Manifeste pour la Franc-maçonnerie de tradition
Dans ce texte, Jean Dumonteil explique que la Franc-maçonnerie de tradition, qui s’interdit tout débat sociétal, politique ou confessionnel, répond à l’attente de nos contemporains qui veulent ne plus subir la dictature de l’instant et cherchent le sens de la vie.
En approfondissant les questionnements permanents de notre humanité, la voie de la tradition s’inscrit dans le temps long, en proposant une école fraternelle de sagesse et de transformation intérieure.
Jean Dumonteil a été directeur de la rédaction des « Cahiers de L’Alliance », revue d’études et recherche maçonnique de la GL-AMF, de 2018 à 2024. Auteur de livres (derniers ouvrages parus : « Le Vénérable Maître, suivi de l’Office de couvreur », « Au centre de la loge, les symboles maçonniques restitués », chez Numérilivre, et « Peut-on garder le secret maçonnique ? » chez Dervy), il intervient comme conférencier dans de nombreux débats et colloques du paysage maçonnique français (« Rencontres écossaises », « Journées d’étude sur l’antimaçonnisme »…) et anime un blog personnel Sentiment océanique sur l’intelligence et la vie de l’esprit.
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Manifeste pour la Franc-maçonnerie de tradition,
voie initiatique pour notre temps
par Jean Dumonteil
Nous vivons une époque étrange, une époque rapide, bruyante et saturée. Jamais l’humanité n’a autant communiqué, elle n’a jamais autant produit de discours ni disposé d’autant d’informations. Et pourtant… les questions essentielles demeurent et les hommes de bonne volonté cherchent des réponses et un sens à leur vie.
À la veille de sa disparition, Antoine de Saint-Exupéry a écrit un texte émouvant et puissant, un appel à ses frères humains. Il s’y disait « triste pour (s)a génération, vide de toute substance humaine », avant d’ajouter cette phrase, presque désespérée : « Il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle […]. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus. Il faut absolument parler aux hommes. »
Parler aux hommes, c’est notre responsabilité, à nous francs-maçons, en leur donnant envie de découvrir le trésor de la voie initiatique, cette franc-maçonnerie de tradition que nous aimons et que nous souhaitons transmettre.
La dernière grande voie initiatique occidentale
La franc-maçonnerie de tradition est sans doute la dernière grande voie initiatique occidentale encore vivante. Mais parler de la franc-maçonnerie n’est jamais neutre. Depuis plus de deux siècles, elle est entourée de fantasmes, de soupçons et de récits approximatifs. On la dit secrète, influente, parfois inquiétante. On l’accuse de dissimuler des pouvoirs ou des desseins obscurs. À force d’en parler sans la connaître, on a fini par oublier l’essentiel.
La réalité est pourtant plus simple — et plus exigeante :
– la franc-maçonnerie est d’abord une voie initiatique,
– elle est aussi un chemin de transformation intérieure, une école de travail sur soi, vécue dans la fraternité.
Elle ne promet ni salut immédiat, ni vérité révélée, ni recettes pour réussir sa vie. Elle propose autre chose, plus rare aujourd’hui : une expérience du sens, patiente, symbolique, incarnée, une « école de sagesse » qui ne se laisse pas envahir par l’écume des jours mais se consacre à l’essentiel : interroger le sens de la vie, habiter le monde avec justesse, inscrire l’action humaine dans une profondeur qui la dépasse.
Non un retrait du monde, mais une autre manière de l’habiter
La Tradition n’est pas le passé. Elle n’est ni un folklore ni une fidélité figée. Elle est transmission vivante : ce qui passe de main en main, de génération en génération, sans jamais ni se figer ni se rompre. Entrer dans une tradition, c’est accepter de ne pas commencer à partir de rien. C’est reconnaître que les gestes que nous accomplissons, les mots que nous prononçons, les symboles que nous recevons ont une mémoire. Ils nous précèdent et nous dépassent. Ils nous engagent aussi : ce que nous recevons, nous aurons à le transmettre.
La franc-maçonnerie de tradition se situe résolument dans ce temps long. Elle ne cherche ni à coller à l’air du temps ni à se faire le relais de causes passagères. Elle se tient ailleurs : dans la durée, dans le travail intérieur. Cela ne signifie pas un retrait du monde, mais une autre manière de l’habiter. La tradition n’est pas une fuite hors du présent ; elle est une manière d’y demeurer sans se dissoudre dans l’instant et l’écume des jours.
Ce temps long n’est pas un refuge contre le présent. Il est, au contraire, une ressource pour le vivre profondément. Dans un monde soumis à l’accélération, à la fragmentation et à l’oubli, la tradition rappelle que tout ce qui compte vraiment demande du temps : le sens, la fidélité, la transformation intérieure.
Entrer dans cette tradition, c’est accepter une mise en résonance. Les symboles maçonniques s’enracinent dans la longue mémoire occidentale où se sont croisés le monde biblique, la pensée grecque, les mystères antiques, puis les grands courants spirituels et initiatiques du Moyen Âge et de la Renaissance.
La franc-maçonnerie de tradition connaît le langage des correspondances, entre le microcosme humain et le macrocosme de l’univers. Elle parle de transmutation intérieure. Elle accorde une importance décisive à la régularité de la transmission, à la fidélité des gestes et des paroles, à cette chaîne ininterrompue qui relie les générations. Rien n’y est improvisé. Ce qui est reçu a été éprouvé. Ce qui est transmis l’est avec précaution, non pour être embaumé, mais pour rester vivant.
Nous sommes parfois tentés d’aller très loin pour chercher la sagesse, dans d’autres civilisations, alors que le trésor se trouve déjà, silencieux et patient, au seuil de notre propre maison.
