de la perte du sens même, où la notion de « vérité » s’est dissoute dans le règne de « l’opinion » ; opinion qui vaut parait-il une autre opinion, et où on serait « intolérant » si on n’admettait pas l’opinion de l’autres. On n’est plus dans une perversion du sens, on est dans un contre-sens.
    On est passé, en 30 ans, d’une société composée de CITOYENS (actifs) à une société composée de CONSOMMATEURS (passifs)
    C’est dire, enfin, à quel point, depuis 30 ans, le combat pour défendre les principes et valeurs de la République a été mal mené.
    Dans ce contexte général de confusion totale où on ne fait plus la différence entre République, démocratie, et néo-fascisme, les obédiences dites « sociétales » qui, (à tort ou à raison) ont mené ce combat, portent, une responsable particulière dans cette défaite qui est, avant tout, une défaite intellectuelle et morale, et un manque de stratégie.
    Nous ne sommes plus au temps des préaux d’école, et il ne suffit plus, pour mener le combat de défense de la République, que des dignitaires d’obédience fassent des tournées de conférences en province, devant un public de FF et SS conquis d’avance. C’est même d’une inefficacité absolue. Nous sommes dans un ère de l’information et de la communication. Le champ de bataille n’est plus les préaux d’école, mais d’abord les médias audiovisuels et les réseaux sociaux. Ce serait bien que les obédiences prennent conscience que nous sommes au 21ièm siècle. Les talents oratoires, fussent-ils « brillants » et un message incantatoire, ne sauraient suffire. Il faut une stratégie dans la durée et changer d’outils.

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