Une école de liberté intérieure
Dans un monde saturé d’informations, d’opinions et d’injonctions, la voie maçonnique propose une autre temporalité. Elle valorise le silence autant que la parole, l’écoute autant que l’affirmation, la lenteur autant que l’efficacité. Elle rappelle que tout ne se dit pas, que tout ne se montre pas, et que certaines expériences perdent leur vérité lorsqu’on les expose trop vite.
Le secret maçonnique, souvent mal compris, n’est pas un secret de dissimulation. Il est un secret qui préserve l’intime, l’ineffable, ce qui ne peut être transmis que par l’expérience. Il protège l’espace intérieur où peut naître une parole juste. Cette discipline du silence n’enferme pas : elle libère. Elle apprend à parler moins, mais mieux. À agir sans se mettre en scène. À chercher sans prétendre posséder.
Il faut le dire clairement : la franc-maçonnerie n’est ni une religion de substitution, ni une philosophie clé en main, ni une école de développement personnel. Elle n’impose aucun dogme. Elle ne remplace aucune foi. Elle ne délivre aucune vérité définitive.
Elle est une pratique initiatique. L’initiation ne consiste pas à accumuler des connaissances, mais à changer de regard. Elle ne cherche pas à expliquer le monde, mais à apprendre à l’habiter autrement. Elle procède par étapes, par dévoilements successifs. Ce qui est donné trop vite se perd ; ce qui est reçu au bon moment transforme.
C’est pourquoi la franc-maçonnerie parle de travail. Travail sur soi, travail avec les autres, travail patient, souvent discret. Un travail qui n’a de sens que s’il est vécu, et non commenté de l’extérieur.
Une voie de persévérance, de mesure et de sagesse
La sagesse qu’elle propose n’est ni un savoir à accumuler ni un statut à revendiquer., encore moins un capital culturel ou un ornement moral. Elle est un chemin. Elle se cherche plus qu’elle ne se possède. Elle se reçoit dans l’expérience, l’épreuve, parfois dans le doute.
La tradition occidentale l’a toujours su : la sagesse commence par la reconnaissance de ses propres limites. Le Connais-toi toi-même delphique n’est pas une injonction à l’autosuffisance, ni à l’introspection psychologique mais une invitation à la lucidité. La franc-maçonnerie s’inscrit dans cette filiation : elle ne flatte pas l’ego, elle le travaille. Elle cultive l’humilité qui nous fait pleinement humain.
À rebours d’un monde saturé de bruit et de sollicitations permanentes, la franc-maçonnerie de tradition demeure une école du temps long qui ne connaît pas le zapping impatient. Elle accorde une place essentielle à l’écoute et à l’approfondissement. La sagesse dont il est question ici est un art de vivre, une manière d’habiter le monde avec justesse. Elle est habitée par le désir du vrai, du bon et du beau. Elle demande du temps, de la lenteur, souvent de la patience, parfois même de l’amertume. Elle s’oppose à la goinfrerie intellectuelle comme aux spiritualités de consommation.
Mais cette sagesse n’est jamais solitaire. Elle se partage. Elle se nourrit de la relation, de la fraternité, de l’écoute de l’autre. Comme la joie, elle n’existe pleinement que lorsqu’elle circule. Nul ne peut se dire sage : la sagesse demeure toujours devant nous, comme un horizon qui se déplace à mesure que l’on avance.
Elle est une manière d’être au monde.
Le rite, la répétition des gestes, la régularité des travaux qui caractérisent la franc-maçonnerie de tradition nous apprennent la mesure. Ils rappellent que tout ne se dit pas, que tout ne se montre pas, que tout ne se décide pas dans l’instant. Cette lenteur n’est pas une fuite ; elle est une résistance. Elle protège l’essentiel contre l’usure de l’immédiateté.
De même, la sagesse ne se possède pas comme un savoir. Elle se laisse approcher dans la durée, au prix de lenteurs acceptées dans la persévérance, de détours parfois nécessaires, d’une fidélité humble au chemin lui-même. Ce n’est pas l’arrivée qui transforme, mais la marche.
Notre responsabilité pour aujourd’hui et demain
La franc-maçonnerie de tradition s’adresse à nos contemporains engagés dans la vie professionnelle, sociale, familiale et civique. La voie traditionnelle ne les éloigne pas de leurs responsabilités ; elle les éclaire. Elle invite à agir avec plus de justesse, de retenue et de discernement. Elle rappelle que l’action n’a de sens que si elle est reliée à une intériorité travaillée. Elle refuse aussi bien le cynisme que la naïveté.
C’est ici que se joue l’essentiel. La franc-maçonnerie de tradition demande à être prise au sérieux. Elle n’est pas une survivance folklorique, un conservatoire de rites désincarnés ou un simple lieu de sociabilité.
La prendre au sérieux, c’est accepter qu’elle engage toute une vie. C’est reconnaître qu’elle n’offre ni certitudes toutes faites ni reconnaissance immédiate, mais une transformation progressive, intérieure, souvent invisible.
Elle ne promet pas le bonheur, elle ne garantit pas la réussite ; elle invite à la justesse. Elle ne délivre pas des réponses ; elle apprend à vivre avec des questions essentielles. Et si elle demeure vivante, c’est parce qu’elle porte une responsabilité envers celles et ceux qui viendront après, celle de transmettre, pour rendre à nouveau possible une expérience de sens.
La chaîne initiatique est une promesse — fragile et toujours à reprendre. Prendre la franc-maçonnerie au sérieux, c’est accepter d’en être, à son tour, un maillon responsable. À l’heure où tant de repères vacillent, où la confusion menace le sens même de l’humain, cette tradition rappelle, sans bruit mais fermement, qu’une voie intérieure demeure possible. Une voie de sagesse, de mesure et de fraternité.
Ce manifeste prétend ne pas fuir le monde… tout en construisant un dehors du monde, avec des oppositions implicites bruit / silence ; instant / profondeur ; politique / intériorité ; immédiateté / temps long ; monde saturé / voie initiatique.
Préciser que la transmission est « vivante » et que la tradition n’est pas « figée » ne suffit pas à le prouver.
Chacun est évidemment libre de penser que l’humain devient plus vrai à mesure qu’il s’éloigne des tensions politiques ou historiques du monde réel.
On peut même construire une voie initiatique entière sur ce postulat…
Mais encore faut-il reconnaître qu’il s’agit déjà d’un choix philosophique et anthropologique très particulier et non d’une évidence intemporelle.
A Mr Laehert et à tous ses commentaires
Monsieur Arnaud semble convaincu que la guerre civile qu’il appelle de ses vœux ne sera qu’un jeu vidéo dont il tiendra les manettes, persuadé que lui et sa famille échapperont au bain de sang et aux viols.
Pourtant, son raisonnement est académiquement logique : en refusant de prendre le manifeste de Dumonteil pour argent comptant, il cherche à débusquer ce qui se cache derrière ses mots. C’est ce qu’on appelle l’herméneutique du soupçon. Pour lui, la neutralité de la Tradition est déjà un choix politique en soi. De fait, le texte de Dumonteil ne fait que reformuler, avec les mots du XXIe siècle, le choix initial d’Anderson en 1723 : privilégier la paix du Temple au détriment du combat dans la Cité.
Mais poussons la pensée jusqu’au bout.
Pour comprendre la portée philosophique d’Anderson en 1723, il faut se rappeler le bain de sang permanent et le traumatisme que l’Angleterre venait de traverser au XVIIe siècle.
Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne étaient les enfants de cette époque ; ils partageaient un dégoût viscéral du fanatisme, des dogmes exclusifs et de la politisation de la foi qui mènent aux massacres de masse. J’ai moi-même éprouvé ce dégoût profond à titre personnel, après un long séjour d’écoute et de soins en Algérie à la fin des années 1960.
Monsieur Arnaud Laehert, votre guerre civile ne sera pas un jeu vidéo.
À moins que vous et les vôtres ne soyez déjà bien à l’abri ailleurs qu’en France ?
Meuh non mon Frère YADEB, la vie des sociétés est cyclique, et aujourd’hui on est dans une phase où 40% des français annoncent qu’ils vont produire un vote de protestation pour un bellâtre intelligent (car sinon il ne serait pas où il est) mais manifestement très peu cultivé ! J’ai rappelé récemment le phénomène du boulangisme, on est dans une singularité du même ordre.
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Et comme d’hab Desap / Anubis-ré / Arnaud Laehert sort du bois du fin fond de sa retraite helvétique, comme il le faisait avant du fond de son garage parisien.
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Personnellement cela ne me dérangerait pas plus que ça, car je ne porte pas particulièrement dans mon cœur le FN/RN et l’idéologie mortifère dont ils ont réussi à imbiber la société avec la complicité active de ses acteurs et en premier lieu la sphère médiatique. Mais là où je ne suis plus du tout d’accord c’est quand ce cher AL instrumentalise sa pieuse croisade politique au profit de frustrations et de vieilles inimitiés haineuses, ou de sa manifeste ignorance structurelle de la spiritualité vécue.
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Eh oui, cela ne s’apprend pas devant la TV ou même dans des livres mais, pour ce qui nous concerne : en Loge. Il fut une époque (sur le blog Myosotis Dauphiné Savoie) où certains lui reprochaient son absentéisme quasi systématique, ces posts doivent toujours exister, mais il faudrait faire des recherches et, je suis désolé, mais j’ai autre chose à faire. Quoi qu’il en soit il se dit faire aujourd’hui partie de la Grande Loge Alpina… si c’est vrai (je n’ai jamais complètement écarté l’hypothèse qu’il soit en fait un grand mythomane…), je serais curieux de savoir comment cela se passe avec ses Frères actuels.
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Mais ce qui me dérange VRAIMENT c’est le côté extraordinairement pervers de la formulation de son jugement sur l’article de Jean Dumonteil, car non seulement il est totalement dans le procès d’intention vis à vis de l’auteur, mais aussi et surtout il associe explicitement l’idée de Tradition spirituelle à l’extrême droite, ce qui est, une généralisation absurde.
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Les Franc Maçons qui souhaitent inscrire leur parcours dans le cadre d’une PRATIQUE et d’une HISTOIRE des idées et de la spiritualité, autre définition du terme de « Tradition », et non dans l’immédiateté de la vie sociale et politique (en considérant qu’il y a des lieux et des structures pour cela), sont taxés à demi mots de « complices » des bouleversements qui s’annoncent.
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Et corrélativement tout défenseur de cet article et des idées (auxquelles je souscris complètement) qu’il véhicule va se voir traité de soutient ou, à la rigueur, « d’idiot utile » du FN/RN. Ce qui est une atteinte et une insulte insupportable à la liberté de pensée, de conscience ou même, plus prosaïquement, de s’exprimer sur ce blog.
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Alors je te le confirme mon cher AL, il n’y aura pas de « chasse aux sorcières » dans nos Loges, chacun y est libre de sa conscience et même de se tromper, si ce terme a un sens, car ma vérité n’est pas forcément celle de mon Frère à un moment donné. Par contre, et comme d’habitude, aucune attitude ouvertement militante ou prosélyte, en particulier pour des valeurs qui ne sont « traditionnellement » 🙂 pas les nôtres ne sera tolérée, quel que soit le bord de l’extrémisme ainsi véhiculé.
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Ce qui veut dire que si tu tenais dans le cadre de ma Loge le genre de propos dans leur fond pervers et dans leur tonalité que tu tiens sur ce Blog : tu serais… au moins… fermement rappelé à l’ordre…
Meuh pas que ! Quand j’évoque l’Algérie, ce n’est évidemment pas pour ne parler que du passé, que globalement tous ceux qui fabriquent l’opinion publique à la française depuis 1962 se sont empressés de glisser sous le tapis.
C’est pour que les amnésiques finissent par penser aux conséquences qui se poursuivent de nos jours, sous forme de haine cultivée chez les descendants des ex-indigènes de la République venus vivre au sein de l’ex-colonisateur.
Quelles seront les chairs à canon du parti qui promet la guerre civile si le RN est mis au pouvoir par les urnes en 2017 ? Devinez !
Qu’est-ce que la tradition ? Et par extension, qu’est ce que la franc-maçonnerie de tradition ? Le Larousse nous donne comme définition de la tradition « Ensemble de légendes, de faits, de doctrines, d’opinions, de coutumes, d’usages, etc., transmis oralement sur un long espace de temps ».
A partir de cette définition, il sera facile d’affirmer que toute la franc-maçonnerie est par nature une franc-maçonnerie de tradition. Car quelle que soit la loge, le rite ou l’obédience, les francs-maçons sont vecteurs de transmission d’une tradition, celle de leur loge, leur rite et leur obédience.
Les francs-maçons du Grand Orient de France par exemple se sentent dans leur immense majorité porteurs d’une tradition qui les ramène au moins au début du XVIIIe siècle, nul ne pourra en douter. On ne pourra pas en revanche prétendre que sa tradition est restée figée.
C’est d’ailleurs tout l’objet de « La voie substituée » le livre de Jean Baylot qui voit des déviances dans les transformations de la maçonnerie en France par rapport à ses enjeux et buts initiaux et souhaite un retour à la plus pure et ancienne tradition. Mais quelle tradition ? Joanis Corneloup dira de la première Grande Loge, celle de Londres et Westminster prétendument fondée en 1717 qu’elle était déjà elle même une déviance de la maçonnerie opérative. Le Régime écossais rectifié n’est-il pas une déviance de la tradition originelle ? La fondation de la GLUA et son nouveau rituel ne sont-ils pas également des déviances ?
Personnellement je ne le pense pas. J’y vois plutôt des évolutions résultant d’un contexte au sein même d’une tradition.
Jean Dumonteil d’ailleurs le dit très bien « La Tradition n’est pas le passé. Elle n’est ni un folklore ni une fidélité figée. Elle est transmission vivante : ce qui passe de main en main, de génération en génération, sans jamais ni se figer ni se rompre. »
Il ajoute d’ailleurs « Ce qui est transmis l’est avec précaution, non pour être embaumé, mais pour rester vivant. » rejoignant ainsi la fameuse citation de Jean Jaurès « le culte du passé (…) nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre. » qui veut que la tradition consiste à perpétuellement raviver la flamme plutôt qu’entretenir des cendres.
Nos rituels traditionnels, comme les langues maternelles, sont transmis directement. Et ils évoluent, bougent, modulent. Ils ne sont plus aujourd’hui exactement ce qu’ils étaient à la fin du XVIIe siècle, ou au début du XVIIIe (quel que soit le nombre de degrés). Et personne n’y échappe.
Par exemple, pour ses 3 premiers degrés, le rite écossais ancien et accepté, qui très souvent se réclame de la plus pure tradition, est un véritable patchwork qui, quoi qu’on en dise, n’a pas grand chose à voir avec sa première mouture en 1804. Quelques années passent et une nouvelle version apparaît, censée être plus traditionnelle que la précédente qui elle même l’était déjà. Dans ce cas, si à chaque nouvelle révision on revient toujours à des formes plus traditionnelles, pourquoi ne pas revenir carrément à la version 1804 ? Mais d’ailleurs 1804, c’est une borne. N’y avait-il rien avant ?
Le rite français dans sa version appelée (à tort) Groussier est souvent moqué par des détracteurs qui généralement en ignorent l’histoire. Pourtant, il s’agit d’une véritable volonté de retour à la tradition ce qui, à la comparaison des versions précédentes pour celles et ceux qui les connaissent (Amiable 1887, Blatin 1907 et Gérard 1922), est totalement fondé. Ça ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit d’un copier-coller de la version 1785 du rite français.
Le rite anglais de style émulation est également un patchwork de deux traditions maçonniques, celle des Moderns et celle des Antients. Mais n’aurait-il pas été plus « traditionnel » d’en rester aux versions précédentes ?
Bref, qu’est-ce que la tradition ? In fine c’est généralement ce qu’on a trouvé en arrivant et que l’on suppose avoir toujours été là. Ainsi pour de nombreux maçons, le fil à plomb suspendu dans les temples au dessus du tapis de loge est un élément traditionnel. Pourtant, son apparition est toute récente. La mise en équerre de la canne du maître de cérémonie et de l’épée de l’expert paraît traditionnelle. Pourtant cette gestuelle est assez récente. Elle est postérieure à 1962 pour les copies de rituels que je possède. On pourrait également citer l’allumage rituel de la loge et tant d’autres exemples d’éléments ritualisés qui ont pris force de traditions sans l’être.
Pour y revenir et conclure sur la « maçonnerie de tradition » n’oublions pas que l’usage de ces termes, c’est aussi et surtout une volonté d’exister comme une 3eme voie entre la maçonnerie reconnue par la GLUA et celle incarnée par le GODF et ses obédiences amies. C’est aussi la volonté de dire « nous sommes tout aussi respectables que la GLNF, nous pourrions éventuellement la remplacer si on nous les demandait et nous ne voulons pas nous mélanger avec ces mécréants du GODF ».
Le point de bascule, l’un des faits générateurs de cette volonté d’affirmation entre deux blocs, c’est très certainement la mixité au GODF. Un Grand Orient mixte ça devenait probablement too much pour une maçonnerie qui secrètement rêve d’être calife à la place du calife GLNF.
Car dans l’absolu, la Constitution et le règlement général du GODF permettrait très facilement d’intégrer en l’état les loges des obédiences dites de tradition, sans que cela ne change leurs pratiques. Les loges du GODF travaillant au RER ou au rite anglais en sont la preuve par l’exemple. De la même manière, les textes de la GLNF permettraient d’y régulariser assez facilement les loges des obédiences dites de tradition, sans que cela ne change là encore leurs pratiques. Mais avec la mixité au GO, le voyage ne devenait possible plus que dans un sens.
Aujourd’hui, on ne peut plus dire qu’il n’existe que deux tendances au sein de la maçonnerie française : une qui serait régulière et l’autre libérale. En réalité, ces deux tendances sont pour l’une la maçonnerie reconnue par Londres et pour l’autre une maçonnerie qui reconnaît les sœurs. Et entre les deux, existe une maçonnerie qui voudrait bien être la première mais la place est déjà prise.
Tradition veut dire transmission, tout le monde s’accorde avec cela – n’est-ce pas ? Considérant que l’acte fondateur − l’acte de naissance − de la f-m sous sa forme actuelle a eu lieu – dit-on – le 24 juin 1717, à Londres, le jour de la Saint-Jean, créant ainsi la toute première obédience maçonnique au monde, viennent ensuite Anderson et Désaguliers qui rédigent les fameuses constitutions, c’est dans ce texte que s’ancre la tradition. A partir de là, il n’est pas besoin de chercher midi à quatorze heures ni dans le Larousse pour comprendre la différence de ce qu’est la maçonnerie Traditionnelle – initiatique, de celle où siègent -en loge – les clubistes et les copains…
Merci pour cette réponse particulièrement simple à une question complexe, qui a le mérite de clôturer avec une certaine autorité le débat. Ou du moins de tenter de le réduire à sa plus simple expression. Parce que les choses ne sont pas simples ou du moins pas aussi réductrices comme à l’exemple du pavé mosaïque qui n’est pas que dalles blanches ou noires pour ceux qui en ont compris le sens initiatique. L’exemple récent de la loge Athanor, nous montre que clubistes et copains s’épanouissent facilement dans le milieu de la maçonnerie traditionnelle comme avant eux les Frères de la Côte membres de la GLNF. A contrario, rappelons encore une fois que les loges du Grand Orient ou de la GLMF qui travaillent avec les rituels Willermoz, n’ont rien de sociétal …
Une question qui me vient à l’esprit de temps en temps : un FM d’un jour (qu’il soit démissionnaire ou absent) est-il un FM pour toujours ?
Mes Frères, en lisant vos échanges, je ne peux m’empêcher de penser que nous offrons ici le spectacle de ce que nos Temples précisément s’efforcent d’éviter : la division.
Membre du Grand Orient de France, où je pratique le Rite Français, je revendique l’engagement de mon obédience.
Pour autant, je ne vois aucune incompatibilité entre le magnifique texte de Jean Dumonteil et ma propre démarche. Bien au contraire, et j’en fais l’expérience concrète : je visite souvent une loge de la GL-AMF qui pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), et je m’y sens très bien. Cette immersion dans une autre temporalité, plus axée sur la verticalité du symbole, nourrit mon parcours d’une manière complémentaire à ce que je vis dans ma loge d’origine.
L’erreur est de croire que nos voies s’excluent, alors qu’elles se répondent. La Maçonnerie dite « de tradition » fait un choix exigeant et indispensable : celui de préserver le Temple des passions profanes pour en faire un laboratoire de l’intime, un lieu où l’on coupe le bruit du monde pour retrouver le temps long. Sans ce refuge symbolique et métaphysique, la Maçonnerie perd son âme et risquerait de devenir un club politique comme un autre.
À l’inverse, la Maçonnerie sociétale rappelle que l’initiation n’est pas un repli égoïste. Si nous taillons notre pierre à l’abri du monde, c’est pour que, devenus des citoyens plus justes, nous puissions porter cette lumière au-dehors. La politique profane divise les hommes ; la méthode maçonnique, elle, doit nous apprendre à dialoguer au-delà de nos différences.
Que l’on travaille à la Gloire du Grand Architecte ou pour le progrès de l’Humanité, au Rite Français ou au REAA, le but ultime reste le même : l’élévation de l’esprit. Arrêtons de chercher quelle rive est la plus pure. La Maçonnerie a besoin de ses deux poumons pour respirer : le silence du Temple pour se construire, et la force de nos valeurs pour habiter le monde.
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis.
-Antoine de Saint-Exupéry
Fraternellement à tous.
25@HUGO HOUYVET Merci mon Frère.
Merci
Franc maçonnerie de tradition? pour moi ce terme est un pléonasme , la Franc Maçonnerie est on ordre initiatique n’en déplaise aux héritiers de ceux qui qui l’ont transformée en club politique et qui, sur ces colonnes, cherchent inlassablement à la décrédibiliser .
Je vous engage à lire « la voie substiuée » de Jean-Baylot
A 23 une FM dévoyée – un mal franco français. Merci pour « la voie substiuée » 👍😉
Exactement Willly, les mots ont un sens. 😀
Quant à la pensée binaire, c’est une voie de garage.
En 1911, des esprits éclairés introduisirent en France le Scoutisme, tel que l’avait conçu le général anglais Baden Powel (ami de Kipling sans être F:.M:. lui même). Le scoutisme français décolla immédiatement. L’Église Catholique, inquiète de l’influence sur la jeunesse d’un mouvement qu’elle ne contrôlait pas, laïque qui plus est, »fulmina » contre les initiateurs, satanistes « rouges » et « Franc-maçons ». Il faut reconnaitre que ces pionniers étaient effectivement F:.M:. et membres de la SFIO… (mais ils étaient surtout des citoyens avec une oeuvre de bienfaisance)
Dix ans plus tard, devant le succès et les beaux résultats de ces premiers « Eclaireurs de France », l’Eglise catholique reconnut son erreur. Mais ne croyez pas qu’elle mangea son chapeau : bien au contraire, elle fonda son propre mouvement scout et le qualifia benoitement de Scoutisme de Tradition !
Vous pensez que cela n’a rien à voir ? Ah…
16@OLIVIER ROCHER Difficile d’affirmer que Baden Powell n’était pas Franc-Maçon. Il est d’abord hautement probable que, comme tout officier de l’armée britannique de l’époque, en poste hors du royaume, il ait appartenu à une loge militaire. D’autre part même si son nom n’apparaît pas à la Matricule de la GLUA, sa réception au sein de la Loge The Builders en Afrique du Sud en 1909 ne fait pas de doute. Baden Powell était fils de pasteur et presbytérien, donc sans lien avec l’église romaine. En revanche il est probable que de retour au pays il ait mis ses activités maçonniques entre parenthèses. C’est le scoutisme français, toutes appartenances confondues, gauche, droite, laïque ou religieux, qui depuis toujours tente de se débarrasser du bout de sparadrap maçonnique qui lui colle au doigt dès que l’on fait allusion à l’appartenance de Baden Powell. « C’est que ça pourrait mettre un sacré frein au recrutement, Madame Michu » ! Pour conclure la pratique du salut chez les scouts ainsi que de la chaîne d’union n’est pas un effet du hasard .
@ERGIEF C’est navrant et je le regrette aussi : il n’y a aucun tracé, aucun annuaire de Loge ou d’obédience, aucun témoignage qui puisse attester que B. P. était F:.M:. Rappelons qu’il était à cette époque le militaire anglais à la fois le pus gradé, le plus décoré et le plus jeune : Bien sûr, on trouve à foison les traces maçonniques de tous ses amis et collègues, à commencer par Kipling, mais cela ne prouve en rien son appartenance. En 1909, il était en Angleterre, comblé d’honneurs, et tout entier dévoué à sa nouvelle oeuvre, le Scoutisme. Il me semble surprenant (mais pas impossible) qu’il soit retourné en Afrique du Sud pour se faire initier pour ensuite ne plus jamais fréquenter un quelconque Atelier. Si tu as des documents sérieux là-dessus, en tant qu’ancien Éclaireur de France et toujours Franc-Maçon, je suis fortement preneur ! (et je ne suis pas le seul)
Par ailleurs, au moins dans les milieux scouts ou anciens scouts que je connais, personne ne tente de se débarrasser d’un » bout de sparadrap maçonnique » qui lui collerait au doigt.
Pour ce qui est de Mme Michu , la pauvrette erre dans les ténèbres : souhaitons-lui de trouver la Lumière !
22@OLIVIER ROCHER. Tout d’abord je précise être un fervent soutien du scoutisme, un des derniers lieux d’éducation des jeunes aux valeurs sur lesquelles doit se fonder une société tolérante, harmonieuse, généreuse et active. En 1909 Baden Powell était a l’étranger puisque ses biographies confirment qu’il ne rentra au Royaume Uni qu’en 1910. Il était alors a la retraite. Dans les similitudes entre Scoutisme et FM il faut aussi rajouter les 3 grades, les signes de reconnaissance, la Bienfaisance active, le caractere initiatique de certaines « épreuves », les noms de substitution et les mots de passe. Ce ne peut être, mais ce n’est que mon humble avis, que dans la pratique maconnique que Baden Powell est allé chercher son modèle, la proximité avec Kiplng n’y suffisait pas. L’Eglise de Rome, toujours aussi réactionnaire et jalouse de son pré carré, ne s’y est pas trompée.
Mr. Potter writes: « I joined the Scout Movement in 1910 and I became a Freemason in 1916. I knew Baden-Powell, as well as his son Peter. A few amongst us, who were all together as Scouts and Masons, asked Baden-Powell to become a Freemason. He answered that he was unable to do so because he was the Chief Scout and that the movement included many Roman Catholic Scouts who might be offended learning that he belonged to the Freemasons.…
Difficile de placer un commentaire qui ose douter de l’intérêt du prêche de Dumonteil, les militants déchaînés fustigeant quiconque ose objecter, tentant d’”isoler “ ceux qui leur présentent quelques réalités face à leur croyance absolue.
Nb : le baratin Dumonteiil peut être appliqué à n’importe quelle discipline, religion, secte. Tous revendiquent à peu près la meme chose!
https://www.youtube.com/watch?v=9diaThxYnKA
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No comment…
15 – Charité bien ordonnée commence par soi-même.
A 2 Mr Arnaud Laehert
Le manifeste de Dumonteil théorise le travail intérieur du maçon dans le temple (via le silence et les symboles), tandis qu’Arnaud dicte son devoir d’action extérieur en cas de crise démocratique.
Ce débat sur les périls politiques invite à la prudence historique.
Si ma jeunesse militante s’est trompée en voyant dans le général de Gaulle un danger pour la République, les inquiétudes face au RN ou à un axe RN-Bourbon sont aujourd’hui bien réelles.
À l’opposé, le militant Arnaud parie sur le gauchisme version JL Mélenchon comme une chance pour l’avenir démocratique; l’avenir validera ou non son analyse.
L article du F Jean Dumontel décrit la franc-maçonnerie dogmatique pratiquée par la GLNF et quelques obédiences dérivées suite à des problèmes de gestion. Les revendiquer « apolitiques » reste discutable au regard de ses méthodes d implantation en Afrique ou de l allégeance à la couronne d Angleterre pour la loge mère. La qualifier « de tradition » sans expliciter à quelle tradition Jean fait référence, n est pas crédible. C est grand dommage parceque pour l essentiel, cet article décrit ce que devrait être toute loge maçonnique. Le GODF est une fédération de loges qui peuvent pratiquer le rituel de leur choix même si « de tradition « , quelques lambertistes, LFIstes, communistes viennent perturber la sérénité des travaux.
5@ LIBERTE. Je n’appartiens pas et n’ai jamais appartenu (en 35 ans de maconnerie) à la GLNF mais à l’Alliance (GL-AMF) comme notre Frère Jean-Dumonteil. La GLUA serait politique parce qu’elle prête allégeance à la Couronne? Il s’agit là d’une lecture dogmatique des liens entre cette obédience et la monarchie parlementaire britannique qui par essence ne se mêle pas de politique. La Grande Bretagne est un pays tout aussi démocratique que la France. Il s’agit là de la stricte application des Constitutions d’Anderson qui précisent « qu’il est d’usage que le Franc Macon soit de la religion du pays ou il habite ». Le mot religion étant à comprendre au sens de religare et non d’appartenance à une confession. Le GODF qui prône allégeance à la République, autre forme d’organisation socio-politique d’une nation que la monarchie, et voit fleurir les bustes de Marianne dans ses loges, devrait si l’on adopte votre raisonnement être également qualifié de dogmatique. Ce que, par tolérance maconnique et démocratique à votre égard, je me garderai de prétendre. Par ailleurs la Tradition dont il est question est, pour les ésotéristes que nous sommes, inscrite dans l’histoire de l’homme s
depuis les origines du monde. En Franc Maconnerie spéculative elle est inscrite dans les landmarks, héritiers des Anciens Devoirs, que le GODF a rejetés depuis longtemps, les deux fractures les plus importantes étant l’abandon du GADLU et la mixité. Alors excusez nous d’être sur une voie différente de la vôtre mais ne vous obstinez pas à arborer les qualificatifs « adogmatique » et « libéral », que vous attribuez à votre courant idéologique, pour nous stigmatiser. Connaissant notre mode de fonctionnement, nous pourrions nous les attribuer tout autant que vous. Mais nous ne le faisons pas, parce qu’épris de liberté et respectueux du sens profond des mots, nous les considérons comme des termes politiques clivants qui n’ont pas leur place en Maconnerie.
À 8 Ergief ton commentaire très à propos me fait penser à un certain verset : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » – ce qu’ils disent.. 🤙😉
Ouille, je ne comprends rien à ton texte qui me semble rempli de contre-sens. Si nous conservons la tradition qui remonte à 4000 ans avant J.C., la terre serait plate, l homme créé par le Dieu judeo- chrétien selon le roman biblique. J espère que tu n es ni platiste ni créationiste.
Le GODF est républicain, laïque, adogmatique. Notre Marianne maçonnique symbolise nos convictions. Nous revendiquons notre liberté absolue de conscience et de pensée.
Je ne critique pas vos obédiences, je respecte votre chemin initiatique mais la référence à une « tradition » comme marque de qualité maçonnique est absconse. Depuis la fin du XIXeme siècle, les mathématiciens, les physiciens, tentent de comprendre la nature en découvrant de nouvelles équations. Quelle « tradition » dans cette quête de vérité ?
14@LIBERTE Sans vouloir t’offenser mon frère, c’est justement parce que le chemin de progrès que tu as choisi est très différent du nôtre que la notion de tradition initiatique t’est inaccessible. Le rationnalisme scientifique ne suffit à expliquer les causes. Il ne peut que tenter, par l’observation, de décrire les effets et, par l’expérimentation, de les comprendre. Plus la science progresse plus le champ de la métaphysique s’agrandit. Plus la science trouve de réponses, plus elle génère de nouvelles questions, et de plus en plus de scientifiques s’orientent vers la spiritualité , notamment chez les astrophysici6ens et les spécialistes de l’infiniment petit. Pour illustrer mon propos, Jr te suggère de taper le nom de « Maria Strömme »( dans ton moteur de recherche ou de questionner un assistant tel ChatGPT ou Gemini à son sujet. Cette norvégienne professeur à l’université d’Uppsala en Suède, spécialiste des nanotechnologies, a publié en 2025 un article scientifique dans lequel elle montre par les mathématiques que la conscience existait avant la matière, à contrario de la doxa qui présente comme acquis que la conscience est le fruit de notre cerveau. Et puisque tu prétend ne pas saisir mon argumentation en @8 je te suggère de faire le lien entre la notion de tradition primordiale et le paradigme suggéré par Maria Strömme, qui n’est pas une adepte du créationnisme.
A 18. Nul F ne m offense quand il présente des idées différentes des miennes. Ma critique vient de la locution « franc maçonnerie de tradition « . Toutes les francs-maçonneries sont de tradition, les libérales autant que les dogmatiques. Pour ce qui est de la conscience, je ne suis pas compétent. Mes lectures actuelles portent sur les mathématiques, la physique quantique, la cosmologie.
A 34 dogmatiques ?
34@LIBERTE tes lectures collent parfaitement à la pensée de Maria Strömme : mathématiques, intrication quantique et cosmologie. N’hésite pas à découvrir son article de 2025 paru dans EIP Advances. Google peut le traduire en français.
Je n’interviens jamais dans ce domaine mais je trouve dommageable que chaque article soit le prétexte à certains intervenants de revenir inlassablement sur leurs obsessions.
Ça finit par devenir lassant.
Je me demande si ça n’a pas un côté pathologique…..
C’est quelque peu inquiétant.
à 3 oui, mais force est de constater que ça plait beaucoup à certains.😉
Cher Arnaud Laehert,
Je suis souvent d’accord avec tes positions, etc. Bref, ce n’est pas le sujet, mais effectivement je ne vois pas le rapport avec l’article.
Je te souhaite néanmoins une bonne journée.
Cher Hugo, le F. Dumonteil nous sort un texte d’une banalité exemplaire, nous connaissons tous par coeur cette description de la FM dite de tradition. On pourrait d’ailleurs simplement répondre à ce frère que son éloge de la lenteur est valable également pour le GODF. Il devrait visiter.
Mais en réalité, la description de la FM de tradition n’est pas du tout l’objet du texte.
Il n’est même pas besoin de lire entre les lignes, il suffit d’être attentif, tous les mots sont pesés. L’objet de ce texte est clair : justifier le mutisme intégral de la FM dite de tradition à propos de la progression des partis d’extrême droite partout en Europe.
C’est inacceptable pour les raisons évoquées dans mon premier commentaire.
En outre, la présence de personnes d’extrême droite dans les loges maçonniques pose un problème de confiance. L’extrême-droite fait de la délation un devoir, de la violence un outil politique naturel, du racisme une nécessité pour protéger la civilisation occidentale et de la xénophobie une norme.
Il n’est pas possible d’accorder sa confiance à une personne qui adhère à ces principes pour des raisons évidentes. Il n’est pas possible d’accorder sa confiance à un électeur d’extrême droite tout simplement, et cela même et surtout si l’on ignore son orientation parce qu’il se sera fait discret.
J’ajoute que le fondateur de la GL-AMF défend le narratif russe dans un nombre conséquent de vidéos postées sur internet et en accès libre. Il suffit de taper son nom sur un moteur de recherche.
La FM que vous qualifie «de tradition » n’intervient ni en politique ni en religion. Droite, gauche, extrêmes… cela ne nous regarde pas. Nous ne sommes pas un club politique !
Lorsque l’extrême droite menace, qu’elle déclare son projet de rapprochement avec ceux qui se proclament publiquement ennemis de la France et menacent de lui déclarer la guerre, la Russie du dictateur Poutine , il y a des principes, tous traditionnels et louables qu’ils soient, qui doivent être transgressés.
Et puisque l’extrême droite a décidé de diviser le pays en deux camps, ce qui sont pour ses idées et ceux qui sont et définis par elle comme des traîtres, la franc-maçonnerie ne peut rester, ni indifférente, ni neutre. Elle doit faire le choix et l’exprimer, de la résistance à cette idéologie qui de tout temps a fait le malheur des nations et les a menées à la guerre, elle doit publiquement se positionner en faveur de la Démocratie, de la République, de la défense de l’Etat de droit que l’extrême droite conteste, des libertés publiques et des avancées sociales et sociétales.
@arnaud….
Par contre, je constate que cela reste toujours compliqué pour certains qui, manifestement, n’ont pas encore compris que la maçonnerie de tradition n’a pas vocation à se mêler de politique ou de religion. Et cela pour une raison très simple : ce n’est absolument pas son objet.
Pourquoi vouloir lui faire dire ou devenir autre chose ? C’est assez étonnant. La maçonnerie traditionnelle possède une histoire, des règles, des landmarks et une méthode de travail qui lui sont propres. Vouloir les transformer en profondeur reviendrait finalement à changer sa nature même.
Bien entendu, chacun est parfaitement libre, à l’extérieur du Temple, de ses engagements, de ses convictions ou de ses opinions, dans le respect des valeurs républicaines et démocratiques. Mais un maçon de tradition, en tout cas dans le système reconnu que nous représentons à la GLNF, n’a pas à modifier la voie de travail qui est la nôtre.
Ou alors, il faudrait aller jusqu’au bout de la logique : reprendre toute notre histoire, modifier les landmarks, changer les règles fondamentales… et finalement créer une autre structure, portant peut-être un autre nom. Mais ce ne serait alors plus la maçonnerie de tradition telle que nous la connaissons et la transmettons.
Cher Alain Brau, inutile d’aller si loin pour dénoncer l’inacceptable. Quelques mots suffisent, les vertus de la concision n’est-ce pas, qui honoreraient la GLNF et ne remettraient rien en cause de son ADN, que personne n’est assez irrespectueux pour oser le demander.
Le mérite de la clarté en somme.
C’est vrai j’aurais pu dire simplement… Que c’est faux…et on m’aurait cru 🤣🤣
Personnellement, je pense que la FM n’a pas à se positionner, en tant que groupe, sur des problèmes sociétaux. Les grands maîtres de nos ordres ne sont pas mandatés pour prendre la parole en public au nom des maçons, qui sont des humains libres et probes, qui pensent par eux-mêmes. Et ce, quel que soit le sujet.
Dans nos loges, il y a des personnes d’horizons politiques et philosophiques différents, et un Grand Maître ne saurait évidemment pas porter dans la sphère publique les multiples nuances, voire oppositions, sur les idées des frères et soeurs de son obédience. Il n’a, pour moi, aucun droit de parler en mon nom ni au nom des maçons.
Exactement ! J ai été éclaireur de France. Nous étions laïcs, levions le drapeau français le matin, nous le saluions.
Pour 12, je partage ton opinion. Le GM.du GODF devrait s abstenir de faire des déclarations politiques.
Et pourtant.
La maçonnerie s’appuie sur des principes et des valeurs qui sont rappelés lors de la cérémonie d’initiation, lors du passage et de l’élévation, ainsi que lors de l’ouverture et la fermeture des travaux quel que soit le grade. Ces principes et valeurs sont communs à tous les maçons quelle que soit l’obédience et le pays. Ces principes et valeurs s’imposent à tous les maçons sans distinction aucune. Leur respect conditionne l’admission dans l’Ordre.
Ces principes et valeurs sont absolument contraire à ce que défend l’extrême droite.
Il s’agit simplement de le rappeler, rassurez-vous pas de vous dire pour qui voter. Cela vous regarde, au même titre qu’il vous regarde de vivre dans les contradictions le cas échéant.
la Maçonnerie de tradition est la maçonnerie que j’aime – que du bonheur. Pas de débat social (qui enorgueillit bien des maçons), politique ou confessionnel (qui blesse ou qui fâche). C’est une maçonnerie initiatique pour qui veut bien se donner la peine de tailler sa pierre. Elle répond à ceux qui cherchent le sens de la vie, à tout le moins, lui donner un sens et non plus la remplir à tout prix. Elle rend l’humain meilleur qu’il ne l’était auparavant. Une pratique maçonnique gratifiante, épanouissante, valorisante.
Merci Jean pour ton Blog Sentiment Océanique que j’apprécie beaucoup.